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TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)
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11:35
Des livres sur le monde, le voyage et quelques géographies personnelles
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Les vacances sont déjà là ou bientôt là. Pour certains, c'est l'occasion de s'étendre au soleil ou à l'ombre et d'attendre, en ne faisant rien (farniente).
Pour moi, c'est l'occasion de "me défaire du reste de l'année" et de me plonger dans des livres, avec le même plaisir que celui que je trouve aussi, parfois, à plonger dans une eau tiède et turquoise.
A ce propos je me permets de vous signaler quelques unes de mes dernières lectures que j'ai beaucoup appréciées et qui sont d'actualité lorsqu'on part en vacances ou qu'on s'apprête à y partir.
Les Editions Transboréal en partenariat avec Baladéo (vendeur d’accessoires pour balades) ont eu la bonne idée de publier depuis quelques mois une collection baptisée "Petite philosophie du voyage". "Cette collection donne la parole à des auteurs qui, ayant un sujet à cœur, sont à même d’apporter sur lui des éléments de réflexion assortis d’expériences personnelles. Sont abordés aussi bien des points de vue sur le voyage – les motivations du départ, l’écriture –, des modes de déplacement – marche, train, canoë –, des pratiques sportives – alpinisme, arts martiaux – ou artistiques – aquarelle, photographie.". Dans cette collection, j'ai lu et beaucoup aimé deux titres dont j'espère que les autres titres de la collection sont à l'image de ces deux-là :
- "L'appel de la route. Petite mystique du voyageur en partance" de Sébastien Jalade
- "La poésie du rail. Petite apologie du voyage en train" de Baptiste Roux.
Ce dernier titre m'a fait penser à la série documentaire "Des trains pas comme les autres" réalisée par François Gall et Bernard d'Abrigeon, diffusée à la télévision depuis 1991 et qu'on peut retrouver en DVD.
Le livre "Petite collection de paysages" de Pierre Gilloire paru aux Editions L'Arpenteur est un petit bijou de géographie personnelle. En voici le texte de la quatrième de couverture :
"Nous roulons depuis des heures. La route n'en finit pas d'arriver nulle part. La chaussée est de plus en plus dégradée, le monde moderne est derrière nous, les poteaux télégraphiques ont disparu. Le paysage est fait de bandes horizontales superposées ayant chacune son grain et sa couleur. Un sol où domine le végétal, une herbe dont les nuances varient du vert acidulé au vert amande. Un horizon de steppe d'où émergent des collines isolées. Décor changeant... Ce matin, cet archipel flottait sur un coussin de brume. Le temps, pour moi, de prendre quelques photos, et la vapeur s'est dissipée... Ici et là, le minéral reprend l'avantage, la pelouse cède la place à de vastes étendues caillouteuses que le soleil réchauffe au fil de la journée. L'air grésille. On ne sait trop d'où a surgi cette nappe scintillante qui vient d'apparaître. Un lac salé aux rives blanchies, ou peut-être un mirage ? En fait, l'un et l'autre parfaitement accordés, deux strates fines comme des lames, l'une argentée, l'autre bleutée. Au-dessus, le ciel est ourlé de quelques cumulus. Inatteignable, le mirage se dissout comme la brume du matin. Les lignes sont épurées, le relief est usé, comme adouci. Un paysage serein, sans lignes brisées, sans fioritures, presque abstrait. Rien ne bouge, sinon les nuages et leur ombre glissant sur le terrain..."
En lisant ces quelques lignes, on pense inévitablement à d'autres écrivains qui ont précédé Pierre Gilloire dans ce genre de géographies personnelles, et pour lesquels les paysages et ce qu'ils peuvent inspirer comme pensée et sentiment, révèlent avant tout notre rapport au monde : Julien Gracq bien sûr, mais aussi Dino Buzatti, Ernst Jünger, Claude Simon, Julien Green, Gil Jouanard, Pierre Sansot, et bien d'autres.
Pour les amateurs de récits de voyages, le temps est peut-être venu de lire ou relire Paul Morand, Nicolas Bouvier, Victor Segalen, J-M.G. Le Clézio, Bruce Chatwin, Jack London, Georges Pérec, Jean Grenier, Francisco Coloane, Michel Le Bris, tous héritiers de leurs ancêtres (souvent voyageurs) que furent entre autres Hérodote, Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Stendhal, Marcel Proust, Pierre Loti, Joseph Conrad, Blaise Cendrars, et de quelques poètes, bijoutiers de notre regard sur le monde, comme Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Jean Follain, Émile Verhaeren, Léon Paul Fargue, Eugène Guillevic, René-Louis des Forêts, Kenneth White, Claude Roy et tant d'autres.
Le temps des vacances c'est, paraît-il, le temps de faire le vide en soi. Pour ma part, c'est plutôt le temps de faire le plein : de lectures, de voyages, de rencontres. Rimbaud a écrit "La vraie vie est ailleurs". Je suis souvent tenté de le croire. La géographie sert d'abord à voyager et les cartes sont les passeports de nos rêves. Les vacances cela peut être aussi le temps de laisser de côté les cartes qui envahissent de plus en plus l'Internet, nos téléphones mobiles et nos GPS pour nous faire dessiner d'autres cartes, celles de nos pas, guidés par la recherche d'un ailleurs, surtout s'il est illusoire.
"Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?" : tel est le titre d'une oeuvre de poésie de Claude Roy, tel pourrait être un questionnement permanent dans notre quête de l'ailleurs. Il paraît qu'on finit toujours par retourner vers la mer...
Bonnes vacances et bonnes lectures. -
9:28
Pouvoir des images, pouvoir sur le monde
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Dans son un article paru dans la rubrique "Essais" du journal Le Monde daté du 2 juin 2009, David Zerbib rend compte de l'ouvrage de W.J.T. Mitchell intitulé "Iconologie. Image, texte, idéologie" paru dans la collection "Penser/croiser" aux éditions "Les Prairies Ordinaires" .
Mitchell, professeur de littérature et d'histoire de l'art à l'Université de Chicago, est considéré comme l'un des représentants des "visual studies" nées aux Etats-Unis dans les années 80 pour aborder les images en sciences humaines, en marge de l'esthétique ou de l'histoire de l'art, et révéler le regard comme construction politique.
Dans son ouvrage, Mitchell s'intéresse davantage à l'idée d'"imagerie" en tant que telle qu'à l'"identité matérielle des images". Se situant à la frontière entre l'image et le langage, le livre de Mitchell affirme que, contrairement au mot, "l'image est le signe qui prétend ne pas être un signe, qui se déguise afin de se faire passer (et, aux yeux du croyant, il y parvient en effet) pour une immédiateté naturelle et une présence". La question de base pour Mitchelle est "Comment transforme-t-on les images et l'imagination qui les produit en pouvoirs dignes de croyance et de respect ?".
S'intéressant aux systèmes de pouvoir et de valeur, c'est-à-dire à l'idéologie qui soutend notre rapport aux images, Mitchell fonde une "iconologie" (ou science des images) qui se veut une "psychologie politique des icônes" mais aussi une "étude du conflit entre ceux qui défendent la vérité des images et ceux qui la pourfendent comme illusion". Rejetant l'illusion de tout projet prétendant "purger le monde de ses images", Mitchell affirme l'existence d'"hypericônes", c'est-à-dire de "représentations imaginaires qui structurent nos modes de connaissance". Poursuivant sa démonstration, Mitchell affirme que "le regard moderne" repose sur une confiance "aveugle" en des images supposées "naturelles" ou scientifiquement "vraies", lui permettant ainsi de se dévouer à l'"idôle d'une raison conquérante, proclamant la transparence du réel, alors qu'elle est elle-même ethnocentrée". Mitchell est donc un fin observateur "des rapports de pouvoir qui se nichent dans nos regards", surtout quand ceux-ci s'en remettent de plus en plus à des regards prétendument objectifs et universels. Mitchell ne propose pas un autre modèle ni une autre croyance. Il n'a comme projet de recherche que de pointer et révéler les mécanismes sous-jacents de nos regards modernes.
Partant de l'analyse de Mitchell, comment ne pas penser aux images du monde que sont les cartes et les images spatiales (satellitaires et aériennes) dont regorge notre monde aujourd'hui ?
Ainsi, lorsque Mitchell écrit "On ne comprend un tableau qu'une fois saisie la manière dont il montre ce qui ne peut être vu", on ne peut que transposer cette analyse aux images du monde, surtout lorsqu'on voit une "couverture imaginée" (au sens de couverture par des images) systématique du monde que sont les images spatiales des sites de cartographie en ligne ou des globes virtuels. Comme c'est le cas devant une affiche publicitaire, nous pensons contempler les images spatiales alors que nous sommes sous l'emprise d'une puissante représentation. L'ouvrage de Mitchell qui date de 1986, trouve une étonnante actualité avec la "googlomapisation du monde", c'est-à-dire la mise en cartes et images du monde par Google. Les cartes, mais surtout les images spatiales de Google (et de tous les autres), donnent à voir le monde avec des images qui prétendent à une totale objectivité alors que ces images sont une construction de notre regard contemporain sur le monde. Journaux télévisés, reportages, films, publicités, et même, transposés dans le domaine de l'écrit, romans et bandes dessinées, s'approprient ces images du monde et nous les imposent de plus en plus comme la seule image objective et scientifique possible du monde réel, dans une sorte d'"entreprise iconologique totalisante". Toute image est porteuse d'une idéologie et donc d'une tentative de prise de pouvoir sur les regards portés sur ces images. Il ne s'agit pas ici d'une posture un peu simpliste de dénonciation du "Big brother is watching you" de 1984 de George Orwell, mais seulement d'identifier ce qui se cache derrière les images du monde, en termes de pouvoir sur le monde et les individus auxquels ces images sont de plus en plus présentés au point de tendre vers un risque de "saturation visuelle" de nos regards sur le monde. A trop voir le monde, on risque de ne plus pouvoir le discerner ni l'observer. -
9:17
Cartographie des radars et des accidents de la route
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)A l'occasion du premier week-end des grands départs en vacances, la Sécurité Routière s'attend à une affluence massive d'automobilistes sur les routes de France.
Depuis plusieurs années le nombre tués et d'accidentés de la route ne cesse de diminuer. Comment ne pas s'en réjouir ? Pour les spécialistes, cela est très certainement dû, pour une grande part, au renforcement de la politique de contrôle par radars automatiques qui ont fleuri le long des routes, surtout depuis le début des années 2000.
Les radars fixes sont déjà largement cartographiés, que ce soit sur des sites Internet ou dans les systèmes GPS embarqués dans les véhicules d'aide à la navigation routière. La Sécurité Routière elle-même fournit toutes les informations sur les radars fixes et
La Sécurité Routière fournit également des informations sur la répartition des radars mobiles par départements. Mais cette dernière information n'est pas suffisante pour les automobilistes eux-mêmes puisque la localisation des radars mobiles ou temporaires n'y est pas indiquée.
J'ai vu hier à la télévision un reportage sur les systèmes d'alertes et de la cartographie dite "collaborative" des radars routiers, qui visent à compléter l'information déjà disponible sur les radars fixes, par une information délivrée "en temps réel" par les automobilistes pour les radars mobiles ou temporaires.
Ainsi, le système AlerteGPS propose aux automobilistes équipés de ce système d'envoyer une alerte vers les autres automobilistes pour leur signaler tout radar temporaire ou mobile. Aussitôt un radar signalé, cette information est diffusée par satellite ou GPRS/UMTS vers les bases de données du dispositif puis aussitôt rediffusée en temps quasi-réel à tous les autres automobilistes équipés du même système GPS. Ces derniers voient alors apparaître une alerte GPS sur leur équipement dès qu'ils sont à proximité du radar ainsi signalé. Mais l'ajout d'un nouveau radar peut se faire aussi depuis le site Internet de la société dont voici ici le résultat dans l'interface cartographique :
Un autre système GPS, Coyote, propose un dispositif similaire baptisé Mini Coyote:
Ce système, qui se veut "le seul avertisseur GPS de radars fixes et mobiles" (voire...) fonctionne sous forme d'abonnement. Il permet lui aussi aux automobilistes qui en sont équipés, de signaler tout radar mobile ou temporaire et de diffuser cette information en temps quasi-réel par GSM aux autres automobilistes équipés du même dispositif et s'étant acquittés de leur abonnement.
Le site Radars-mobiles.fr propose également une cartographie des radars fixes et mobiles s'appuyant sur Goole Maps qui permet une recherche par département, par route et par commune. "Les informations contenues sur le site proviennent soit d'un repérage sur le terrain, soit d'une contravention reçue par un internaute. Vous aussi vous pouvez participer et enrichir la base de données en soumettant vos emplacements grâce à la rubrique Ajouter."
Le 30 juin dernier, la Ville de Mazamet dans le Tarn, a organisé l'opération "12.000 lumières pour 12.000 vies sauvées sur la route". Cette opération visait à souligner les résultats obtenus en matière de sécurité routière et notamment de diminution du nombre de morts. Le 17 mai 1973, cette même ville de Mazamet avait défrayé la chronique avec l'opération "Mazamet, rayée de la carte", organisée avec la Prévention routière. Au cours de cette opération, des milliers de personnes s'allongèrent dans les rues de la ville. L'année précédente, 16 170 personnes avaient trouvé la mort sur les routes et la population de Mazamet comptait à cet époque 16 171 habitants. Pendant quinze minutes, les habitants de Mazamet s'étaient couchés, silencieux et immobiles, pour illustrer cette hécatombe. Ce fut le lancement de deux slogans devenus célèbres : "une ceinture pour la vie" et "au volant, la vue c'est la vie".
(Copyright Prévention routière)
On peut retrouver sur le site de l'INA quelques images de cette opération dans l'émission "FEUX CROISES" du 26 septembre 1973 :
Les années suivantes, le nombre de morts avait commencé une diminution quasi-régulière comme l'indique ce graphique du nombre annuel de tués dans les accidents de la route sur le réseau national, disponible ici sur le site de la Sécurité Routière :
(Source Sécurité Routière)
J'ai tenté de mettre en image autrement ce qu'avait été l'opération de 1973 de Mazamet en utilisant le petit bonhomme de Google Maps, Pegman, et en le représentant couché à raison d'un pour 100 tués de la route de l'époque.
Aujourd'hui, en France, le nombre annuel de tués de la route s'élève à environ 4200 personnes, soit 12000 vies sauvées depuis 1973, d'où l'opération de Mazamet du 30 juin dernier. Voilà une autre façon de représenter les résultats obtenus, toujours en le mettant en image pour la Ville de Mazamet qui, vue du ciel, pourrait ressembler à cela, en utilisant le même Pegman, mais debout cette fois-ci, pour symboliser les vies sauvées (un Pegman pour 100 vies sauvées).
La Préfecture de Police de Paris a mis en place une cartographie de l'accidentologie cumulée (2006/2007/2008) de la capitale par arrondissements ainsi que pour le boulevard périphérique.
Cette cartographie en ligne permet aussi de découvrir les carrefours et sections de voies les plus accidentogènes.
(Copyright Préfecture de Police de Paris)
Il existe de nombreuses autres cartographies sur Internet de l'accidentologie des routes françaises. L'information existe et elle est maintenant de mieux en mieux diffusée, notamment sous forme cartographique.
Si vous prenez la route aujourd'hui, bonnes vacances mais surtout soyez prudents ! -
8:34
Similar Images du Google Labs
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Sur son blog Monde Géonumérique, Thierry Joliveau a récemment présenté ici les résultats obtenus sur des mots-clés et des noms-clés de la géomatique à partir de l'outil Google Trends de Google. Google Trends analyse la fréquence de saisi d'un mot-clé dans le moteur de recherche de Google et fournit des résultats statistiques chronologiques et géographiques, notamment sous forme de graphiques. Cet outil fait partie de ceux développés dans le Google Labs. Quelques essais que j'ai effectués montrent la grande variation des résultats selon l'orthographe des mots saisis, ce qui ne signifie pas pour autant que l'outil est à déconsidérer intégralement.
Il est un autre outil du Google Labs qui m'a intéréssé, c'est Similar Images.
Mieux qu'une explication trop longue, voici la présentation video de l'un des responsables du projet Similar Images de chez Google :
Similar Images permet de rechercher des images en utilisant davantage le contenu des images elles-mêmes que les mots associés aux images. Comme son nom l'indique, Similar Images s'attache à trouver des similitudes dans les images. Google parle plutôt d'utiliser les "similarités visuelles". Suite à une requête, une page de résultats s'affiche comme on peut l'obtenir avec la fonctionnalité "classique" "Recherche d'images" de Google.
Le premier exemple ci-dessous montre les résultats obtenus avec Similar images pour le mot-clé "carte France" :
On peut comparer ce résultat à celui obtenu avec l'outil "classique" de "Recherche d'images" de Google :
Tout comme pour la recherche d'images classique dans Google, les résultats de la requête s'affichent sous la forme de vignettes des images. Il est ensuite possible, à partir des menus déroulants prévus à cet effet situés en haut de la page, de ne choisir que les images d'une certaine taille (petite, moyenne, grande, très grande) ou encore correspondant à un certain type de contenus (actualités, visages, images clipart, dessin au trait, contenu photo), ou encore par couleur dominante parmi les 12 couleurs proposées.
L'intérêt majeur de Similar Images est de proposer, pour certaines des vignettes des résultats obtenus par la requête, un lien "Similar images". Ce lien donne accès à des images considérées comme similaires, qui apparaissent également dans le bandeau supérieur après clic sur une miniature. Cette fonctionnalité peut s'avérer très utile pour faire un tri immédiat parmi les résultats de sa première requête. Ainsi, dans l'exemple ci-dessous apparaissent les résultats pour "Paris" après avoir choisi uniquement les images de plans de Paris suggérés par le lien "Similar images" :
Cela permet d'éviter, notamment, de tomber sur les images de... Paris Hilton...
Mais tout comme Google Trends, Similar Images est très sensible à l'orthographe ou à l'ordre des mots-clés saisis. Ainsi, dans l'exemple ci-dessous, selon que l'on saisit "satellite images" (en haut) ou "images satellite" (en bas), les résultats peuvent être sensiblement différents.
Bien d'autres applications de recherche de contenus existent, que ce soit sur des contenus audio, videos, textuels, etc. comme par exemple TinEye ou encore Voxalead. Google n'a donc pas l'exclusivité de ce genre de fonctionnalité mais on connaît la "force frappe" de la firme de Mountain View lorsqu'elle a décidé d'engager des investissements importants en recherche et développement.
Enfin, comment ne pas s'interroger sur la qualité et la pertinence des résultats qu'on obtient avec "Similar Images" lorsqu'on recherche des "images similaires" de Michael Jackson, l'homme dont l'image du visage n'a cessé de changer tout au long de sa vie... -
8:31
Le géoréférencement du patrimoine culturel en France
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Pour fêter ses 50 ans, le Ministère de la Culture a confié à la société Hyptique, (qui a réalisé entre autres les CD-Roms "Terre de villes" édités par Belin et dont j'ai récemment parlé ici), un site internet consacré à cet événement.
(Copyright Ministère de la Culture)
La rubrique "Citoyens de la culture" permet de découvrir une carte de France, utilisant Google Maps, qui localise les photographies de nombreux lieux et événements illustrant le patrimoine culturel national, sous de très nombreuses formes.
(Copyright Ministère de la Culture)
En cliquant sur chacune des icônes, on peut découvrir une photographie et un texte explicatif. J'ai eu le privilège de participer à la phase de tests de cette rubrique et d'y déposer quelques contributions dont celle sur la Maison de Pierre Loti à Rochefort dont j'ai déjà parlé ici.
(Copyright Ministère de la Culture)
Conçu au départ pour permettre à tout internaute de déposer ses propres images et commentaires sur ces lieux du patrimoine culturel, le Ministère de la Culture est revenu à une version moins "participative" de cette rubrique qui aurait permis le géoréférencement spontané d'une grande partie du "patrimoine" français mais avec des problèmes de définition et de droit sur les images et leurs objets, sans parler de l'immense travail de modération des contributions, peut-être sous-estimé initialement. Finalement le Ministère de la Culture a décidé de limiter cette carte du patrimoine à une opération intitulée "Clic ton patrimoine". Il s'agit d'un concours photographique organisé en partenariat avec le Haut comité à la jeunesse entre le 6 et le 24 juillet, et qui doit permettre aux jeunes fréquentant cet été les centres de loisirs de s’initier à la photographie. "Imaginé par Françoise Denoyelle, professeur à l'Institut Louis-Lumière, le concours amènera les participants à se constituer un fonds photographique inspiré de ceux de Noël Le Boyer et Georges Arlaud qui, au XXe siècle, ont sillonné la France avec leur appareil. Ce nouveau corpus photographique né du concours sera versé à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine lors des Journées européennes du patrimoine les 19 et 20 septembre.".
Il existe déjà d'autres sites du Ministère de la Culture qui permettent de découvrir le patrimoine culturel par une entrée géographique ou cartographique à partir des bases de données constituées depuis des années comme par exemple la base MERIMEE.
Ainsi le site "Architecture et Patrimoine" propose de découvrir les résultats des travaux de l'Inventaire général du patrimoine culturel, des Monuments historiques, et de la médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine.
Le site "Architecture et Patrimoine" propose un accès géographique aux données de l'Inventaire général du patrimoine dont la base géographique du travail se situe à l'échelle du canton. "Les enquêtes menées sur le terrain par les chercheurs en charge de l'inventaire sont regroupées, à l'intérieur d'un département, par canton puis par ensemble d'édifices ou d'objets, puis par dossiers individuels d'oeuvre"..
(Copyright Ministère de la Culture)
L'accès aux données s'effectue par départements et par communes pour lesquelles on dispose d'une indication sur la nature des données disponibles et consultables en ligne.
(Copyright Ministère de la Culture)
En cliquant sur les photographies anciennes disponibles, on peut découvrir en ligne non seulement le patrimoine photographique mais aussi retrouver des images de lieux ou monuments disparus ou qui existent encore aujourd'hui et qu'on peut comparer alors à des vues actuelles, que ce soit ses propres photographies, celles d'autres disponibles dans Panoramio, ou encore avec les images aériennes ou les vues au sol disponibles dans les différentes sites de cartographie en ligne.
(En haut Vue du Théâtre de Bayonne et de l'Adour début XXème siècle, Copyright Ministère de la Culture- Médiathèque de l'architecture et du patrimoine – Diffusion RMN. En bas, vue prise par moi en 2007 lors des Fêtes de Bayonne)
Bien évidemment, ces quelques exemples illustrés ne prétendent aucunement présenter l'exhaustivité des réalisations et projets en cours du Ministère de la Culture en matière de cartographie et de géoréférencement du patrimoine culturel. En outre, le Ministère de la Culture n'est pas le seul acteur du patrimoine culturel français, puisque les collectivités locales, les associations, et de très nombreuses institutions œuvrent à la protection et à la valorisation du patrimoine culturel, une valorisation qui passe dorénavant de plus en plus par une présence sur Internet, notamment par une découverte géographique et cartographique. -
8:38
Deux Tours de France assez différents
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Du samedi 4 au dimanche 26 juillet 2009 aura lieu le 96ème Tour de France 2009, qui comprendra 21 étapes pour une distance d’environ 3 500 kilomètres.
Comment résister à l'envie de vous montrer l'animation vidéo cartographique du parcours qui sera suivi cette année par les coureurs et la caravane :
Sur le site officiel de la "Grande Boucle", le parcours du Tour 2009 est reproduit sur une carte en relief dans les teintes jaunes, couleur du maillot du vainqueur oblige.
(Copyright A.S.O.)
La carte du Tour a même été reproduite sur un tee-shirt "INDISPENSABLE!" (à 20€ quand même... Map is money).
(Copyright A.S.O.)
Les tracés de chacune des étapes donne lieu à des illustrations cartographiques qui s'appuient sur une cartographie GEOATLAS comme par exemple ci-dessous pour la première étape Monaco--> Monaco :
(Copyright A.S.O.)
Des profils en long sont également proposés :
(Copyright A.S.O.)
Vous trouverez ici le fichier .kml qui permet de suivre le Tour dans Google Earth, étapes par étapes. Bien sûr, le parcours a aussi été reproduit sur Google Maps dans son ensemble...
... et étape par étape :
Il existe aussi une version en Flash ici :
Personnellement, depuis plusieurs années, ma préférence va à un autre Tour de France : le "Tour de France par deux enfants", un livre de lecture scolaire d’Augustine Fouillée, dite G. Bruno, publié pour la première fois en 1877 et dont j'ai un exemplaire chez moi que le lis et relis "par étapes".
Cet ouvrage, fut un énorme succès de librairie (8,6 M d'exemplaires vendus) notamment parce qu'il fut "adopté et recommandé pour les bibliothèques scolaires et inscrit sur la liste des ouvrages fournis gratuitement par la Ville de Paris à ses écoles communales"..
On peut trouver ici sur le site des Clionautes un article de Valérie Fossaré, sorte de résumé critique de cet ouvrage, auquel je n'emprunte que les premières lignes :
"A travers la lecture des aventures de deux jeunes orphelins lorrains, dont les âges favorisent un processus d’identification pour des élèves de cycle 3 (Julien a 7 ans) et de collège (André 14 ans), le livre évoque l’histoire de la France à partir de ses "grands personnages" encore étudiés à l’école aujourd’hui (Vercingétorix, Jeanne d’Arc, ...) mais surtout il fournit des informations sur la France du XIXe siècle, entre industrialisation (...) et artisanat plus traditionnel mis en valeur par le récit (...). Il met en scène une société attachée à des valeurs sans cesse rappelées en sous-titres de chapitres (...)".
On peut trouver également ici un article de J. et M. OZOUF "Le Tour de la France par deux enfants, Le petit livre rouge de la République" (in Les lieux de mémoire, livre I : La République, sous la direction de Pierre NORA, Paris, Gallimard, 1984).
On peut trouver ici, gratuitement le texte intégral et les illustrations de plusieurs éditions notamment celles de 1877 et de 1923. Lorsqu'on compare ces deux éditions, il est intéressant de noter la suppression de toute référence à Dieu, à la religion, à ses manifestations, à ses monuments, intervenue à partir de l'édition de 1906, après la promulgation de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat.
L'ouvrage comprend une vingtaine de cartes des régions de France parcourus par les deux enfants, listées dans un index des cartes. Un index géographique des noms de lieux mentionnés dans le texte est également disponible.
(Source ici)
Entre cette carte d'un Tour de France, certes d'un autre âge, mais qui était diffusée gratuitement aux enfants, et celle du prochain Tour de France qui coûte 20€ pour sa version imprimée sur tee-shirt, ma préférence va définitivement à la première... -
8:47
Le journal télévisé : une certaine vision du monde depuis 60 ans
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)En juin 1949, le premier journal télévisé (JT) est apparu sur les écrans des quelques postes de télévision qui existaient alors dans les foyers. Ces jours-ci, les présentateurs actuels de JT fêtent cet anniversaire à leur façon en invitant leur confrères les plus connus, les "institutions" du métier. De son côté, l'INA propose sur son site d'archives audiovisuelles ("relooké" depuis quelques temps) de nombreuses séquences de JT depuis 60 ans.
Le JT tient aujourd'hui une place de premier plan dans la "cosmogonie" collective des sociétés, au moins dans les pays où l'accès à la télévision est largement assuré. Les images diffusées aux JT ne font pas seulement le tour du monde : elles "font" le monde. La "vérité" sort désormais de la bouche des présentateurs-journalistes et des caméras des reporters. "Mais puisqu'ils l'ont dit aux informations !" : n'est-ce pas là une devise qu'on entend couramment, assénée comme une vérité incontestable, prétendant garantir à elle seule la sincérité et la crédibilité de tout ce qui est dit et montré au JT ?
