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La chronique de la parallaxe
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20:50 WhereCamp de Québec, un vent de tempête ou de changement?
sur La chronique de la parallaxePar ce mardi d’allure de tempête de neige sur Québec, j’ai traversé le fleuve une autre fois pour assister et participer au WhereCamp qui se tenait au restaurant/salle de spectacle Le Cercle de la rue St-Joseph à Québec.
Pas de salade des fournisseurs de logiciels, pas de démo sinon pour illustrer des problématiques, pas d’ordre du jour non plus: il faut dire que c’est un peu déstabilisant mais la formule a un petit quelque chose d’informel qui est rafraîchissant. Merci à Luc Vaillancourt pour son initiative et son sens de l’organisation.
On y a discuté de tout et de rien, du Cloud Computing, de l’utilité de s’auto-géo-localiser en temps réel, des logiciels Open Source, des données Open Source comme Open Street Map et comme il se doit de l’incontournable sujet de toutes les discussions en géomatique au Québec: la disponibilité réduite et onéreuse des DRS publiques. Mettons que sur ce dernier sujet, je considère que j’ai dit ce que j’avais à dire dans les autres articles de ce blogue. Luc aurait peut-être aimé que je prenne le micro et que j’en rajoute mais je me suis fait assez haïr depuis 30 ans et j’ai peur de radoter.
Ce qui retient le plus mon attention, c’est qu’un nouveau modèle dans lequel la géomatique n’est plus une fin en soi, mais plutôt une valeur ajoutée aux technologies de l’information en général, est entrain de se consolider. Le monde change: les grandes firmes spécialisées en géomatique/acquisition de données en arrachent comme le démontre la faillite récente du Groupe Alta (était-ce “le dernier des Mohicans”?). Le futur est dans des créneaux de valeur ajoutée bien plus que dans des solutions de base. L’acquisition des données est de plus en plus facile, on n’a plus besoin d’être un expert pour localiser quelque chose à +/- 5m à la surface du globe aujourd’hui et à 5cm demain. Bon, il reste toujours des technologies de pointe comme l’imagerie satellitaire ou les levés Lidar mais le volume n’y est pas, les coûts élevés et la compétition féroce.
Par ailleurs, les firmes et les organismes qui misent sur des actifs communs du domaine public, sur lesquels on construit de la valeur ajoutée, me semblent avoir le vent dans les voiles. Le MSP (Ministère de la Sécurité publique) est de ceux-là, c’est un visionnaire mais je trouve qu’il est bien seul en avant des autres.
Plusieurs des discussions, même lors du 5 à 7 qui a suivi, portaient sur la possibilité pour une personne ou une entreprise de générer des revenus en travaillant sur des plate-formes, logiciels et données gratuites. Le modèle d’affaires ne saute pas aux yeux, on passe d’une société de production et fabrication de biens tangibles à une société de services à valeur ajoutée, non pas que les biens tangibles n’existent plus, mais plutôt parce qu’ils sont devenus des commodités généralement produites en Chine (tous les Mac Mini “Designed in California by Apple” du projet Cloople sont partis de Hong Kong en Chine pour être livrés à ma résidence). Le monde est en voie de se séparer en deux parties: les chinois produisent les biens, les occidentaux s’occupent de les concevoir, de les distribuer et de fournir les services qui y sont associés. Il faut se faire à l’idée que les services vont prendre de plus en plus de place. Paradoxalement les grandes firmes en TI qui l’ont compris depuis longtemps durant les cycles de dépréciation des équipements informatiques ont elles aussi de la difficulté à passer à l’étape suivante, celle où les logiciels et les données aussi sont devenus des ressources à bas coût, sinon gratuites. Vous protestez déjà que ce ne sont pas les chinois qui produisent les logiciels libres? C’est vrai, c’est plutôt une armée de bénévoles, dans une sorte de socialisme à la moderne. Dans la société socialiste traditionnelle, un travailleur était socialiste (forcé) au travail et capitaliste dans ses temps libres. L’évolution du logiciel libre nous démontre que ça marche assez bien lorsqu’on est capitaliste au travail et socialiste dans nos temps libres…
En parlant du “dernier des Mohicans”, je ne vais pas manquer la soirée de renaissance de Aéro-Photo qui aura lieu à Québec le 6 avril prochain, mettons que ce sera une bonne opportunité de lier à nouveau avec la régularité dans la Chronique de la parallaxe.
À la prochaine.
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4:42 Le projet macoscloud en route
sur La chronique de la parallaxeDMR ne m’a pas beaucoup occupé ces derniers temps, ça m’a permis de parfaire mon étude de beaucoup de nouvelles technologies. Pas de doute que le “cloud computing” a de nouveau retenu mon attention, voir mon billet du 25 mai “Le nuage et la souveraineté“.
Ceux qui me connaissent savent que je travaille sur un ordinateur Apple depuis plusieurs années. Apple offre d’excellents produits avec une ergonomie supérieure, pas besoin de s’étendre longtemps sur le sujet. Un ordinateur Apple est et demeure un produit de niche qui a de la difficulté à rejoindre les masses. Apple fabrique les ordinateurs ET le système d’exploitation, ce qui le met dans une classe à part, il peut ainsi fort bien se contenter de sa faible part de marché et avoir du succès en même temps.
Une chose qu’Apple n’a pas fait très bien jusqu’à maintenant, c’est desservir adéquatement les groupes de travail. Leur environnement serveur (Xserve, Mac OS X Server) est plus destiné à fournir des services communs en réseau qu’à supporter des utilisateurs multiples. C’est normal, ce faisant on affecterait les ventes de postes de travail. C’est pour cette raison qu’Apple est un peu timide dans son adoption du “cloud computing”: on tente de ménager la chèvre et le chou. Quoi qu’il en soit, la situation est entrain de changer et plusieurs indices pointent dans cette direction. Il existe maintenant des logiciels qui permettent l’exploitation de serveurs Apple avec un grand nombre de clients légers. Pour parler techno, on peut maintenant faire du RDP avec des serveurs Mac. Wow! J’embarque, je monte une offre de service sur le net et je loue l’accès à un bureau Mac OS, sans qu’il soit nécessaire d’avoir un Mac. Ça va s’appeler macoscloud. Une courte preuve de concept de 2 semaines a été un succès. J’ai réservé les noms de domaine macoscloud.com et macoscloud.ca et je compte mettre ça en opération en janvier. Le site web pour macoscloud.com est en construction, faudra attendre un peu avant d’aller voir.
Beaucoup de pain sur la planche, ce sera malheureusement vous comprendrez l’occasion d’une pause de quelque temps pour la chronique de la parallaxe. Pour ceux que ça intéresse, vous pourrez suivre le développement du projet sur Twitter à l’adresse suivante [twitter.com] , c’est en anglais cependant, je compte faire ça en anglais pour commencer, même chose pour le site Web, question de mettre toutes les chances de mon côté.
Souhaitez-moi bonne chance, j’en aurai besoin!
