Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considèrerons que vous acceptez l'utilisation des cookies. J'ai compris ! ou En savoir plus !.
Nom d'utilisateur    Mot de passe              Toujours pas inscrit ?   Mot de passe oublié ?

Annonce

Pour consulter des statistiques sur l'emploi en géomatique

à partir de plus de 20 000 offres publiées depuis 2007

#1 Wed 06 May 2020 13:35

Nathalie Long
Invité

[These] Resilience des littoraux Iles Pacifique et Charente-Maritime

Descriptif du sujet:

Dans un contexte de dérèglement climatique, les territoires insulaires sont de plus en plus vulnérables à l’augmentation en récurrence et en intensité des risques (David, 2011). Sur le territoire français, la Polynésie Française (PF) représente à elle seule 40 % de la ZEE (Zone économique Exclusive) et est donc source de richesse et de ressources non négligeables. Or, l’occupation spatiale, l’économie et les ressources sont fortement vulnérables à l’augmentation des catastrophes sur ces territoires et aux incertitudes qui y sont liées. Il en est de même en Charente-Maritime où les îles du Pertuis charentais présentent également des enjeux socio-économiques et environnementaux importants (tourisme, activité conchylicole, biodiversité, etc …). Cette vulnérabilité croissante pose la question de l’équité spatiale et temporelle (Bertrand et Richard, 2011) des territoires insulaires et interroge sur les mesures d’atténuation et de gestion des risques. La démultiplication des risques et leur récurrence remet en question la pérennité des ressources premières et économiques de ces territoires, notamment avec l’augmentation du niveau de la mer et les risques de submersion associés, l’érosion mais aussi l’augmentation d’événements plus ponctuels tels que les inondations ou les tempêtes. Plus spécifiquement en PF, l’acidification des océans représente aussi un risque majeur. Cette succession de risques affectent non seulement les éléments environnementaux mais aussi le quotidien des populations, leurs lieux et leur qualité de vie à plus ou moins long terme (Berthe et Ferrari, 2015).

Face à ce contexte, les stratégies de gestion des risques doivent évoluer pour faire face aux risques et incertitudes croissants. À la suite d’une gestion des risques anciennement tournée autour d’une gestion aléa-centrée, de nouveaux concepts sont apparus dans les années 2000 tels que celui de la résilience. Ce concept développe les capacités des territoires et populations à se préparer, vivre et survivre à une perturbation en limitant les impacts négatifs et redéveloppant une activité par la suite (Heinzlef et al., 2019). Si ce concept permet d’analyser les territoires de manière systémique et d’appréhender les enjeux de diffusion des risques, la résilience est encore très peu opérationnalisée et appropriée par les acteurs et gestionnaires locaux en vue de son intégration dans les stratégies de gestion des risques. Les approches préexistantes se concentrent sur les enjeux technico-fonctionnels de la résilience sans intégrer les composantes sociales des territoires.

Face au double constat de l’augmentation des risques et de la vulnérabilité des territoires insulaires et du manque d’appropriation et d’opérationnalisation du concept de résilience, cette approche cherche à développer une méthodologie visant à favoriser l’intégration de la résilience dans les stratégies de gestion des risques sur les îles du Pacifique (lagons des îles hautes comme Tahiti et Moorea, soit dans le cas d’atolls comme dans l’archipel des Tuamotu) et de Charente-Maritime (île d’Oléron). Les enjeux et incertitudes liés au dérèglement climatique conduisent les stratégies de gestion des risques à évoluer, afin de préparer les territoires et les populations à s’adapter aux risques croissants (Leal Filho, 2017). La résilience est aujourd’hui un concept essentiel pour faire face et se préparer à l’augmentation croissante des risques. Pourtant, ce concept est aussi confronté à des limites opérationnelles, ce qui restreint son intégration dans les stratégies de gestion des acteurs locaux. La méthodologie proposée a pour objectif de répondre aux verrous théoriques et pratiques du concept, en travaillant conjointement avec les aménageurs et acteurs locaux pour intégrer la résilience dans les stratégies de gestion des risques.
Dans ce contexte, nous faisons l’hypothèse que, d’une part, les données acquises par drones peuvent contribuer à améliorer la connaissance des territoires insulaires de manière très précises et notamment à définir leur potentiel adaptatif, et que, d’autre part, ces données, associées à la caractérisation de la résilience des populations, traitées au sein d’un observatoire de résilience, peuvent fournir une aide à la décision précieuse pour de nombreux décisionnaires.