Les images du monde passent désormais en boucle sur nos écrans et maintenant sur nos postes d'ordinateur par le biais d'Internet. Et, comme pour enfoncer le clou, des chaînes spécialisées d'information, apparues depuis depuis quelques années, les passent en boucle toutes les 15 minutes, au risque de nous faire baigner dans une sorte de "saturation informationnelle" doublée d'une "tyrannie de l'information instantanée", d'une retransmission, partout et tout le temps, des images du monde en direct. L'information alors devient totalisante et purement émotionnelle, elle abandonne le terrain de l'explication, du recul et du temps nécessaire pour comprendre, et cède à la tentation de l'"image manipulatrice" qui n'explique plus rien parce qu'elle ne cherche qu'à émouvoir. Le "risque totalitaire" n'est alors jamais très loin. Ce règne de l'immédiateté des temps modernes est dénoncée notamment par Paul Virilio dans "La vitesse de libération" où il parle du monde comme "télécité interconnectée" qui introduit une nouvelle pollution dite dromosphérique" (du grec dromos qui signifie course).
Quant à la prétendue "objectivité et impartialité" des journalistes, ceux du JT et les autres, voilà bien longtemps que cette illusion a été démasquée et démentie, notamment par Serge Halimi dans "Les nouveaux chiens de garde".
Pour en revenir au JT, j'ai découvert avec amusement que les premières images retransmises au premier JT, ont été prises depuis une caméra embarquée sur une montgolfière qui a fini... dans un arbre et a partiellement brûlé.
On peut les découvrir ces premières images sur le site de l'INA mais en voici un aperçu diffusé hier au JT de France 3. Il s'agit d'une image aérienne de l'Hôtel des Invalides à Paris :
(Copyright INA-France3)
Voir le monde depuis le ciel est donc un point de vue choisi depuis le début par les JT. Il ne faut pas s'étonner alors d'un usage et parfois excessif des images satellitaires et aériennes dans les JT d'aujourd'hui comme par exemple cette image aérienne en simili-perspective récemment utilisée pour faire ressortir les écoles du 15ème arrondissement de Paris qui ont été touchées par l'épidémie de grippe A. Je me demande toujours ce que les journalistes ont voulu expliquer en utilisant cette imagerie aérienne plutôt qu'un plan classique... l'imagerie aérienne et satellitaire serait-elle en train de devenir une sorte d'outil de localisation de référence pour les journalistes, victimes consentantes de la "googlomapisation" du monde ?
(Copyright France2)
Ce qui m'a également interpellé dans le petit rappel historique diffusé hier, c'est l'usage et la mise en scène, très tôt, d'un globe terrestre animé dans le générique des JT et d'un globe terrestre de grande dimension dans le décor de présentation des JT :
(Copyright INA-France3)
Aujourd'hui on retrouve l'usage de globes et de cartes dans les animations et décors de studios de nombreux JT.
Je profite de ce billet pour signaler que le site de l'INA propose ici le géoréférencement de certaines de ses archives audiovisuelles :
(Copyright INA)
Cette géolocalisation des archives s'appuie sur Google Maps. Pour l'instant, très peu d'archives ont été ainsi géoréférencéees mais on imagine que la carte va se remplir progressivement.
Un accès cartographique aux archives de l'INA est également disponible dans certains dossiers du site de l'INA (en plus d'un accès par une frise chronologique) comme, par exemple, dans le dossier "Repères méditerranéens" :
(Copyright INA)
Certains contenus de l'INA sont déjà disponibles sur le Geoportail de l'IGN :
(Copyright IGN. Cliquer ici pour y accéder)
"Dans l’interface de visualisation 2D du Géoportail, choisissez le profil Expert, ouvrez le thème Services Publics et cliquez sur la couche Vidéos INA.
A partir de l’échelle 1:500 000, les pictos INA s’affichent. Cliquez sur un picto. Une fiche info vous donne accès à une dizaine de séquences vidéos liées à la ville de votre choix. Le programme des actualités est divers et varié.
Un lien permet également d’accéder au site de l’INA pour ceux qui veulent en savoir plus sur l’extrait choisi. Et à terme, toutes les communes de France auront leurs "vidéos souvenirs"".
Malheureusement, pour l'instant, toutes les archives sont indisponibles et un superbe "Erreur 404 : Page non trouvée" s'affiche inexorablement... "Vous recherchez quelque chose sur Ina.fr ? La page que vous avez essayé d'atteindre n'a pas été trouvée. Vous avez peut-être utilisé un lien trop vieux ou vous avez tapé une adresse (URL) incorrecte." C'est aussi cela le risque avec l'information instantanée : que sa durée de vie ne soit jamais très longue et que les liens entre les informations, principe de base de l'Internet, deviennent rapidement trop vieux... -
9:15
Le bruit des cartes
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)La directive européenne 2002/49/CE sur l'évaluation et la gestion du bruit dans l'environnement (transposée en droit français par ordonnance, ratifiée par la loi du 26 octobre 2005, décret d'application n°2006-361 publié au JO du 26 mars 2006 et désormais inclus dans le Code de l’Environnement) vise, au moyen de cartes de bruit stratégiques à évaluer de façon harmonisée l'exposition au bruit dans les 25 états-membres. La cartographie stratégique du bruit permet une représentation des niveaux de bruit, de dénombrer la population exposée, de quantifier les nuisances et d'élaborer des plans d'action (préservation des zones calmes). Les cartes de bruit sont élaborées pour les grandes infrastructures et dans les grandes agglomérations.
A titre d'exemple, voici les cartes stratégiques du bruit de la commune de Chalifert, en Seine et Marne, élaborées en partenariat avec le Conseil Général :
(Source Wikipedia)
Les données globales (carte multi-expositions) montrent que la commune de Chalifert est principalement exposée au bruit ferroviaire. Le bruit routier est présent de manière diffuse et modérée sur le territoire de la commune. En revanche, la population n’est pas exposée aux bruits industriels et aériens, du moins au sens des critères de représentation cartographique pris en considération dans le cadre de l’application de la Directive Européenne.
D'autres communes ont établi des cartographies du bruit comme la ville de Saint-Etienne par exemple qui a confié ces études à la société Acouphen Environnement :
"L'objectif recherché est de préserver et d'améliorer la santé et la qualité de vie des populations et d'inscrire la prise en compte du bruit dans les politiques urbaines, dans une logique de développement durable."
Dommage que cette cartographie interactive mise en ligne ne propose pas d'outil de zoom.
De son côté, la BBC propose une carte sonore du monde qui n'a rien à voir avec les précédentes cartographies du bruit. Il s'agit d'un projet ouvert aux internautes où chacun peut déposer un enregistrement sonore de quelques secondes ou quelques minutes de n'importe quel endroit dans le monde. L'objectif est d'obtenir une carte mondiale de sons géoréférencés. Ce projet baptisé "Save Our Sounds" s'appuie sur le service de cartographie en ligne de Microsoft, Bing Maps (ex-Virtual Earth) :
Pour l'instant, pour la France, les contributions sont limitées et se concentrent essentiellement sur Paris :
Pour les amateurs de cartes sonores d'un genre totalement différent, le film Map of the sounds of Tokyo réalisé par Isabel Coixet avec Rinko Kikuchi, Sergi López, Min Tanaka, et qui a été présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, doit prochainement sortir sur les écrans de cinéma en France.
(© 2009. MEDIAPRODUCCIÓN S.L., VERSÁTIL CINEMA S.L.)
En attendant sa sortie, vous pouvez toujours en découvrir les premières images et extraits de la bande sonore sur le site du film. On peut penser ici à des films comme "Lost in translation" de Sofia Coppola ou encore certains des films de Wong Kar Wai où la bande sonore joue un rôle bien particulier. -
16:19
Deux anciennes revues de géographie pour le grand public : Geographia et Atlas
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le "hasard" m'a fait trouver aujourd'hui même sur l'un des marchés les plus connus de livres d'occasion de Paris, des numéros de l'ancienne revue Geographia, publiée dans les années 50 et 60. Cette revue, dont je n'arrive pas à savoir quel en était l'éditeur, n'existe plus aujourd'hui. Elle n'a rien à voir avec l'actuelle revue La Géographie de la Société de Géographie, dont j'ai déjà évoqué plusieurs numéros récents et "relookés" depuis 18 mois ni avec les prédécesseurs de cette revue.
Dans le numéro que j'ai acheté (n° 81 de juin 1958), on trouve un article passionnant d'André Libault (le 5ème article d'une série sur l'Histoire de la cartographie) portant sur la projection conforme et celle à la planchette; Cet article est en fait l'occasion d'une histoire synthétique et pédagogique de la cartographie occidentale où il est fait mention des portulans portugais, de l'école cartographique hollandaise, des cartes élisabéthaines, du Neptune françois ou encore des globes de Coronelli.
On peut trouver les anciens numéros de cette revue à acheter d'occasion sur Internet sur des sites spécialisés comme celui-ci.
Autre revue trouvée par "hasard" : "Atlas" avec comme sous-titre "A la découverte du monde". Il s'agit d'une revue mensuelle publiée par les Editions Atlas et au prestigieux "comité de référence" (comité scientifique) : André de Cayeux, Yves Coppens, Roger Frison-Roche, Louis Leprince-Ringuet, André Leroi-Gourhan, Jean Rostand, Haroun Tazieff, Paul-Emile Victor, etc.
J'ai réussi à me procurer le numéro 1, daté de janvier 1977 :
Au sommaire de ce numéro 1, un article intitulé "La terre des hommes vue d'avion", texte d'Eugène Turri et photos de Georg Gerster sorte d'ode à la terre et à ses formes et couleurs extraordinaires vues du ciel, bien avant les publications récentes de Yann Arthus-Bertrand.
Outre les superbes photographies aériennes de milieux très divers et les commentaires qui les accomapgnent, cet article propose quelques "Conseils pour un meilleur regard" qui donnent les indications nécessaires pour un passager d'un avion de ligne pour choisir le meilleur emplacement: "Avec un peu de jugement, il est possible de trouver "la bonn eplace". C'est-à-dire qu'avant même d'embarquer il faut savoir choisir celle d'où il sera possible, dans les meilleurs conditions de voir ce qui vous intéresse. Il va de soi que la première condition est de trouver une place près d'un hublot. Chacun peut donc, jusqu'à un certain point, en observant une carte géographique et en tenant compte de la route que suivra l'appareil, "projeter" son vol".
Je ne résiste pas non plus à l'envie de citer les dernières lignes de l'article :
"De là-haut, nous ne distinguons que le signe de l'Homme, cette matérialisation du rapport homme-nature, non les sentiments et les idées qui, par ce rapport, se rattachent et s'enchaînent. Sentiments et idées que l'on ne peut exclure que provisoirement, notre "géoscopie" ne pouvant se réduire à une entomologie, comme si les signes laissés par l'activité des hommes n'étaient que traces d'insectes. Au fond, les voyages aériens sont un peu comme une pause, un rêve, un répit, au terme desquels nous nous sentons mieux accrochés encore à notre ville, à notre quartier, à notre réalité terrestre."
Sauf erreur de ma part, je pense que ces deux revues ont disparu aujourd'hui. Elles ont été remplacées par des magazines comme GEO, National Geographic version française, La Géographie, "Grands Reportages", "Terre sauvage", "Détours en France".
A en croire les études consacrées à la diffusion de la presse nationale, et en particulier celle des magazines, celle-ci traverserait depuis plusieurs années une crise sans précédent. Ainsi, la catégorie de la "Presse du Voyage, de la Gastronomie, du Tourisme et des Transports" dans laquelle on peut ranger la plupart des magazines cités ci-dessus, montre un déclin net et continu depuis 2002.
(Source OJD)
Seule lueur d'espoir dans cet horizon bien sombre : la "deuxième vie" des magazines dont la vente postérieure à leur publication ("Diffusion différée") bénéficie de l'effet de vente sur Internet de numéros anciens qui ne sont plus dans les kiosques comme le montre le schéma issu de l'étude du 18ème Observatoire de la Presse, tendance confirmée par le 19ème Observatoire de la Presse (l'Observatoire de la Presse est la manifestation annuelle de la presse française qui dresse le panorama de la presse à partir de l'analyse des données de diffusion de plus de 1000 titres de l'OJD, association pour le contrôle de la diffusion des médias).
Ce qui est étonnant c'est que malgré tout dans ce marasme de l'économie de la presse magazine, certains titres nouveaux apparaissent comme par exemple "Voyageur. Un esprit d'ailleurs" que j'ai récemment découvert. -
17:38
Les compteurs d'îles en Indonésie
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Hier soir vendredi 26 juin 2009, lors de l'émission de Georges Pernoud "Thalassa" sur la chaîne France 3, il a été diffusé un reportage intitulé "Indonésie : les compteurs d’îles" de Marie David et Najib Dhoum (une production Mano a Mano). Ce reportage était consacré à des géographes-cartographes des services de la République d'Indonésie, en charge de la cartographie officielle du pays. Rappelons que la République d'Indonésie compte environ 237 millions d'habitants, qui se répartissent en de très nombreux groupes distincts ethniquement, linguistiquement et religieusement. La géographie de l'Indonésie fait ressortir plusieurs archipels habituellement regroupés ainsi :
- les îles de la Sonde à l'Ouest, elles-mêmes subdivisées entre les grandes îles de la Sonde tout à l'Ouest (Sumatra, Java, Bornéo, Sulawesi) et les petites îles de la Sonde, chapelet d'îles s'étendant au Sud du pays depuis Bali jusqu'à Timor,
- les Moluques à l'Est, dont les îles principales sont Halmahera au Nord, Seram au centre et les îles Aru et îles Tanimbar au Sud,
- la Nouvelle-Guinée à l'Est.
Le pays est organisé en une succession de quatre niveaux d'unités de gouvernement territoriales qui sont, en allant de la plus grande à la plus petite unité :
- 1er niveau : la provinsi (province),
- 2e niveau : le kabupaten (département) et la kota (ville),
- 3e niveau : le kecamatan (district),
- 4e niveau, selon la région ou la province : le kelurahan (commune), le desa (village), le gampong (village en Aceh), le nagari (village en pays minangkabau au Sumatra oriental), le kampung (village en Papua).
Rien à envier au découpage administratif français...
(Source Wikipedia)
Voici le synopsis du reportage de France 3 consacré aux compteurs d'îles :
"L’Indonésie est le plus grand archipel au monde. Cet immense Etat n’a jamais connu le nombre exact de ses îles, et par là même ignore les limites précises de ses eaux territoriales. En 2002, l’Indonésie et les Philippines, un de ses nombreux pays voisins, se sont disputés l’appartenance de deux îlots, Sipadan et Ligitan. Le conflit s’est réglé devant la cour de justice de la Haye qui a octroyé les îlots aux Philippines. Cette dépossession a fait prendre conscience à l’Indonésie de l’importance de la délimitation de son territoire. Depuis 2005, l’Indonésie s’est lancé dans un grand recensement de ses îles et elles sont nombreuses. Les premières estimations font état de 17 000 îles (très précisément 17 508 îles dont environ 6 000 inhabitées). Le travail commence par une compilation des cartes existantes, puis les équipes de géographes se rendent "sur zone" pour vérifier l’existence, la position, ainsi que la forme de chaque île répertoriée…Une aventure qui mène les géographes à la rencontre de populations d’iles souvent isolées… Ce grand recensement est loin d’être une anecdote...Encore en proie à des conflits religieux et des revendications nationalistes, ce comptage d’îles apparaît indispensable à la cohésion du pays."
En attendant que la République d'Indonésie ait achevé le recensement de son "patrimoine insulaire", et si vous voulez découvrir ce pays et son chapelet d'îles plus ou moins bien connues, vous pouvez vous rendre sur le site du Badan Koordinasi Survei dan Pemetaan Nasional (National Coordinating Agency for Surveys ans Mapping) qui propose de télécharger des données géographiques au 1/1 000 000 au format Arc-Info, lisibles avec les logiciels d'ESRI, ou à transformer dans d'autres formats.
Par ailleurs, sur le site officiel du Gouvernement indonésien Bakosurtanal.go.id vous trouverez une carte de l'Indonésie avec des photos géoréférencées cliquables :
En cliquant sur les photos numérotées, on peut découvrir des extraits d'images satellitaires de certaines îles ou dans d'autres cas de photos prises depuis la mer :
Enfin, sur le site Indonesia-tourism.com, orienté vers le tourisme comme son nom l'indique, vous pouvez découvrir la rubrique consacrée aux cartes de toutes les régions de l'archipel indonésien, et qui sont téléchargeables gratuitement en moyenne et haute résolution, de même que l'extrait des images satellitaires de Google Maps correspondant :
(Iles des Célèbes du Nord - North Sulawesi)
D'une certaine façon, ce reportage et l'histoire qu'il raconte, donnent tort à Paul Valéry lorsqu'il écrivait dans "Regards sur le monde actuel" en 1945 "Le temps du monde fini commence". En Indonésie, semble-t-il, plus de 60 ans après, le temps du monde fini, c'est-à-dire celui qui est connu, délimité, qui n'est plus à explorer, qu'on croit avoir cartographié sous toutes les coutures, le temps de ce monde-là n'est pas encore commencé... -
11:04
"Terre des villes" : une collection remarquable d'histoire et géographie de quelques grandes villes
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)La collection de CD-Roms "Terre des villes" éditée par Belin (Directeur de collection : Jean-François Coulais) au début des années 2000, fut une collection remarquable, réalisée en partenariat avec la BNF l’IAURIF l’IGN et Spot Image et avec la participation du Centre National de la Cinématographie et du Ministère de l’Economie des Finances et de l’Industrie. Malheureusement cette collection disparut après 5 titres : "Paris et l'Ile de France", "San Francisco", "Rome 2700 ans d'histoire", "Hong Kong", "Naples le Vésuve et Pompéi".
Parmi ces titres, celui consacré à "Paris et l'Ile-de-France" dont je dispose, est d'une très grande qualité tant pas sa conception et sa réalisation multimédia (société Hyptique) que par le souci pédagogique permanent qui a prévalu aux choix des iconographies, à la rédaction des commentaires et surtout à la mise en cartes et en perspectives (dans tous les sens du terme) de l'histoire et de la géographie de la ville et de son agglomération.
(Copyright Belin)
Ce CD-Rom est doublé d'un livre rédigé par Jean-François Coulais, Pierre Gentelle, François Dugény et Pierre Pinon.
Afin d'aider à des usages pédagogiques de ces produits, Belin a édité un "Guide pédagogique" invitant à divers usages pédagogiques des titres de la collection de la 6ème à la terminale. Ce guide comporte 32 fiches d'activités photocopiables (téléchargeables gratuitement sur le site de Belin... mais je ne les ai pas trouvées) avec en introduction les objectifs pédagogiques, le déroulement du travail à faire en classe ou à la maison, le type de documents à exploiter.
Le CD-Rom sur "Paris et l'Ile de France" comporte quatre grands chapitres auquel se rajoute un index pour disposer d'informations complémentaires :
- Paysages
- Le territoire et les hommes
- Reconstitutions
- La forme urbaine
(Copyright Belin)
Sur la forme d'abord, l'interface, particulièrement simple d'usage, est épurée reposant sur un fond noir et une réglette temporelle de déroulement des contenus des chapitres sur lequel, à tout moment, on peut effectuer une pause. Si besoin, il est possible en cliquant sur la réglette, d'aller directement ou de revenir sur tel ou tel point ou étape dans le chapitre concerné.
Chacun de ces chapitres aborde l'histoire de la ville et des formes urbaines dont certaines sont encore visibles et d'autres ont disparu. Les reconstitutions en 2D ou 3D des lieux historiques d'implantation de la cité de Lutèce puis du développement de la ville médiévale et enfin de l'agglomération contemporaine de Paris et de l'agglomération parisienne sont particulièrement claires et parlantes.
(Copyright Belin)
De même, la mise en relation entre illustrations cartographiques, reconstitutions 3D, commentaires, et iconographies anciennes est tout à fait pertinente.
(Copyright Belin)
L'analyse et les démonstrations de l'évolution urbaine à différentes échelles est mise en images et en cartes d'une façon dont pourrait s'inspirer bien des ouvrages et sites internet.
(Copyright Belin)
Enfin la reconstitution en 3D de bâtiments et de quartiers entiers permet d'appuyer la démonstration de l'évolution des formes urbaines qui ne s'observe pas seulement à l'échelle de la ville mais aussi à celle des bâtiments, des rues, des quartiers.
(Copyright Belin)
Même si je ne connais pas les autres titres de la collection, j'imagine qu'ils sont du même niveau de qualité et d'intérêt pédagogique que celui sur "Paris et l'ile de France". Si c'est le cas, c'est donc la collection entière qui est à mettre entre toutes les mains de ceux qui veulent comprendre l'histoire et la géographie des quelques grandes villes qui constituent cette collection remarquable.
Un seul regret : que la collection n'ait pas été poursuivie. -
10:04
Les portes du pénitencier...
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le 22 juin dernier, lors de son discours devant le Parlement réuni en congrès à Versailles, le Président de la République a évoqué la situation des prisons françaises. On peut trouver la vidéo de ce discours ici et le document du texte du discours ici.
Le Président a notamment déclaré :
"La détention est une épreuve dure. Elle ne doit pas être dégradante. Comment espérer réinsérer dans la société ceux qu’on aura privés pendant des années de toute dignité ? L’état de nos prisons, nous le savons tous, est une honte pour notre République."
En prononçant ces paroles, le Chef de l'Etat a tenu compte des critiques formulées dans le premier rapport annuel remis en avril dernier par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, lesquelles critiques corroborent massivement les constats et conclusions des nombreux rapports parus depuis près d’une décennie notamment ceux de l'Observatoire International des Prisons (OIP).
C'est l'occasion de se pencher sur la carte des établissements pénitentiaires français que propose le site du Ministère de la Justice dont dépend l'administration pénitentiaire :
En cliquant sur chacune des grandes régions de cette carte on peut accéder au détail de la localisation des établissements pénitenciers avec des symboles différentes selon le type d'établissement comme ici le cas de l'Ile de France :
Au 1er janvier 2009, la France compte :
- 194 établissements pénitentiaires (111 maisons d’arrêt, 77 établissements pour peine, 6 établissements pénitentiaires pour mineurs - EPM)
- 62 000 personnes détenues dont 83,5 % passent un an ou moins en détention
- 160 000 personnes suivies en milieu ouvert
- 7 nouveaux établissements pour majeurs et 2 quartiers courtes peines (QCP) en 2009, soit 5 130 places supplémentaires
- 103 services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP)
- 33 000 agents dont 24 300 personnels de surveillance
- 6 000 intervenants au quotidien en détention, dont 2 200 personnels de santé
- 11,8 % des condamnés bénéficient d'un aménagement de peine
- 2,4 milliards d’euros de budget annuel global
Derrière ces chiffres officiels et qui ne disent rien de l'état des prisons et de la situation des détenus, le discours du Président de la République sonne à la fois comme un aveu et comme un nouveau départ dans la politique pénitentiaire française au moins en ce qui concerne les conditions de vie des détenus. Espérons-le...
En attendant, puisque les détenus ne voient souvent du monde qu'un bout de ciel, à nous d'observer, depuis le ciel, les prisons françaises et leurs formes géométriques souvent si caractéristiques.
Comment ne pas repenser ici à Michel Foucault qui en 1667 parlait dans son "Histoire de la folie à l'âge classique" du grand enfermement à propos de la construction de l’Hôpital général et de l’Édit d’enfermement des pauvres : cela devait être un hôpital où l'on soignerait les malades, cela devint une prison où les malades étaient considérés comme des criminels. "Michel Foucault note la grande similitude dans les modes de traitements accordés ou infligés à de grands groupes d'individus qui constituent les frontières du groupe social : les fous, les condamnés, certains groupes d'étrangers, les soldats et les enfants. Il considère que, finalement, ils ont en commun d'être regardés avec méfiance et exclus, par un enfermement en règle dans des structures fermées, spécialisées, construites et organisées sur des modèles similaires (asiles, prisons, casernes, écoles) inspirés du modèle monacal, ce qu'il a appelé "institution disciplinaire"".
A la même époque, Vauban construisit la citadelle de Saint-Martin de Ré qui allait devenir entre 1873 et 1938 une étape pour les condamnés au bagne, notamment vers la Nouvelle-Calédonie puis vers la Guyane. Aujourd'hui la citadelle, en tant que pénitencier, est toujours en activité : c'est une maison centrale qui accueille plus de 400 détenus :
Il me revient alors à l'esprit la chanson de Léo Ferré "Merde à Vauban"
"Bagnard, au bagne de Vauban
Dans l'îl' de Ré
J'mang' du pain noir et des murs blancs
Dans l'îl' de Ré
A la vill' m'attend ma mignonn'
Mais dans vingt ans
Pour ell' je n'serai plus personn'
Merde à Vauban"
Bagnard, je suis, chaîne et boulet
Tout ça pour rien,
Ils m'ont serré dans l'îl' de Ré
C'est pour mon bien
On y voit passer les nuages
Qui vont crevant
Moi j'vois s'faner la fleur de l'âge
Merde à Vauvan
Bagnard, ici les demoiselles
Dans l'îl' de Ré
S'approch'nt pour voir rogner nos ailes
Dans l'îl' de Ré
Ah ! Que jamais ne vienne celle
Que j'aimais tant
Pour elle j'ai manqué la belle
Merde à Vauban
Bagnard, la belle elle est là-haut
Dans le ciel gris
Ell' s'en va derrière les barreaux
Jusqu'à Paris
Moi j'suis au mitard avec elle
Tout en rêvant
A mon amour qu'est la plus belle
Merde à Vauban
Bagnard, le temps qui tant s'allonge
Dans l'îl' de Ré
Avec ses poux le temps te ronge
Dans l'îl' de Ré
Où sont ses yeux où est sa bouche
Avec le vent
On dirait parfois que j'les touche
Merde à Vauban
C'est un p'tit corbillard tout noir
Etroit et vieux
Qui m'sortira d'ici un soir
Et ce s'ra mieux
Je reverrai la route blanche
Les pieds devant
Mais je chant'rai d'en d'ssous mes planch's
Merde à Vauban"
(Texte de Pierre Seghers, musique de Léo Ferré) -
8:33
Si vous allez passer vos vacances en Corée du Nord...
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Si vous allez passer vos vacances en Corée du Nord, il pourrait vous être précieux de savoir précisément où aller au pays du matin calme (mauvaise traduction de 朝鮮(Chosŏn) qui signifie plutôt "matin frais").
Pour Google, la Corée du Nord est l'un de ces "no man's land" ou "zones blanches" des cartes dont on ne sait quoi faire.
(Copyright Google)
Pour Microsoft et son Bing Maps, la Corée du Nord semble un peu plus occupée.
(Copyright Microsoft)
Pour OpenStreetMap, la Corée du Nord est presque un désert, ponctué de quelques villes.
En revanche quand on zoome sur la capitale PyongYang, on est surpris de constater que c'est OpenStreetmap qui s'en sort le mieux avec une densité d'informations et de détails cartographiques beaucoup plus grande que ses concurrents Google et Microsoft.
Pour Google heureusement que le "désert" cartographique du mode plan est compensé par la richesse de l'imagerie satellitaire où l'agglomération de PyongYang apparaît très nettement :
(Copyright Google)
Pour Microsoft, là aussi l'imagerie satellitaire complète de façon indispensable la carte qui est particulièrement pauvre :
(Copyright Microsoft)
En revanche, pour OpenStreetMap, Pyongyang apparaît beaucoup plus précisément décrite grâce aux tracés et informations descriptives constituées à partir de relevés par GPS des contributeurs :
Le site GeoCarta m'a fait récemment découvrir le site North Korea Economy Watch qui permet de suivre l'avancement d'un projet de cartographie des pays les plus secrets dont la Corée du Nord, en utilisant Google Earth. En plus de la localisation d'un grand nombre d'infrastructures de ces "pays du secrets" plus ou moins visibles sur l'imagerie satellitaire de Google, des infobulles permettent d'accéder à des informations complémentaires par des liens vers des ressources Internet. Ce projet, initialement conduit par des étudiants américains en 2007, est régulièrement enrichi par les internautes. Depuis son lancement en avril 2007, ce projet a été téléchargé à ce jour plus de 123 000 fois.