André Verville
parallaxe@averville.ca -
21:10 De l’utilisateur payeur à l’utilisateur contributeur
sur La chronique de la parallaxe
Les changements du monde moderne sont difficiles à anticiper. S’y adapter l’est encore plus. L’humain a besoin de références, de balises, de phares pour naviguer dans cet environnement. Si ces références sont fixes, il pourra s’orienter correctement. Si elles se déplacent et changent constamment de forme, l’orientation devient impossible. À mon avis, plutôt que de fournir les références, l’État tente lui aussi de naviguer en déplaçant constamment ses propres balises. Cette situation crée de la confusion, personne n’y gagne. Le pire, c’est que je crois qu’il reviendra éventuellement à son point de départ. Je m’explique.Comme je le mentionnais dans mon billet du 20 juillet dernier, le quatrième d’une série portant sur les DRS (données à référence spatiales) publiques, les gouvernements sont devenus accros au financement provenant des utilisateurs: c’est le principe de l’utilisateur payeur. Il faut comprendre que dans un contexte de vieillissement de la population, aucun moyen n’est épargné pour alimenter en précieux dollars notre système de santé qui est dans une phase de croissance sans précédent dans l’histoire. Pas d’argent pour les DRS, on fait payer les utilisateurs.
Attention cependant: le concept de l’utilisateur payeur pour tout ce qui est intangible, reproductible et ne requiert pas ou peu de procédés industriels directs de fabrication est malheureusement en voie de disparition. Les médias écrits et électroniques sont en crise, les producteurs de disques et de films s’arrachent les cheveux pour tenter d’éviter la piraterie de leurs produits. Est-ce que la situation va s’améliorer et se régler d’elle-même? J’en doute. En microéconomique, la valeur d’un bien ou d’un service est déterminée par son coût de remplacement, pas par son coût de fabrication. Tous les artifices qu’on utilise pour déjouer cette règle ont un effet mitigé et limité dans le temps. Il faut donc trouver des mécanismes qui exploitent la valeur réelle du coût de remplacement. Comme ce coût est minime, on doit donc parler de contribution et non plus de paiement. La beauté des choses, c’est que la contribution a beaucoup plus de chances d’être faite volontairement et sans contrainte et ceci, par le plus grand nombre.
Vous voulez un exemple? Super Écran. Pour environ 15$ par mois, vous avez accès à plus d’une centaine de films par mois, projetés sur 4 chaînes en continu 24 heures par jour. J’appelle ça une contribution: le grand nombre d’utilisateurs génère des montants substantiels. Le coût de remplacement tend vers zéro: si je regarde un film, ça ne coûte rien à personne.
Les DRS vont à l’avenir tendre vers un modèle similaire: montants d’acquisition importants (satellites, levés aéroportés, etc), grand bassin de contributeurs pour assurer leur financement. Dans certains cas comme pour OpenStreetMap, les contributions se sont en espèce: ce sont les utilisateurs eux-même qui assurent le chargement et la tenue à jour des données, toujours par des contributions qui, parce qu’elles sont nombreuses, suffisent amplement. Ça aussi, c’est un modèle d’avenir.
Le paradoxe dans cette histoire, c’est que le modèle le plus parfait de l’utilisateur contributeur, c’est celui du “contribuable”, qui est en quelque sorte le “contributeur universel”, avec un bémol cependant: il y est contraint par la loi de l’impôt. Disons que pour l’instant, ce type de contribution sert plus à financer les soins de santé que l’acquisition des DRS. Le concept de l’utilisateur payeur serait-il une mode passagère dans toute cette histoire?
André Verville
parallaxe@averville.ca -
15:31 “Wake-up call” à Géomatique 2009
sur La chronique de la parallaxe
La “grande messe” de la géomatique au Québec est maintenant chose du passé. Bien qu’il n’y ait pas eu à ma connaissance de thème officiel comme on avait l’habitude de le faire, j’ai compris un message qui se distinguait haut et fort de la part des conférenciers clés en plénière et en dîners-causerie: le monde change: adaptez-vous!OpenStreetMap: le pouvoir aux utilisateurs
La conférence d’ouverture de Steve Coast, fondateur de l’OpenStreetMap Foundation nous amène à penser que Google Maps est peut-être déjà dépassé. Le modèle d’affaires de Google, basé sur une cartographie dite “propriétaire” est bien sûr très intéressant à cause de la gratuité qu’il procure à la communauté des utilisateurs mais il faut comprendre que derrière cette apparente gratuité, il y a un modèle commercial et publicitaire qui fait que quelqu’un quelque part ramasse la facture. OpenStreetMap met en scène un volet plus noble de l’humanité: la volonté des individus de contribuer à l’avancement de la connaissance, sans demander rien en retour. Le résultat est impressionnant: l’armée de “micro-contributeurs” de OpenStreetMap est entrain de surpasser les grandes entreprises comme TeleAtlas et NavTeq pour la qualité et le détail des contenus cartographiques des réseaux routiers dans le monde. On pourra facilement dire que ce n’est pas le cas partout actuellement, toujours est-il que la machine est lancée et que ce n’est qu’une question de temps avant que les produits commerciaux ne disparaissent de la surface du globe et que la connaissance du territoire ne soit prise en mains par les utilisateurs eux-mêmes. Ceci suscite d’ailleurs toute une réflexion qui fera l’objet d’un autre billet que je compte bien écrire et dont le titre est pas mal clair: “De l’utilisateur payeur à l’utilisateur contributeur”.
Le Web 2.0 et la suite
La conférence de Michelle Blanc a aussi été tout un choc pour plusieurs. On peut dire qu’elle n’a pas mâché ses mots pour faire comprendre à l’auditoire que les jeunes de la génération C avaient compris quelque chose qui échappait encore aux “vieux” dont je fais partie. L’expérience que nous avons tendance à promouvoir à toutes les sauces est devenue presque une nuisance dans l’adaptation nécessaire aux changements rapides de notre société. Le Web 2.0, basé sur des principes de collaboration et de réseaux d’échanges et qui apparaît encore pour plusieurs un peu nébuleux et inutile pour plusieurs d’entre nous, n’est qu’une étape dans l’évolution de notre société. Réveillez-vous, dit Mme Blanc: les jeunes qui utilisent les nouvelles technologies à fond sont entrain de vous laisser derrière dans un nuage de poussière. Vous ne les aurez pas vus venir, convaincus que vous êtes de détenir la vérité.
Donnez et vous recevrez
Le dernier coup et non le moindre est venu de Pierre Lavoie, ce tri-athlète de Saguenay qui s’est impliqué à fond dans la lutte aux maladies héréditaires, en particulier à celle contre l’acidose lactique qui a tué deux de ses enfants. Son message humaniste tranchait un peu avec le “mood” général d’une conférence comme Géomatique 2009 mais il me semblait d’une pertinence phénoménale dans le contexte. Si je peux tenter une interprétation peut-être malhabile et certainement incomplète de son message, disons qu’il nous fait la leçon en nous disant que nous ne devons jamais nous contenter de notre zone de confort: il faut en sortir afin d’obtenir des résultats. Les résultats seront aussi à la mesure du nombre de micro-contributions individuelles d’un grand nombre, rejoignant ainsi sans le savoir le message de Steve Coast de OpenStreetMap.
Ouf: j’entends encore l’écho du clairon qui sonnait le réveil. J’espère que notre communauté saura en tirer les leçons et travailler de concert. La connaissance du territoire est une cause noble qui est devenue non seulement utile, mais essentielle à la création d’un monde meilleur. Chapeau aux organisateurs de Géomatique 2009: l’événement m’a permis plus qu’une mise à jour de mes contacts et des nombreuses réalisations dans le domaine de la géomatique, il m’a donné une plus grande motivation à poursuivre dans mon humble contribution que constitue la Chronique de la Parallaxe.
