Vendredi, 24 octobre 2014

SIG et urbanisme : des liens naturels et anciens

C’est l’objet même de notre blog ! Pourtant nous n’avons pas encore développé les liens existant entre SIG et urbanisme, voici des pistes qui seront abordées en plusieurs billets, en axant plus particulièrement sur SIG et urbanisme dans les collectivités locales  …

Ce que je constate dès le début de mes recherches, c’est que le sujet est rarement abordé : j’ai juste trouvé un sujet sur le forum SIG.

A mon sens, la géomatique et l’urbanisme sont deux disciplines qui touchent au territoire :

  • Le SIG offre des outils d’observation de l’espace.
  • L’urbanisme est une discipline multiforme qui recouvre de nombreux domaines tendant à l’aménagement de l’espace : aménagement du territoire, habitat, urbanisme règlementaire, aménagement opérationnel.

Rapide définition de la géomatique pour les non spécialistes

L’information géographique désigne toute information liée à une localisation sur le territoire = des informations (données) associées à une carte (représentation dans l’espace) = infos + carto

La géomatique (géographie + informatique) concerne la gestion des bases de données géographiques et fait appel aux sciences et technologies liées à leur acquisition, leur stockage, leur traitement et leur diffusion. La géomatique assemble des données tant géographiques qu’attributaires stockées sur des supports informatiques.

Les systèmes d’information géographiques (SIG) représentent une véritable organisation autour de ces outils géomatiques : ils sont constitués d’équipements, de données géographiques, de procédures, de ressources humaines, permettant de gérer et diffuser de l’information géographique = une organisation en matériel, données et moyens humains mettant à disposition des données et des outils d’information géographique

Quand on y s’est habitué, la géomatique devient vite indispensable au travail de l’urbaniste :
* par exemple pour calculer le potentiel constructible d’un document d’urbanisme, calcul auparavant obligatoire dans les POS (Plans d’Occupation des Sols, version antérieure aux PLU, Plans Locaux d’Urbanisme),
* ou bien pour recenser les propriétés publiques,
* ou simplement comme outil de communication.

Ainsi le SIG se présente assez naturellement comme un outil au service de l’urbanisme. Son développement dans les collectivités s’est souvent fait autour du déploiement de la consultation cadastrale ou dès les années 70 avec les “banques de données urbaines”. Les pionniers qui se sont engagés dans cette voie ont fait les frais d’un support informatique encore peu convivial et bien loin de l’univers du SIG bureautique. Certaines initiatives ont avorté à cause de ce côté “machine à gaz”. D’autres se sont enrichies pour déboucher sur de véritables services « SIG et topo » porteurs d’une extraordinaire richesse de données.

Si les SIG sont plutôt bien présents dans les services des collectivités, il n’en est pas toujours de même dans les bureaux d’étude urbanisme, missionnés par les collectivités : pour produire des données numérisées suivant des principes  géomatiques, il faut souvent faire appel à des sous-traitants et livrer les données à chacun, parfois même dans plusieurs formats …

On peut considérer qu’entre urbanisme et SIG le lien est quasiment structurel : la géomatique étant un outil essentiel de lecture du territoire. Néanmoins il existe des incompréhensions entre les deux domaines d’activité.
Première pierre d’achoppement à mon sens, la question tournant autour de la précision des données. La géomatique dans les collectivités, par sa forte composante “topo”, cherche en permanence la précision géométrique à grande échelle (une échelle très précise). L’urbanisme est souvent beaucoup moins précis :

  • plans d’occupation des sols sur des fonds de plan vieux de plus de dix ans avec des contours de zone bien épais représentant déjà plusieurs mètres d’incertitude au sol, sans compter l’évolution des contours parcellaires servant de support aux zonages,
  • documents différents selon l’échelle retenue (ça peut exister entre les différentes planches d’un POS par exemple la carte générale au 5000è et un zoom sur le centre-ville au 2500è),
  • schémas d’aménagement présentés sous forme de “patates” aux limites floues.
à suivre … et à débattre …
Article rédigé avec l’aide de Gilles, Jean-Michel, Bruno, Christophe, …

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