Dans son billet "Mapping North Korea" le site The Map Room indique également le site North-Korea-Uncovered. Mais il mentionne en plus une autre ressource cartographique, relayant l'information du site Free Geography Tools : il s'agit de cartes topographiques au 1/200 000 de l'Armée Soviétique, réalisées en 1977 et mis à jour entre 1983 et 1984 sur l'ensemble de la Corée du Nord dont voici les spécifications :
- Projection: Gauss Kruger
- Datum: Pulkovo 1942
- Ellipsoïde : Krassovsky 1940
- Equidistance des courbes de niveau : 40 mètres en plaine, déserts, collines et montagnes de faible altitude
- Extension de chaque carte : 60x40 minutes
- Langue : Russe
Toutes les cartes ont été scannées en couleur et sont disponibles ici au format .gif. Les fichiers de géoréférencement disponibles ici, ont été produits par Leszek Pawlowicz de Freegeographytools.com au format .gfw (correspondant au format .gif des fichiers image). On peut ainsi afficher les cartes dans un logiciel de SIG "classique" dans le bon système de coordonnées et de projection cartographique :
Attention, certains des fichiers contiennent des erreurs dans les valeurs X et Y du point de géoréfencement de l'origine géographique des fichiers : il faut donc les identifier et modifier les valeurs dans les fichiers .gfw correspondant.
(Carte sur l'agglomération de Pyongyang)
Bonnes vacances... ! -
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Plus de 50 ans d'histoire et de géographie de la région Languedoc-Roussillon à travers les cartes de la gestion de l'eau par le Groupe BRL
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le Groupe BRL c'est plus de 50 ans d'histoire et de géographie de la région Languedoc-Roussillon, en particulier de l'histoire de l'aménagement et de la gestion des ressources en eau dans cette région méditerranéenne.
La maîtrise de l’eau est une idée ancienne en Languedoc-Roussillon. Dès le 1er siècle de notre ère, les Romains édifièrent un aqueduc de 50 km pour alimenter la ville de Nemausus (Nîmes), et dont le Pont du Gard demeure le joyau.
Au 17e siècle, c'est l'ingénieur Riquet qui bâtit le Canal du Midi pour aider au développement du commerce entre la Méditerranée et l’Océan Atlantique. Il fut suivi deux siècles plus tard par Aristide Dumont, contemporain de Gustave Eiffel. "Aristide Dumont eut le premier le projet d’irriguer la rive droite du Rhône à partir d’une dérivation des eaux de ce fleuve, captées prés de Valence (Drôme). Ingénieur réputé, qui conçut notamment les réseaux d’alimentation en eau de Lyon et de Nîmes, Aristide Dumont se battra toute sa vie pour que son projet se réalise. Il obtint qu’il soit déclaré d’utilité publique et donne lieu à une souscription. Mais il mourra en 1902 sans que son projet ait pu voir le jour du fait de nombreuses oppositions."
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une commission pour l'aménagement de la région du Bas-Rhône et du Languedoc est constituée, présidée par l'avocat Philippe Lamour. Elle conclut à la nécessité de construire un canal principal dérivant une partie des eaux du Rhône pour apporter de l'eau dans les plaines du Languedoc puis celles du Roussillon qui en manquaient, surtout pendant l'été du fait d'un climat méditerranéen. En fait l'idée initiale d'Aristide Dumont est reprise en l’adaptant aux besoins du Languedoc-Roussillon de la motié du XXème siècle. Il s'agissait d'exploiter l'eau comme vecteur d'un développement économique de toute une région française, d'abord pour les besoins d'irrigation du secteur agricole. La Commission aboutit à la création de la Compagnie nationale d'aménagement de la région du Bas-Rhône et du Languedoc (CNARBRL), première du genre des SAR (Sociétés d'Aménagement Régional). (La légende veut que le décret de la création de la compagnie fut signé par Pierre Mendès-France en février 1955 sur le capot de sa voiture avant qu'il se rende à la Présidence de la République pour y remettre sa lettre de démission de ses fonctions de Président du Conseil).
"En 1956, BRL a été autorisé par l’Etat à prélever jusqu’à 75 m3/s dans le Rhône pour alimenter les communes du Bas Rhône et du Languedoc (soit une part infime des 54 milliards de m3 d’eau que le fleuve rejette annuellement en Méditerranée). Un programme de grands travaux est alors lancé par BRL. Il va durer une dizaine d’années. L’eau est prélevée dans le fleuve sur la commune de Fourques (Gard), en amont d’Arles, puis transférée, via des canaux, sur une centaine de kilomètres, jusqu’à la périphérie de Nîmes et de Montpellier. Ce transfert va transformer l’agriculture locale, alors tournée vers la monoculture de la vigne."
(Carte au 1/ 500 000e des aménagements hydrauliques de la région du Bas Rhône et du Languedoc tels qu’ils étaient prévus en 1956. Les canaux étaient alors envisagés jusque dans l’Aude et un important réseau de barrages devait couvrir l’arrière pays héraultais. Copyright BRL).
"Plus de 66 000 hectares vont être équipés à l’irrigation dans le Gard et l’Hérault, entre le Rhône et Montpellier et permettre la diversification avec le développement des cultures de fruits et de légumes. Les ouvrages réalisés par BRL vont également permettre de répondre aux besoins en eau potable des villes de la plaine ainsi que du littoral, sur lequel un important programme de mise en valeur touristique va pouvoir être développé dans les années 70."
(Vue aérienne de la station Aristide Dumont et du canal Philippe Lamour, et de la prise au Rhône sur la commune de Fourques. Copyright BRL).
En 2005, la compagnie a fêté ses 50 ans. En 2008, la Compagnie est passée entièrement aux mains de la Région et des autres collectivités locales régionales.
Sur le site de BRL, une plaquette très riche est disponible ici. Elle raconte cette histoire de la compagnie et en même temps une partie de l'histoire de la région Languedoc-Roussillon, ainsi que son présent et les projets de la compagnie pour les années à venir. J'en ai extrait plusieurs documents et lignes.
En revanche, ce document ne fait aucune mention du projet d'aqueduc Rhône-Barcelone datant des années 90, qui prévoyait la construction d'une canalisation enterrée destinée à transférer 15 m3/sec (1 300 000 m3/jour) d'Arles à Barcelone. Ce projet fut même présenté par le directeur de la compagnie de l'époque lors de l'édition 1999 du FIG de Saint-Dié des Vosges. Ce projet considéré par certains comme "un peu fou" aurait été construit sur une longueur de 330 kms (200 km en France, 130 en Espagne) et il aurait nécessité le creusement d'un tunnel de 4 kms sous le Perthus pour y faire passer la canalisation enterrée d'un diamètre de 2,80m.
Depuis fin 2008, le projet ressort dans une version limitée sous l'intitulé "Aqua Domitia" (on reconnaît là la marque du Président de la Région Georges Frêche, professeur de droit romain, amateur immodéré de références à l'époque de la province gallo-romaine de la Narbonnaise). Prolongation souterraine du canal Philippe-Lamour à Mauguio, ce projet devra être réalisé pour aboutir à la station de Puech de Labade, à Fleury-d'Aude. L'objectif est de conjuguer les ressources en eau du Rhône avec celle de l’Orb pour augmenter et sécuriser l’approvisionnement de l’ouest de l’Hérault et de l’est de l’Aude. Le projet comportera deux maillons : un au sud de Montpellier dont le coût actuel est estimé à 54 millions d’euros et un maillon biterrois dont deux variantes sont envisagées pour l'instant.
Ce projet s'inscrit dans le cadre de la démarche prospective baptisée "Aqua 2020", animée par BRL depuis 2005 à la demande de la région Languedoc-Roussillon et des cinq départements (Aude, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales). Cette démarche concerne les deux enjeux majeurs liés à l’eau : la satisfaction des besoins futurs en eau potable et la maîtrise des risques liés aux inondations. "Le diagnostic établi par Aqua 2020 chiffre à 60 millions de mètres cubes par an les besoins supplémentaires en eau potable liés à l’augmentation de la population à l’horizon 2020, soit 20 % de la consommation actuelle". Mais le désir à peine masqué de la Région de profiter de cette nouvelle infrastructure pour essayer de vendre une nouvelle fois son projet d'aqueduc aux Catalans, a été poliment mais fermement "renvoyé aux 22 mètres" (pays de rugby oblige) par les Catalans du côté espagnol en novembre 2008. Néanmoins, le projet a été validé par le Conseil Economique et Social régional en avril 2009.
On peut lire avec intérêt cet article critique sur ce projet. On y trouve notamment une vue 3D avec Google Earth qui permet d'illustrer approximativement le tracé de cette future infrastructure hydraulique.
En attendant la réalisation de ce nouveau projet majeur dans l'histoire de l'aménagement hydraulique de la région Languedoc-Roussillon, BRL propose ici sur son site de consulter sur des fonds cartographiques au 1/25 000 de l'IGN, le détail des infrastructures existantes gérées par BRL. Cette consultation cartographique s'effectue à partir d'une interface très simple mais sans aucune fonctionnalité de cartographie en ligne. Il s'agit des plans au format .pdf des cartes de l'IGN au 1/25 000, présentées par dalles sur lesquelles ont été reportées les infrastructures hydrauliques principales.
Les cartes sont regroupées en 2 secteurs :
- secteur ouest
- secteur est.
Voici ci-dessous l'exemple de la dalle de Mauguio où se termine à l'ouest le canal de BRL...pour l'instant :
(Copyright BRL, IGN)
Aujourd'hui, BRL compte environ 600 personne et plusieurs filiales en France et à l'étranger où la compagnie est présente sur les marchés de l'aménagement et de la gestion des ressources en eau dans de nombreux pays en voie de développement.
Parmi ses domaines de compétence, BRL a développé un savoir-faire en cartographie numérique et en SIG (auquel j'ai eu modestement le plaisir de participer dans la première moitié des années 90). Aujourd'hui, la compagnie dispose de solutions performantes, notamment en matière de simulation d'inondations :
(SIG OASIS développé par BRL Ingénierie permettant de visualiser en 3D les zones inondables. Copyright BRL)
Cette compétence s'est traduite par la création en 2006, en collaboration avec Météo France et Info Terra, de la société PREDICT, qui assiste les collectivités locales dans la gestion du risque d'inondation en situation de crise. Cette société propose notamment une cartographie en temps réel de la situation météorologique qui sert à prévenir et à suivre en direct les épisodes orageux et, le cas échéant, à décider des mesures d'évacuation qui s'imposent :
(Copyright BRL et PREDICT)
Petite remarque au passage : la seule fois où la plaquette de BRL (largement évoquée et utilisée pour ce billet) parle de géographie c'est pour évoquer ... la géographie du capital du groupe. Décidément, la géographie ça sert vraiment à parler de beaucoup de choses... -
9:28
Eric Rohmer, un "géo-cinématographe" de la ville ?
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Avant de devenir cinéaste, Eric Rohmer, de son vrai nom Maurice Scherer, fut d'abord professeur de lettres, germaniste et écrivain. Cessant son activité d'enseignant, il devint critique dans diverses revues cinématographiques : Les Temps modernes, La Revue du cinéma, Les Cahiers du cinéma.
Il fonde La Gazette du cinéma où il fait la connaissance de Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, François Truffaut, ou encore Claude Chabrol, autres cinéastes qui, aux côtés d'Eric Rohmer, sont à l'origine de la "Nouvelle Vague".
Si Eric Rohmer est surtout connu pour ses longs métrages ("Ma nuit chez Maud", "Le genou de Claire", "Pauline à la plage", "Les nuits de la pleine lune", "Le rayon vert", etc.), ses courts métrages sont peut-être moins connus. Il les a réalisés dans les années 60 et 70, notamment ceux mettant en scène la ville de Paris comme "La boulangère de Monceau" réalisé en 1962 ou encore "La carrière de Suzanne" tourné en 1963, et qui font partie tous les deux des Six contes moraux.
Eric Rohmer a également participé au film "Paris vu par…" qui est un film collectif français à sketches, sorti en mai 1965. D'une durée totale de 92 minutes, il réunit les courts-métrages de six des réalisateurs de la "Nouvelle Vague" : Jean Douchet, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol. Chaque cinéaste y filme un quartier différent de Paris, sur un ton ironique, et même cynique. Eric Rohmer s'est concentré sur la Place de l'Étoile.
Dans ses films et surtout ses courts métrages, Eric Rohmer n'a pas fait que mettre en scène la ville et les transformations des paysages. A l'image de Francesco Rosi dans "Main basse sur la ville", Eric Rohmer a fait de la ville un véritable personnage de ses films et pas seulement un décor. La ville bouge, se transforme, vit, vieillit, des villes anciennes meurent, des villes nouvelles naissent, etc. La ville est un personnage parmi les autres et elle est donc mise en scène au même titre que les autres personnages du film. En un sens, on pourrait considérer Eric Rohmer comme un cinéaste de l'espace urbain qui met en images non pas pour ne la montrer que comme décor mais pour la mettre en scène comme un véritable être humain. Eric Rohmer dépeint et décrit la ville à la fois comme un être de raison qui obéit à des principes logiques mais aussi comme un être de passion, sensible et plein de mouvements, de tensions et de contradictions. Eric Rohmer, un "géo-cinématographe" de la ville ? On pourrait retrouver cette tendance dans les films d'autres réalisateurs de la "Nouvelle vague" comme dans "A bout de souffle" de J-L Godard, "Le feu follet" de Louis Malle, "Les 400 coups" de François Truffaut, ou encore "Ascenseur pour l'échafaud" de Louis Malle.
Eric Rohmer s'est intéressé de près à la ville moderne et aux transformations profondes des paysages urbains, notamment lors de la construction des villes nouvelles.
"L'ami de mon amie" tourné en 1987 et qui constitue le sixième film de la série "Comédies et proverbes", a été entièrement tourné dans la ville nouvelle de Cergy-Pontoise.
"Ici la banlieue est montrée sous une lumière idyllique. Ces jeunes fonctionnaires semblent en vacances dans un "Club Med" aux portes de Paris. Depuis cette ville, on voit en effet les tours de la Défense, mais aussi des petites vallées et un petit lac au bord duquel Blanche et Fabien vivront, au rythme de la planche à voile, leur amour." On se demande si les villes nouvelles n'incarnent pas ce projet un peu fou des "villes à la campagne" des architectes urbanistes des années 60.
On peut se procurer ce film sur un DVD édité par les éditions Opening qui ont eu la bonne idée d'ajouter en supplément un autre court métrage d'Eric Rohmer "Les métamorphoses du paysage". Il s'agit d'un documentaire tourné par Eric Rohmer en 1964 à propos des profondes transformations de l'agglomération parisienne au cours des années 60.
En tant qu'ancien enseignant, Eric Rohmer a gardé un certain goût pour la pédagogie et la démonstration. Outre ses films et courts-métrages, on peut découvrir sur le site de l'INA, une série de trois documentaires de 1975 présentés par Eric Rohmer et Jean-Paul Pigeat illustrant les villes nouvelles alors en pleine construction à cette époque.
- Enfance d'une ville nouvelle
- La diversité du paysage urbain
- La forme de la ville nouvelle
A la fin du documentaire "Métamorphoses du paysage", on peut entendre le commentaire suivant : en 1964, les transformations de la ville et les projets urbains étaient alors encore porteurs d'espoir pour le cinéaste...
"Jetons donc pour finir un regard indulgent sur ce paysage industriel qui est en train d'entrer dans l'histoire. Les usines de l'avenir iront dans les campagnes se terrer derrière les bosquets. Sur ce qui fut la banlieue souffreteuse, s'élèvera bientôt un monde propre, net, rangé. Nos raisons de nous réjouir l'emportent sur nos regrets.Et nous osons garder l'espoir que le cadre futur de notre existence laissera dans sa rigueur une porte ouverte à la rêverie". -
7:42
Les webservices cartographiques à la française : ils ont tout des grands
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)La possibilité d'utiliser l'API du Geoportail pour accéder aux données du portail de données cartographiques de l'IGN, est désormais bien connu des géomaticiens (surtout français) qui sont à la recherche de webservices cartographiques sur la France.
Mais peut-être que sont moins bien connus d'autres webservices cartographiques "à la française" comme ceux proposés par deux sociétés françaises Cartosphère et Géosignal.
La société Cartosphere, filiale d'ESRI France, propose ici des webservices cartographiques qui permettent d'afficher et de comparer les contenus de six fonds cartographiques en format raster : France Raster, CS Raster Navteq, CS Raster Navteq avec ombrage, CS Raster TeleAtlas, CS Raster TeleAtlas avec ombrage, BD Ortho IGN.
(Copyright Cartosphère, IGN, Navteq, TeleAtlas)
Ces webservices cartographiques sont accessibles selon deux formules de souscription:
- le forfait annuel par utilisateur qui permet à un utilisateur d’accéder sans limite et pendant 1 année à une ou plusieurs collections de données et à les utiliser dans ses applications utilisant des logiciels d'ESRI,
- le crédit d’usage (s'appuyant sur ArcGIS Server) qui permet à un ou plusieurs utilisateurs d’accéder et d’utiliser l’ensemble des contenus disponibles dans les applications utilisant des logiciels ESRI et dans la limite du forfait de crédits.
Le site des webservices de Cartosphère s'appuie sur une application réalisée avec ArcGIS Server.
La couverture de la BD Ortho de l'IGN qui s'appuie sur les couvertures de photographies aériennes de l'IGN, on constate que la couverture aérienne de l'IGN est la même que celle utilisée dans Google Maps, BingMaps et le Geoportail. Ainsi, en observant le Viaduc de Millau que j'ai récemment évoqué ici, on peut constater que la couverture aérienne de l'IGN date de l'époque de la construction des deux premières piles du viaduc soit fin 2002.
(Copyright Cartosphère, IGN, Navteq, TeleAtlas)
Les autres fonds cartographiques, eux, sont plus ou moins précis et à jour selon les échelles, ce qui les fait tenir largement la comparaison avec les autres autres sites de cartographie numérique en ligne.
(Copyright Cartosphère, IGN, Navteq, TeleAtlas)
Le niveau de zoom le plusd étaillé permet de disposer en milieu urbain non seulement du dessin des constructions (maisons, immeubles, etc.), de l'indication des principaux équipements publics, des noms de quartiers mais aussi de la numérotation postale des rues à proximité de chaque croisement de rues.
(Copyright Cartosphère, IGN, Navteq, TeleAtlas)
En zoomant progressivement sur le viaduc de Millau et l'autoroute A75 qui l'emprunte, on peut observer quelques "bizarreries cartographiques", un peu troublantes pour les automobilistes :
(Copyright Cartosphère, IGN, Navteq, TeleAtlas)
Néanmoins, il faut souligner la fluidité et la vitesse d'affichage de ces webservices cartographiques ainsi que la qualité de l'interface qui présente une série d'outils d'une grande simplicité d'usage.
(Copyright Cartosphère)
De son côté, Geosignal propose ici des webservices cartographiques dont on trouvera ici une description. Ce site de webservices cartographiques s'appuie sur MapServer, un outil open source pour construire des sites cartographiques.
(Copyright Geosignal)
Les fonds cartographiques sont issus de levés cartographiques effectués par la société elle-même depuis des années dans son activité d'éditeur cartographique.
Sept échelles cartographiques sont proposées auquel on peut accéder successivement par l'outil-réglette de zoom situé au-dessus de l'espace cartographique ou par la zone de saisie d'une valeur choisie d'échelle de zoom. Une mini-carte de localisation générale permet de resituer à tout moment la zone affichée dans on contexte géographique. Un cadrage par département est également disponible.
(Copyright Geosignal)
L'un des intérêts majeurs des webservices cartographiques de Geosignal est que certains thèmes peuvent être affichés au choix. Ils concernent surtout le domaine des limites administratives et les réseaux routiers. Néanmoins, certains d'entre eux, marqués d'une *, ne sont visibles qu'à partir de l'échelle du 1/500 000 :
- Communes (*)
- Chefs-lieux de communes(*)
- Cantons
- Arrondissements (*)
- Départements
- Régions
- Voirie urbaine (à partir du 200k et 50k)
- Autoroutes
- Axes principaux
- Axes secondaires
- Réseau secondaire (*)
- Routes départementales (*)
- Routes nationales
- Voies privées
- Autres voies de circulation (*)
- Routes à chaussées séparées
- Routes principales
- Routes secondaires
- Rues
- Rues piétonnes
- Bretelles
- Chemins
- Ponts
- Tunnels
Pour les développeurs de sites cartographiques, l'accès à ces webservices cartographiques de Geosignal depuis un logiciel client pouvant lire des flux WMS (ArcGIS 9.1 SP2, JUMP, GAIA, Mapinfo 8, uDig...), s'effectue de façon très simple par l'adresse URL : [www.geosignal.org] et on peut s'appuyer sur un document d'aide très bien fait.
De plus il est possible d'accéder à des métadonnées du service Géosignal. Enfin, l'utilisation de ces webservices est totalement gratuit ce qui est un avantage certain.
Pour revenir au viaduc de Millau et à l'autoroute A75 qui l'emprunte, voici comment cet axe autoroutier majeur apparaît dans le webservice cartographique de Geosignal :
(Copyright Geosignal)
On est rassuré de voir l'autoroute traverser de part en part la vallée du Tarn sur la carte comme c'est le cas dans la réalité depuis plus de deux ans. -
8:48
Les cartes thermographiques prises depuis le ciel
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Parmi les très nombreuses mesures ou projets dont il a décidé, le Grenelle de l'Environnement a abordé le thème de la "performance énergétique" des immeubles et habitations. Rappelons que les bâtiments représentent, en France, 25 % des émissions de CO² et 43 % de la consommation énergétique. Ainsi, "depuis le 1er juillet 2007, toute signature d’un contrat de location d’un logement doit s’accompagner d’un diagnostic de performance énergétique. Ce dispositif, déjà applicable aux ventes de biens immobiliers depuis le 1er novembre 2006, concerne aussi les 2 millions de locations de logements qui interviennent chaque année.(...) Le diagnostic de performance énergétique est établi par un professionnel et se traduit par un document qui donne 4 informations principales :
- une description des principales caractéristiques du bâtiment et de ses équipements thermiques ;
- une estimation de la consommation annuelle d’énergie et de son coût, et un classement de la consommation au m2 selon le principe de l’"étiquette énergie" (échelle de A à G) ;
- l’indication de la quantité de CO2 émise du fait de cette consommation, avec un classement selon une "étiquette climat" ;
- des recommandations pour maîtriser les consommations d’énergie, en particulier les travaux qui pourraient être réalisés pour améliorer la performance énergétique du bâtiment.
La lecture de ce diagnostic est facilitée par une double étiquette et une estimation chiffrée en euros.
Près de la moitié de la consommation finale d’énergie en France est destinée aux bâtiments. Les bâtiments représentent environ 20% des émissions de gaz à effet de serre. Pour améliorer l’efficacité énergétique du bâtiment, une panoplie d’instruments est utilisée : réglementation thermique "2005" pour les constructions neuves, crédit d’impôt pour l’achat d’équipements, diagnostic de performance énergétique, ..."
Dans ce contexte, il est intéressant d'évoquer les cartes thermographiques des pertes de chaleur des habitations.
Ainsi, la ville de Grenoble indique sur son site Internet, les études qu'elle a engagées pour parvenir une cartographie en thermographie infrarouge sur l'ensemble de son territoire. A partir des données recueillies par hélicoptère, un niveau de déperdition thermique moyen au niveau de la toiture a été attribué pour chaque îlot sur une échelle de 1 à 5.
(Cliquer ici pour afficher la carte en grand)
La société française TCC a mis au point depuis 2002, la Thermicarte® qui consiste en une carte de la mesure aérienne d’efficacité énergétique.
(Copyright TCC)
Lors du Cleantuesday Efficacité du 14 avril 2009, TCC a présenté son offre de services. Les supports de sa présentation sont disponibles ici, ici et ici.
Lorsqu'elles sont réalisées pour le compte de collectivités locales, les relevés thermographiques sont rendus disponibles pour les citoyens à travers l'opération Thermi-Interactive® comme par exemple dans le cas de la commune d'Allevard-les-Bains. Mais comme l’image infrarouge d'une habitation revêt un caractère privé, il n'est pas possible d'afficher publiquement ou de mettre en ligne sur Internet l'image thermique d'une agglomération. Aussi les habitants qui veulent disposer d'un relevé détaillé des déperditions de chaleur de leur logement sont invités à se rendre en mairie pour accéder aux informations détaillées concernant leur habitation.
Bien que toutes ses opérations de relevés aériens soient compensés carbone, on imagine que c'est un paradoxe troublant que le fait de produire une carte thermographique à partir d'un avion ou d'un hélicoptère se traduise par l'émission de gaz à effet de serre (GES). Aussi, la société suisse Minizepp a eu l'idée d'installer un capteur thermographique sur un ballon captif qui présente l'avantage d'être sans nuisance sonore et surtout sans aucun dégagement de GES.
infra red aerial thermography with tethered balloon
envoyé par minizepp. - Vidéos des dernières découvertes technologiques.
Les images prises depuis le capteur infra-rouge sont accessibles en direct sur l'écran d'affichage dont dispose l'opérateur au sol qui peut effectuer toutes les opérations de son choix dans la prise d'images depuis le ballon. -
18:38
Les "géo-biographies" décevantes de Google Earth
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Peut-être avez-vous déjà eu la curiosité de regarder les "géo-biographies" proposées par Google Earth. Il s'agit d'oeuvres ou de moments importants dans la vie de personnages célèbres (artistes, scientifiques, etc.) qui ont été géoréférencés dans Google Earth. On peut soit les télécharger et les afficher dans Google Earth soit les afficher directement dans le plugin Google Earth dans les navigateurs qui le supportent.
Dans l'exemple ci-dessous, disponible ici, il s'agit des oeuvres de Joseph M. William Turner, célèbre peintre anglais (1775-1851), surnommé le "peintre de la lumière", considéré, avec son contemporain John Constable, comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme :
En revanche, je n'ai trouvé nulle part d'information sur les choix de Google des lieux et des oeuvres ainsi géoréférencées. Ainsi il n'y a aucune oeuvre sur Venise où Turner a pourtant séjourné à trois reprises (en 1819, 1829 et 1840) et qui lui sera une importante source d'inspiration pour plusieurs de ses tableaux.
Pour la France, la seule oeuvre géoréférencée est une oeuvre intitulée "Jonction de la Tamise et de Medway", oeuvre réalisée en 1807, probablement inspirée par l'une des traversées un peu agitées de la Manche de Turner.
Après mure réflexion, j'ai du mal à comprendre le lien entre le thème du tableau et les lieux dont il s'inspire et l'endroit où cette oeuvre est géoréférencée dans Google Earth. Les explications un peu courtes fournies par Google ne m'ont pas particulièrement convaincu. Alors si vous avez des idées ou d'autres explications, je suis preneur...
Le commentaire de Google Earth disponible dans l'infobulle associée à la seule oeuvre géoréférencée pour la France, évoque une tempête de neige dans les Monts Tarare dans laquelle Turner aurait vu son carrosse se renverser.
L'oeuvre de Turner qu'il eut été alors plus judicieux pour Google de géoréférencer à cet endroit, est celle intitulée "Tempête de neige en mer" datant de 1842.
Ou bien alors il aurait pu s'agir du tableau "Tempête de neige. Hannibal traversant les Alpes".
Pour les amateurs de Turner, le site de la National Gallery of Art de Washington propose ici quelques unes de ses toiles, qui furent exposées lors d'une exposition qui eut lieu dans ce musée entre octobre 2007 et janvier 2008.
Je n'ai pas encore fait le tour des autres "géobiographies" proposées par Google. J'espère qu'elles sont un peu moins décevantes que celle de Turner. -
22:20
"Mondes lointains et imaginaires" de Francesca Pellegrino
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)J'ai dernièrement découvert l'ouvrage de Francesca Pellegrino "Mondes lointains et imaginaires" publié dans la Collection Guide Des Arts, en avril 2007 par les Editions Hazan.