André Verville
parallaxe@averville.ca -
21:59 La programmation en voie de disparition
sur La chronique de la parallaxe
André tu dérailles, me direz-vous. Il y a maintenant tellement de langages de programmation qu’il y en a presque un par programmeur! En plus, ton billet qui montre un oignon: ça va pas la tête?C’est vrai, je pourrais faire des pages et des pages de ce blogue juste en énumérant des langages de programmation. Ce foisonnement d’options est peut-être le bruit sur la ligne qui nous empêche d’entendre ce qui se passe vraiment. En fait, on ne parle plus vraiment de langages, on parle plutôt maintenant de référentiels (frameworks). Et quand on pense à un référentiel, il nous vient à l’idée un environnement d’assistance de ce référentiel, une sorte de gros jeu de Légo informatisé qui permet d’assembler des composantes qui nous constituent notre programme. Un programmeur fait aujourd’hui plus d’assemblage que de réelle programmation et le référentiel lui facilite les choses en lui fournissant une interface graphique en support à ses activités.
Un confrère architecte organique se plaignait récemment que les programmeurs ne sont plus capables de créer eux-mêmes les portions de code dont ils ont besoin. Il y en a qui sont devenus des experts de Google dans la recherche sur le Net des composantes toutes faites qu’ils pourront utiliser au lieu de les mettre au point eux-mêmes. De là à ce qu’ils cessent complètement d’écrire du code, il y a bien du chemin à faire. Toujours est-il que nous sommes en mouvement et dans la bonne direction: c’est donc là qu’on va finir par arriver!
De plus en plus de systèmes intègrent des environnements qui permettent l’automatisation sans programmation. Le meilleur exemple qui s’applique à la géomatique est le logiciel de conversion de données géospatiales FME de Safe Software. Une conversion de format est un ensemble d’opérations qui sont assemblées à l’aide d’un outil appelé “Workbench”. Safe a réussi à mettre dans Workbench toutes les règles de comportement des fonctions de conversion et de faire en sorte que l’utilisateur les assemble de manière graphique sans écrire une ligne de code (voir court démo de Safe). Une fois le plan de travail au point, on peut l’exécuter sans problème: il s’agit d’un script de conversion qui a été créé par l’outil graphique. On appelle ce genre d’outil des outils “CASE” pour “computer assisted software engineering” (voir sur CASE sur Wikipedia, en anglais seulement).
L’informatique est une centrale de réutilisation tellement puissante qu’il est devenu presque impossible de trouver une personne capable de coder dans le langage de base d’un micro-processeur. Les logiciels sont comme des oignons avec un nombre infini de couches logicielles imbriquées: plus on va vers le centre, plus les compétences sont rares. La beauté de la chose, c’est que ça fonctionne, en échange d’une quantité de plus en plus importante de ressources informatiques pour effectuer le travail. On s’en fout, ce sont les machines qui travaillent, elles sont de plus en plus rapides et elle ne rechignent pas à l’ouvrage, elles!
Toujours est-il qu’une firme d’intégrateurs en TI comme DMR ou CGI consacre un pourcentage de plus en plus important de ses ressources à l’architecture et à l’analyse et que le ratio de programmeurs baisse constamment. C’est une bonne nouvelle pour des gens comme moi qui ne programment plus depuis longtemps: les compétences APL, FORTRAN, Quick BASIC et dans les UCM ne sont plus beaucoup en demande, j’étais pourtant pas pire …
André Verville
Géomatique Verville
parallaxe@averville.ca -
14:00 Simple et automatique?
sur La chronique de la parallaxe
Mon travail d’architecte technologique m’en fait voir de toutes les couleurs! Je m’explique: on sait que les possibilités de l’informatique sont infinies et on peut vraiment faire faire n’importe quoi sauf la vaisselle aux ordinateurs. Les entreprises qui développent des logiciels l’ont compris et se sont mises en tête de répondre à nos besoins les plus fous. Un foisonnement d’idées dont seulement quelques unes pourront survivre. Les résultats vont de pair: beaucoup de poudre aux yeux, mais aussi une complexité qui tient du cauchemar éveillé.Un ancien confrère consultant implantait des systèmes comptables pour ses clients. Il m’avait expliqué que beaucoup de clients pensaient pouvoir solutionner leurs problèmes de tenue de livres à l’aide de l’informatique. Il utilisait ce dicton anglo-saxon: “garbage in, garbage out” pour leur faire comprendre que l’ordinateur ne pouvait qu’amplifier leurs problèmes parce qu’un fouillis informatisé, c’est un méga-fouillis. Se pourrait-il que ce soit ce genre de chose qu’on appelle pompeusement une infrastructure de données géospatiales (IDG)?
En géomatique, nous nous sommes laissés dire que les ordinateurs étaient pour prendre en charge la structure et l’organisation de nos données, en pensant qu’ils allaient y mettre de l’ordre. Les fournisseurs de logiciels nous ont dit qu’on n’avait plus à s’en soucier, que la base de données HyperCubeSpatialGeoMachin va s’auto-configurer à la volée à l’aide de ses interfaces intelligentes capables de lire et d’écrire dans tous les formats vectoriels et matriciels de l’industrie, en choisissant la bonne projection cartographique, le bon système d’unités et la bonne échelle de représentation. Tout ça, au-to-ma-ti-que-ment, d’un simple clic de souris. La belle vie quoi, vive le progrès!
Je suis désolé de jouer le trouble-fête mais depuis quelque temps, même les démos en arrachent. Lorsqu’ils font des démonstrations en personne ou en conférence Web il me semble que les fournisseurs de logiciels se plantent plus qu’avant. On n’hésite plus à nous présenter des menus surchargés d’options toutes plus obscures les unes que les autres, des procédures interactives interminables qui requièrent une navigation experte à travers une arborescence infinie de structures dont on vient à se demander s’il s’agit de données, de paramètres ou de fonctions. À cela s’ajoute un vocabulaire hermétique, souvent présenté sous forme d’acronymes et qu’on finit par trouver gênant de demander la signification tellement il y en a. Pour terminer, l’exécution des commandes requiert une chorégraphie complexe de serveurs, de bases de données et de postes de travail qui ne peut même plus fournir de message d’erreur lorsque quelque chose cloche: on attend, rien ne se passe et on redémarre les serveurs en priant que le problème disparaisse. Pas étonnant que les plus fûtés en soient venus à nous font jouer des vidéos enregistrées plutôt que de se mettre eux-mêmes aux commandes. Avec le temps, je suis devenu un peu las de les voir se mettre dans l’embarras parce que je compatis tout de même un peu avec leurs efforts pour maîtriser la bête (ou plutôt le troupeau) avec la pression de l’auditoire. Ça me laisse toujours perplexe de voir comment ils peuvent garder leur sérieux en disant les mots “facilement” et “automatiquement” tout en faisant la démonstration que “c’est compliqué” et que“ça ne fonctionne pas toujours”.
