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#1 ven. 13 juillet 2018 15:34

Fra_ULL2
Membre
Date d'inscription: 26 nov. 2017
Messages: 4

[DOCTORAT] Offre de thèse en géo environnementale - Lyon (69)

Titre:
Dynamiques paysagères et gestion des ressources naturelles dans la zone semi-aride d’Amboseli (Kenya) : approches participatives, modélisation spatiale, scénarios futurs

Contrat : 3 ans à compter de l’automne 2018, pour obtenir le titre de docteur de l’université de Lyon
Université et laboratoire de rattachement : Université de Lyon, UMR 5600 Environnement, Ville, Société
Lieu : Lyon, France
Direction : Yanni Gunnell (PR, Univ. Lyon 2)
Comité de thèse : Christophe Le Page (UMR Green, CIRAD), Hervé Fritz (UMR LBBE, CNRS), François Mialhe (UMR EVS, Univ. Lyon 2), susceptible d’être élargi.
Financement : ANR JCJC MaGnuM (The Maasai, the Gnu, and the Metropolis)
Mots-clefs : gestion des ressources naturelles, télédétection, SIG, approches participatives, modélisation, scénarios/prospective.


Sujet de la thèse

Cadrage scientifique


L’offre s’inscrit dans le projet de recherche ANR JCJC MAGNUM. Ce projet, commencé en 2017, se focalise sur le Greater Amboseli Ecosystem, c’est-à-dire le Parc National d’Amboseli (PNA) et sa ceinture agro-pastorale au pied du Mont Kilimanjaro. La recherche a pour objectif de mieux comprendre les causes et les conséquences des transformations du paysage à des échelles variées au cours du temps et dans l’espace, en cherchant notamment à révéler comment s’imbriquent les processus écologiques et socio-économiques ; et d’élaborer de manière collaborative des modes de gestion alternatifs à ceux qui sont en place. Ce défi est considérable en raison (i) de la nature dynamique des mosaïques de savane, (ii) des incertitudes concernant leur trajectoire écologique à long-terme, et (iii) du jeu complexe des échelles et des interdépendances. Sous forme de scénarios futurs co-construits avec les acteurs du territoire, le projet souhaite proposer des réponses concrètes aux enjeux locaux touchant au devenir de la faune sauvage, à la gestion des ressources naturelles, et aux perspectives de maintien des activités agricoles et pastorales. Pour répondre à ces enjeux, le terrain, l’interdisciplinarité, la collaboration, et la modélisation sont placés au cœur du projet.

La zone d’étude est une aire semi-aride de savane située dans le district de Loitokitok (Kajiado County, Kenya), culturellement situé au sein du territoire historique du Maasailand. Un large cortège d’espèces de grands mammifères sauvages s’y déplace au fil des saisons, se dirigeant durant la saison sèche vers le PNA en raison de la présence de zones humides qui y assurent des sources d’alimentation, puis rejoignant les plaines et collines alentour devenues vertes lors de la saison des pluies. Le pastoralisme semi-nomade a été pendant longtemps la seule activité adaptée aux conditions du milieu. Depuis quelques dizaines d’années, l’agriculture et les infrastructures s’y sont néanmoins développées grâce à la présence de résurgences pérennes (sources captées) issues du Kilimanjaro. Ces dernières ont permis la mise en valeur d’une agriculture sédentaire organisée autour d’un système d’irrigation. En conséquence, le territoire se fragmente en raison de l’extension de l’agriculture, de la mise en défens des terres, et de l’urbanisation soutenue par la croissance démographique (immigration). Cette fragmentation écopaysagère et foncière, qui se double parfois d’une artificialisation du milieu, introduit de nouvelles contraintes sur la mobilité de la faune sauvage ainsi que des animaux d’élevage, et modifie les options d’accès à certaines ressources clefs (l’eau, mais aussi la terre, le fourrage naturel). Les fortes mortalités animales enregistrées lors des derniers épisodes de sécheresse (en 2009, 2017) soulèvent des interrogations sur la capacité du système à faire face à de tels évènements dans le futur. L’objectif principal est ici de mieux comprendre les dynamiques socio-écologiques à l’origine de la transformation des paysages depuis une cinquantaine d’années, et comment celle-ci se répercute sur les activités humaines, notamment l’agriculture et l’élevage, via l’évolution des accès aux ressources naturelles, de leur contrôle et de leur gestion.

Parce que réalisée volontairement dans un cadre collaboratif et interdisciplinaire, la recherche est co-construite et partagée dans la mesure du possible avec les acteurs locaux. Elle cherche à redéfinir les enjeux en lien avec les ressources naturelles par la prise en compte de la pluralité des points de vue et des savoirs, et à susciter des réflexions autour de modes de gestion des ressources naturelles alternatifs aux plans actuellement en place. Pour que cela fonctionne, l’hypothèse est que cela nécessite (i) la mobilisation de plusieurs savoirs disciplinaires, et (ii) la collaboration de scientifiques et de profanes dont les savoirs experts et vernaculaires sont susceptibles de se conjuguer — ceci en vue de promouvoir des apprentissages croisés propices à la mise en place de nouveaux cadres de gestion du territoire.