(Copyright Editions Hazan)
Voici la présentation de l'ouvrage par l'éditeur lui-même qui, je trouve, donne envie de découvrir très vite cette publication :
"Étudier les thèmes géographiques de l'art européen implique une réflexion sur la définition même de l'espace : il s'en dégage un eurocentrisme inhérent à l'histoire de la culture occidentale. Le concept même d'Occident, géographique en apparence seulement, est étroitement lié à la notion d'hégémonie culturelle. Combien d'interrogations, de cauchemars et de songes avons-nous projeté sur l'inconnu, créant des mythes, des monstres ou des paradis artificiels ! En apportant des visions concrètes, les images offrent au spectateur l'occasion d'identifier les solutions inventées par l'homme occidental pour représenter le "différent" : le ciel au-dessus de nous, les terres lointaines, les êtres qui les habitent et les paysages nous renvoient toujours à notre propre image. Le caractère de ces représentations évolue en même temps que se déploie l'aventure humaine -telles les découvertes de Marco Polo ou la colonisation -, renouvelant sans cesse la vision du monde. La première partie de ce Guide des arts s'attache à la représentation du globe terrestre et de la sphère céleste. La Création biblique est à l'origine d'une riche iconographie : c'est elle qui justifie l'existence même du "monde", et qui fournit par conséquent les significations qui lui sont associées. L'approche scientifique, à laquelle géographes et cartographes contribuent, proposera à son tour des images, non dénuées de symboles. La deuxième partie est consacrée aux terres "humanisées", depuis les personnifications allégoriques des continents jusqu'aux principaux peuples présents dans l'imaginaire collectif entre le Moyen Âge et le début du XXe siècle, en Europe, en l'Asie, la plus ancienne et la plus extraordinaire matrice de civilisation, pour se terminer avec le Nouveau Continent. Les peuples sont étudiés selon le même schéma, avec les préjugés et les idéalisations qui les ont parfois accompagnés. La troisième partie établit un inventaire des créatures bizarres qui peuplent les terres émergées : il s'agit d'examiner les cas où le différent est qualifié d'anormal. Ainsi, les animaux exotiques furent considérés comme des monstres, jusqu'à ce que l'habitude les rende familiers : l'évolution de l'hybride, résultat d'opérations visant à se rapprocher d'un réalisme satisfaisant, est littéralement prodigieuse. La quatrième partie, centrée sur la valeur symbolique profonde du thème abordé, traite du voyage, en considérant les moyens, les divers modes de déplacement et les éminents voyageurs de l'histoire politique, religieuse, littéraire ou de la mythologie. La cinquième et dernière partie examine les topos cruciaux dans l'imaginaire occidental : lieux fantastiques de grande portée symbolique, personnages mythiques liés au dépassement des frontières, créations abstraites de la raison, lieux ou personnages réels, mais transfigurés par la distance physique, à laquelle s'ajoute la distance temporelle. Le rêve, qui clôt l'ouvrage, constitue l'ultime lieu d'exploration, celui grâce auquel il est peut-être possible de retrouver la terreur sacrée et la curiosité vierge qui, dans le passé, étaient dirigées vers des objets et des lieux considérés aujourd'hui comme évidents."
A noter que les couvertures de l'édition italienne et de l'édition allemande de cet ouvrage, utilisent des extraits de deux peintures célèbres de Johannes Wermer "Le géographe" et "L'Astronome" dont j'ai déjà parlé ici.
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9:03
Les cartes et plans d'un Iran partagé
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Suite aux dernières élections qui viennent d'avoir lieu en Iran, la situation du pays semble très tendue. Des manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes ont lieu tous les jours surtout dans la capitale Téhéran, depuis l'annonce de la réélection du président sortant Mahmoud Ahmanidejad. Les partisans du candidat modéré Mir-Hossein Moussavi, battu, dénoncent les fraudes massives lors de l'élection du 12 juin dernier.
Pour comprendre la répartition des votes de ces élections (très grossièrement une capitale et des grandes villes plus favorables à Moussavi et une campagne plus favorable à Ahmanidejad), il est indispensable de se référer aux cartes, comme par exemple celle ci-dessous qui présente la mosaïque des peuples et des communautés présentes en Iran, résultat d'une histoire pluri-millénaire :
(Source Wikipedia)
Le site Lexilogos propose ici plusieurs cartes actuelles et historiques de l'Iran. Parmi ces cartes, on peut retenir celle-ci rédigée en perse et qui permet d'accéder à un grand niveau de détail par dalles téléchargeables entr lesquelles on peut naviguer aisément :
La National Imagery Mapping Agency (NIMA) a publié une série de cartes au 1/250 000 de l'Iran qui sont disponibles ici sur le site de l'Université du Texas à Austin. Voici la carte de la région de Téhéran :
(Cliquer ici pour afficher la carte en grand)
La capitale, Téhéran, est située au nord du pays, au pied des monts Alborz. Téhéran a vu sa population multipliée par quarante depuis qu'elle est devenue la capitale suite au changement de dynastie à la fin du XVIIIe siècle. Aujourd'hui la capitale compte plus de 7 millions d'habitants et l'agglomération regroupe près de 14 millions d'habitants.
(Source Wikipedia)
On peut comparer l'étendue de la ville d'aujourd'hui à celle de 1947 grâce à cette carte de la région de Téhéran, publiée par l'U.S. Army Map Service, à partir des relevés réalisés en 1910 sous la direction du Surveyor-General of India et révisé en 1940 :
(Source Wikipedia)
Le site Parset.com propose un plan interactif par dalles.
Désormais, l'actualité d'un pays peut se mesurer aux messages twittés et la cartographie peut en être établie par des géomashups. Pour les élections, le site 20minutes propose plusieurs "Twitter-maps" des élections qui viennent d'avoir lieu en Iran, établies grâce à MapChannel :
(Source 20minutes)
http://googlemapsmania.blogspot.com/2009/06/iran-protests-on-google-maps.html
Le site Mibazaar.com propose quant à lui deux sites à composante cartographique qui permettent de représenter autrement l'actualité de l'Iran
IranTwitts qui propose une cartographie des messages twittés géoréférencés pour le Moyen-Orient, l'Europe, la partie occidentale des Etats-Unis et la partie orientale des Etats-Unis :
Iranprotests qui propose des vidéos géoréférencées sur les derniers événements relayés par les médias :
Le site Interactive Persian blogosphere map du Berkman Center for Internet and Society de l'Université d'Harvard (découvert ici) scrute la blogosphère iranienne. Il propose un outil interactif qui permet de visualiser les sites par thématiques en les regroupant selon l'algorithme de Fruchterman-Rheingold qui permet de faire ressortir les liens complexes unissant tous ces blogs. L'intérêt de cette représentation est, entre autres, de faire ressortir les blogs qui font l'objet de blocages par les autorités iraniennes. On voit très nettement que les blocages de ces derniers jours concernent surtout des blogs considérés comme plutôt favorables aux réformateurs :
(Copyright Berkman Center for Internet and Society, Harvard University)
A côté de toutes ces cartographies en ligne, plus ou moins interactives et récentes, il ne faut pas oublier les ouvrages de géopolitique consacrés à l'Iran notamment l'Atlas d'Iran :
Cet atlas a été réalisé dans le cadre de l'équipe "Monde iranien" du CNRS (UMR 7528 CNRS/INALCO/EPHE/Sorbonne nouvelle - Mondes iranien et indien) et du GIP RECLUS. Il est le fruit d'une collaboration de longue durée entre chercheurs français et iraniens : Bernard Hourcade, géographe, directeur de recherche au CNRS, Hubert Mazurek, Marie-Hélène Papoli-Yazdi et Mahmoud Taleghani.
"Plus de 250 cartes mettent en évidence le poids des héritages culturels,les dissymétries économiques, l'émergence de Téhéran et des grandes métropoles régionales, la diversité du monde rural, mais aussi les relations entre provinces, la dynamique nouvelle des régions périphériques ou les relations avec les pays voisins. L'Iran, vaste comme trois fois la France et peuplé de 60 millions d'habitants, ne se réduit pas à sa richesse pétrolière, à sa capitale,à son système politique et à ses relations internationales. On ne peut comprendre ses mutations sociales et culturelles, ses ambitions de puissance régionale ou son évolution politique si on ne prend pas la mesure de la complexité géographique de cet État centralisé. L'Atlas d'Iran apporte des informations claires, récentes, originales et souvent paradoxal sur cet État, héritier de l'ancienne Perse".
On peut trouver ici une version résumée sur Internet de cet atlas. Il s'agit d'un atlas interactif conçu par Christian CARRIÉ avec la collaboration de Patrick BROSSIER de la Maison de la Géographie de Montpellier. Malheureusement, cet "atlas interactif" ne propose .... aucune carte mais seulement une liste de quelques cartes de référence. -
11:21
Les photos aériennes de l'IGN omniprésentes, oui mais...
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Depuis plusieurs mois, les photos aériennes de l'IGN envahissent les principaux sites de cartographie numérique. Outre le Géoportail, les photos aériennes de l'IGN peuvent ainsi être vues dans VirtualEarth de Microsoft suite à un accord signé et rendu officiel en avril 2008, et depuis quelques semaines dans Google Maps et Google Earth.
On imagine la fierté (peut-être aussi l'intérêt économique) de l'institut national d'avoir ainsi réussi à être présent, voire omniprésent, dans ces grands sites de cartographie numérique et des globes virtuels qui leur sont associés, lui qui, à la sortie du Geoportail en 2006 se vantait de devenir un "Google Earth à la française".
Un billet du 14 mai dernier sur le site de Google Maps indiquait le viaduc de Millau parmi les sites qui, en France, avaient fait l'objet d'une mise à jour de la base d'images, s'appuyant sur des photos aériennes de l'IGN.
Agrandir le plan
Or force est de constater que sur Google Maps et Google Earth qui partagent les mêmes images aériennes de l'IGN, ces images ne sont pas de la plus grande fraîcheur puisque le viaduc de Millau n'y apparaît qu'au début de sa construction. Seules les deux premières piles du pont sont visibles permettant de dater les images aériennes de l'IGN de fin 2002/début 2003.
(Copyright Google)
Sur Virual Earth (pardon Bing Maps), les images de l'IGN ne sont pas d'une plus grande fraîcheur, que ce soit en 2D ou 3D.
(Copyright Microsoft)
De son côté, le site du Géoportail de l'IGN ne dispose pas d'images plus récentes, les cartes au 1/25 000 n'indiquant que le tracé du projet et le fond de plan cartographique à grande échelle indiquant même une portion d'autoroute finissant en cul de sac au bout du viaduc...
(Copyright IGN)
Heureusement que des modèles 3D réalisés avec Sketchup sont disponibles comme par exemple celui-ci ou encore celui-ci qui permettent de disposer d'une image 3D de l'ouvrage d'art, plus ou moins approximative, mais permettant d'enrichir et d'actualiser au moins partiellement ce que les globes virtuels et sites de cartographie numérique prétendent être une image virtuelle de la réalité actuelle. Rappelons que le viaduc de Millau a été inauguré le 14 décembre 2004 et mis en service deux jours après... -
11:22
Les grandes institutions financières et commerciales abattent leurs cartes
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Les grandes institutions financières que sont le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale ou encore l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), proposent sur leurs sites Internet respectifs, diverses cartes qui sont de précieuses sources de renseignements sur la vision du monde de ces institutions.
Le site de cartographie interactive du FMI propose un outil interactif, l'IMF Data Mapper® , composé d'une interface cartographique interactive, complétée par une réglette temporelle qui permet de faire ressortir dans le temps et dans l'espace mondial, la variation de séries statistiques comme la consommation des ménages, l'inflation, la balance commerciales. Les données proviennent de la base de données World Economic Outlook (WEO) qu'on peut télécharger gratuitement ici et qui contient des séries de données macroéconomiques issues des annexes statistiques du rapport annuel World Economic Outlook, qui présente les analyses et projections des équipes du FMI sur le développement économique global des principaux groupes de pays et principaux pays dans le monde.
Les données sont disponibles depuis 1980 jusqu'à aujourd'hui et des projections sont proposées pour les 5 prochaines années. Pour certains pays, les données sont incomplètes ou indisponibles pour certaines années. D'autres séries statistiques devraient prochainement être disponibles.
De son côté, la Banque Mondiale propose sur son site des ressources documentaires détaillées par pays et par régions du monde.
Certaines de ces données sont accessibles depuis le site de cartographie réalisé sur sur Google Maps où les infobulles qui apparaissent sur le pays de son choix, permettent de retrouver des informations synthétiques sur le pays.
L'onglet "Data" permet entre autres d'accéder à un atlas en ligne MDG qui regroupe les objectifs du millénaire pour le développement (Millenium Development Goals) dont j'ai déjà parlé ici.
Enfin, l'OMC propose sur son site de consulter les "cartes de la discorde" :
Il s'agit d'une cartographie interactive qui permet de consulter les différends en cours entre les membres de l'OMC :
- en tant que plaignant
- en tant que défendeur
- en tant que plaignant et défenseur
Dans le cas suivant, il s'agit des différends en cours entre les Etats-Unis et les autres pays membres de l'OMC
Dans le cas ci-dessous, c'est au tour de l'Europe d'afficher ses différends :
Enfin, voici la Chine quand elle "voit rouge" :
En plagiant la célèbre phrase de Staline demandant "L'Europe combien de divisions ?", on s'imagine en train de s'exclamer, en regardant ces cartes de l'OMC : "L'Europe, combien de différents...?" -
8:42
Les géo-guides touristiques numériques de poche
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)A l'approche des grandes vacances, il est temps de penser à comment la géographie et la cartographie numériques peuvent (peut-être) nous aider dans nos projets de visites touristiques. Bien évidemment, il y a les incontournables systèmes d'aide à la navigation GPS, équipements spécifiques embarqués dans les véhicules ou applications sur téléphones mobiles, qui aident à trouver et à garder le cap pour certains/certaines ou à ne pas perdre la face pour d'autres.
Mais il existe aussi des guides touristiques numériques de poche qu'on peut acheter ou, le plus souvent, louer sur certains sites touristiques et qui fonctionnent sur des équipements de type assistants personnels (PDA), parfois sur certains téléphones mobiles multimédias (smartphones) équipés d'une puce GPS ou connectables à un appareil GPS.
Ainsi, j'ai récemment découvert le Baladio Guide. Petit ordinateur de poche en liaison GPS, truffé d'informations sur les sites traversés, il peut être loué dans certains sites et offices touristiques comme par exemple à la Maison du Parc de la Vallée de Chevreuse.
Plusieurs itinéraires sont proposés, leur tracé et votre position exacte étant signalés sur un fond de carte de l'IGN au 1/25 000.
Le tarif de location est de 5€ la journée et il suffit d'un chèque de caution ou d'une pièce d'identité pour pouvoir louer l'appareil. En outre, on peut rapporter le Baladio Guide à un point d'arrivée différent du lieu d'emprunt initial.
Ainsi, j'ai pu découvrir cet appareil (qu'on peut louer ici pour 2€/heure) à la Maison Elsa Triolet-Aragon au Moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult en Yvelines.
Il existe d'autres guides touristiques numériques de poche, comme par exemple l'Ecoguide que propose le Parc National du Mercantour, qu'on peut louer en différents endroits du Parc et qui propose de nombreuses promenades dans l'espace du Parc. Le tarif de location est le même que pour le Baladio Guide, 5€ la journée.
Divers circuits et lieux de visite et d'hébergement sont proposés sur des fonds de cartes spécifiques (et non pas de l'IGN) qu'on peut aussi retrouver sur Internet sur Google Maps.
Parmi les autres guides, j'ai retenu les suivants :
Digi-Guide qui propose des itinéraires touristiques guidés par GPS et audio et visio-commentés sur quelques villes européennes. Le prix de location est de 15€/jour et 25€ pour 2 jours (démo visible ici).
GPtO, qui se veut un audioguide/visioguide GPS multimédia ludique et actualisable, qui fonctionne sur PDA ou Smartphone. Les itinéraires proposés peuvent être modifiés par l'utilisateur avec la version GPtO station (liste des références ici et démo visible ici).
Des constructeurs de matériels de GPS embarqués proposent aussi des solutions qui permettent de créer soi-même ses propres itinéraires puis de les transférer dans son matériel de GPS avant de s'en servir pour ses ballades touristiques "sur mesure". C'est le cas de Garmin et de son TourGuide® qui permet, en utilisant le logiciel libre POI Loader, de créer ses propres points d'intérêt et itinéraires sur ordinateur avant de les transférer sur son équipement Garmin. Le site de Garmin indique plusieurs sites de sociétés qui prposent des itinéraires déjà constitués sur différentes pays ou parties du monde. A noter que Garmin propose également une version Garmin Mobile pour Blackberry qui permet de retrouver ces mêmes possibilités d'itinéraires créés soi-même sur ce genre de smartphone.
CityZeum propose de télécharger gratuitement (après inscription sur le site) le ou les guides de son choix parmi de très nombreuses destinations et sites touristiques proposés partout dans le monde. On peut ainsi télécharger des guides audio au format .mp3 ou des guides avec des photos et des vidéos sur téléphones mobiles multimédia, sur Pocket PC (Windows Mobile), sur GPS Tom Tom, sur iPod (version texte), sur iPhone & BlackBerry (version multimédia). Les guides sont à télécharger sur son ordinateur puis à transférer sur son terminal mobile multimédia ou directement depuis celui-ci. Le site et les contenus sont collaboratifs ce qui signifie qu'ils sont enrichis par les "internautes-touristes" eux-mêmes.
Le site de Jean-Michel Billaut propose une interview et une démo de Cityzeum par Julien Laz fondateur de Citzeum.
Un article du site GeoInWeb de 2007 avait déjà signalé Cityzeum parmi de nombreux autres sites consacrés au géotourisme numérique en ligne ou embarqué.
Enfin la société Camineo propose le dispositif Cyclopedia qu'on peut découvrir en détails ici et qui permet entre autres de se connecter à des serveurs pour enrichir les informations multimédia déjà disponibles et toutes géoréférencées qu'on peut découvrir automatiquement en fonction de sa position GPS. Cyclopedia a été développé en 2006 et 2007 dans le cadre d’un programme Interreg piloté par la Mission Val de Loire et dont la maîtrise d’ouvrage a été assurée par le Comité Départemental de Tourisme de l’Anjou qui, aujourd'hui, propose Cyclopedia, pour les cyclotouristes empruntant l’itinéraire La Loire à Vélo.
"Pédalez avec plaisir sur l'itinéraire La Loire à Vélo entre Gennes et Montjean-sur-Loire : laissez-vous guider vers des sites sélectionnés pour leur intérêt patrimonial ou culturel. Déclenchez alors, selon votre envie, le commentaire visuel ou audio correspondant. Reconnaître le chant d’un oiseau emblématique de la Loire angevine, écouter le commentaire d’un photographe animalier, observer une plante typique des bancs de sable, interpréter un paysage… le tout en se repérant grâce à un GPS." Tel est le principe et le programme proposé par ce dispositif aux amateurs de vélo et du val de Loire.
On peut retrouver ici la carte sur Google Maps des itinéraires proposés et des lieux commentés dont on peut télécharger les 23 commentaires audio de Cyclopédia. Une balade audio totalisant 50 mn d’écoute au format MP3 et 2 cartes au format PDF téléchargeables gratuitement à emporter avec vous.
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9:10
Des atlas majeurs du 17e siècle réédités par les éditions Taschen
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le hasard de mes promenades dans le quartier de Saint-Germain-des-Près à Paris m'a fait dernièrement rentrer dans la boutique située 2 rue de Buci dans le 6e arrondissement.
J'y ai découvert des ouvrages de géographie du XVIIe siècle récemment réédités par les éditions Taschen à partir de l'Atlas Major, initialement publié entre 1662 et 1665 par l'éditeur amstellodamois Joan Blaeu (1596-1673).
On peut feuilleter en ligne ici cet atlas.
"Paru à l'origine en latin, l'atlas comprenait 594 cartes réunies en 11 volumes et montrait la totalité du monde connu à cette époque. Ce livre fut le plus complet et le plus cher du XVIIe siècle. Atlas mondial de référence pendant plus d'un siècle, il est devenu très rare et compte aujourd'hui parmi les ouvrages les plus précieux et les plus recherchés. La réimpression par Taschen de cet atlas se base sur l'exemplaire colorié et doré à l'or fin de la Bibliothèque nationale d'Autriche à Vienne. Outre les citations originales de Joan Blaeu concernant les différentes cartes, les textes de Peter van der Krogt expliquent le contexte historique et culturel tout en introduisant le lecteur dans le monde fascinant de la cartographie du début des Temps modernes."
Les éditions Taschen propose l'Atlas major au prix de 150 euros, ce qui permet à cet atlas de rester probablement l'un des plus chers aujourd'hui comme lors de sa parution au XVIIe siècle...
En revanche, les éditions Taschen ont eu la bonne idée de décliner cet atlas en plusieurs atlas par pays et groupes de pays extraits de l'Atlas Major et proposés à des prix bien plus raisonnables.
Ainsi, trois ouvrages existent : Gallia, Anglia-Scottia et Hibernia, Hollandia et Belgica
L'"Atlas Maior - Gallia" qui concerne la France, comporte 208 pages. On peut le découvrir en ligne ici et il est proposé au prix de 9,99 euros.
L'"Atlas Maior - Anglia, Scotia et Hibernia", qui couvre l'Angletterre, l'Ecosse et l'Irlande, comporte 2 volumes et en tout 392 pages. On peut le feuilleter en ligne ici. Il est proposé au même prix que le précédent à 9,99 euros.
Enfin, l'"Atlas Maior - Hollandia et Belgica" correspond aux Pays-Bas et à la Belgique. Cet ouvrage de 208 pages, qu'on peut feuilleter en ligne ici, est proposé au même prix de 9,99 euros.
Les éditions Taschen ont également eu l'idée de republier le "Civitates Orbis Terrarum" de Braun/Hogenberg, publié pour la première fois à Cologne entre 1572 et 1618. Cet ouvrage offrait à l'époque une vision globale de la vie urbaine au tournant du 17e siècle. Il constitue une superbe collection de plans et vues de villes, de cartes d'Europe, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique centrale, comprenant de nombreux détails surprenants. Rédité par Taschen sous le titre "Villes du monde", l'ouvrage comprend 531 planches de villes, accompagnées de morceaux choisis des textes de Braun sur l'histoire et l'importance de chaque centre urbain à l'époque, ainsi que la traduction des cartouches en latin accompagnant chaque gravure. On peut le feuilleter en ligne ici.
"Un commentaire détaillé replace chaque plan de ville dans son contexte cartographique et culturel et revient sur les sources antérieures aussi bien que sur les éditions postérieures. Une nouvelle introduction propose une analyse qui replace cet ouvrage dans son contexte culturel et historique. De Paris, Londres et Rome à Mexico, en passant par le Caire ou Jérusalem, les lecteurs retrouveront bien des villes qu'ils connaissent et qu'ils pourront explorer grâce à ce voyage dans le temps."
Les angles de vue de ces planches et les détails parfois si précis pour l'époque que les éditions Taschen n'hésitent pas à affirmer qu'il s'agit d'une version de Google Earth de 1572... -
10:40
1ère Semaine de la Mer : des océans sous surveillance
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)A l'occasion de la première édition de la Semaine de la mer du 8 au 14 juin 2009, organisée dans le cadre du Grenelle de la Mer, la Journée Mondiale des Océans a eu lieu le 8 juin. C'est l'occasion de se pencher sur les sites de cartographie qui montrent comment les océans sont sous surveillance, en particulier du point de vue des risques de pollution marine accidentelle.
Le site Oceanatlas.org propose un site baptisé Atlas des océans en ligne, développé sous l'autorité de UN-Oceans, le mécanisme de coordination inter-agences sur les océans et les thématiques côtières au sein de l'ONU.
Ce site propose plusieurs atlas, cartes interactives et accès à des bases de données documentaires et bibliographiques par des critères géographiques.
Sur son site, l'Organisation Maritime Internationale (OMI ou IMO) propose de très nombreuses ressources documentaires et accès à des bases de données comme celle sur les pollutions accidentelles, mais bien peu de cartes.
Sur chaque accident de pollution marine répertorié, on dispose d'une fiche complète comme dans cet exemple du pétrolier Erika dont l'accident est survenu le 12 décembre 1999 au large des côtés bretonnes.
Peut-être vous souvenez-vous de cet accident. 350 kilomètres de côtes souillés, 200.000 oiseaux morts, les métiers de la mer sinistrés, telles furent les conséquences de la catastrophe de l'Erika.
A l'occasion de l'accident de ce pétrolier, un site collaboratif a été mis en place très rapidement après l'accident de façon à recenser géographiquement les zones de pollution des plages par les hydrocarbures échappés des soutes du pétrolier et de cartographier, plus rapidement que les autorités, l'étendue des dégâts. Une carte collaborative a ainsi été réalisée en s'appuyant sur Internet, et dans des délais beaucoup plus rapides que les autorités n'ont pu le faire.
Le site du Centre de Documentation, de Recherche et d'Expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE), créé en 1978 suite au naufrage du navire pétrolier Amoco Cadiz pour améliorer la préparation à la lutte contre les pollutions accidentelles, propose un inventaire de chaque accident recensé par liste alphabétique ou chronologique. Mais il propose aussi un site cartographique des accidents de navires réalisé sur Google Maps.
En cliquant sur chacun des accidents recensés, on peut accéder à une fiche d'information complémentaire comme dans l'exemple de l'Erika.
De son côté, le site de l'IFREMER propose de nombreuses études et cartes sur le suivi des conséquences de pollutions accidentelles sur le milieu marin, notamment des cartes de l'évolution des contaminations en HAP (Hydrocarbure aromatique polycyclique) dans les coquillages. Bien évidemment, le cas de l'Erika est traité.
Le site du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) est particulièrement riche en ressources documentaires de toutes sortes et en sites spécifiques sur les océans et la protection des milieux naturels. Ainsi, le site du World Conservation Monitoring Centre (WCMC) propose de nombreuses informations sur les principales pollutions accidentelles de navires comme celui du pétrolier Prestige en 2002 pour lequel on dispose ainsi d'informations, d'extraits d'images satellitaires et d'une position cartographique précise du pétrolier lors de l'accident ainsi que de l'étendue des nappes d'hydrocarbures répandues dans la mer et sur les côtes, voire des dégâts occasionnés sur le milieu marin.
Cet extrait cartographique provient de l'un des sites de cartographie interactive recensés par le site du WCMC, et baptisés IMAPS (Interactive Map Service). Parmi ces sites IMAPS, celui concernant la Mer Méditerranée se trouve ici :
Le site du Global Resource Information Database (GRID) permet quant à lui d'accéder à de très nombreuses ressources documentaires et publications comme par exemple le rapport annuel de 2006 sur les dégazages illégaux dans les Mers d’Europe qui nous apprend que "Un tiers du trafic maritime mondial des hydrocarbures transite par les eaux européennes. Les pétroliers, mais aussi de nombreux autres navires provoquent de petites à moyennes pollutions d’hydrocarbures à la suite de dégazages illégaux dont environ 3 000 représentent chaque année des événements majeurs dans la région. Les conséquences des rejets continus des transports pétroliers sont plus nocives et plus dévastatrices que celles des marées noires occasionnelles".
Le site de l'"International Tanker Owners Pollution Federation Limited" propose de nombreuses statistiques et rapports ainsi que l'accès à des bases de données sur les marées noires accidentelles de pétroliers depuis 1974. Il propose aussi un site de cartographie en ligne :
Pour prolonger ces divers sites, on trouvera ici une liste de liens vers de très nombreux sites Internet sur les océans.
A l'occasion de la semaine de la mer, la navigatrice Maud Fontenoy, qui s'est vue nommée porte-parole et s’est vue confier par le ministre de l’Ecologie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo, la sensibilisation du grand public, a sauté dans la Seine depuis le pont Alexandre III le 10 juin dernier pour une démonstration d’hélitreuillage en hommage aux sauveteurs de la SNSM qui interviennent souvent lors des oéprations de sauvetage des équipages de navires pétroliers dont les accidents sont à l'origine des pollutions accidentelles évoquées ci-dessus.A noter que le site Internet de la SNSM propose ici une cartographie interactive des stations, antennes et centres de formation de la SNSM en France.