La gestion de nos infrastructures de données géospatiales serait peut-être plus efficace si on prenait le temps de mettre de l’ordre dans nos idées et dans nos données au lieu de demander aux ordinateurs, aux logiciels et à leurs fabricants de le faire à notre place parce qu’à l’évidence, pour plusieurs la complexité semble avoir bien meilleur $goût$.
André Verville
Géomatique Verville
parallaxe@averville.ca -
20:47 La fuite en avant, parfois payante…
sur La chronique de la parallaxe
En informatique, il existe souvent une option paresseuse qui consiste à éviter d’adresser des problèmes qu’on a aujourd’hui en espérant que la technologie de demain y apportera une solution. On appelle ça la fuite en avant. Les fabricants de logiciels en sont malheureusement de fervents adeptes: ils ont trop souvent tendance à utiliser dans leurs logiciels des composantes qui comportent des portions de code mal optimisées ou conçues pour d’autres fins, créant ainsi des goulots d’étranglement de performance. L’amélioration de la performance des unités centrales et la mémoire additionnelle règlent quelquefois les problèmes à moyen ou à long terme sans qu’on ait à intervenir. Microsoft s’est fait prendre à ce petit jeu avec la mise en marché de Windows Vista: force est de constater que les équipements n’étaient pas prêts et que la performance n’était pas au rendez-vous. On s’est remis à la tâche, on a ré-écrit le code et surprise! Windows 7 fait la même chose en beaucoup plus rapide!Pourtant, ce qui semble la solution de la facilité devient parfois pleinement justifié. C’est à mon avis le cas en ce qui concerne l’archivage des données. En géomatique, notre réputation est faite et méritée comme étant de grands utilisateurs de stockage. Les développements récents et la multiplication de produits d’imagerie géospatiale contribuent à nous confirmer dans notre position de champions toutes catégories pour les besoins de stockage des organisations. Bon, le titre est peut-être éphémère: il y a tout le secteur du multimédia qui nous fait aujourd’hui concurrence et pourrait nous voler le titre éventuellement, mais sauf exception, les organisations n’ont pas encore tendance à conserver des filmothèques ou des vidéothèques numériques.
Nous parlons de téra-octets depuis quelques années et le péta-octet est sur le point de faire son apparition. Avec très peu de recul, on peut facilement se remémorer la période où le giga-octet était de mise et pour ma part, je remonte facilement à l’ère du méga-octet. On ne parle pas ici de trois ordres de grandeur (1000) mais bien de neuf (1000000000), c’est pas rien! Il y a ici un excellent candidat pour la fuite en avant.
Là où je veux en venir, c’est qu’à chaque époque, l’archivage de l’information pose un problème, parce que les organisations doivent souvent conserver les données géospatiales passées pour des périodes allant jusqu’à perpétuité et qu’on est habitué à utiliser le terme “archives” pour représenter ce type de conservation. Dans notre vécu associé au monde du papier, des archives sont des boîtes de papier conservées à demeure dans une voûte ou un espace sécuritaire, mais tout de même accessible, à l’abri des attaques du temps. En informatique, on pense immédiatement à des supports magnétiques ou magnéto-optiques et à des armoires de rangement. Dans ce dernier cas, le paradigme avec le papier ne tient pas la route: pour le papier, le système de lecture (nos yeux) est stable dans le temps alors que pour les archives électroniques, le système de lecture doit être archivé avec la donnée parce qu’il est requis pour y accéder. En clair, pour lire les rubans magnétiques 9 pistes des années 80 (Max. 250 MO), il faut un dérouleur de bandes de l’époque avec son interface, son logiciel de contrôle et même un ordinateur compatible; pour lire la cassette DAT des années 90 (2-4 GO), il faut une unité DAT et son logiciel de l’époque et pour lire la cassette DLT des années 2000 (40-400 GO), il faut une unité DLT et son logiciel de l’époque. Un autre paradigme qui ne tient pas bien la route avec les nouvelles technologies, c’est la stabilité du médium: le papier peut se conserver des centaines d’années avec des précautions minimales, alors que les meilleurs supports de données numériques ne dépassent pas 25 ans de conservation.
C’est ici que la fuite en avant vient à notre rescousse! Si notre croissance en termes de données est normale et régulière, les données d’hier peuvent aisément représenter une proportion acceptable par rapport aux données courantes et on peut les conserver en ligne à perpétuité. Cette assertion paraît farfelue? Pas si sûr, voyons un exemple: avec une croissance régulière de 20% par année, une organisation qui avait besoin de 1 giga-octet de stockage en 1980, peut-être au coût de 50000$, aurait besoin de 240 giga-octets en 2010 (quelques centaines de dollars) pour stocker l’ensemble des actifs des 30 dernières années. Un autre exemple? Avec la même croissance annuelle de 20%, une organisation qui archivait 10 téra-octets d’imagerie dans un SAN en 2000 (0,5-2M$) en serait à 62 téra-octets en 2010 (0,2-1M$). On peut s’amuser avec les chiffres et se faire des scénarios, mais les références du passé confirment jusqu’à une croissance annuelle de 30 à 35% pour rester confortablement à l’intérieur des limites de l’amélioration continue des rapports stockage-coûts tout au long des années. Si le passé est garant de l’avenir, on pourrait donc conserver toutes nos archives passées dans un système de stockage en ligne, sans se soucier des problèmes d’accès à des technologies périmées et à des médias devenus illisibles avec le temps. La sécurité des données est quant à elle toujours assurée par le système de copie de sécurité du moment, qui conserve des copies qui ne seront utilisées qu’en cas de bris d’équipement causant des pertes de données: on garde à l’esprit que la copie de sécurité n’est pas une archive.
Comme quoi la fuite en avant, comme le changement de point de vue (la parallaxe) a parfois des avantages…
André Verville
Géomatique Verville
parallaxe@averville.ca -
14:00 Les technologies à référence spatiale et les bases de données
sur La chronique de la parallaxeLes systèmes de gestion de bases de données (SGBD) sont aujourd’hui au coeur de la grande majorité des systèmes d’information à référence spatiale mais ça n’a pas toujours été le cas. Qu’en sera-t-il dans vingt ans? Il n’y a pas de certitudes.
Tout d’abord, les systèmes d’information à référence spatiale ont commencé par la représentation géométrique, la carte. Au débuts de la géomatique, on se contentait des outils de dessin assisté par ordinateur, qui ont permis le passage du papier à l’ordinateur, ce qui était d’ailleurs à l’époque toute une révolution. La principale difficulté d’alors résidait dans la grande quantité d’éléments graphiques simples qu’il fallait assembler afin d’afficher une carte. On avait besoin de systèmes capables de parcourir des fichiers de données à grande vitesse afin d’en présenter la géométrie à l’écran et de la restituer sur traceurs automatiques. Des entreprises comme Intergraph étaient alors à la fine pointe de la technologie: ils fabriquaient eux-mêmes leurs propres contrôleurs de disques afin de permettre les recherches rapides dans des fichiers informatiques contenant un grand nombre d’entités géométriques, permettant ainsi des affichages sélectifs à grande vitesse. Les logiciels permettant d’attacher des attributs non graphiques aux éléments géométriques étaient en général très lents et on devait travailler très fort sur la structure de données et les index afin d’obtenir une performance acceptable.