Cahier des charges
L’offre proposée de recherche doctorale consistera à répondre aux questions suivantes. Dans ce milieu de savane est-africain, celles-ci relèvent toutes de scénarios susceptibles de présider à des modes d’exploitation et de gestion des ressources naturelles alternatives :
1.    Quels modes de gestion de la ressource en eau les acteurs peuvent-ils envisager de promouvoir compte tenu de la pluralité des usages et des pressions croissantes sur la ressource ?
2.    Comment concilier la croissance démographique, les dynamiques foncières, et les besoins en infrastructures répondant aux besoins des populations tout en limitant l’empreinte anthropique sur les milieux (mitage, morcellement foncier, fragmentation écopaysagère) ?
3.    Comment concilier les changements de stratégies de subsistance (livelihoods) des éleveurs Maasai, le creusement des inégalités socio-économiques, et les évolutions culturelles en cours (y compris les institutions) avec une gestion des ressources floristiques dans une savane où coexistent faune sauvage et animaux d’élevage ?

La question (1) est d’autant plus importante que de récents conflits liés aux usages de l’eau laissent présager de problèmes croissants dans un avenir proche. Le coût pour accéder aux eaux souterraines, dont on apprécie mal la disponibilité sur le plus long-terme, est trop élevé pour une majorité des acteurs locaux. Les enjeux principaux à court terme concernent donc principalement le partage des eaux de source et du ruissellement superficiel. A partir de séries temporelles de données hydrologiques et d’images satellites, des analyses spatiales devront être effectuées visant à mieux saisir les causes des variations hydrologiques et leurs impacts sur les milieux. Elles seront le prélude à la construction d’une démarche de modélisation participative (par exemple à travers des jeux de rôle sur le terrain) visant à partager les connaissances avec les acteurs locaux et à élaborer des scénarios de gestion. Ce travail se focalisera sur une portion de bassin versant située entre la ville de Kimana et la dépression naturelle d’Elchalai.

L’enjeu lié à la question (2) est celui de la maîtrise du développement des infrastructures. Le travail s’appuiera notamment sur les conclusions d’un rapport de master réalisé en 2018, qui porte sur les questions liées à la planification urbaine, à la croissance démographique et à la dynamique foncière. La question de la démographie, de l’artificialisation du territoire, et de la mise en défens de parcelles est souvent omise dans les plans de gestion des ressources naturelles, alors qu’elle est pourtant importante à plusieurs titres : via l’extraction des ressources (eau, biomasse, etc.), via son empreinte spatiale, et via les nouvelles opportunités économiques. Il sera dès lors important de redéfinir la palette des enjeux via des enquêtes et des focus groups, puis de scénariser avec les acteurs locaux des évolutions possibles ou souhaitables des espaces artificialisés dans la perspective de services écosystémiques.

L’enjeu associé à la question (3) est celui du devenir du pastoralisme, mode de vie traditionnel de la région. En raison de la fragmentation physique du territoire ; de la multiplication des zones de conservation, privées et publiques ; des mortalités élevées du bétail en période de sécheresse ; du développement de nouveaux plans de pâturage (grazing plans) ; de l’évolution des politiques publiques et des changements sociétaux, le pastoralisme semi-nomade est entré dans une période de transition où plusieurs de ses piliers fondamentaux (institutions, mobilité, savoirs locaux) sont ébranlés. Quels sont les enjeux selon les éleveurs eux-mêmes ? Quels sont les solutions possibles pour que l’activité puisse co-exister avec l’essor des autres usages de la savane ?

Le travail s’appuiera sur des données de première et de seconde main, certaines collectées, d’autres en voie de l’être via les dispositifs de suivi mis en place lors de la première phase du projet (données hydrologiques, données socio-économiques des systèmes agraires, données relatives au foncier, données de mobilité des animaux d’élevage à partir de colliers GPS, dynamique spatio-temporelle de la végétation et climatique à partir d’images satellites, savoirs locaux traditionnels collectés par un autre doctorant du projet).
Une collaboration étroite sera mise en place avec les membres de MAGNUM pour chaque phase du projet doctoral.

Calendrier prévisionnel


1e année : production d’un état de l’art bibliographique des méthodes participatives visant à mieux gérer les ressources naturelles, ponctué d’un travail de terrain d’un mois en novembre et assorti d’un plan de travail durant les six premiers mois ; 3 mois de terrain visant à initier les démarches participatives (i) dans la section Kimana-Elchalai du bassin versant de la Kimana River (Question 1), (ii) à Kimana et à Isineti (Question 2), et (iii) à Olgulului-Eselenki-Mbirikani (Question 3) durant les six autres mois. 
2e année : travail en analyse et modélisation spatiale, et terrain complémentaire (3 mois).
3e année : terrain (3 mois) et rédaction d’articles scientifiques et du manuscrit.

Profil du poste

Compétences préalables : télédétection et SIG, bases de la modélisation multi-agents, enquêtes de terrain.
Formation : majeure en géographie et/ou écologie et/ou agronomie.
Qualités humaines et intérêts : autonomie, dynamisme, capacité à générer des collaborations, intérêt pour les problématiques socio-écologiques.
Environnement humain : tout au long du projet, le•la doctorant•e bénéficiera du capital d’expérience des membres du projet.
Langues : un bon niveau d’anglais est exigé (minimum C1), certificats à l’appui ; une maîtrise, même partielle, du Swahili sera un atout supplémentaire.
Terrain : plusieurs missions de terrain pour un total cumulé minimum d’environ 9 mois devront être réalisées au cours du contrat. Une expérience préalable des conditions de vie en zone intertropicale sera un atout.
Salaire : ~1500 euros net par mois.

Contact
Envoyez vos questions et/ou votre candidature (Curriculum Vitae complet et une lettre de motivation) à Yanni.Gunnell@texte-a-enlever.univ-lyon2.fr et Francois.Mialhe@texte-a-enlever.univ-lyon2.fr

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