Manifestement, l'idée du Grand Paris regroupant Paris et Le Havre et permettant à la capitale de se considérer désormais comme un port maritime, fait son chemin... -
9:24
Le jardin comme allégorie du monde
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)"Jardin, allégorie du monde" telle était le titre de l'émission "Le 7-9" sur France Inter le 6 juin 2009, animée par Stéphane PAOLI et Sandra FREEMAN, qu'on peut réécouter ici pendant encore près d'un mois.
On y apprend que le jardin est né à la fin du nomadisme et que, dès les débuts de la cité, il fut l'objet de toutes les attentions car il représentait une cosmogonie, c'est-à-dire une représentation du monde et même de l'univers, et de son organisation. Jardin japonais (dont le bonsaï représente une version en modèle réduit), jardin labyrinthe, jardin de senteurs, jardin de plantes médicinales, jardin champ de bataille, etc. le jardin reste un objet de fascination pour bon nombre de gens. On y vient pour se promener, pour voir, pour sentir, pour observer, ou pour y méditer en ayant le sentiments que le jardin permet de se retirer du monde. Les monastères n'ont-ils pas eux-mêmes repris ce principe en aménageant des jardins au centre même de leurs bâtiments, lieux de recueil, de prière et de méditation.
A cette émission participaient Hervé Brunon, chercheur au CNRS, historien des jardins et des paysages, auteur de "Le jardin comme labyrinthe du monde: méthaphores d'un imaginaire de la Renaissance à nos jours" (paru en décembre 2008 aux Editions des Presses de l'Université Paris-Sorbonne), Monique Mosser, auteur avec Herbé Brunon de "Le jardin contemporain : renouveau, expériences et enjeux" (paru aux Editions Scala en 2006), Janine Christiany, architecte, historienne, spécialiste de l'histoire des jardins, auteur de "L'art des jardins en Europe: de l'évolution des idées et des savoir-faire" (paru aux Editions Citadelles et Mazenod en 2006), et Bernard Jeannel, architecte, paysagiste.
Quelques jours plus tôt, c'est l'émission "Des racines et des ailes" du 27 mai 2009 qui avait choisi comme titre "Passion jardins, passion nature". On a pu voir un superbe reportage "Pour l'amour des jardins".
"Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire humaine, créer et entretenir un jardin a toujours été considéré comme une aventure spirituelle. Le jardin, en ses origines, est inséparable du sacré et tout au long de son histoire, il a symbolisé la représentation même de la relation entre l’Homme, la Nature, le Cosmos et les Divinités. Au cours des siècles, et au gré des civilisations, il a emprunté milles formes (jardins de Marie, jardins Zen, jardins clos des maisons musulmanes …), sans que jamais sa nature spirituelle et symbolique ne soit remise en question."
Peut-être avez-vous participé à la 9ème édition de la Fête des jardins, qui s'est tenue le week-end du 1er au 3 mai 2009.
Le site du Comité des Parcs et Jardins de France (CPJF) propose sur son site un outil de recherche par critères (par types, par éléments remarquables, par végétaux) qui permet de trouver les jardins de son choix. Il propose aussi un outil de recherche cartographique s'appuyant sur Google Maps.
On peut aussi directement trouver les jardins auxquels a été attribué le label "Jardin remarquable", qui a été mis en place depuis 2003 sur les recommandations du CPJF et qui signale au public les jardins dont le dessin, les plantes et l’entretien sont d’un niveau remarquable, qu’ils soient privés ou publics, protégés ou non au titre des monuments ou des sites.
Le week-end des 5, 6 et 7 juin avaient lieu les "Rendez-vous aux jardins", une manifestation nationale, organisée par le Ministère de la Culture et de la Communication en étroite collaboration avec le CPJF. Cette opération se déroule chaque année le premier week-end du mois de juin. Dans toutes les régions de France, les parcs et jardins, privés ou publics, ouvrent leurs portes pendant 3 jours. Le public peut ainsi rencontrer propriétaires et jardiniers, et assister aux animations proposées : ateliers, expositions, concerts. Le thème de ces trois journées pour 2009 était "Terre, Terrain, Territoire".
Le site "Les plus beaux jardins de France" propose une sélection de quelques uns des plus beaux jardins de France qu'on peut retrouver sur Google Earth. Voici un florilège de quelques uns de ces jardins situés en France, à la fois parmi les plus connus et, pour certains, l'oeuvre de jardiniers des rois de France :
St Jean de Beauregard (91)
Château d'Eyrignac (24)
Domaine de Versailles (78)
Domaine de Vaux-le-Vicomte (77)
Domaine de Fontainebleau (77)
Domaine de Chenonceau (37)
Château Choisel à Chevreuse (78)
Villa Ephrussi de Rotschild à Saint-Jean Cap Ferrat (06)
Château de Villandry (37)
Château du Champ de Bataille à Neubourg (27)
Château de Vendeuvre (14)
Jardins Albert Kahn à Boulogne-Billancourt (92)
Jardin des Plantes de Montpellier (34), premier jardin botanique de France créé en 1593
Jardin des Plantes de Paris, créé en 1635
Enfin, chaque année a lieu le Festival des Jardins au Domaine de Chaumont sur Loire. L'édition 2009 a lieu du 29 avril au 18 octobre.
Cette manifestation permet notamment à des étudiants de créer leurs projets de jardins préalablement sélectionnés sur plans par un jury d'experts, et que vous pouvez découvrir ici.
Cette année, le thème en est "Jardins de couleur" et le jury est présidé par Michel Pastoureau, historien médiéviste, Directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études où il est titulaire de la chaire d’Histoire de la symbolique occidentale et spécialiste incontesté de la couleur, auteur mondialement reconnu de nombreux ouvrages sur l'histoire des couleurs. -
9:43
Certaines représentations des territoires chez les peuples d'Australie et d'Océanie
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Pour les aborigènes d'Australie, comme pour de nombreux autres "peuples premiers", la représentation des territoires est d'abord une oeuvre d'art, liée à un itinéraire, un site, une grotte, un point d'eau... En ce sens, célébrer, peindre ou chanter un territoire affirme une sorte de marque de propriété d'un clan ou d'une personne qui incombe une responsabilité de ce clan ou de cette personne sur le territoire représenté.
Le site Peintureaborigene.com propose trois articles passionnants (1 - 2 - 3) sur les peintures aborigènes, en particulier chez les peintres Pintupis dont les peintures doivent toujours être vues à plat puisqu'elles consistent en des images des territoires vus du ciel.
"Ce qui étonne toujours dans la représentation du territoire est l'intuition visuelle que les Pintupis ont de l'aspect de ce territoire vu depuis le ciel , et pour cela ils n'ont pas attendu évidemment de monter dans un avion. Sans doute ont-ils, à force de le parcourir et d'en connaitre le moindre détail, à force de le chanter et le célébrer, formé des cartes mentales très proches de la réalité."
C'est également ce qu'affirme Stéphane Jacob, spécialiste de l'art australien contemporain qui possède une galerie d'art spécialisée sur l'art d'Australie.
"Les oeuvres aborigènes sont comme une vision de la terre vue du ciel, car auparavant les Aborigènes peignaient leurs oeuvres sur le sol et avaient cette capacité à projeter leur vision du ciel dans leurs tableaux peints à même le sol".
Qui sont ces aborigènes et où sont-ils encore implantés ? Sur le site de l'Australian Institute of Aboriginal and Torres Strait Islander Studies (AIATSIS), on peut trouver une carte présentant la localisation des principaux groupes aborigènes en Australie construite à partir de la carte Aboriginal Australia de David Horton disponible ici au format .pdf.
Il est une autre forme de représentation des territoires chez les peuples d'Océanie, c'est celle des "sticks charts" de Polynésie qui sont plus des instruments d'aide à la navigation que de véritables cartes marines.
"Ces "cartes" très particulières sont constituées de baguettes de bois attachées les unes aux autres ; de petits coquillages étant fixés à leur jointure. Les nœuds-coquillages représentent soit des îles, soit des axes des étoiles ; et les bâtons, des "dungungs", selon les premiers témoignages du Capitaine Winckler qui s’intéressa à ces objets. Ces "dungungs" marquent l’orientation de la houle. En effet, les phénomènes qui permettent d’aider le navigateur à positionner une île qui n’est pas en vue, sont la réfraction et la réflexion des vagues ; celles-ci prenant des directions différentes lorsque la houle touche les côtes. Les stick charts renseignaient les navigateurs sur ce point.
Mais les capitaines des îles Marshall n’emportaient probablement pas ces modèles à bord de la pirogue "pilote" qui guidait généralement toute une flotte ou flottille (20 à 80 embarcations). Ces "stick charts" servaient à son entraînement puis fonctionnaient comme aide-mémoire. Il semble même que si un navigateur emportait à bord l'une de ces "stick charts", il pouvait être déconsidéré."
Dans la partie Sud des Iles Marshall, les coquillages des "sticks charts" déterminent des positions d’îles qu'on peut retrouver sur une cartographie de conception occidentale :
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9:40
Le petit jeu du découpage des cartes des circonscriptions électorales
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Après les cartes des résultats des élections européennes, il n'est pas inintéressant de regarder comment sont construites les cartes qui précédent les résultats des élections : celles du découpage des circonscriptions électorales.
En France, une nouvelle carte électorale devrait être adoptée définitivement avant le début de l’été 2009. Il ne reste donc que quelques jours... Ce nouveau projet de redécoupage électoral est doit intervenir en vue des prochaines élections législatives de 2012, prévues juste après les prochaines présidentielles (les dates de toutes les prochaines élections se trouvent ici).
En avril dernier, le journal en ligne Rue89.com expliquait le projet de loi de redécoupage des circonscriptions électorales et surtout rappeler les raisons de ce redécoupage de la carte des circonscriptions électorales :
"L'injonction de redécouper provient du Conseil constitutionnel. Dans ses observations publiées au lendemain des élections législatives de 2007, l'institution chargée de veiller au respect de la Constitution écrit : "Le Conseil constitutionnel a été saisi de nombreuses requêtes faisant valoir que la répartition actuelle des sièges de députés entre circonscriptions ne reposait plus sur des "bases essentiellement démographiques", en violation du principe d'égalité devant le suffrage. "Depuis plus de vingt ans, le Conseil constitutionnel rappelle que "l'Assemblée nationale, désignée au suffrage universel direct, doit être élue sur des bases essentiellement démographiques". Or, le découpage actuel des circonscriptions, qui résulte de la loi du 24 novembre 1986, repose sur les données du recensement général de 1982. (…) Il est désormais impératif de procéder à ce découpage." Le découpage actuel contrevient à l'article 3 de la Constitution, qui impose un "suffrage toujours égal". Depuis 1982, la démographie française a en effet profondément changé. La France comptait 54 millions d'habitants en 1982 ; elle en compte 63 millions selon le dernier recensement de 2006."
Le petit exercice qui consiste régulièrement à redécouper la carte des circonscriptions électorales, ne date pas d'aujourd'hui. Ainsi, dans cette archive de l'ORTF datant du 10/10/1958, disponible sur le site de l'INA (nécessitant le plugin Quicktime), le Ministre de l'Information du dernier gouvernement de la IVème République du général De Gaulle, Jacques Soustelle [fr.wikipedia.org] justifie le redécoupage des circonscriptions électorales en Algérie prévu en vue du futur référendum du 28 septembre sur la constitution de la Ve République et les élections législatives de novembre. Soustelle est interviewé assis à son bureau, cartes des circosnscriptions électorales de l'Algérie étalées devant lui, qu'il n'hésite pas à montrer et à commenter. Ses propos visent à prouver la bonne foi de cet exercice de découpage cartographique, dans une Algérie alors en pleine guerre. Après ces élections, Jacques Soustelle entrera au gouvernement de Michel Debré, entre 1959 et 1960, avec le portefeuille de ministre délégué chargé du Sahara, des DOM et TOM et des Affaires atomiques.
Pour la petite histoire, Jacques Soustelle, après avoir été un fidèle compagnon du Général De Gaulle, rejoindra les rangs de l'OAS lorsque le Général aura fait le choix de l'indépendance de l'Algérie.
Sur son site consacré aux redécoupages électoraux, en France et dans quelques autres pays, Frédéric Salmon propose ici des cartes des circonscriptions électorales en France depuis 1831.
Le site permet à partir d'une carte interactive du découpage électoral de 1986, projeté en population, selon les résultats annoncés par l'INSEE début janvier 2009, de voir quels pourraient être les résultats des prochaine élections législatives si aucun redécoupage n'intervient. On peut ainsi, en passant la souris sur les départements à suppression ou création de circonscriptions, afficher une infobulle avec un commentaire sur les conséquences électorales les plus probables du redécoupage.
Il propose également ici un "petit exercice en ligne" de géographie et de cartographie électorale, qui s'enrichit régulièrement de nouveaux départements.
Aux Etats-Unis, à l'occasion des dernières élections présidentielles, l'exercice du redécoupage des circonscriptions électorales a fait l'objet d'un jeu en ligne, Redistrictggame.org (découvert ici).
On peut découvrir ce jeu dans cette vidéo :
Dans la rubrique du site About présentant ce jeu, on peut lire ceci qui est valable pour tous les pays :
"The Redistricting Game is designed to educate, engage, and empower citizens around the issue of political redistricting. Currently, the political system in most states allows the state legislators themselves to draw the lines. This system is subject to a wide range of abuses and manipulations that encourage incumbents to draw districts which protect their seats rather than risk an open contest. By exploring how the system works, as well as how open it is to abuse, The Redistricting Game allows players to experience the realities of one of the most important (yet least understood) aspects of our political system. The game provides a basic introduction to the redistricting system, allows players to explore the ways in which abuses can undermine the system, and provides info about reform initiatives - including a playable version of the Tanner Reform bill to demonstrate the ways that the system might be made more consistent with tenets of good governance. Beyond playing the game, the web site for The Redistricting Game provides a wealth of information about redistricting in every state as well as providing hands-on opportunities for civic engagement and political action."
Pour jouer, plusieurs niveaux sont proposés. Après avoir fait le choix de son camp politique (en l'occurrence Démocrate ou Républicain), vous devenez le consultant du parti de votre choix dans votre état et devez aider votre parti à remporter les votes au Congrès américain sur une série de missions, tout en respectant les consignes et le programme politique du parti et surtout en jouant sur les résultats des votes précédents.
Et maintenant il vous suffit de vous essayer à ce petit exercice et, peut-être, vous vous "prendrez au jeu"... -
18:26
Voici déjà les cartes des résultats des élections europénnes
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)A peine les résultats des élections européennes du 7 juin 2009 publiées, les premières cartes étaient déjà disponibles sur Internet.
Pour l'instant, le site officiel du Parlement Européen sur ces élections ne fournit pas de cartes des résultats mais une suite de tableaux de chiffres détaillés et de graphiques.
En revanche, le site FranceElectorale.com de la société Articque propose les premières cartes des résultats réalisées à partir du logiciel Cartes et Données.
(Copyright Articque)
Sur ce même site, on peut trouver un Atlas électoral interactif qui propose toutes les cartes des élections par circonscriptions depuis 1997 mais pas encore les résultats des européennes du 7 juin.
(Copyright Articque)
Le site ToutelEurope.fr propose une série de graphiques et de cartes faiblement animées sur la répartition des députés par pays.
Le site du journal gratuit 20minutes a, semble-t-il, repris l'une des cartes animées du site Touteleurope.com.
(Copyright 20minutes)
Le site du magazine Challenges.fr propose une carte interactive des résultats des élections européennes en utilisant Google Maps sur laquelle chaque pays, représenté par son drapeau, dispose d'une infobulle permettant d'accéder à des informations complémentaires comme par exemple la fiche de chaque pays dans l'Atlas Eco de Challenges.fr.
(Copyright Challenges.fr)
Le site du Monde.fr propose également une carte interactive des résultats par pays qui renvoie à un graphique des résultats pour chacun des pays.
(Copyright LeMonde.fr)
Des graphiques animés permettent de comparer le parlement sortant avec le parlement élu par groupes parlementaires.
(Copyright LeMonde.fr)
A noter que ce site permet aussi d'intégrer les résultats dans son propre site par le widget ci-dessous.
De son côté, le site du Ministère de l'Intérieur ne propose pas de cartographie des résultats des élections pour la France mais un accès cartographique aux résultats par régions, par départements et par circonscriptions européennes.
(Copyright Ministère de l'Intérieur)
Au-delà de ces cartes des résultats à l'échelle nationale et européenne, il est d'autres cartes qui semblent avoir fait l'objet d'une redistribution ce dimanche : celles des alliances sur l'échiquier politique, que ce soit à gauche où le rose semble devoir se mettre au vert, mais aussi à droite où le bleu, même s'il apparaît comme le principal vainqueur, est de plus en plus exposé aux menaces du brun...
A noter que le taux de participation moyen est de 42.94 %, une moyenne qui cache des chiffres très variables, allant de 36% en Italie à plus de 80% en Slovaquie. Ces chiffres invitent à la réflexion et, entre autres, à s'interroger sur la représentativité du nouveau parlement européen sorti des urnes. -
9:00
"HOME" : des images du monde qui manquent un peu de cartes
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Difficile d'échapper à la vague déferlante de la sortie mondiale, le 5 juin dernier à l'occasion de la Journée Mondiale de l'Environnement, du film HOME réalisé par Yann Arthus-Bertrand, co-produit par EuropaCorp, la société de production de Luc Besson, et Elzévir Films et soutenu par PPR (et, paraît-il, ses 88 000 collaborateurs), "l'un des groupes leaders européens de la distribution spécialisée et le deuxième acteur mondial du luxe". Eh oui, n'oublions pas que "Green is gold".
HOME vise à présenter, de façon à la fois esthétique et didactique, l'impact de l'homme sur la planète et à expliquer les problèmes actuels tout en rappelant qu'une solution existe. Composé d'images de plus de 50 pays vus du ciel, HOME se veut une ode à la planète, à la vie animale et végétale, mais aussi un plaidoyer engagé en faveur de l'environnement qui cherche à susciter des prises de conscience comme avait cherché à le faire en 2006 le film "Une vérité qui dérange" de l'ancien Vice-Président américain Al Gore. D'ailleurs, Yann Arthus-Bertrand a déclaré à propos du film d'Al Gore "En deux heures, il en fait plus pour l'environnement que moi en dix ans !". C'est juste après ce film, que Yann Arthus-Bertrand s'est lancé en 2006 dans cette aventure.
Pour ce projet, Yann Arthus-Bertrand s'est entouré d'une équipe de professionnels dont certains avaient déjà assisté le photographe dans ses projets précédents comme "La Terre vue du ciel" ou le film "Vu du ciel".
L'équipe du film s'est rendue dans 54 pays, effectuer 217 jours de prises de vue et elle est revenue avec 488 heures de rushs réalisés à l'aide de la caméra Cinéflex, caméra haute définition gyrostabilisée par ordinateur, installée à bord des hélicoptères utilisés pour survoler les régions filmées.
A noter que grâce au soutien qu'il a réussi à trouver dans les milieux cinématographiques français et au financement de PPR, HOME est libre de droit, et il est diffusé gratuitement dans les 55 000 écoles primaires de France en DVD, qu'on peut par ailleurs se procurer à un prix modique (environ 5€).
Le film peut aussi être visionné gratuitement sur Youtube jusqu'au 14 juin 2009 ici :
Parmi les quelques critiques qu'il est possible de faire au film et dont certaines ont déjà été évoquées lors du débat qui a eu lieu sur France 2 après la diffusion du film sur cette chaîne, certaines pourront se rapprocher des critiques faites au film d'Al Gore.
De façon générale, un film comme celui-ci tente de concilier deux registres qui ne sont pas toujours conciliables : le registre de l'émotion et le registre du discours scientifique. L'exercice n'est pas simple, il est parfois impossible.
Ainsi, le film égrène chiffres et images dans un mariage qui se veut de raison et qui, par moments, force à un grand écart entre l'émerveillement lié à l'aspect sensationnel des images et la réflexion qu'impose la compréhension et la mise en perspectives des chiffres.
Pour ma part, et bien modestement, j'ai deux remarques à faire sur ce film. L'une porte sur la diversité des échelles et des angles des prises de vues, alternant, sans transition le plus souvent, entre des vues à très basse altitude et d'autres à haute altitude et entre des prises de vue obliques rapprochées et des vues azimutales éloignées. Passer de l'un à l'autre ne devrait pas troubler le géographe que je suis, habitué aux changements d'échelles souvent indispensable pour décrire des lieux ou encore pour appréhender des phénomènes. Or c'est précisément ce qui me pose problème. On retrouve ce même genre de procédé dans les films de l'émission Thalassa "Tour de France du littoral vu du ciel" ou "Tour d'Europe du littoral vu du ciel". Mais ces films ne mélangent pas vues obliques et vues azimutales, facilitant ainsi une découverte visuelle cohérente d'un bout à l'autre des paysages des littoraux, ce qui n'est pas le cas de HOME. Les changements de hauteur et d'angles de vues nécessitent une gymnastique de l'esprit pour pouvoir resituer les images dans leur contexte géographique. Or les images défilent, ne laissant pas le temps à cette remise en situation des contenus des images ni au temps nécessaire à l'esprit pour passer d'une échelle à l'autre des images d'un même lieu ou phénomène.
Autre remarque que je souhaite souligner à propos de ce film, c'est que celui-ci ne comporte quasiment aucune carte, ne serait-ce qu'une carte de localisation des scènes filmées et donc des phénomènes représentés. Ce manque de repérage et de relocalisation des images pose problème puisque le discours qui se veut un discours de nature géographique, ne s'appuie sur aucune carte souvent indispensable comme support au discours et à l'analyse géographique. Seules, quelques animations à partir de séries d'images satellitaires sur un globe virtuel qui ressemble beaucoup à Google Earth, essaient de reconstituer l'évolution de phénomènes témoins d'une dégradation de notre planète comme, par exemple, la fonte des glaces au pôle nord.
Pour compenser ce manque de cartes dans le film, le site Internet du film propose un globe virtuel interactif sur lequel on peut visualiser certaines photos de film qui sont géolocalisées avec le nom de lieu et le pays ainsi que les coordonnées géographiques.
Mais surtout, le site permet d'accéder à une carte sur GoogleMaps qui permet de prolonger et compléter le film par des informations et contenus supplémentaires géolocalisés sur les fonds cartographiques de Google. Il est ainsi possible de visualiser les principaux lieux de tournage du film avec certaines des images ou séquences vidéos ainsi géolocalisées :
Ce site cartographique permet également de soutenir le projet ("Soutiens le film HOME et participe à cet événement mondial! Explore la carte et affiche ton soutien au projet"), de trouver les événements faisant partie de la sortie mondiale du film ("Toi aussi fais partie de l'aventure et inscrit-toi à l'un d'eux pour y assister. Pour plus d'informations regarde cette carte et enregistre-toi"), de crééer son prope événement de soutien au film ("Toi aussi tu peux diffuser HOME le 5 juin pour tes amis, ta famille et tes proches. Crée ton événement HOME et soutiens le projet"), de prolonger le film par des informations complémentaires ("Découvre un complément d'informations sur les sujets évoqués par HOME : biodiversité, réchauffement climatique, l'eau et la pauvreté. GoodPlanet nous propose d'approfondir nos connaissances et de comprendre les problèmes et solutions existantes")
Enfin, le site invite les internautes à débattre du film et de découvrir comment agir en faveur de la planète, sur le forum de la fondation GoodPlanet.org, une association à but non-lucratif fondée par Yann Arthus-Bertrand et qui vise à "Mettre l'écologie au coeur des consciences".
La sortie du film a été accompagnée de la publication d'ouvrages dont un livre pour la jeunesse intitulé HOME. Il était une fois la Terre avec une découpe en forme de Terre donnant à ce livre un aspect original, et écrit par Isabelle Delannoy qui fait le récit de la Terre sur un mode poétique, en apportant des informations documentaires accessibles aux plus jeunes. "Un livre pour comprendre, réagir…et agir !"
(Copyright Editions La Martinière)
HOME est annoncé comme "un film compensé carbone", ce qui veut dire que les émissions de gaz à effet de serre provoquées par l'utilisation d'avions, d'hélicoptères et autres équipements, ont été compensées c'est-à-dire payées au prix de la tonne de carbone d'après un modèle validé par l'ADEME et Goodplanet.org. Les sommes d'argent ainsi récoltées servent à financer des projets permettant de délivrer une "énergie propre" à des gens qui n'en disposent pas.
Peut-être une idée à suivre pour tous les déplacements des 88 000 collaborateurs de PPR... -
7:53
65ème anniversaire du débarquement en Normandie
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Aujourd'hui, avec la venue du Président Obama sur la plage d'Ohama Beach (rebaptisée par certains "Obama Beach"), a lieu le point d'orgue aux manifestations de commémoration du 65ème anniversaire du débarquement en Normandie qui eut lieu le 6 juin 1944, le jour J ou D-Day. L'opération Overlord, fut l'opération militaire la plus importante jamais organisée à ce jour.
(Carte militaire américaine de l'Opération OVERLORD. Source Wikipedia)
L'internet propose de très nombreuses cartes récentes ou de l'époque du débarquement comme cette carte du 12ème Groupe d'Armée des Etats-Unis, commandée par le Général Bradley et qui fut la plus grande formation militaire américaine jamais engagée sur un champ de bataille.
(Source Wikipedia)
Le site GoogleEarthHacks.com propose de très nombreuses cartes et photographies aériennes d'époque superposées à des globes virtuels comme Google Earth ou Virtual Earth ou des sites de cartographie en ligne comme Google Maps ou Yahoo Maps comme dans cet exemple d'une carte d'époque de l'opération Overlord superposée dans Google Earth...
... ou encore dans cet exemple d'une carte générale du déploiement des troupes alliées après le débarquement en Normandie.
L'opération Overlord fait l'objet d'un site Internet riche, véritable hommage aux combattants, consacré au débarquement sur les plages et à la bataille de Normandie.
Sur ce site, les commémorations du 65ème anniversaire ont droit à une rubrique spécifique de même que la journée du 6 juin 2009 ainsi que la visite du président Obama.
Une interface cartographique simplifiée permet d'accéder aux rubriques consacrées aux différentes plages du débarquement.
Sur son site, le Mémorial de Caen propose une visite virtuelle (nécessitant le plugin QuicktimeVR ou le plugin Deval VR):
(Copyright Memorial de Caen)
On peut ainsi visiter à distance les différents espaces du Mémorial qui inscrivent particulièrement bien la seconde guerre mondiale dans un processus historique avec ses origines, ses étapes, ses faits marquants et ses conséquences.
(Copyright Memorial de Caen)
Parmi ses nombreuses rubriques, le site Internet du Mémorial de Caen propose un Espace scientifique dans lequel on peut consulter des expositions en ligne comme celle sur "Les chemins de la mémoire" qui propose quelques cartes interactives :
(Copyright Memorial de Caen)
Mais je vous invite surtout à explorer la rubrique "Cartes et plans" (toujours dans la rubrique "Espace scientifique > Collections") qui propose un outil de recherche simple ou avancée pour trouver les cartes de son choix parmi les 700 documents dont dispose le Mémorial de Caen :
(Copyright Memorial de Caen)
Malheureusement, seules les notices sont disponibles et il faut se rendre sur place pour consulter les cartes elles-mêmes.
Enfin, aujourd'hui, a lieu le lancement officiel d'un nouveau site internet proposé par France Télévisions (France 3 Normandie), le Mémorial de Caen et l'INA, consacré à la seconde guerre mondiale en Normandie
Une carte interactive propose, en cliquant sur les villes, de retrouver l'ensemble des contenus photos, audios, vidéos et écrits situés dans les onglets sous la carte.
Enfin, ce site propose non seulement de diffuser des contenus multimédias mis à disposition par le Mémorial de Caen et l'INA mais aussi de recueillir des contenus appartenant à des particuliers et qui jusqu'à maintenant n'étaient pas encore connus et encore moins diffusés.