Dans les années 80 et 90, on a vécu dans un mode de séparation entre la géométrie et les données attributives. Les données géométriques avaient leurs exigences en termes de structure et chaque fabricant de logiciels avait ses préférences. Les données attributives étaient généralement gérées en parallèle dans des SGBD relationnels et l’art des géomaticiens résidait dans le maintien de liens étroits entre les deux mondes en les conservant synchrones. Avec ESRI en tête de peloton, la rationalisation des structures de données, communément appelée la “topologie” a permis à la géomatique d’aller de l’avant et de poursuivre son chemin de manière distincte en s’éloignant des solutions classiques du dessin assisté par ordinateur (Autocad et MicroStation) qui multipliaient quant à elles la complexité des éléments graphiques en délaissant la rigueur nécessaire à la référence spatiale.
Au début du nouveau millénaire, la performance des SGBD relationnels s’est grandement améliorée, en même temps que la mémoire vive disponible dans les ordinateurs autorisait la conservation en mémoire des index qui permettaient l’accès rapide aux données. On a par la suite greffé à ces SGBD des fonctions permettant les recherches par critères spatiaux, soit à l’intérieur même du SGBD (Oracle Spatial), soit comme ajout externe (SDE d’ESRI). L’utilisation des SGBD est aujourd’hui considérée comme le seul choix logique dans les cas de systèmes d’information à référence spatiale comportant plusieurs utilisateurs qui effectuent des transactions simultanées. Les SGBD comportent toutes les règles opérationnelles qui gèrent le trafic complexe constitué par des éditeurs multiples d’un dépôt de données partagé.
Cette façon de faire est par contre loin de solutionner tous les problèmes. La réalité que nous tentons de modéliser est beaucoup plus complexe: elle est en quatre dimensions (X, Y, Z et T) où T signifie le temps. De plus, les simplifications volontaires que nous avons fait subir aux données afin de permettre la topologie (point, ligne, polygone, annotation) ne représentent qu’une infime portion du monde réel que nous tentons de représenter. Il faut prendre acte que la réalité est beaucoup plus près des représentations graphiques complexes qui sont aujourd’hui chose courante dans le domaine de la conception et du dessin assisté par ordinateur. Il n’y a qu’à penser aux fameux NURBS (Non-Uniform Rational B-spline Surface), ces surfaces tri-dimensionnelles utilisées en modélisation numérique, pour imaginer le défi qui nous attend. La chose nous concerne assurément, il n’y a qu’à constater la popularité des visions tridimensionnelles de type “Cityscape” ou “Street View“. La modélisation de géométries complexes et des attributs qui s’y rattachent sous forme de propriétés génèrent une complexité de plus en plus difficiles à gérer à l’aide de SGBD relationnels, c’est pourtant le défi auxquel nous devrons faire face au cours des prochaines décennies.
Les SGBD sauront-ils adapter leurs structures aux modélisations complexes spatio-temporelles du monde réel? Sinon, les fournisseurs de logiciels spécialisés sauront-ils quitter le confort douillet et rigoureux de la sous-traitance des données à Oracle, SQL Server ou PostgreSQL pour se donner une liberté d’action leur permettant de s’attaquer à la question sans entraves? J’aimerais pouvoir répondre “oui” à ces deux questions.
André Verville
Géomatique Verville
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14:00 Les DRS gouvernementales (partie 4), dans un contexte historique
sur La chronique de la parallaxe
Nous avons vu dans les trois premiers billets de cette série qu’en matière d’information géospatiale, nos gouvernements sont déchirés entre leurs propres besoins et ceux de la communauté, dans un contexte où les paramètres de l’équation varient plus vite que leur capacité d’adaptation. Puisque les changements sont si rapides, je ne vois pas d’autre approche que de prendre un peu de distance et d’étudier les tendances dans un contexte historique.Les gouvernements ont toujours été les plus grands consommateurs de données géospatiales, ils en ont aussi été les plus grands producteurs, c’était normal puisqu’ils devaient tout d’abord répondre à leurs propres besoins. Historiquement, cette dualité leur a permis d’opérer presque en circuit fermé. Il y a 50 ans, la production de cartes était dans bien des pays une activité militaire (d’où le nom “Ordnance Survey” en Grande-Bretagne, par exemple) et certains pays comme l’URSS ne diffusaient même pas les cartes topographiques de leur territoire. Les dernières décennies ont connu la prise en charge “civile” des activités de cartographie et de représentation du territoire et le transfert aux administrations publiques des responsabilités afférentes. L’information géographique était devenue beaucoup trop importante dans les activités quotidiennes des entreprises et des citoyens pour demeurer l’apanage des militaires et à mesure que les organisations civiles étaient elles aussi capables de procéder à leurs propres levés topographiques, les militaires n’étaient plus en mesure de conserver le secret plus longtemps.
Nous vivons actuellement une période de transition et la commercialisation des DRS publiques par les États constitue un mélange des genres qui ne pourra pas perdurer puisqu’il est en équilibre instable. Lorsque les gouvernements gèrent des opérations commerciales, ces opérations doivent être protégées par des lois pour pouvoir se prolonger dans le temps. En l’absence de monopoles protégés par la législation, l’entreprise privée est généralement en mesure de répondre plus efficacement aux besoins de la société. La démonstration que cet équilibre instable est sur le point d’être brisé est l’apparition récente des services globaux de cartographie comme Google Maps et Google Earth, qui constituent un important jalon dans cette évolution. Aujourd’hui, l’information géographique est non seulement utile, mais elle est omniprésente et c’est l’entreprise privée qui est le mieux positionnée pour répondre à ce besoin d’omniprésence. Il y aura dans le futur de moins en moins de raisons pour nos gouvernements d’être actifs dans le secteur. La preuve en est que même des organismes publics s’abonnent aujourd’hui aux sources privées d’information géographique (voir BonjourQuébec.com, mon billet du 18 mai qui y faisait référence et la capture d’écran qui figure au début de ce billet). Ce qui est aujourd’hui l’exception deviendra un jour la règle.
Les cinquante prochaines années verront selon moi le retrait graduel des gouvernements dans l’acquisition et la diffusion d’information géographique. Les données qu’ils possèdent vont devenir périmées à court ou moyen terme et seront remplacées petit à petit par de nouvelles sources en provenance du secteur privé. Les gouvernements, tout en se retirant des activités de production, demeureront actifs dans la normalisation, l’assurance-qualité et la certification. En tant que clients importants pour cette information géographique, ils demeureront aussi les plus grands créateurs de demande pour certains produits. Ils n’auront finalement jamais été en mesure de rentabiliser la poursuite de leurs activités dans le secteur puisqu’ils n’auront pas pu justifier de monopole par l’entremise de lois (comme pour la SAQ et Loto-Québec: protection contre l’ingérence du crime organisé) ou du secret militaire.
Avec la situation privilégiée qu’ils ont pour constater l’importance du secteur privé et les tendances qui en découlent, les américains ont seulement compris avant nous!