L’objectif principal de la thèse consiste à définir la résilience des territoires littoraux. Il s’agira dans un premier temps d’évaluer la capacité des drones à fournir des données utiles à la gestion des risques en milieu insulaire, comme l’occupation des sols (sédiment, végétation, anthropique , …), une description morphologique (plage, dune, pente, brèche, falaise, …), leur évolution temporelle, … et aussi des données moins communes comme la bathymétrie ou l’occupation des fonds dont la faisabilité et les limites pourront être testées dans le cas d’eau transparente de Polynésie Française. Sans chercher à être représentatif de l’ensemble des types de littoraux insulaires d’un point de vue géomorphologique, ni à titre comparatif, cette approche menée sur ces deux régions du globe permettra de tester la faisabilité et l’apport de la technologie drone dans l’évaluation des risques de ces territoires insulaires à travers l’alimentation d’un observatoire.
Dans un deuxième temps, la résilience des populations sera également définie à partir d’analyse de base de données statistiques (recensement, enquête Ménage de l’INSEE, etc), avec une profondeur historique, permettant de mettre en évidence (ou non) une évolution des modes de vie face aux risques littoraux et des pratiques des territoires littoraux (trajectoires résidentielles, profil socio-économique des ménages, etc …). L’objectif est de mettre en évidence les capacités des différents groupes sociaux à s’adapter (ou non) aux risques littoraux et d’identifier les facteurs (ou freins) qui ont permis (empêché) cette évolution de la société. Les résultats obtenus seront recoupés avec ceux obtenus précédemment afin de définir une résilience des territoires, c’est-à-dire couplant résilience physique et résilience des sociétés sur les littoraux. Les deux zones d’étude identifiées sont caractérisées par des cultures du risque et des pratiques de la mer très différentes ce qui permettra une montée en généralité.
Ensuite dans un troisième temps, un travail de traitement des données pour les rendre utiles à un processus d’aide à la décision en matière de résilience des territoires face aux risques littoraux sera conduit ; il s’agira, à partir des résultats obtenus précédemment, d’extraire les informations géographiques pertinentes (réflexion sur l’échelle spatiale, le degré de précision, de vulgarisation, …). Une réflexion devra être menée non seulement sur l’information qui sera produite et qui alimentera l’observatoire mais aussi sur sa représentation et transmission, en s’appuyant sur les techniques de géovisualisation et/ou de SIG participatif. Ou encore utiliser le drone comme vecteur pour produire des vidéos ou documentaires montrant tout le potentiel adaptatif de ces territoires insulaires. L’idée est d’aller sur d’autres moyens de communication que les zones rouges tracées sur une carte dans les PPRN (Plan de Prévention des Risques Naturels) ou autres plans, qui ne font que braquer les populations locales (Stahl, 2018).

Profil Recherché

Le/la candidat.e devra être titulaire d’un master ou diplôme équivalent en Géographie,  science de l’information géographique ou d’un domaine proche. Il/elle devra avoir des compétences solides pour développer à la fois un travail de terrain pour réaliser des mesures par drone et aussi pour réaliser des enquêtes auprès de personnes. La maîtrise des outils de la géomatique est très fortement recommandée. Le/la candidat.e devra également présenter de bonnes aptitudes rédactionnelles en français et en anglais, notamment pour des publications scientifiques dans des revues internationales.
Le/la canditat.e devra avoir un certain intérêt pour des recherches appliquées au domaine littoral, être autonome et en capacité de s’investir auprès des acteurs des terrains. Une expérience des milieux tropicaux peut être un plus.
Enfin, comme la thèse se déroulera entre deux laboratoires de recherche, le/la candidat.e devra être mobile (18 mois à La Rochelle et 18 mois à Tahiti, ce nombre de mois reste indicatif et pourra être adapté pour le bon déroulement du travail).

Modalités de candidature

Pour candidater, nous vous demandons de bien vouloir nous faire parvenir :
-    Un cv détaillé
-    Notes de M1 (ou équivalent) et M2 (ou équivalent) si disponible
-    Rapport de M1 ou M2 si disponible (en téléchargement si possible)
-    Une lettre de motivation contenant notamment votre « projection » dans le sujet de thèse proposé (2 pages maximum).

A Damien Serre:  damien.serre@texte-a-enlever.upf.pf

Et Nathalie Long:  nathalie.long@texte-a-enlever.univ-lr.fr

Date limite de réception des candidatures le 5 juin 2020.
Les auditions des candidat.e.s retenu.e.s auront lieu la semaine du 8 juin 2020, par visio-conférence

 

Pied de page des forums

Powered by FluxBB

Partagez  |