Bien que particulièrement mis en images, l'histoire du débarquement n'est pas encore totalement écrite. Pour preuve la façon dont les actualités et les services d'information de l'armée des Etats-Unis ont rendu compte par l'image du rôle des soldats afro-américains dans ces opérations. Ces soldats qui avaient d'abord été cantonnés au début de la guerre, à des fonctions et des régiments de logistique et de transport de troupes et de matériels, n'ont été reconnus capables de se battre et de défendre la liberté au nom de l'ensemble du peuple américain qu'à partir de 1942-1943, dans des régiments de combattants, bien que toujours commandés par des blancs. Les images qui rendent compte de l'engagement des afro-américains dans les combats ont longtemps sous-estimé leur rôle et leur bravoure, comme si les afro-américains ne pouvaient incarner à l'écran une Amérique blanche et libératrice. A l'époque, l'Amérique était encore largement habitée par ses démons ségrégationnistes.
Que le premier Président américain de couleur participe cette année à ces commémorations a donc une signification toute particulière. -
12:57
HyperUrbain 2 : les cartographies numériques d'aujourd'hui et (peut-être) de demain
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Les 3 et 4 juin a eu lieu à la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette à Paris, l'édition 2009 du colloque "HyperUrbain2" auquel j'ai assisté en partie.
Rappelons que les colloques "HyperUrbain" proposent "des réflexions sur la conception de la ville "sociale" (au sens d'une conception centrée sur l'utilisateur de l'espace urbain) où les modalités de communication, de sociabilité, d'apprentissage, de transaction, de travail, etc. passent par des différentes formes d'(auto)régulation, dont un nombre croissant repose sur les Technologies d'Information et de Communication".
Le thème du colloque cette année, organisé par le laboratoire Citu des Universités de Paris 1 et Paris 8 et la FING, était "Nouvelles cartographies, nouvelles villes ?". Le programme est disponible ici.
Au cours de ce colloque, j'ai pu voir beaucoup de cartes, surtout des mashups cartographiques, beaucoup d'images, beaucoup de projets, mais j'ai pu aussi entendre beaucoup d'intentions et beaucoup d'imaginations... mais l'imagination est ce qui est indispensable à la recherche... et à la vie tout simplement (et pas seulement en milieu urbain). En tout cas d'imagination, les intervenants à ce colloque n'en manquent pas, manifestement, au risque de se persuader eux-mêmes que leurs projets d'aujourd'hui correspondent forcément aux besoins des citoyens de demain.
Chercheurs en sciences sociales, informaticiens, architectes, sociologues, "futuristes", et géographes (ces derniers semblaient aussi rares à la tribune que dans la salle), se sont succédés pour présenter leurs projets et analyses respectives sur ce que la cartographie numérique ou plutôt les cartographies numériques d'aujourd'hui nous révèlent du monde d'aujourd'hui et nous annoncent du mon de demain. Parmi les idées du moment, celles liées à la pseudo-démocratisation de la cartographie numérique sur Internet, plus ou moins complétée par des contenus multimédias géolocalisés, semble avoir sa cohorte de promoteurs du géoweb ou webmapping 2.0. . Cartographie collaborative, participative, cartographie démocratisée, etc. autant de termes à la mode qui sonnent comme de véritables produits du marketing voire comme des slogans de campagne électorale... Certains parlent même de la naissance d'une "géographie 2.0" ou "géographie des amateurs"... Pour l'instant force est de constater que devant cette lame de fond qui suscite un enthousiasme quasi-généralisé, bien peu de voix se font entendre pour souligner les limites et surtout les risques de dérive (et les déceptions inévitables à venir) inhérents de cette tendance (un peu trop) lourde du web. Difficile aujourd'hui en effet, semble-t-il, de résister à cette forme de croyance quasi-religieuse dans la "googlomappisation" du monde. "La cartographie en ligne c'est génial !". Voire...
Parmi les communications auxquelles j'ai assisté, j'ai retrouvé le projet CityMurmur, réalisé par des italiens et des espagnols, que j'avais déjà identifié ici sur le web. Il permet à partir d'une interface (nécessitant le plugin Flash) commune à une cartographie géographique (issue d'OpenStreetMap) et à une cartographie sémantique, d'illustrer la façon dont les media en ligne (journaux en ligne, blogs, sites personnels,etc.) rendent compte de l'espace urbain et de la ville, en l'occurrence à partir de l'exemple de Madrid et selon une typologie prédéfinie des medias, de leur audience, de la nature des informations, etc.
Au cours de ce colloque, j'ai aussi découvert ce graphique ci-dessous (pour autant qu'il soit fiable) qui montre la part des sites de cartographie dans les mashups d'aujourd'hui. C'est assez impressionnant comme la cartographie en ligne semble passionner les développeurs de mashups :
(Source Programmableweb.com)
Le colloque HyperUrbain2 s'inscrivait dans le cadre de Futur en Seine, la fête de la ville numérique qui a lieu à Paris et en région parisienne du 29 mai au 7 juin et qui ambitionne de devenir une biennale du numérique en Ile-de-France.
A noter que le site de Futur en Seine propose plusieurs sites cartographiques où sont notamment répertoriés les événements qui ont lieu pendant cette manifestation comme cette cartographie interactive en ligne :
(Source site Econovista)
D'autres sites de cartographie en ligne permettent de suivre Futur en Seine :
Une carte pour suivre le programme sur click2map
Twinverse
Parmi les lieux de Futur en Seine, je vous conseille d'aller faire un tour à la wikiplaza installée sous une immense tente en forme d'hémisphère place de la Bastille à Paris qui a été inaugurée par le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui n'a pas hésité, pour l'occasion, à essayer de voir le monde en bicolore.
La wikiplaza qui se veut "une expérimentation urbaine sur la production sociale d'espaces médiatisés par des technologies" propose plusieurs expériences ouvertes au public et gratuites. "Cette infrastructure fonctionne comme une extension ou une amplification de l'espace public existant, en connectant des lieux distants et des ressources numériques. Les idées de liberté de connaissance, de distribution d'information et d'accès aux réseaux sont la clef de la wikiplaza. Elle s'implémente à travers l'usage de software et hardware libres et agit comme un nœud, un centre connecté à d'autres nœuds du Festival Futur en Seine."
Le public est ainsi invité à participer, dans un Open Media Lab (ça fait toujours mieux en anglais quand on fait dans les TIC...), aux expérimentations de plusieurs projets exploratoires comme par exemple La Montre Verte qui était aussi présentée lors du colloque HyperUbrain2.
La Montre verte, imaginé dans le cadre du programme Villes 2.0 de la Fing, consiste à permettre aux citoyens de demain de devenir producteur de données géolocalisées sur leur environnement de vie quotidienne, en l'occurence sur la pollution de l'air et sur les nuisances sonores, en portant une montre équipée de capteurs de mesure de l'ozone et du bruit, d'un système de positionnement par GPS et le tout envoyé par Bluetooth vers un téléphone mobile qui se charge de renvoyer les données vers une plateforme Citypulse à intervalles réguliers. Un site cartographique traite en temps réel les données et en propose une restitution cartographique après divers traitements statistiques pour passer de données ponctuelles (plus ou moins bien échantillonnées et validées) à une cartographie...
Pour l'instant on en est encore à la phase expérimentale qui réserve déjà en soi plein de surprises, que ce soit sur la qualité des données ou sur les réactions des usagers bêta-testeurs...
La Montre Vertes est présentée ici par Thierry Marcou, l'un de ses promoteurs :
Interview Thierry Marcou
par Futur_en_Seine
Parmi les autres projets présentés à la wikiplaza, on peut remarquer le projet MeTaCarte qui "propose à tout internaute inscrit de géolocaliser des contributions multimédia (textes, photos, vidéos, sons) afin de livrer sa perception de son territoire, relater un moment vécu, partager des réflexions sur son environnement socio-culturel. L'internaute peut également s'y déplacer librement, parcourir un quartier, une ville à travers le regard et les oreilles d'autres personnes ou encore consulter des contenus plus classiquement via des galeries photos, mini-chaines de webTv, micro-blogs personnels ou collectifs."
Bon allez, je vous laisse, il faut que j'aille produire mes données géolocalisées du jour... -
10:04
Quand l'imagination prend le pouvoir des cartes
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)J'ai très récemment évoqué ici l'espace des cartes dans les jeux vidéo. A ce propos on pourra lire avec intérêt le n° 65 de mars 2009 de la revue "Les dossiers de l'ingénierie éducative" édités par le SCEREN, consacré aux "Mondes virtuels, espaces imaginaires".
Entre espaces des jeux vidéo et espaces imaginaires, il n'y a qu'un pas qu'il est très facile et tentant de franchir. Aussi, je vous invite à consulter le site de jeu de cartes (dans divers sens du terme) disponible ici sur le site de la Bnf (nécessite les plugins Flash et Shockwave).
(Copyright Bnf)
Grâce à une interface simple d'usage, vous pouvez créer vous-même votre carte imaginaire, la personnaliser, y rajouter relief, îles, fleuves, villes, habitants, faune, flore, bateaux, puis la sauvegarder sur votre poste ou encore l'imprimer.
(Copyright Bnf)
Je vous invite également à consulter le site de cartographie imaginaire Kidlandia qui pourrait faire penser au Pays imaginaire de Peter Pan, le personnage créé par James Barrie, qui fut ami avec R.L. Stevenson, l'auteur de "L'île au trésor". Le site Kidlandia propose de choisir l'un des fonds de cartes de pays imaginaires parmi ceux proposés, de le personnaliser et de le faire imprimer avant de l'envoyer à son jeune destinataire, roi ou reine d'un pays imaginaire. "Make your child a king or queen!" annonce le site :
Mais tout cela n'est pas gratuit...
Enfin, si les territoires imaginaires vous passionnent, allez visiter deux sites que j'apprécie également beaucoup.
Celui de l'International Institute for Fantastical Exploration and Cartography. Certes il s'agit d'un site marchand de l'artiste Allison M. Whittington, mais on peut aussi consulter gratuitement ces cartes de pays imaginaires réalisées par des artistes à l'encre, à l'aquarelle ou aux crayons de couleur. Le site affirme que "Chacune de ces cartes est un merveilleux outil de navigation pour les explorateurs, les pirates, les conteurs, les amoureux des cartes, et les aventuriers de tous âges".. Vous pouvez aussi suivre ici le blog de l'auteur du site.
(Copyright Alison Whittington)
Enfin, le site "Fantastic maps. The cartography of Jonathan Roberts" propose une collection de cartes à différentes échelles issues de l'imagination de son auteur Jonathan Roberts dont certaines sont disponibles sous licence Creative Commons
(Copyright Jonathan Roberts, CC-BY-NC-SA)
La cartographie est d'abord une histoire d'images et d'imaginaires. J'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, après d'autres, comme Gilles A.Tiberghien. Dans son ouvrage "Finis Terrae. Imaginaires et imaginations cartographiques", "cet auteur s'intéresse à la façon dont l'imagination travaille l'activité cartographique non seulement à ses débuts mais aujourd'hui encore où, grâce à des instruments perfectionnés, les cartes ont acquis un statut scientifique indéniable. C'est dans l'irréductible écart entre les cartes et le monde que s'exerce l'imaginaire de ceux qui les fabriquent comme de ceux qui les consultent. Si bien que les Atlas, aussi exhaustifs soient-ils, demeurent pour nous des machines à rêver et ne laissent personne indifférent. Et moins que quiconque les voyageurs et les artistes qui nous ont souvent révélé certaines dimensions inaperçues des cartes."
Heureusement que des artistes nous invitent encore au rêve et à l'imagination autour des cartes pour nous permettre de voir le monde autrement qu'il n'est et, peut-être aussi, pour pouvoir mieux le supporter. Ce fut le cas tout au long de l'histoire et l'histoire des cartes, surtout les cartes marines, l'atteste. Aujourd'hui encore, le fantasme cartographique existe, notamment autour de la rumeur de "la possibilité d'une île".
En plagiant une phrase célèbre de l'écrivain africain Amadou Hampaté Bâ, on pourrait prétendre que "Chaque fois qu'un vieillard meurt c'est une cartothèque qui brûle". -
7:32
L'épidémie des "géomashups twittés"
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Twitter vous connaissez ? Il s'agit d'un outil de réseau social et de microblogage qui permet à l'utilisateur d'envoyer gratuitement des messages courts (des tweets) que ce soit par Internet, par messagerie instantanée ou par SMS. Certains utilisent Twitter pour être en contact avec leurs "amis" (comme dans Facebook), pour dire ce qu'ils sont en train de faire (comme dans Facebook), où ils sont (comme dans Facebook et de plus en plus comme avec des applications de géolocalisation sur téléphones mobiles). Certaines entreprises utilisent Twitter pour faire de la veille marketing, identifier des tendances, des modes, ou encore pour appuyer une campagne de communication ciblée vers un public de "Twitters".
Mais à côté du succès un peu fou de Twitter, certains pointent le flou de son modèle économique, les failles de sécurité du dispositif et surtout le statut des données personnelles recueillies qui sont considérées comme la propriété de la société Twitter. Pour d'autres, l'intérêt d'un tel service est inversement proportionnel à son succès médiatico-people. Entendez par là que Twitter est devenu très "hype" ("tendance") en quelques mois et que ce succès risque de retomber aussi vite qu'il est arrivé.
Néanmoins, il paraît que Twitter peut aider à devenir Président des Etats-Unis puisque le Président Obama s'en serait servi pour sa campagne (comme de Facebook d'ailleurs qui, parait-il aurait envisagé de racheter l'entreprise).
Il était assez évident que Twitter allait rapidement s'emparer des termes géographiques et de géolocalisation contenus dans les messages "twittés" pour proposer des applications composites géolocalisées (géomashups) exploitant ces termes. En quelques mois, c'est même devenu une véritable épidémie.
Voici un petit florilège de quelques uns de ces "géomashups twittés" (liste non-exhaustive et sans aucun ordre d'intérêt ni d'importance), dont j'ai découvert l'existence sur l'excellent blog I-Spirit.
Sweet = Twitter + Google Street View
Traveller = Yahoo Answers+Lonely Planet+Twitter
Earthtwit = plugin Google Earth + Twitter
Maptwit = Earthtwit pour Google Maps
Geotwitter = Google Maps + Twitter
Twittermap = Google Maps + Twitter
Twittervision = Google Maps + Twitter
Flickrvision = Google Maps + Twitter
WeathTweets = Mashup Google Maps + Météo + Twitter
Tweet Location = Twitter + Yahoo Maps
Bien évidemment, la disparition du vol AF447 Rio de Janeiro-Paris au dessus de l'Atlantique, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, a donné lieu à une avalanche de messages twittés à tel point qu'une carte des messages a été aussitôt réalisée utilisant Google Maps.
Cette carte a été présentée sur la chaîne de télévision BFM TV pendant l'émission de Karl Zéro (chronique Web présentée par Marjorie Paillon).
Devant cette "épidémie de géomashups twittés", il était évident qu'on allait en trouver un consacré à l'épidémie de la grippe mexicaine vue par Twitter. Celui-ci qui permet de suivre une certaine actualité de la grippe porcine en 3 langues espagnol, français, anglais telle qu'elle est évoquée dans les messages twittés (site déjà évoqué ici) :
Ce qui est assez étonnant c'est de voir que cette carte est beaucoup moins fournie aujourd'hui qu'elle ne le fut à ses débuts lorsque l'épidémie a connu son pic de visibilité médiatique lorsqu'elle n'avait encore causé alors qu'un nombre limité de cas recensés et de décès. Aujourd'hui cette carte semble beaucoup moins alimentée alors que l'épidémie se poursuit et va probablement atteindre un nouveau stade dans l'importance de sa propagation, comme le montre cette carte du site HealthMap déjà cité ici, amenant l'OMS a déclencher prochainement le niveau 6 de l'alerte mondiale :
Alors Twitter ? Un phénomène de mode parmi tant d'autres pour geeks ? Ou bien un outil réellement utile pour donner à voir le monde, notamment sous forme cartographique...?
A noter au passage que le site Google.org Flu Trends, montre clairement que cette épidémie de grippe qui semble devenir de plus en plus mondiale, devient de moins en moins mexicaine...
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7:40
Disparition du vol AF447 Rio de Janeiro-Paris
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, le vol AF447 Rio de Janeiro-Paris à disparu des écrans radar et n'a plus donné le moindre signe depuis. Parmi les 228 personnes à bord de l'avion se trouvaient 216 passagers et 12 personnels navigants. L'hypothèse la plus souvent évoquée par les médias est celle d'un accident lié à une panne électrique générale qui pourrait être due au foudroiement de l'avion dans une zone de turbulences fortes dans cette zone de l'Atlantique, qu'on appelle communément le "pot au noir". Voici la carte dans GoogleMaps de la zone approximative où aurait disparu l'avion.
Afficher Catastrophe aérienne du vol AF 447 sur une carte plus grande
Le vol AF447 avait quitté Rio dimanche 31/05 à 19:00 (heure locale) (00:00 heure de Paris le 1/6) et aurait dû arriver vers 11h15 heure locale à Paris. Le dernier contact a eu lieu vers 21:30 (heure locale).
Si l'hypothèse du foudroiement de l'avion ou celle d'un trou d'air ou encore celle d'un changement brutal du sens du vent, devait se confirmer, il peut être utile de se référer aux cartes météorologiques disponibles sur Internet pour la plage horaire concernée.
Comme souvent, les médias ont largement fait appel aux cartes et images satellitaires sous des angles de vue et à des échelles variées, pour illustrer la position supposée de l'avion au moment de sa disparition.
(Copyright AFP)
(Copyright France2 et France3)
Mais les medias ont également largement eu recours aux cartes et images satellitaires comme pour illustrer les phénomènes météorologiques, cause supposée de la disparition de l'avion et explication privilégiée à l'heure actuelle par les autorités.
Ainsi la chaîne de télévision américaine MSNBC proposait hier une animation des turbulences météorologiques auxquelles l'avion a certainement été soumis au cours de son vol au-dessus de l'Atlantique:
(Copyright MSNBC)
Sur le site de météo Weather.com (The Weather Channel) (déjà cité ici) on pouvait observer les images satellitaires au moment de la disparition de l'avion.
Sur la version brésilienne du site Weather.com, on pouvait trouver hier ici les images satellitaires ci-dessous permettant de distinguer les zones de température entre masses d'air froid et d'air chaud provoquant les très fortes perturbations et orages violents présents dans cette zone.
(Copyright Weather Channel)
Voici une autre suite d'images correspondant à une animation proposée ici par la version française du site Weather.com sur VirtualEarth pour toute la durée du vol AF447 :
(Copyright Weather Channel)
Cette carte ci-dessous localise les zones de fortes turbulences qui apparaissent dans cette zone de convergence intertropicale (dite également ITCZ pour Inter-Tropical Convergence Zone) où se rejoignent habituellement des masses d'air chaudes et humides provenant des tropiques. Cette zone est alors le lieu privilégié de mouvements d'air convectifs et, très souvent, de la formation de cumulonimbus pouvant entraîner des phénomènes de vents très violents, d'orages et de foudre très importants.
(Source Wikipedia)
Ce billet est l'occasion de vous signaler le site Yandex (uniquement en russe pour l'instant) qui permet de suivre en direct certains des vols aériens (découvert ici). Sur cette carte, on dispose du parcours en rouge des avions recensés, d'une infobulle avec le numéro du vol, l'origine-destination, l'altitude et la vitesse de déplacement de l'avion :
C'est l'occasion de découvrir Yandex Map, un concurrent de Google Maps en russe, et ses toponymes de France en alphabet cyrillique.
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Rajout du 6 juin 2009 :
On a pu voir aux journaux télévisés cette carte météorologique détaillée qui montre le trajet reconstitué de l'avion juste avant sa disparition.
(Copyright France 3)
Cette carte reprend des éléments de la série de celles que nous avons publiées ci-dessus dès le lendemain de l'accident. -
8:48
L'espace des cartes dans les jeux vidéo
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)J'ai déjà évoqué l'univers des jeux video ici pour le monde du Seigneur des Anneaux et ici pour celui de GTA (Grand Theft Auto).
Une journée d'étude intitulé "Construire les jeux vidéo comme objet de recherche : problématiques, enjeux et méthodes" vient d'avoir lieu à l'Ecole Normale Supérieure des Lettres et Sciences Humaines de Lyon. Cette journée a été organisée par le laboratoire junior Jeux Vidéo : Pratiques, Contenus, Discours de l'Ecole Normale Supérieure, créé en juin 2008.
D'autres journées d'étude, dont vous pourrez trouver la liste ici, ont été organisées par ce laboratoire. Parmi celles-ci, celle consacrée aux "Espaces et territoires des jeux vidéo" le 14 octobre 2008 a retenu particulièrement mon attention : les interventions sont disponibles en podcast (ou baladodiffusion en français).
La conclusion de cette journée d'étude relève la difficulté à bien identifier et caractériser les notions d'espace dans les jeux vidéos tant ces espaces sont multiples, polysémiques, entrecroisés : espaces de coprésence, d'interaction mais aussi de compétition et de confrontation.
Et puis j'aime beaucoup la dernière phrase qui affirme que pour les amateurs de jeux video "Créer une carte ne procure pas le même type de plaisir que l'explorer".
Au cours de la journée du 28 mai dernier, dont le programme des interventions est disponible ici, l'intervention de Jérémie Valentin, Allocataire de recherche en Géographie à l'Université de Montpellier III, (laboratoire Mutations des Territoires en Europe) sur le thème "La dimension spatiale des univers vidéo ludiques" est d'ores et déjà disponible ici sur son blog et ci-dessous. Je la trouve particulièrement intéressante. Certes il s'agit d'un travail datant de 2007 mais j'imagine que les conclusions doivent rester valables :
Dimension spatiale des univers vidéo ludiquesView more OpenOffice presentations from jeremie34.
Parmi les nombreux jeux vidéos, il en existe certains disponibles en ligne sur Internet auquel il est possible de jouer gratuitement parfois pendant une durée délimitée afin de donner envie de l'acheter. C'est le cas par exemple du jeu Totem Tribe d'Enkord, que j'ai récemment découvert et qui s'adresse plutôt à de jeunes adolescents. Ce jeu propose une interface agréable et simple d'usage pour se déplacer en 2D et en "simili-3D" (appelons cela comme cela) dans un univers imaginaire d'une île située sur une planète imaginaire. Rien à voir avec des univers hyper-réalistes d'autres jeux comme GTA.
(Copyright Enkord)
L'objectif de ce jeu vidéo, comme beaucoup d'entre eux, consiste à s'implanter sur l'île et à défendre son territoire en combattant des armées maléfiques. Le déplacement s'effectue dans un espace qu'on ne découvre qu'au fur et à mesure du déroulement du jeu, une partie étant dans le noir, celles d'où surgissent les forces du mal, les zones connues ou qu'on occupe, réputées abriter les forces du bien que le joueur incarne, étant dans la lumière. Heureusement une mini-carte de situation, située en bas à gauche de l'interface, permet à tout moment de se repérer dans l'espace complet du jeu. Il y a des constructions à réaliser, on dispose d'armées de combattants, etc. Bref des principes communs à nombre de jeux vidéo de ce genre.
(Copyright Enkord)
Ici les scènes restent supportables et il n'y a pas de gros plans sur des actes trop violents ou sanguinolents.
(Copyright Enkord)
Heureusement pour moi, j'ai vaincu les forces du mal et les villageois, en signe de gratitude pour avoir réussi à repousser les troupes de monstres, m'ont remis le totem du Singe... Ouf ! Mais je ne suis pas sûr de vouloir continuer l'aventure... -
20:25
Globalmag ou quand l'image satellitaire est décevante
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le magazine Globalmag, diffusés tous les vendredis à 19h00 sur la chaîne de télévision ARTE, est un magazine interactif qui dresse chaque semaine le bilan de santé de notre planète. Ce magazine se veut "le magazine de la mondialisation verte".
En début de chacune des émissions, ce magazine présente un exemple d'utilisation d'images satellitaires pour illustrer un thème autour d'un lieu ou d'une région vu depuis l'espace. A chaque fois, le lancement de cette séquence est effectuée par la présentatrice à partir d'un écran et d'une interface comme celle utilisée dans le film Minority Report :
Lors de l'émission du 25/04, un reportage intitulé "Tchernobyl, vingt-trois ans après" revenait sur l'accident nucléaire, survenu le 26 avril 1986 dans la centrale nucléaire Lénine, située à environ 15 km de Tchernobyl en Ukraine et à 110 kms de la capitale Kiev, près de la frontière avec la Biélorussie. C'est cette localisation géographique qu'illustre la succession des premières images satellitaires sur laquelle apparaît un cercle correspondant à une distance de 30kms autour de la centrale.
L'usage de zooms successifs sur des images satellitaires de résolution croissante, permet de descendre progressivement jusqu'à des lieux, installations, aménagements zones d'occupations humaines, bourgs ou encore zones de végétation sur lesquels le reportage s'emploie à commenter leurs situations actuelles respectives.
Ainsi, le reportage montre les différentes installations de la centrale nucléaire telles qu'elles sont visibles aujourd'hui sur des images satellitaires à haute résolution sur lesquelles des contours (en jaune) délimitent l'enceinte du coeur du réacteur de la centrale qui fondu avant le relâchement de la radioactivité dans l'environnement.
Une autre zone, éloignée de quelques kilomètres de la centrale, montre des bâtiments, des lieux d'habitations, ou un établissement public, etc. qui aujourd'hui encore sont occupés alors qu'ils devraient avoir été démolis ou en tout cas interdit à l'occupation humaine du fait de la très forte radioactivité qui demeure dans cette zone.
Si ce magazine semble annoncer une utilisation prometteuse de l'imagerie satellitaire à différentes échelles, celle-ci, finalement, ne sert qu'à localiser et à montrer des lieux, des bâtiments, superposer des zones et des distances sans autre mise en relation avec d'autres données cartographiques.
Pour avoir regardé d'autres numéros de ce magazine, ces remarques peuvent être faites dans des termes identiques.
L'usage de cartes telles qu'une émission comme "Le dessous des cartes" diffusée également sur ARTE, le propose serait d'une utilité bien plus grande.
Comme je l'avais déjà évoqué ici, les médias télévisés ont encore du chemin à faire, semble-t-il, pour parvenir à un usage raisonné et véritablement géographique de l'imagerie satellitaire comme support à l'observation et à l'analyse et pas seulement pour s'en servir comme simple "fond d'écran". -
7:27
Le Festival des Voyageurs a 20 ans : bon anniversaire !
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le Festival international du livre et du film "Etonnants voyageurs" s'ouvre aujourd'hui à Saint-Malo pour tout le week-end de Pentecôte. Il fête cette année son vingtième anniversaire, avec pour thème : "Monde en crise, besoin de fiction".
A propos de l'anniversaire de ce festival, Michel Le Bris, l'un de ses fondateurs et actuel directeur, spécialiste de R.L. Stevenson, affirmait récemment qu'il s'agissait de "Vingt années animées par une même passion : que la littérature ose enfin s’affirmer "aventureuse, voyageuse, ouverte aux vents du monde, soucieuse de le dire". Un monde, sous nos yeux, disparaissait un autre naissait : n’était-ce pas aux artistes, aux écrivains de nous le donner à voir ? Seule, la littérature française, occupée par son nombril, paraissait résolue à l’ignorer… Notre programme, affiché dès la 1ère édition : "Quand les écrivains redécouvrent le monde". Et nous n’avons jamais dévié."
On peut relire ici le Manifeste "Pour une littérature monde en Français" publié en mars 2007 dans Le Monde et auquel une suite a récemment été donnée ici.
L'affiche du Festival pour cette édition représente une vue de la cité de Saint Malo issue d'une huile sur toile d'Ambroise Louis Garneray de 1823 :
(Cliquer ici pour l'afficher en grand)
(Copyright CCI Paris)
Cette année, le Festival rend hommage à Bertrand Tavernier à l'occasion de son dernier film "Dans la brume électrique", que je vous conseille d'aller voir au cinéma, une adaptation du roman de James Lee Burke, invité surprise.