André Verville
Géomatique Verville
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14:00 Les DRS gouvernementales (partie 3), ici comme ailleurs?
sur La chronique de la parallaxe
À la suite des deux billets précédents portant sur les DRS gouvernementales, nous serions en droit de nous demander qui du Canada ou des États-Unis est celui qui marche au pas avec le reste du monde. Je serais porté à croire que les approches canadienne et québécoise s’inscrivent dans une certaine mouvance internationale et que comme dans bien d’autres domaines, notre premier choix est de rester au milieu du peloton.L’Ordnance Survey
En Grande Bretagne, l’organisation gouvernementale responsable de la cartographie et de la connaissance du territoire s’appelle Ordnance Survey (OS pour les intimes), c’est leur Institut Géographique National. L’OS est actuellement l’objet d’une grande pression de la part des utilisateurs afin de permettre un accès plus facile et plus économique aux DRS publiques (voir: Free our Data - en anglais). Solidement ancrée dans ses traditions et appuyée par une politique gouvernementale de l’utilisateur payeur, l’Ordnance Survey a récemment réitéré son attachement à ses principes de facturation (voir son communiqué de presse - en anglais).
L’IGN
En France, l’Institut Géographique National (IGN) a adopté une politique mixte, qui se situe quelque part à mi-chemin entre les deux extrêmes. Cette politique est présentée sous forme de document pdf à l’adresse suivante. Le site Web de l’IGN comporte d’ailleurs une grande diversité de produits commerciaux offerts dans une boutique en ligne. Les produits offerts sont très variés et plusieurs de ces derniers sont tarifés à juste titre puisqu’ils sont en quelque sorte “productisés” de manière non équivoque (ils sont souvent sur papier ou sur cédérom/DVD). Il faut tout de même retenir que l’IGN fait supporter à sa clientèle une portion des coûts d’acquisition de la donnée et non uniquement les frais de distribution, comme en fait foi la capture d’écran suivante pour l’achat de données vectorielles régionales:

L’ANZLIC
L’Australie a quant à elle adopté une politique similaire à celle des États-Unis. L’ANZLIC (Australia New Zealand Land Information Council) vise avant tout la démocratisation des DRS gouvernementales en les mettant au service de la population et des entreprises (voir la politique de l’ANZLIC - en anglais). Il est intéressant de noter que l’ANZLIC s’est dotée d’une stratégie qui ressemble étrangement à celle du programme Géoconnexions de Ressources Naturelles Canada, en ce qu’elle s’implique activement dans la promotion des normes et standards d’interopérabilité parmi l’industrie et les organisations publiques du pays. Cette comparaison nous permet aussi de mettre en contexte le comportement de Ressources Naturelles Canada: le coeur serait probablement à la libéralisation totale des DRS gouvernementales mais au Canada, les responsabilités en la matière sont partagées avec les provinces et, faut-il s’en étonner, la cohérence des politiques en souffre quelque peu.
Avant tout une question d’argent et de financement
De cet échantillonnage très incomplet mais représentatif des tendances sur le plan international, on peut retenir que dans bien des pays, l’État utilise les lois en vigueur sur la propriété intellectuelle dans le but de protéger ses droits sur les DRS qu’il possède et diffuse. La justification la plus fréquemment invoquée est l’assurance que les produits sont originaux et que leur qualité est contrôlée et non altérée. Paradoxalement, les organismes producteurs ne se gênent pas pour limiter leur responsabilité en cas d’inexactitude de la donnée. On remarque par ailleurs que l’Internet, alors qu’il assiste de plus en plus l’État dans la prestation de services aux citoyens (Services Québec et Service Canada, par exemple), facilite aussi la tarification directe des produits et services gouvernementaux à l’aide des fonctions de boutiques en ligne et de commerce électronique qui sont maintenant répandues sur les sites gouvernementaux. Nos gouvernements sont aussi en affaires et les monopoles commerciaux qu’ils ont la possibilité de mettre en place par l’entremise des lois constituent une partie non négligeable de leurs revenus. Au Québec, la Société des Alcools du Québec et Loto-Québec sont de bons exemples de ces vaches à lait. De toutes manières, ce sont les citoyens et les entreprises qui financent les services de l’État, tout n’est que question de répartition de charge!
Mon prochain billet, le dernier de la série, proposera d’entrevoir la situation dans un contexte historique, celui qui à mon avis est le plus révélateur.
André Verville
Géomatique Verville
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2:54 Les quatre souches virales de la maladie des chiffres
sur La chronique de la parallaxe
En ces temps de grippe porcine que nous devons maintenant identifier par un code postal (AH1N1), il semble que les TRS (technologies à référence spatiale) sont déjà affectées par un virus qui se mute fréquemment sous quatre formes distinctes. Pour être conformes à une nomenclature similaire, nous les appellerons TRS1 à TRS4. Attention, il y a de nouvelles mutations toujours possibles que nous nous ferons un devoir d’identifier en séquence au fur et à mesure de leur découverte, en espérant qu’on ne se rende jamais à TRS80! Notons en passant que bien que nous ne détenons pas de statistiques précises à cet égard, il semblerait que les deux premières souches (TRS1 et TRS2) aient été diagnostiquées plus fréquemment en milieu gouvernemental, alors que l’incidence de la troisième (TRS3) semble affecter davantage le secteur privé. La quatrième souche (TRS4) s’attaquerait apparemment aux deux groupes de manière aussi égale qu’importante. Voici une brève description de chacune de ces souches, ainsi que la manière d’en faire le diagnostic.TRS1: (du latin metricus argumentaris) - La métrique argumentaire
Cette souche du virus affecte principalement les adultes qui participent fréquemment à des comités, où la proximité d’autres personnes infectées semble favoriser la transmission. La personne infectée rejette automatiquement tout argument d’un interlocuteur en l’accusant d’avancer des affirmations qui ne sont pas basées sur des données chiffrées ou des statistiques. Ce faisant, elle gagne du temps en retournant l’autre interlocuteur faire ses devoirs. Le besoin de chiffres afin d’étayer une démonstration est souvent utile, mais toujours coûteux en efforts et en temps, ce virus produit par conséquent des dommages économiques importants. Un gestionnaire en bonne santé peut quelquefois y être immunisé s’il sait accepter une argumentation basée sur la logique et le bon sens, sans qu’il soit nécessaire d’utiliser des chiffres pour en faire la démonstration. Il peut à l’occasion demander un estimé de certaines informations afin de leur attribuer un ordre de grandeur et la chose est tout à fait légitime. S’il a besoin de chiffres exacts, on peut immédiatement soupçonner qu’il pourrait être affecté par le virus.TRS2: (du latin excellicus diabolis) - La démence du chiffrier
Cette variante du virus semble infecter les grands utilisateurs de la suite Office et est présentement sous enquête comme l’un des premiers cas de transfert de virus de l’ordinateur à l’humain. Il s’agit d’une sorte de macro-virus qui se cache dans le code exécutable du chiffrier Excel et dont les conditions d’activation sont encore inconnues. Un chiffrier Excel devient alors le vecteur idéal pour faire croire à une grande rigueur lorsque les paramètres qui y apparaissent ou la valeur qu’on leur attribue sont aléatoires. Le virus amène l’utilisateur infecté à y cacher les formules ésotériques d’une logique déficiente, de manière à ce que que le lecteur normal non infecté craigne de poser des questions, de peur de paraître ignare en matière de chiffriers.TRS3: (du latin digitalis infinitae) - La décimale illimitée