Parmi les nombreux autres invités du Festival, on pourra voir et entendre Gilles Lapouge, un habitué de cette manifestation et qui, pourtant, réfute l'appellation d'écrivain voyageur. Parmi les derniers ouvrages parus de Gilles Lapouge, je me permets de vous inviter à lire "La légende de la géographie" paru cette année chez Albin Michel.
(Copyright Albin Michel)
Plutôt que "lire", je devrais mieux écrire "dévorer" tant j'ai lu cet ouvrage en à peine deux jours, comme si je ne pouvais pas m'arrêter avant la dernière page. On y trouve de superbes passages sur l'histoire de la géographie, cette "discipline" à la croisée des chemins dans tous les sens du terme.
Dans cette video d'un entretien récent très court accordé par Gilles Lapouge pour l'émission "Un livre un jour", celui-ci cite cette phrase de Napoléon "L'histoire c'est la géographie" :
Découvrez "La Légende de la géographie" de Gilles Lapouge sur Culturebox !
Mais l'histoire c'est aussi la cartographie :
(Source Wikipedia)
Voici ce que je considère comme un bon résumé de cet ouvrage de 276 pages "L’histoire de l’homme est inséparable de la planète qu’il habite, des mers, des continents et des climats. Loin d’être une science exacte ou même une discipline, la géographie est avant tout de l’Histoire, et aussi du rêve, de l’imagination, de l’utopie, de l’imagination, de la fable, de la mythologie, de la tromperie, du vagabondage, de la philosophie, du roman, avec un peu de géologie et de mathématiques. De Ptolémée et d’Hérodote à Vidal de la Blache et à Google Earth qui survole le toit de nos maisons, Gilles Lapouge raconte la prodigieuse aventure de la géographie, au gré des millénaires et des civilisations. Lui-même vagabond endurci et écolier buissonnier amoureux de cartes et d’estampes, il s’est très tôt passionné pour ces savants, voyageurs navigateurs et autres traceurs de frontières parce que justement, ils ne savaient ce qu’ils cherchaient, ni où ils allaient, mélangeant routes et vents, et se perdant dans leurs songes."
Pour Gilles Lapouge, la géographie est avant tout une affaire de rêves et d'imaginaires (à ce propos on peut aussi lire le superbe essai de Gilles A. Tiberghien "Finis Terrae : Imaginaires et imaginations cartographiques" paru aux Éditions Bayard et que j'ai déjà évoqué ici et sur lequel je reviendrai prochainement).
Mais la géographie est aussi faite d'erreurs, de manipulations et rarement de visées justes et de conceptions avérées du monde. Cartographier c'est décrire le monde non pas comme il est (car nous avons tous une représentation différente du monde) mais comme on a envie ou besoin de le décrire, que ce soit pour prolonger nos rêves ou nos craintes ou encore pour mentir par nécessité, par obligation (on peut aussi lire à ce propos l'ouvrage de Mark Monmonier "Comment faire mentir les cartes ou du mauvais usage de la géographie"). Les cartes les plus justes et les plus belles sont celles qui décrivent le monde comme un mélange d'espoirs, de visions, de projets, de peurs, et donc d'erreurs. "La découverte de la Terre est un jeu de colin-maillard. Géographes et explorateurs avancent les yeux bandés. Pas étonnant qu'ils ne tombent jamais sur le bon coin. Ils mettent au jour, non ce qu'ils cherchent mais ce qu'ils fuient. C'est le ressort de leur art : comme ils se paument tout le temps, ils recensent passionnément les envers du monde. Chaque bévue ajoute un détail à leur atlas. La nuit est leur guide"
"S'il est véritable, comme je le crois, que la géographie fut imaginée et pratiquée par des hommes avides de se perdre et habiles à le faire, familiers de la nuit des choses et qui avaient la crainte de ne pas se rappeler le chemin de leurs demeures, alors le géographe aveugle cesse d'être une anomalie. Il devient la règle. Il est la figure même du géographe. Il est la géographie en personne. Son saint patron."
La cartographie (que Lapouge appelle la science géographique) présente un redoutable génie : elle révèle et dissimule en même temps.
"C'est pourquoi on la compare parfois comparée à la rhétorique, cette science qui permet au langage de dire en même temps la vérité et le mensonge"
Quel plus bel exemple que cette confrontation entre une carte (telle que des cartographes dont c'est le métier l'ont établie) et une certaine image de la réalité (celle que les appareils photographiques de l'IGN ont enregistrée depuis le ciel et qu'on peut découvrir dorénavant dans Google Earth) pour illustrer que la carte n'est pas la réalité.
(Copyright Google Inc., TeleAtlas pour la carte, IGN pour l'image aérienne)
Et il ne faut pas oublier que l'histoire de la cartographie c'est d'abord l'histoire de commerçants, d'explorateurs, d'aventuriers, de guerriers, de moines, de fous, d'écrivains... de gens qui ne sont pas des cartographes avant tout.
Les cartographes d'aujourd'hui ne devraient pas oublier de qui ils sont les descendants et peut-être aussi un peu les héritiers...
Parmi les autres ouvrages récents de Gilles Lapouge, on pourra lire avant autant d'intérêt "La maison des lettres, conversations avec Christophe Mercier" paru cette année chez Phébus et "L’encre du voyageur" paru en 2007 chez Albin Michel couronné du Prix Femina. -
8:31
Des conférences riches en annonces pour la géomatique en ligne
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Du 19 au 21 mai a eu lieu à San Jose en Californie, la Conférence "Where 2.0 2009" dont j'ai déjà parlé ici et qui fut particulièrement riche en annonces cette année.
Vous pouvez toutes les retrouver sur le site de la conférence mais avec davantage de commentaires (et en français) sur les sites de GeoInWeb et de Baliz-Media qui étaient présents tous les deux à San Jose.
Sur son blog consacré à Google Earth, Google, qui était aussi présent à la conférence, relaie ici et ici, les nouveautés annoncées à cette occasion dont voici l'une des video de présentation de Google à la conférence Where 2.0 :
On retiendra des annonces de Google les évolutions de Google Map Maker, de l'API GoogleMaps Data, de Google Latitude et la plate forme de services de géolocalisation de Google désormais disponible sur Androïd, le système d'exploitation Open Source pour smartphones, PDA et terminaux mobiles. L'idée de toutes les évolutions en cours chez Google en matière de cartographie est de permettre à de plus en plus de personnes de contribuer elles-mêmes à collaborer pour produire, compléter et mettre à jour des bases de données cartographiques partout dans le monde. La video est intéressante aussi parce qu'elle retrace les différentes applications développées par Google en matière de géolocalisation depuis 3 ans.
Les autres videos des conférences de "Where 2.0" sont disponibles ici.
Mais Google ne fut pas le seul à faire des annonces et à présenter de nouvelles fonctionnalités, applications et services de cartographie en ligne.
De son côté, Jack Dangermond, le PDG d'ESRI Inc., a également fait une intervention se voulant, comme souvent, à la fois conceptuelle et visionnaire sur l'avenir de la géomatique en ligne (le GeoWeb) qui semble passer par une intégration d'applications et de bases de données multiples à travers des services de SIG ouverts (Open GIS services). Cela ressemble à une reconnaissance de la part du fondateur du leader mondial des SIG, de la viabilité du modèle Open Source dans le monde de la géomatique, discours novateur pour une société qui n'a jamais opté, pour l'instant, pour la libération du code de ses logiciels et applications. Mais l'avenir peut nous réserver des surprises...
Lors d'une autre conférence qui vient d'avoir lieu cette semaine, D All Things Digital, organisée par le Wall Street Journal, Steve Ballmer, le PDG de Microsoft a fait une annonce majeure : le relook et le nouveau nom du site de recherche de Microsoft : Bing. Non non, ce n'est pas une blague !
Dans l'interview qu'il a accordée lors de cette conférence, Steve Ballmer essaie d'expliquer les motivations de la société pour refondre son outil de recherche et les raisons du choix de ce nom qui semble ne pas faire l'unanimité sur Internet.
Vous trouverez ici la video de la présentation de Steve Ballmer et d'une démonstration de Bing dont voici quelques images de l'interface puis une video qui montre entre autre l'intégration de Virtual Earth à ce nouvel outil de recherche de Microsoft :
Pour le site Clubic.com qui vient de relayer cette annonce, "au-delà du marketing, le nouveau moteur de recherche de Microsoft profite d'améliorations techniques sensibles alors que l'ergonomie d'ensemble a été revue." Concernant Virtual Earth, le globe virtuel de Microsoft, celui-ci va être intégré à Bing comme l'indique ce blog consacré à Virtual Earth. Il semble que Microsoft va lancer une nouvelle campagne marketing de promotion, d'un budget conséquent, pour assurer la promotion de son nouveau moteur de recherche. Espérons que Steve Ballmer ne s'en occupe pas lui-même par des prestations comme celle-ci...
Dancemonkeyboy
...sinon le Bing risque de se terminer en Bang !
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Ajout du 1er juin 2009 :
J'avais évoqué à la fin de ce billet le risque que le Bing de Microsoft ne se termine en Bang...et bien c'est fait.
Bing a été officiellement mis en ligne aujourd'hui 1er juin. Voilà l'interface à ce jour :
Comme prévu, Virtual Earth est désormais intégré dans ce nouveau moteur de recherche de Microsoft. Il est accessible depuis la rubrique "Cartes".
Mais quand on essaie de trouver le toponyme "Bing" dans l'interface cartographique, on tombe sur le toponyme "Bang", un bourg situé en Iran. Cela ne s'invente pas ! Et voilà la preuve par l'image :
Avec de telles surprises, on se demande bien pourquoi Steve Ballmer, le PDG de Microsoft, toujours candidat à la facétie, n'a pas lancé Bing un 1er avril : on aurait pu sourire... -
8:39
Manhattan d'hier, d'aujourd'hui et de demain
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Voici quelques semaines, on a pu découvrir sur Internet, notamment via Baliz-Media, le travail des designers graphiques Jack Schulze et Matt Webb qui ont réalisé une "carte immersive" de Manhattan de cette circonscription de New-York. Il s'agit plutôt de deux "plans de ville immersifs" intitulés "Here & There" :
"Here & There" vise à explorer des projections originales de villes à forte densité de population et de constructions. Ces plans de Manhattan sont orientés dans l'axe des 3èmes et 7èmes rues, et dans celui des 3èmes et 35ème rues.
Quel est l'objectif de cet exercice géo-graphique ? Voici la réponse : "Because the ability to be in a city and to see through it is a superpower, and it's how maps should work." Que dire après cela ...?
De façon plus triviale, car "Business is business" au pays de l'Oncle Sam, vous pouvez commander sur le site Internet, des exemplaires de ces plans qui ont été tirés à 1000 exemplaires chacun. Le prix ? 45€ pour les deux, frais de port inclus.
Si vous ne pouvez pas ou ne souhaitez pas faire l'acquisition de ces plans, vous pouvez toujours regarder ces videos :Here & There in Manhattan from schulze on Vimeo.
Here & There in Manhattan 2 from schulze on Vimeo.
Mais Manhattan ne fut pas toujours cette "Mecque" de l'architecture et de l'urbanisme moderne. Ainsi dans son ouvrage "Mannahatta. A Natural History of New York City", Eric Sanderson nous fait découvrir des images reconstituées et une carte ancienne de Manhattan et de sa région au moment de sa découverte par les Européens voici quatre siècles.
""Manhattan" semble un nom d'origine indienne. D'abord écrit Manna-hata, il fut traduit par "île aux nombreuses collines". Il apparaît pour la première fois en 1609 sur le journal de bord de Robert Juet, un membre de l'expédition néerlandais d'Henry Hudson qui découvrit l'île le 11 septembre de cette même année (hasard troublant des dates...). En 1610, le nom Manahata (Manatus sur la carte ci-dessous) apparaît à deux reprises, désignant les deux rives de la Mauritius River (le fleuve Hudson). Les indiens Algonquins sont les plus anciens habitants connus de ce territoire. L'île fut colonisée sur l'ordre la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales en 1625". La carte de Manatus, réalisée en 1639, est la première carte de Manhattan. Des moulins à vent sont montrés dans le Bas Manhattan. Le fleuve Hudson est indiquée "rivière Noort" en néerlandais.
(Copyright Library of Congress)
En reconstituant par ordinateur la topographie de la presque île de Manhattan et des rives longeant le fleuve Hudson, Eric Sanderson a imaginé un endroit couvert par des forêts vertes ombragées, mélangées à des zones de marécages et occupée par une faune qui a disparu depuis.
(Copyright Markley Boyer)
Le petit exercice qui consiste à comparer les images reconstituées du passé d'Eric Sanderson et la réalité d'aujourd'hui, donne des résultats étonnants :
La rive droite de la rivière Hudson
L'extrêmité de la presqu'île de Manhattan
On peut aussi regarder les images reconstituées que les globes virtuels Virtual Earth et Google Earth donnent de Manhattan : reconnaissez-vous lequel est lequel ?
Bien évidemment, Manhattan est aussi désormais connu pour les attentats du 11 septembre 2001 et la destruction des tours du World Trade Center dont vous pouvez retrouver ici plusieurs images aussi impressionnantes que l'événement lui-même, prises depuis l'espace ce jour-là ou les jours suivants par les satellites IKONOS, SPOT, Terra de la NASA, LIDAR ou encore depuis la station spatiale internationale.
Vous pouvez découvrir ici en vidéos le projet de reconstruction du WTC qui comprendra une tour baptisée "Freedom Tower", quatre autres tours, le "National September 11 Memorial and Museum", une plateforme de transports, un complexe commercial et un centre de performances artistiques.
(Copyright Silverstein Properties) -
9:12
Google efface les traces cartographiques d'une ségrégation géohistorique au Japon
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)J'ai déjà parlé ici d'un superbe et monumental Atlas de Kyoto dont j'ai profité pour mentionner certains sites Internet d'archives cartographiques du Japon. A bien y repenser, peut-être ne me suis-je pas assez méfié en publiant certaines cartes anciennes du Japon...
Au début du mois de mai, on apprenait que Google avait eu quelques ennuis avec la diffusion dans Google Earth d'une carte d'Osaka de 1806 (issue de la collection de cartes historiques de David Rumsey dont j'ai parlé sur ce blog à plusieurs reprises) montrant les traces d'une ségrégation sociale historique connue mais qui reste douloureuse pour le Japon, celle des "burakumin" considérés comme des parias de la société japonaise. L'Internet s'est aussitôt fait le relais de cette mésaventure de Google. En France, le site Internet du journal Le Monde a relayé ici l'information et il a également publié un article à ce propos dans on édition papier.
Sur ce billet de son "non-blog", Thierry Joliveau revient dans le détail sur cet événement de l'Internet cartographique et propose d'utiliser celui-ci pour "réfléchir sur l’impact potentiel des cartes anciennes dans les WebSIG et les globes virtuels".
J'avais moi-même évoqué ici le cas de cette carte ancienne des Antilles françaises de 1681, publiée sur un site néerlandais, et intitulée "INSULA MATANINO Vulgo MARTANICO", réalisée par Nicolaas Visscher, publiée aux Pays-Bas et disponible à la Koninklijke Bibliotheek, à La Hague, et sur laquelle on peut lire le toponyme "Demeure des sauvages" séparée par une ligne continue de la "Demeure des François".
Concernant Google, la polémique est d'abord née de la diffusion de la carte d'Osaka sur laquelle on peut voir des toponymes des quartiers dans lesquels étaient regroupés les burakumin, dans des quartiers réservés, sortes de ghettos, preuve d'une ségrégation sociale et spatiale dont faisaient l'objet ces groupes de population dans le Japon du début du XIXe siècle.
Google n'avait pas fait attention aux conditions de publication de ce document historique. Si la reproduction et la diffusion d'anciennes cartes du Japon, y compris sur Internet, n'est pas interdite au Japon, elle doit, en revanche, être accompagnée d'explications historiques. Or Google n'a pas suivi ce principe en diffusant cette carte telle quelle.
Aussitôt la polémique née, Google, s'en donner davantage d'explications, a procédé tout simplement à l'effacement des toponymes incriminés sur la carte ancienne qui apparaît désormais ainsi.
On voit bien que les idéogrammes qui signifiaient la localisation des lieux d'habitations des burakumin, ont disparu. Or c'est précisément ce gommage qui a été mal reçu au Japon, en particulier par les ligues et associations de défense des descendants des burakumin.
Le terme de burakumin est utilisé pour désigner les descendants des communautés de parias dans le Japon féodal, la majorité d'entre eux étaient désignés sous le vocable de "eta" (穢多) qui signifie les "masses dégoûtantes" qui travaillaient à des occupations liées à la mort comme bourreaux ou encore ouvriers du cuir. Ces populations faisaient alors l'objet d'une ségrégation sociale importante, sous l'influence des notions Shinto du "kegare" qui signifie "souillure". Certains burakumin se réfèrent à leur propre communautés en tant que "mura" (村) qui signifie "villages".
Ce sont ces divers caractères japonais (穢多村) qu'on pouvait lire sur la carte ancienne d'Osaka avant qu'ils ne soient effacés par Google et qui signifiaient "villages de burakumin".
En 1871, le gouvernement Meiji promulgua l'"Edit d'émancipation", déclarant l'abolition des rangs sociaux inférieurs. Néanmoins, cet édit n'est jamais allé au delà de la publication du texte, sans aucun contrôle sur son application effective.
Ce n'est pas un secret que ce quartier d'Osaka, aujourd'hui baptisé Naniwa-ku et situé près de la station Ashiharabashi, se trouve à l'emplacement d'un ancien quartier occupé par des burakumin. L'article de Wikipedia sur ce quartier évoque largement le fait qu'il est actuellement occupé par une communauté de burakumin. Le Osaka Human Rights Museum, dédié essentiellement à l'histoire de la discrimination contre les burakumin, est situé à Naniwa-ku.
Aujourd'hui, les descendants des burakumin considèrent encore qu'ils font encore l'objet d'une ségrégation et de mesures discriminatoires de la part du reste de la population.
Il existe plusieurs associations et ligues de défense des descendants des burakumin dont la Buraku Liberation League qui se veut une organisation à but non-lucratif, non-gouvernementale comprenant des personnes qui ont été historiquement discriminées. Depuis plus de 70 ans, cette organisation lutte pour éliminer la discrimination et pour protéger les droits non seulement de Burakumin mais également d'autres personnes dans le monde victimes de discrimination. La BLL revendique 200 000 adhérents dans tout le pays et s'est engagée à dénoncer toutes les formes de racisme et à favoriser la reconnaissance des personnes et des peuples souffrant de discrimination dans le monde. Mais c'est une autre association de défense des burakumin qui est à l'initiative de la polémique embarrassante pour Google, la Ligue de Défense des Buraku. Celle-ci a interprété comme une négation même de l’existence des burakumin qui vivaient en ce lieu, le fait que Google ait préféré effacer les toponymes incriminés sans vouloir se prononcer pour autant sur cette "ségrégation géohistorique" et ses traces cartographiques.
En parcourant le site de la Ligue de Défense des Buraku, on peut aussi constater que cette même organisation s'est fait l'échos d'autres soucis de la firme de Mountain View autour de la diffusion d'images de Google Street View sur lesquelles on pouvait reconnaître les visages de personnes. L'organisation évoque le fait que nombre de ses membres se seraient plaints de craindre que la diffusion sur Internet de ces images puisse faciliter des cambriolages à leurs domiciles. Un symposium fut même organisé en octobre 2008 à ce propos. Les contestations ont été si nombreuses que Google a décidé début mai 2009 de recommencer la prise de clichés pour Google Street View au Japon de façon à éviter les risques de procès.
Ce qu'on sait peut-être moins c'est que "les burakumin représentent 70% des membres du Yamaguchi-gumi, le plus grand clan yakuza du Japon. Selon Mitsuhiro Suganuma, un ancien membre de la Security Intelligence Agency, 60% de l'ensemble des yakuza sont des burakumin." Du coup, on peut peut-être mieux comprendre la rapidité avec laquelle Google a pris ses décisions pour effacer les toponymes incriminés sur la carte ancienne d'Osaka ou encore pour retirer les images de Google StreetView e procéder à une nouvelle campagne de prise de vues... -
9:58
Une Allemagne déchirée puis réunifiée sur les plans, les cartes et les globes virtuels
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le 23 mai dernier, l'Allemagne a fêté le soixantième anniversaire de la création de la République fédérale d’Allemagne (RFA) qui conduisit quelques mois plus tard à la création de la République Démocratique Allemande (RDA) le 7 octobre 1949 à l’est
Pour le peuple allemand, ces dates furent synonymes d'une division douloureuse du pays.
Le 9 novembre prochain on fêtera le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin et, un plus tard, le 3 octobre 2010 ce sera le vingtième anniversaire de la fin de la RDA et Jour de l’unité allemande.
A la sortie de la seconde guerre mondiale, l'Allemagne et Berlin furent divisés en quatre secteurs, chacun étant contrôlé par l'une des nations victorieuses : États-Unis, Royaume-Uni, France et Union soviétique. Les territoires plus à l'est furent intégrés à la Pologne et à l’URSS.
Cette géographie et cette histoire mouvementée de l'Allemagne se traduisirent par des déplacements nombreux et massifs de populations qui modifièrent profondément la géographie des langues parlées dans ce pays comme le montrent ces deux cartes ci-dessous.
Cette carte illustre la répartition de l'allemand et de ses trois groupes de dialectes (nord : bas-allemands, centre : franciques, saxon, sud : bavarois, alémanique) avant les expulsions qui firent suite à la Seconde Guerre mondiale (le néerlandais et ses différentes formes parlées aux Pays-Bas, en Belgique et en France, sont associés à l'allemand du fait de leur proximité linguistique)
(Source Wikipedia)
Cette seconde carte illustre la répartition de l'allemand et de ses dialectes après la Seconde Guerre mondiale.
(Source Wikipedia)
Depuis plusieurs semaines, la chaîne de télévision franco-allemande consacre des émissions à ces anniversaires et à des épisodes marquant cette histoire d'une Allemagne déchirée puis réunifiée. On peut retrouver des éléments d'explication illustrés ici, notamment sur le Mur de Berlin construit en 1961 pour marquer dans la géographie de la ville et dans les esprits la séparation de l'Allemagne.
On peut retrouver ici une comparaison photographique de plusieurs lieux du Berlin d'hier et d'aujourd'hui, avec et sans le mur.
Une application de cartographie interactive permet de retrouver le tracé du mur dans Berlin :
En zoomant, on peut accéder à des plans d'une précision croissante et le long du tracé du mur certains lieux sont indiqués :
On peut ensuite cliquer sur ces lieux pour lesquels on dispose d'informations complémentaires :
La rubrique "Le mur vu du ciel" de ce même site permet de découvrir l'ancien tracé du mur sur des photographies aériennes obliques :
Il existe une application sur une sorte de PDA, Mauerguide, un guide interactif touristique équipé d'un GPS, qui sert à effectuer une promenade le long du mur accompagné de commentaires audio:
(Copyright Antenna Audio GmbH)
Si vous êtes amateur de cartes anciennes, le site HyperCities propose une application interactive qui permet de découvrir des cartes anciennes et des plans anciens et récents sur plusieurs villes du monde. Pour Berlin on dispose ainsi de cartes et plans depuis 1237 jusqu'à 2008.
Ces document sont tous géoréférencés et superposés aux fonds cartographiques de GoogleMaps ce qui permet de suivre dans le temps et dans l'espace la géographie et l'histoire de la ville de Berlin notamment grâce à une réglette de transparence.
Il est possible ainsi de suivre dans le temps la façon dont le mur de Berln fut cartographié notamment à hauteur de la place de Brandeburg :
Le site propose des ressources documentaires supplémentaires sur plusieurs lieux clés de la ville :
En cliquant sur ces lieux, on peut afficher des informations et documents historiques comme par exemple pour la Porte de Brandeburg :
Enfin le site VirtualBerlin permet de découvrir Berlin en 3D.
Vous pouvez ainsi naviguer dans GoogleEarth dans cette reconstitution (partielle) de la ville en 3D.
En zoomant on pourrait presque apercevoir quelques Brabans...
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6:13
Imagerie et globe virtuel chez Microsoft : un mariage de raison à 360°
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Pour tenter de ne pas se faire distancer par Google, Microsoft a récemment annoncé le mariage de deux ses produits : Photosynth et VirtualEarth.
Rappelons que Photosynth exploite des photographies numériques et génère un modèle en 3D visible à l'aide de Silverlight, à partir d'un ensemble de photographies portant sur la même scène, et que VirtualEarth est la solution de globe virtuel de Microsoft.
On peut trouver davantage d'explications ici sur le site de Microsoft et visualiser ci-dessous la video explicative :
En annonçant ce qui ressemble à un mariage de raison entre ces deux produits, Microsoft tente d'abord de garder une visibilité par rapport à Google en matière d'innovation sur les créneaux de l'imagerie géoréférencée et de l'imagerie 3D haute définition. Mais il s'agit aussi pour la firme de Redmond de tenter de montrer qu'elle dispose de savoir-faire dans la convergence entre des technologies et des solutions originellement conçues indépendamment les unes des autres.
Parmi les exemples de sites cartographiques utilisant cet ensemble de produits Microsoft, se trouve le site touristique Visitbrighton.com dont la video ci-dessous explique et illustre la démarche.
Le site de Brighton mérite d'être visité. On y trouve plusieurs ressources dont des cartes à télécharger au format .pdf. Mais le plus intéressant réside dans la présentation des activités touristiques proposées ici. Il suffit de cliquer sur "Show/Hide map" puis de choisir le fond cartographique désiré (Map/Aerial/Bird's Eyes) pour faire apparaître le site de cartographie interactive s'appuyant sur VirtualEarth :
(Copyright VisitBrighton 2008)
En zoomant et/ou en choisissant dans l'outil de recherche parmi l'offre touristique de la ville de Brighton, on peut afficher les sites et monuments recensés :
(Copyright VisitBrighton 2008)
Puis en cliquant sur le monument de son choix, on peut en afficher une description plus complète et illustrée comme dans l'exemple du Brighton Museum Art and Gallery :
(Copyright VisitBrighton 2008)
Puis en cliquant sur le logo de Photosynth on peut accéder à l'ensemble des photographies fusionnées de telle sorte qu'on peut se promener autour du monument et même en découvrir les horaires d'ouverture en zoomant sur la porte d'entrée.
(Copyright VisitBrighton 2008)
Sur le site de Photosynth on peut trouver la carte des autres exemples de sites sur lesquels Microsoft propose des vues exploitées à l'aide de Photosynth et géoréférencées.
(Copyright Microsoft)
Voici quelques images du fameux site de Fort Boyard situé au large des côtes de Charente-Maritime :
(Copyright Microsoft)
Les fonctionnalités de zoom et de déplacement autour du monument grâce à l'ensemble des photographies prises de celui-ci et fusionnées avec Photosynth, permettent de se déplacer de façon très pratique dans une sorte de vue panoramique. Mais celui-ci ne s'effectue pas dans un périmètre de 360° autour d'un même point de vue mais en faisant un tour de 360° autour d'un lieu.
Mais cette technologie peut aussi révéler des surprises :
(Copyright Microsoft)
Ainsi on peut se demander si sur cette photographie, le vrai Père Fouras ne vient pas d'être démasqué... -
8:59
Le cinéma italien de l'après-guerre : une mise en scène d'images géographiques sur l'aménagement et l'urbanisme
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)En ce jour de remise de la Palme d'Or au Festival de Cannes, j'ai envie d'évoquer dans ce billet mon goût pour le cinéma italien des années 50 à 70. Quel peut être le lien avec les thèmes de ce blog ? Tout simplement le fait que le cinéma italien des années 50 aux années 70 a inventé une nouvelle façon de mettre en images les paysages surtout les paysages urbains de l'Italie de l'après guerre. Avec cette mise en scène nouvelle des paysages mais aussi de l'architecture, de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire de l'Italie d'après guerre alors en pleine reconstruction et développement économique, les cinéastes voulaient dépeindre une réalité en devenir. Il s'agissait aussi pour les cinéastes de réinvestir les décors de la réalité en refusant l'image faussée des décors des studios Cinecitta, "La ville du cinéma", inaugurée en 1937 par Benito Mussolini. Cette période du cinéma italien d'après-guerre est souvent résumée par le néoréalisme, et les oeuvres de Vittorio de Sica, Giuseppe de Santis, Roberto Rosselini, Luchino Visconti, pour ne citer que les plus connus. L'exposition virtuelle sur le site de la Cinémathèque fournit un bon aperçu de ce genre. Mais le néoréalisme n'est pas le seul genre cinématographique de l'Italie d'après-guerre. Ainsi, le "néoréalisme rose", sorte de néoréalisme teinté d'une moindre tristesse et souhaitant faire la part belle aux histoires d'amour, vint prendre la suite du néoréalisme. Sophia Loren, Gina Lollobrigida, Silvana Pampanini, Lucia Bosé, Eleonora Rossi Drago, Silvana Mangano, Claudia Cardinale, Stefania Sandrelli, etc. autant de jeunes actrices commencèrent leur carrière dans des films de ce genre. A ce propos, on peut en admirer de superbes photos, prises sur les tournages de films, à l'exposition "Divas Italia. Age d'or, mythe et réalité du cinéma italien" qui a lieu actuellement au Bon Marché Rive Gauche à Paris jusqu'au 13 juin 2009.
Mais c'est surtout la comédie à l'italienne qui, dans les années 50 et surtout 60, vint détrôner le néoréalisme de l'immédiat après-guerre, "un genre qui par le rire évoquait de façon détournée, mais de manière très approfondie, les thèmes sociaux, politiques et culturels de l'Italie".
A travers la diversité de ces genres du cinéma italien de l'après-guerre, c'est bien d'un regard nouveau porté par les réalisateurs sur un pays en pleine reconstruction dont ce cinéma se veut le témoin privilégié.
Dans nombre de ces films, les paysages ne servent pas seulement de décor, ils sont une composante essentielle voire centrale des scénarios. Les personnages ne se déplacent pas seulement dans les paysages, ils font corps avec eux, ils en sont imprégnés. Que ce soit pour incarner une Italie misérable, contre-illustration du mythe de l'Italie moderne et nouvelle de l'Italie fasciste, ou pour alimenter une ambiance de fête triste, teintée d'une certaine détresse ou dérision, les paysages sont à regarder mais aussi à entendre et à ressentir, comme une véritable mise en scène d'images géographiques sur l'aménagement d'un espace en devenir et d'un urbanisme renouvelé.
Les personnages sont à l'image des décors, ils ne sont pas maîtres d'eux-mêmes, ils tentent d'échapper à leur sort en se rappropriant leur histoire mais sans vraiment y parvenir. Leur vie semble décidée par d'autres, invisibles, et souvent malhonnêtes.
Ainsi, la ville est montrée dans ce qu'elle a à la fois de moderne (immeubles en construction) mais aussi d'inhumaine, de désincarnée et peut-être aussi de désenchantée pour des personnages souvent à la recherche d'eux-mêmes et d'un sens à leur vie. Malgré un essor économique sans précédent du pays dans les années 50 et 60, la ville et ses immeubles modernes, cherchant à faire table rase du passé, ne parviennent qu'à donner un sentiment amer d'une histoire qui ne passe pas et d'un destin trop lourd pour ne faire qu'en rire. L'humour est souvent une pure façade, une mise en scène ; le clown triste n'est jamais très loin...
De nombreux films du cinéma italien de l'après-guerre, ne furent pas seulement un regard porté sur une réalité. Ils cherchèrent aussi à dénoncer cette réalité quand celle-ci devenait trop insupportable. Pour cela ils surent admirablement filmer les paysages non pas comme de simples décors mais comme les acteurs principaux de cette réalité. Ils ont ainsi inauguré un cinéma géographique autant qu'historique.
De ce point de vue, "Main basse sur la ville" (Le mani sulla città), produit et réalisé en 1963 par Francesco Rosi, est un film intéressant à voir comme un film d'archives sur l'aménagement du territoire et l'urbanisme de l'époque en Italie mais aussi comme une mise en scène originale d'images géographiques. En voici le synopsis.
"Sous l'impulsion de l'entrepreneur Nottola, la municipalité de Naples transforme des terrains agricoles en terrains constructibles. Les spéculateurs construisent sans précaution et le chantier provoque l'écroulement d'une maison ancienne et des morts. Ce drame ayant lieu peu avant les élections municipales, les débats font rage dans la majorité qui cherche à évincer Nottola tandis que l'opposition, menée par le conseiller communiste De Vita, pousse à la création d'une commission d'enquête. Malgré les pressions de toutes parts, cette commission est créée et va tenter d'identifier les responsabilités."
La ville de Naples est mise en image dès le générique de début du film comme elle l'est au générique de fin, par des images aériennes des immeubles construits en bordure de plusieurs des vallons qui bordent le nord et l'ouest de l'agglomération napolitaine comme si ces constructions instables risquaient à tout moment de connaître le même sort que l'immeuble qui s'effondre au début du film. Ces images, admirablement servies par une musique dramatique, donnent d'emblée à la ville un rôle central dans le film.
(Copyright 1963 ARIES, 2005 Editions Montparnasse)
En mettant en scène de façon dramatique les images de la ville et son devenir, sous la forme de plans d'urbanisme, de maquettes ou d'images de friches en cours d'aménagement, le film de Francesco Rosi voulait dénoncer une situation jugée inacceptable, celle de la collusion entre la Mafia et les pouvoirs politiques et économiques locaux à Naples. Mais ces images de la géographie de Naples font de la ville un personnage muet, symbole d'une population impuissante qui n'a pas le droit à la parole et dont les rares mouvements de colère sont aussitôt réprimés par la violence.
(Copyright 1963 ARIES, 2005 Editions Montparnasse)
L'affiche du film montre l'acteur principal Rod Steiger, jouant le rôle de l'entrepreneur Edoardo Nottola, avec une main posée sur le plan de la ville de Naples affiché au mur (d'où le titre polysémique du film). Cette main apparaît alors comme le symbole de l'emprise des milieux politico-financiers sur la ville et sa population. Le plan de la ville ne montre pas seulement l'espace à aménager dont il est question mais il incarne aussi et surtout la population de cette ville, celle qui souffre d'être mal logée et de la spéculation des promoteurs immobiliers peu scrupuleux comme Edoardo Nottola.
(Copyright 1963 ARIES, 2005 Editions Montparnasse)
On retrouve les éléments de l'affiche du film ici dans cet extrait du film proposé sur le site des Editions Montparnasse dont la scène est commentée dans le bonus intitulé "Histoire de Naples" par Myriam Tanant. Sur ce même site, le bonus "Analyses de séquences" propose un commentaire par Jean A. Gili des premières images du film où l'on voit le promoteur et conseiller municipal Edoardo Nottola venter les mérites de la spéculation foncière et du "transport de la ville à la campagne", qui passe par la nécessité de changer le plan d'urbanisme de la ville, avec l'appui de quelques élus locaux et l'aide la Mafia.
En 1995, Francesco Rosi déclarait à propos de son oeuvre cinématographique :
"Avec mes films, j'ai cherché avant tout à comprendre mon pays et à le raconter à travers un instrument, le cinéma qui, parmi les moyens de communication et de connaissance dont nous disposons, est celui qui nous permet, dans les ombres qui prennent vie sur l'écran, de reconnaître nos espoirs, nos échecs et nos victoires, d'accentuer nos doutes et de réfléchir à la façon de transformer ces doutes en force pour la conquête du mieux par le moyen de la raison. J'ai toujours cru en la fonction du cinéma en tant que dénonciateur et témoin de la réalité, et en tant que support d'histoires dans lesquelles les enfants puissent connaître leur pères et en tirer un enseignement afin de se former un jugement dont l'Histoire serait la référence. Le cinéma est Histoire et en tant que tel il devrait devenir dans toutes les écoles du monde un complément indispensable de l'enseignement". Pour autant Francesco Rosi contestait l'idée que ses films soient vus comme un cinéma documentaire "Ce n'était pas du cinéma documentaire, bien que scrupuleusement documenté dans le but de restituer la vérité et de faire renaître les émotions vraies d'une mémoire inapaisée".
Il fallut attendre près de 30 ans, pour que dans les années 90 quelques juges italiens (dont certains le payèrent de leur vie) puissent engager de opérations "Mains propres" (encore une histoire de "mains") afin que les liens entre certains édiles locaux et la Mafia fassent l'objet d'actions en justice et de condamnations. Mais les cinéastes ne sont pas des magistrats ni des élus. Tout au mieux peuvent-ils ouvrir des voies aux prises de conscience en se servant de l'histoire mais aussi de la géographie.
Aujourd'hui il "suffit" aux Napolitains de se connecter au site Internet cartographique de l'aire métropolitaine de Naples pour disposer en ligne des plans d'urbanisme :
De son côté, la ville de Naples propose de consulter et télécharger les plans d'urbanisme :
(Copyright Comune di Napoli)
Et pour savoir si les immeubles dans lesquels ils habitent sont encore dangereux comme dans le film, les Napolitains peuvent désormais découvrir en ligne les risques de glissements de terrain ou encore les risques sismiques auxquels ils sont exposés :
(Copyright Comune di Napoli) -
9:00
Geographicus : un nouveau site d'e-commerce de cartes anciennes
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le nouveau site Geographicus.com rejoint la catégorie des sites de commercialisation en ligne (e-commerce) de cartes géographiques anciennes et de plans anciens.
Ce nouveau site, proposée par une société américaine d'antiquaires de New-York créée en 1999, est spécialisée dans les documents datés entre le XVIe et le XIXe siècle.
(Copyright Geographicus Antique Maps)
Le site propose également des services payants de restauration de cartes anciennes allant du nettoyage jusqu'à la restauration complète de documents très abîmés.
La recherche parmi les documents proposés à la vente sur le site, peut s'effectuer par continents, par pays et par types de cartes.
Un outil de zoom, Zoomify, qu'on retrouve sur de nombreux sites de cartographie ancienne comme celui de la Bnf, permet d'afficher les documents avec un grand niveau de détail et d'apprécier la qualité de la numérisation.
Pour chaque document une description précise est fournie (date, origine, auteur, etc.) comme par exemple pour ce plan en français de la ville de Boston daté de 1756, attribué au cartographe français Jacques-Nicolas Bellin (1703-1772) et extrait de "L`Histoire Générale des Voyages", d'A. Provost.
(Copyright Geographicus Antique Maps)
Pour la France vous trouverez l'offre ici : les prix s'échelonnent entre 100$ et 3000$.
Le site propose une carte de France de Perthes de 1862 en-dessous de laquelle on peut remarquer une coupe ouest-est de la topographie de la France, des Pyrénées aux Alpes en passant par le Massif-Central:
(Copyright Geographicus Antique Maps)
On peut aussi trouver sur ce site le fameux plan de Paris de Turgot de 1739 au prix de 3000$.
(Copyright Geographicus Antique Maps)
A noter que si vous ne voulez pas ou ne pouvez pas acheter ce plan de Turgot qui s'appelle en réalité plan de Louis Bretez dit plan de Turgot (1734-1739), vous pourrez toujours le retrouver téléchargeable gratuitement ici sur le site de la Kyoto University Library, ou encore ici sur le site de la Harvard University Library d'où vous pouvez le télécharger au format .pdf. -
8:35
La Tour Eiffel en 3D pour ses 120 ans
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Symbole de Paris et de la France, monument payant le plus visité au monde (6 M de visiteurs/an), la Tour Eiffel a fêté le 15 mai dernier ses 120 ans avec une série de manifestations, dont deux expositions :
- une exposition à l'Hôtel de Ville (du 7 mai au 29 août) intitulée "Gustave Eiffel, le magicien du fer" dont voici une video de présentation :
Exposition Eiffel, le Magicien de fer à l'Hôtel de Ville
par mairiedeparis
- une exposition-parcours "L'épopée tour Eiffel" au 1er étage de la tour Eiffel jusqu'au 31 décembre 2009.
A noter qu'a commencé en mars dernier la 19ème campagne de peinture de la Tour Eiffel qui se "refait une beauté" environ tous les 7 ans, sans que cela oblige pour autant à fermer le monument au public. La Tour Eiffel a ainsi changé plusieurs fois de couleur au cours de son histoire (marron, rouge, bleu, etc.).
Monument parmi les plus photographiés au monde, il était évident que la Tour Eiffel devienne aussi l'une des tours les plus "mises en images".
Ainsi dans la galerie d'exposition virtuelle proposée sur le site Internet de la Tour Eiffel, l'exposition "Paris vu depuis la Tour Eiffel", permet d'observer Paris du second étage de la Tour Eiffel (nécessite le plugin Flash Player MX).
(Copyright SNTE)
En fait cette visite virtuelle de Paris se limite à une vue à 360° en quatre secteurs géographiques, pour laquelle l'interactivité est limitée et se résume à l'affichage des photographies de certains des monuments visibles depuis la Tour Eiffel.
(Copyright SNTE)
Dans son application récente de vue en 3D (nécessitant le plugin Shockwave) déjà citée ici, le site des Pages Jaunes permet de visualiser la Tour Eiffel sous différents angles et d'observer un Paris virtuel depuis tous les étages .
(Copyright Pages Jaunes)
De son côté, Google Earth propose l'affichage des modèles 3D de la Tour Eiffel réalisés avec Sketchup et géolocalisés dans le globe virtuel de Google.
(Copyright Google)
Le site d'Immersium propose une "vidéo submersive" de la Tour Eiffel : il s'agit de visualiser une video prise au pied de la Tour Eiffel sur laquelle on peut choisir interactivement avec la souris l'angle de vue dans un environnement à 360°.
(Copyright Immersium)
La société danoise propose plusieurs visions photographiques panoramiques à 360° (appelées "réalité virtuelle" sur ce site) notamment depuis le second étage de la Tour Eiffel dans laquelle on peut choisir son point de vue, que ce soit sur la tour elle-même ou sur Paris.
(Copyright Denis Gliksman)
Il existe aussi des vues en anaglyphe de la Tour Eiffel (à voir avec les lunettes adéquates) comme celles qu'on peut trouver ici...
... ou encore celles qu'on peut trouver dans cet album :
L'exposition universelle de 1900, la Tour Eiffel fut affublée à ses pieds d'un autre globe, bien réel celui-là, qu'on peut retrouver sur les cartes postales de l'époque et le plan de l'exposition de 1900.
Mais, ce globe fut démoli à la fin de l'exposition, comme aurait dû l'être la Tour Eiffel à la fin de celle de 1889. Aujourd'hui, d'après un récent sondage, la Tour Eiffel ne fait pas partie de la liste des tours que les Parisiens voudraient voir démolies. A croire qu'à Paris, le temps joue en faveur des tours... -
8:18
Le sens de la vue : une nouvelle conception du monde au début du XVIIe siècle
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)J'ai déjà évoqué ici les 14 tableaux de grands maîtres de la peinture moderne exposés au Museo Nacional del Prado à Madrid qui ont été numérisés et mis en ligne sur Internet à partir des sites de Google Maps et Google Earth. Ainsi, on peut explorer ces tableaux depuis un ordinateur connecté, comme si on visitait réellement le musée madrilène mais en allant plus loin dans la visualisation grâce à un outil de zoom qui permet de descendre à un niveau exceptionnel de détail dans l'affichage.
Mais d'autres tableaux, qui ne font pas parti de ceux "géoréférencés" par Google, ont été numérisés et mis en ligne sur le site Internet du Museo Nacional del Prado.
Parmi ces tableaux, j'ai particulièrement apprécié ceux de maîtres flamands dans lesquels on peut remarquer la présence de globes terrestres ou célestes don j'ai déjà signalé ici l'importance et la signification symbolique dans la peinture de l'époque moderne.
Ainsi prenons le tableau "La vue" ou "Le sens de la vue" de Jan Brueghel ou Jan Bruegel l’Aîné, dit de Velours (1568-1625).
(Copyright Museo Nacional del Prado)
Ce tableau, une huile sur panneau de 65 x 109 cm datée de 1617, fait partie de la "Série des 5 Sens" exposés au Prado dans la Coleccion Real. Cette oeuvre a été peinte par Brueghel en collaboration avec Paul Rubens qui a peint les personnages allégoriques sur tous les tableaux de la "Série des 5 sens".
Voici ici comment apparaît ce tableau sur le site du Musée.
(Copyright Museo Nacional del Prado)
Grâce à l'outil de zoom et à la réglette interactive, on peut découvrir les détails du tableau parmi lesquels un globe terrestre et une sphère armillaire.
(Copyright Museo Nacional del Prado)
Dans "La Vue" la présence de ces deux sphères, représentant chacune une vision du monde terrestre et du monde spatial, témoigne d'abord de l'importance du sens de la vue dans la capacité à décrire le monde. Le XVIIe siècle naissant voit alors une importance croissante du travail d'observation des savants de l'époque préparant déjà la future "révolution des savants" du XVIIIe siècle. Mais ces deux sphères témoignent également de la conception du monde et du regard porté en ce début du XVIIe siècle par l'homme sur sa place dans le monde : ce tableau nous parle donc d'une cosmogonie alors en pleine révolution dans les années 1610, en raison des observations de Galilée qui se heurte alors aux attaques violentes de l'Eglise catholique. Rappelons qu'en 1616, la censure des thèses de Galilée est ratifiée par l'Inquisition et par le pape Paul V. La théorie copernicienne de l'univers est alors condamnée. Galilée n'est pas inquiété personnellement mais il est prié d'enseigner sa thèse en la présentant comme une hypothèse. Cet arrêté s'étend à tous les pays catholiques. Or Bruegel était flamand, né à Bruxelles et installé une grande partie de sa vie à Anvers où il décéda, dans un pays non catholique sur lequel ne s'appliquait pas la censure de l'Eglise catholique. Ces deux objets sont donc présents dans le tableau comme objets scientifiques mais aussi comme des témoins symboliques d'une toute nouvelle conception du monde de l'époque, dans une composition de type allégorique.
Il y a un autre tableau de la "Série des 5 Sens" dans lequel on peut observer un globe terrestre et une sphère armillaire. Il s'agit de "La Vue et l'Odeur", daté autour de 1618, mais que Brueghel a peint seul sans la participation de son ami Rubens.
(Copyright Museo Nacional del Prado)
Grâce au même outil de zoom que pour l'autre tableau, on peut découvrir les détails du globe terrestre.
(Copyright Museo Nacional del Prado)
En revanche, contrairement à "La vue" où elle est relativement bien visible que le globe terrestre et située en hauteur et plutôt bien éclairée, la sphère armillaire est ici beaucoup plus difficile à trouver : elle se situe dans le fond du tableau, près de la porte, dans une sorte de pénombre, comme s'il avait fallu, pour le peintre, qu'elle ne soit pas trop visible
(Copyright Museo Nacional del Prado)
L'explication de cette discrétion de la sphère armillaire et de la conception copernicienne de l'univers qu'elle représente, est peut-être à rapprocher de la censure et de la condamnation par l'Eglise catholique des thèses de Galileo. Le peintre aurait alors décidé de ne pas "mettre en avant" dans son tableau cette conception du monde, mais plutôt de la "mettre en arrière" comme pour lui donner une importance moindre, de peur de voir son tableau condamné par l'Eglise catholique. L'origine de cette "discrétion picturale" ne serait-elle pas à rechercher dans le fait que Bruegel se lia d'amitié avec un personnage important de l'Eglise catholique romaine, Federico Borromeo (1564-1631), cardinal archevêque de Milan, qui devint son mécène...?
Pour autant Bruegel n'a pas fait complètement disparaître cette sphère armillaire.
On peut retrouver "La Vue" ici sur le site Web Gallery of Art (WGA) qui permet notamment une visualisation conjointe de deux tableaux ou de deux détails d'un même tableau grâce à deux écrans juxtaposés.
A noter que le site du Museo Nacional del Prado propose sur son site Internet une animation interactive de qualité du plan du musée pour chacun des quatre niveaux qui le constituent.
(Copyright Museo Nacional del Prado) -
7:56
Ships de PlanetInAction : prenez la barre dans Google Earth
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)La première version de l'application Ships, présentée ici, est une réalisation du site PlanetInAction.com de Paul van Dinther (Dinther Product Design Ltd) qui s'est spoécialisée dans des applications de simulation. Ships nécessite d'avoir installé le plugin Google Earth dans son "navigateur" Internet qui n'a jamais aussi bien porté son nom.
Ships est une sorte de jeu de simulation, entièrement gratuit, qui exploite Google Earth comme un moteur graphique. Ships vous permet de prendre les commandes de navires en 3D (péniches, barges, cargo, porte-conteneurs, le navire de croisière Queen Mary 2 et même un dirigeable). On peut voir que Google est partenaire
A partir du port de Rotterdam, lieu de départ du jeu, vous pouvez conduire les navires partout dans le monde grâce à un mini-tableau de bord interactif qui permet d'agir sur la vitesse de navigation et en utilisant les flèches de votre clavier pour le cap. On peut même faire sonner la corne de brume. Les différentes "caméras virtuelles" permettent de suivre le déplacement des navires de différents points de vue.
Rien de tel qu'une video pour présenter cette application et donner envie de prendre la barre.
Ce jeu s'appuie sur l'API de Google Earth, Flash 8.0 et Javascript. Il utilise également Soundmanager 2 pour les effets sonores et SketchUp pour les modèles 3D.
D'autres applications avaient déjà exploité le plugin de Google Earth comme les applications Paragliding Simulator ou encore Satellite Debris.
Ships vient d'être présenté à la conférence "Where 2.0" à San Jose en Californie d'après ce que nous en apprend ici le site GeoInWeb qui est présent sur place.
Dans cette première version, tout n'est pas modélisé. Ainsi l'ancre qu'on peut jeter en appuyant sur le bouton prévu à cet effet sur le tableau de bord, ne peut pas arrêter le navire (pour l'instant), cela peu être gênant... A n'en pas douter des améliorations et nouvelles fonctionnalités importantes devraient être disponibles dans les futures versions, peut-être dans une version Pro (payante...?).
En survolant le port de Rotterdam, on peut constater une "bizarrerie cartographique". On dirait des polygones de Tiessen-Voronoi...
En prenant un peu d'altitude et en regardant ce qui se trouve à cet endroit dans Google Maps, on est surpris de constater qu'il ne s'agit même pas d'une zone militaire volontairement "dégradée" par Google à la demande du Ministère néerlandais de la Défense.
D'autres jeux utilisant Google Earth mais aussi d'autres globes virtuels, devraient se multiplier dans les prochains mois. A n'en pas douter la convergence entre géographie numérique, mondes virtuels et jeux de simulation n'en est qu'à ses débuts. -
8:56
Et si le Grand Paris voulait signifier le Haut Paris
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)Le site MapRoom vient d'annoncer que le 1er prix du National Geographic Award in Mapping a été attribué à la carte de Daniel Huffman des plus hautes tours d'Europe construites entre 1875 et 2007 ("Rising Skyline: The Tallest Buildings in Europe, 1875-2007").
(Copyright Daniel Huffman)
Cette carte a utilisé un mode de représentation original pour lequel il est indispensable de lire le cartouche de légende pour comprendre la carte.
Sur cette carte des plus hautes d'Europe pour la période considérée, on voit que Paris tient une place importante avec 18 tours construites, parmi lesquelles une très grande majorité de tours de bureaux, construites dans les 40 dernières années.
Or récemment, un sondage du Figaro sur les immeubles que les parisiens voudraient supprimer, indiquait que la Tour Montparnasse arrive en tête avec 35,4 % des sondés qui souhaiteraient la faire disparaître du paysage urbain parisien.
"Verrue qui défigure Paris", "vilain doigt noir", "funeste candélabre" ou "tour maudite" : l'imagination se déchaîne pour fustiger la tour Montparnasse, que certains internautes suggèrent de "détruire sans délai". La tour, haute de 210 mètres, a toujours suscité les plus vives critiques. C'est Georges Pompidou qui a autorisé le chantier en 1969, essuyant déjà une première polémique. Conçue par les architectes Roger Saubot, Eugène Beaudouin, Urbain Cassan et Louis Hoym de Marien, achevée en 1973, la tour n'a jamais trouvé de vrais défenseurs. Bertrand Delanoë s'est prononcé en faveur de sa démolition, mais celle-ci coûterait un milliard d'euros."
Comme je l'ai déjà évoqué ici, le site des Pages Jaunes, propose depuis quelques semaines une visualisation en 3D (plus ou moins texturée) de certains bâtiments de la capitale. Cette application qui nécessite le plugin Shockwave dans le navigateur Internet, permet de disposer de certaines fonctionnalités d'une navigation en 3D comme dans les globes virtuels mais en restant dans une application qui demeure à visée planimétrique.
Les photos, mises en ligne dans le cadre d'un partenariat avec InterAtlas, sont issues d'environ quarante mille clichés pris en haute définition à bord d'avions ayant survolé la région parisienne à 1 000 mètres d'altitude. A noter que quatre niveaux de zoom sont proposés.
Voici comment la Tour Montparnasse apparaît dans cette application des Pages Jaunes :
(Copyright Pages Jaunes)
Et voilà ce que cela pourrait donner dans cette même application si la Tour Montparnasse était démolie.
(d'après Pages Jaunes)
Si on refait avec Google Earth cet exercice de démolition virtuelle de la Tour Montparnasse, voilà ce que cela pourrait donner du même point de vue que les images précédentes : vue actuelle avec la tour...
...et vue sans la tour.
Tout cela n'est bien sûr qu'un pur exercice de "fiction architecturale et urbanistique".
De plus, on sait aussi que plusieurs des projets du Grand Paris ont prévu de construire de nouvelles grandes tours et que le maire de Paris lui-même y est favorable. Le Grand Paris pourrait alors devenir synonyme de Haut Paris... -
8:24
L'Atlas de Belgique de Ferraris en librairie et sur Internet
sur TerrImago "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)J'ai déjà évoqué ici l'exposition organisée en 2008 par l'IGN Belgique, à l'occasion de son 175ème anniversaire, intitulée "La Belgique en cartes" dont un ouvrage a été tiré et un site interactif a été mis en ligne.
Dernièrement, le quotidien de Bruxelles "Le Soir" a annoncé sur son site la publication de l'Atlas de Ferraris, établi initialement en 1777. Cette publication a été réalisé par les éditions Lannoo-Racine en collaboration avec la Bibliothèque Royale. L'ouvrage compte 608 pages et pèse onze kilos, le tout emballé dans une boîte en carton imprimée avec poignée.
La publication de cet atlas est accompagnée d'une exposition actuellement visible à la Bibliothèque Royale de Belgique jusqu'au 10 octobre prochain.
"Cet événement éditorial reprend les 275 cartes "levées à la planchette" et à la chaîne d'arpenteur par l'équipe du comte de Ferraris. Un travail d'une telle minutie (échelle 1:20 000) qu'il a fait l'admiration de Cassini, l'auteur de la fameuse carte de France. Son principal intérêt est de donner une image extrêmement précise du paysage belge juste avant les profonds bouleversements de l'âge industriel et du développement du réseau routier".
A noter que la publication de cet atlas bénéficie d'un prix de lancement de 129 euros jusqu’au 30 juin puis de 150 euros ensuite.
Mais si vous avez du mal à manipuler cet objet vous pouvez toujours le consulter gratuitement sur internet ici sur le site de la bibliothèque numérique de Belgique, baptisée Belgica sur laquelle on peut consulter de nombreux autres atlas et cartes anciennes de Belgique numérisés.
(© 2009 Bibliothèque Royale de Belgique)
La consultation de cet atlas en ligne bénéficie d'une interface cartographique simple d'usage et l'outil de visualisation des planches propose un outil de zoom qui permet d'aller jusqu'à une échelle de 1:1.
(© 2009 Bibliothèque Royale de Belgique)
Un grand merci à la librairie La Géographie pour nous avoir signalé la publication de cet ouvrage.