Cette forme particulière du virus affecte de manière plus importante les populations jeunes et inexpérimentées, pensant bien faire et exceptionnellement bien équipés d’ordinateurs capables de générer des suites infinies de chiffres sans signification. Dire par exemple que la population du monde se situe à 6 778 127 515 personnes nous semble en effet résulter (1) de systèmes de recensement nationaux provenant d’un autre monde et (2) d’une stabilité inouïe des naissances et des décès. À moins de se doter d’instruments de mesure de précision ou de faire des statistiques à partir d’échantillons de très grande taille, il est rare que l’utilisation de plus de trois chiffres soit requise dans une représentation chiffrée. La personne qui est infectée vous fournira sans sourciller une suite de dix chiffres après la virgule décimale. Bien que l’incidence de cette maladie diminue avec l’âge, certaines personnes demeurent infectées pour la vie.TRS4: (du latin minimus maximus negatio) - Le refus des ordres de grandeur
Cette souche très virulente dans le secteur des technologies de l’information affecte doublement la communauté géomatique au point où la presque totalité de ses membres en sont affectés. Nous savons tous que l’atome est immensément petit et l’univers est immensément grand mais le dire et le réaliser pleinement est impossible pour une personne infectée. Notre réalité de tous les jours se situe à quelque part à l’intérieur de ce spectre mais notre capacité de voir et toucher est limitée à seulement une petite portion de ce spectre que nous appelons notre zone de confort. Le monde des TI est rempli de préfixes, allant de “nano” à “peta” et rares sont les individus qui sont en mesure de déduire les phénomènes qui y sont associés en termes d’espace de stockage, de performance, de temps ou de coûts. Le monde de la géomatique est affecté doublement à cause des rapports d’échelle entre les différentes représentation du territoire qui font que les personnes infectées sont incapables d’évaluer correctement les coûts d’une nouvelle implantation parce qu’ils ont un blocage cérébral qui les empêche d’accepter les chiffres résultant de calculs pourtant exacts. Citons en exemple un cas où une personne infectée insistait pour transférer 1000 photos aériennes de 1 giga-octets par Internet, alors qu’à une vitesse respectable de 1mbps, ce transfert prendra 115 jours!En conclusion, j’inviterais le lecteur à être très prudent afin d’éviter d’être infecté. La connaissance de leur existence semble pour l’instant le seul vaccin efficace.
Soyez prudents avec les chiffres!
André Verville
Géomatique Verville
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14:00 Les DRS gouvernementales (partie 2), ÉU: Big Brother ou Grand Frère?
sur La chronique de la parallaxeSuite du billet du 15 juin intitulé “Les DRS gouvernementales (partie 1), un débat qui s’éternise”
De l’autre côté de la frontière, les données à référence spatiale gouvernementales font partie d’un tout autre monde, comme bien d’autres aspects de la vie par ailleurs. Les États-Unis, champions incontestés de l’économie de marché et du capitalisme, qui semblent avoir tranché au couteau le rôle de l’État de celui de l’entreprise privée, vivent aussi avec le meilleur et le pire de la situation. Le non-interventionisme de l’État dans le contrôle des mécanismes de l’économie leur a récemment joué de mauvais tours mais dans le domaine des DRS, la situation a tourné à l’avantage des citoyens et des entreprises.Des DRS publiques par force de loi
Le “Freedom of Information Act” est devenu loi le 6 septembre 1966, sous la gouverne du président Lyndon B. Johnson et a été mise en vigueur un an plus tard. Cette loi prévoit que toute information accumulée ou recueillie par une agence ou un département du gouvernement fédéral américain doit être rendue publique et disponible aux citoyens et aux entreprises, à l’exception de neuf cas d’exception touchant entre autres les données nominatives, les informations portant sur la sécurité de l’état, les affaires légales ou en litige et finalement les cartes géologiques ou géophysiques concernant les puits. Sujette à plusieurs cycles d’amendements afin d’en préciser la portée et de couvrir le sujet délicat des archives secrètes de plusieurs institutions fédérales, cette loi a été amendée plus spécifiquement sous Bill Clinton afin de couvrir les règles applicables aux données informatisées. La “Electronic Freedom of Information Act Amendments” de 1996 a établi les règles qui s’appliquent à la diffusion des données informatisées en créant l’obligation pour les administrations fédérales de mettre en place des systèmes de diffusion de l’information, allant même jusqu’à ouvrir des locaux publics où les citoyens peuvent se rendre pour consulter les bases de données et les archives. Le principe fondamental est le suivant: les frais facturés aux utilisateurs doivent se limiter à ceux de l’activité de consultation ou de copie de l’information. Il faut préciser que cette loi ne s’applique pas aux administrations de chacun des états et qu’il reste bien des réticences aux autres paliers de gouvernements. Il demeure que puisque le USGS est le principal fournisseur de DRS aux États-Unis, cette loi a eu un impact majeur et fondamental. Ajoutons finalement qu’entretemps, l’Internet s’est avéré le principal outil de diffusion utilisé par les institutions fédérales pour se conformer à la loi.La valeur ajoutée du secteur privé
Les premières années (fin des années 90) ont vu la naissance de plusieurs services de données à valeur ajoutée. Le meilleur exemple que je peux trouver est la firme Delorme Mapping, qui a alors mis au point un logiciel de cartographie qui comprenait l’ensemble des actifs vectoriels de la carte topographique de base au 1:24000 du USGS. La nature vectorielle de cette information permettait à l’entreprise de créer un produit intégré sur CD-ROM et ce, à un coût raisonnable. Nous avions donc la participation de l’entreprise privée qui avait le droit d’utiliser les données publiques et d’y ajouter de la valeur pour la redistribuer à des fins commerciales. Pendant ce temps, de ce côté-ci de la frontière, la firme québécoise Softmap Technologies (Formatek à ses débuts), essayait de balayer les cartes papier de nos gouvernements afin de créer un produit équivalent à Delorme Mapping pour le Canada et le Québec. Malgré des miracles d’ingéniosité, le logiciel SoftMap a eu énormément de difficultés de mise en marché et l’entreprise a fait faillite en 2002, plombée qu’elle était par les difficultés inhérentes au format matriciel (à l’époque), aux petits marchés canadien et québécois et aux redevances qu’elle devait fournir à nos gouvernements. L’entreprise a redémarré par la suite, elle a amélioré ses relations avec les gouvernements (le Québec en particulier) mais ce sont à ma connaissance des ententes de distribution avec royautés et elles sont toujours basées sur le paradigme “papier”, leur permettant de fournir aux utilisateurs l’image des cartes plutôt que les données vectorielles sous-jacentes.Un environnement qui stimule l’innovation
L’exemple de Delorme Mapping n’est qu’un parmi tant d’autres. L’industrie géospatiale chez nos voisins du sud jouit d’un environnement beaucoup plus stimulant que le nôtre: les DRS publiques constituent une base sur laquelle elle peut construire pour offrir à la communauté des produits commerciaux à valeur ajoutée. Les produits qui en résultent comportent certes une composante commerciale (les logiciels et les données additionnelles assemblées pour fabriquer le produit), mais ajoutent à cette celle-ci une partie publique, composée de données pour lesquelles les contribuables ont déjà payé par leurs impôts. Dans ce cas, on parle peut-être plus d’un “Grand Frère” bienveillant que de “Big Brother”!André Verville
Géomatique Verville
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14:00 Les DRS gouvernementales (partie 1), une question de fond qui persiste
sur La chronique de la parallaxeCe billet est le premier d’une série portant sur les données à référence spatiale fournies par nos gouvernements. Le sujet est délicat parce qu’il comporte un volet “politique” qui peut être perçu comme incompatible avec le rôle d’un consultant. Il y a cependant des cas de conscience qui transcendent les exigences du métier et nous amènent à redevenir de simples contribuables et celui-ci en est un. Mon but ici n’est pas de provoquer, mais plutôt de faire écho à bien des discussions qui ont lieu “off-the-record” lors de rencontres professionnelles dans notre communauté. Sans aller jusqu’à dire qu’il y a une Omerta sur la question, je pourrais diplomatiquement faire remarquer que beaucoup de gens sont exceptionnellement polis et réservés sur la question.
Au Québec et au Canada, les données à référence spatiale (DRS) sont au coeur d’un débat qui, pour autant que je me souvienne, a démarré à la minute où elles ont commencé à migrer du papier au support magnétique.
Au début des années 80, le prix d’un feuillet de carte topographique sur papier était 1,75$ à la Photocartothèque québécoise. L’échelle (1:1000, 1:5000, 1:20000, etc) et la popularité d’un feuillet en particulier (beaucoup de copies vendues dans les basses plaines du St-Laurent, très peu en régions éloignées) n’avait aucune influence sur le prix. Le principe était simple: le prix de vente était fixé en fonction du coût de reproduction et on considérait que les coûts inhérents à la création des cartes de tous ordres faisaient partie du mandat général du gouvernement. On utilisait d’ailleurs les termes “connaissance du territoire” pour décrire le concept général du mandat que s’était donné le gouvernement. L’organisme de diffusion devait quant à lui faire ses frais au dans ses activités de diffusion.
L’avènement du numérique a été l’élément déclencheur d’un changement de paradigme fondamental qui a eu de grandes conséquences sur le développement de la géomatique au Québec et au Canada. Au Québec par exemple, le tarif initial avait été fixé à 500$ le feuillet pour tous les utilisateurs, qu’ils proviennent d’autres ministères ou du secteur privé. Ce tarif a été mis en place dans l’élan associé au principe de l’utilisateur payeur pour les services gouvernementaux. Il faut ici faire une parenthèse pour dire qu’il existe une grande variété de collections à différentes échelles dont plusieurs comportent plusieurs centaines de feuillets et qu’une infime partie était disponible en format numérique à l’époque. Il est aussi utile de mentionner qu’Énergie et Ressources Canada (nom de l’époque encore une fois) avait initialement adopté une approche identique. Sans faire de procès d’intention, disons que le principe de base était que les utilisateurs des produits de cartographie numérique obtenaient une valeur supérieure par rapport au papier, laquelle justifiait une tarification d’un tout autre ordre de grandeur. L’application de ces nouvelles règles a créé selon moi quelques dommages collatéraux dont voici les principaux:
1- Frein à l’exploitation des DRS en milieu gouvernemental
Comme la structure de prix était aussi applicable aux autres ministères et organismes, les “bons gestionnaires” de ces organismes ont eu à considérer l’incidence de coût associée à l’utilisation des DRS dans le budget de leurs projets. Même si l’argent n’était en fait que transféré d’un ministère à l’autre et qu’en fin de compte le projet ne demandait pas plus d’argent aux contribuables à cause du principe des vases communicants, plusieurs gestionnaires ont reporté des projets de migration vers le numérique ou tout simplement continué d’utiliser des processus manuels basés sur le papier, freinant ainsi la capacité du gouvernement à exploiter ses propres données. Les conséquences étaient surprenantes: je connais au moins un exemple d’une organisation de l’État québécois qui achetait les cartes sur support polyester à 20$ l’unité pour ensuite les passer sur un balayeur optique et les digitaliser à nouveau: à 100$ le feuillet, elle y trouvait encore un avantage. Nous sommes aujourd’hui en 2009 et la plupart de ces problèmes de gouvernance ont maintenant été réglés, mais les dommages causés par presque 20 années d’entraves font maintenant partie de l’histoire et on ne peut revenir en arrière pour les faire disparaître.2- Taxe à l’innovation
La valeur ajoutée que représentent les DRS pour un utilisateur est difficile sinon impossible à évaluer. Les premiers clients des DRS numériques ont participé aux coûts de création de produits dont plusieurs sont aujourd’hui gratuits. Le résultat au net est que les les “early adopters” des DRS ont participé aux coûts, sur la base de l’utilisateur payeur, alors que la majorité a tout simplement attendu qu’ils ne deviennent éventuellement gratuits. Paradoxalement, nos gouvernements ont donc d’une certaine manière taxé l’innovation et récompensé la passivité.3- Des données qui dorment en attendant que leur valeur diminue
Les DRS accumulées par nos gouvernements sont une propriété collective de grande valeur qui peut s’exprimer de deux façons: leur potentiel d’assistance au développement et celui de leur capacité de récupération de leurs propres coûts d’acquisition. Lorsque l’État privilégie la récupération des coûts d’acquisition des DRS, il applique les règles économiques qui visent le meilleur retour sur l’investissement. La situation n’est pas si simple en fait parce qu’en pratique l’État a tendance à viser la récupération de coûts en début de cycle, au moment où la valeur de la DRS est la plus élevée. Il migre ensuite vers le potentiel d’assistance au développement beaucoup plus tard dans le cycle de vie du produit, au moment où la récupération de coûts est devenue moins efficace à cause de l’apparition de produits concurrents en provenance du secteur privé. Le malheur est que le temps qui s’écoule fait en sorte que la fonction “assistance au développement” est mise en sourdine, le temps que les organismes producteurs de l’État récupèrent une partie des coûts initiaux auprès des utilisateurs les plus fortunés qui ont les moyens de participer financièrement. Il s’agit d’un modèle économique hybride où l’État se comporte comme une quasi-entreprise: il a besoin de la donnée pour supporter ses propres processus de gestion mais il fait un montage financier qui fait intervenir les “early adopters” gouvernemantaux ou autres qui sont disposés à contribuer financièrement afin d’avoir un accès privilégié et prioritaire à la donnée, tout ça dans le but de réduire ses propres coûts. En d’autres termes, ce sont parfois ses propres besoins qui motivent ses actions au lieu de ceux de la collectivité.La lumière au bout du tunnel
Les DRS publiques canadiennes ont finalement été dévaluées par la concurrence qu’elles ont eu en provenance du secteur privé. Les MapPoint, MapBlast, MapQuest et Google Maps ont certainement contribué à la démocratisation des DRS publiques parce qu’ils faisaient mal paraître nos propres institutions. La perte du potentiel économique de récupération de coûts aura finalement été bénéfique, en rendant d’autant plus facile la décision de remettre les DRS publiques à la communauté. Disons en terminant que le gouvernement fédéral est substantiellement en avance sur le Québec dans le processus de libéralisation des DRS publiques. Nous voyons finalement la lumière au bout du tunnel, mais il nous faudra continuer d’être patients.La seconde partie portera sur la manière dont les États-Unis ont abordé la question et les principes distinctifs qui sont mis de l’avant en comparaison avec les nôtres.
André Verville
Géomatique Verville
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