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Ce qu’il faut savoir du rapport INSPIRE de la France

mai 25th, 2016 par Marc Leobet

Le rapport français de 2013 décrivait le lancement de l’infrastructure d’information géographique en France. Ce rapport montre l’arrivée à maturité d’un certain nombre d’éléments et certains retards dommageables.

Parmi les éléments très satisfaisants, on se doit de citer :

- la dynamique extrêmement soutenue de la création de catalogues de données ouverts, spécialement dans les thèmes de l’annexe III ;

- la poussée remarquable des données disponibles en téléchargement ;

- la mise en place de l’interopérabilité des données de l’annexe III par des géostandards nationaux répondant à des besoins concrets, en conformité avec le règlement européen sur l’interopérabilité ;

- le fonctionnement du Conseil national de l’information géographique qui a trouvé sa place centrale comme le prouve la production des guides de recommandation et le géostandard « Plan de corps de rue simplifié » destiné à la prévention de l’endommagement des réseaux enterrés.

Les retards portent essentiellement sur la mise en place des services de consultation, pour lesquels un effort collectif doit être mené.

Par ailleurs, si la plupart des données environnementales étaient déjà téléchargeables, un plan d’action est lancé afin que leur diffusion soit d’ici fin 2016 en conformité avec des exigences renforcées en matière de description de leur qualité, d’une part, et via des services facilitant leur exploitation. Ce plan d’action comprend un volet de préparation de la mise en conformité avec le règlement relatif à l’interopérabilité pour les données de l’annexe I.

Au final, sans pouvoir les citer tous, les résultats les plus satisfaisants sont fournis par des témoignages d’acteurs qui prouvent les premiers retours sur investissements, comme celui de GéoVendée qui les évalue à 50 000€ par an ou de la région Hauts-de-France. Encore plus positifs sont les exemples de création de nouveaux services orientés vers la satisfaction de besoins au-delà de la sphère habituelle de l’information géographique : le Géoportail de l’urbanisme, l’API Carto et le témoignage d’une entreprise en Bretagne montrent que les autorités publiques françaises sont capables d’exploiter cette infrastructure très technique pour satisfaire des besoins de tous les jours des habitants du pays.

Le rapport est ici

Appel à témoignage : qu’apporte INSPIRE?

mars 21st, 2016 par Marc Leobet

Bonjour,

nous sommes en train de préparer le rapport triennal de la France sur la mise en oeuvre de la directive INSPIRE. Nous avons déjà quelques témoignages, que je souhaite compléter par des témoignages courts en provenance de tous les types d’acteurs. Que vous a apporté INSPIRE, surtout en terme d’usage? En quoi cela a été utile?

J’avais proposé des tweets avec le hashtag #MerciINSPIRE!, ce peut être complété par des commentaires à ce billet.
Pas la peine de rédiger des choses compliquées, 140 caractères c’est bien, trois ou quatre phrases c’est encore mieux!

Halte à la morosité! Merci à vous tous de montrer les réussites!

Meilleurs voeux 2016!

janvier 4th, 2016 par Marc Leobet

Les vœux sont aussi l’occasion de regarder dans le rétroviseur, et de s’apercevoir que je n’ai pas publié de voeux pour l’année 2015. Je décline toute relation de cause à effets… Seulement 12 articles cette année, principalement parce que vous en savez déjà beaucoup. Ils se partagent entre évaluation de la mise en œuvre d’INSPIRE et les spécifications de données, c’est-à-dire leur interopérabilité. Non pas qu’il n’y ait rien à dire sur ce dernier sujet, mais le sujet est compliqué, le consensus sur le meilleur moyen de l’atteindre n’est pas là, les constats évoluent, et 2016 s’annonce cruciale sur ce point… Bref, je n’avais pas trouvé de bon angle pour la vulgarisation.

Tadaa! C’est fini, tout est clair, la France s’avance et éclaire le Monde, voici un extrait du modèle de données pour une

Bonne Année 2016!

Voeux LBT UML 2016 fr

Généalogie des attributs

décembre 15th, 2015 par Marc Leobet

Question posée par Pierre Muckensturm, de Reims Métropole : « Comment peut-on gérer la généalogie d’un attribut ? Dans une série de données, s’il n’y a pas homogénéité de généalogie sur un attribut (par la méthode de renseignement, par les sources utilisées pour son renseignement, sa précision, etc), peut-on le faire figurer dans la fiche de métadonnées dans la généalogie, ou doit-on créer un autre jeu de donnée et une autre fiche ? »

Question originale, ce qui devient rare, et pour laquelle je ne prétends pas avoir de réponse absolue. Je n’ai trouvé d’exemple ni dans les spécifications INSPIRE, ni dans les standards CNIG (PCRS), ni dans les standards COVADIS (eau potable et assainissement).

INSPIRE n’impose pas cette finesse, mais la permet, et une des raisons conservatoires pour laquelle nous avons tenu à produire des recommandations conformes à la fois à INSPIRE et à la norme ISO19115 est que cette dernière gère les attributs (mais je n’en sais pas plus sur sa capacité à répondre à la question).

La réponse viendra de l’activité d’administration de la donnée et de son objectif. Gérer la généalogie des attributs pour quoi faire? En première approximation, j’imagine que les attributs (contrôle, matériau de la canalisation, date de pose, précision de position…) sont mis à jour par tronçon ou ensemble de tronçons, qui peuvent être gérés directement dans le catalogue comme une série de donnée. Cela revient à gérer la généalogie par série de données : c’est lourd mais précis.

Sinon, l’ajout d’un attribut « généalogie » à la classe d’objet « tronçon » est sans doute le plus économique.

Les commentaires sont ouverts pour d’autres avis.

Maintien de la journée INSPIRE du CNIG ce lundi

novembre 14th, 2015 par Marc Leobet

Malgré l’horreur des attentats qui nous a tous placé en état de choc, il a été décidé ce matin par le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie de maintenir la journée INSPIRE du CNIG. Il s’agit pour nous de poursuivre les activités prévues sans se montrer intimidés par ceux qui veulent détruire notre société.

INSPIRE pour les néophytes V4

octobre 30th, 2015 par Marc Leobet

La quatrième version de La directive Inspire pour les néophytes est disponible dans un nouveau format.

Production à succès de la Mission de l’information géographique (MIG) du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie qui a la bonté de m’employer, #IPN (pour les gens à la page) tient compte des évolutions qui ont eu lieu depuis la dernière publication (décembre 2011). Au hasard, les décisions CNIL de 2012, le CNIG renouvelé, l’open data… Il s’en est passé des choses, depuis 2011!
Cette quatrième version est présentée dans un format différent des précédentes, sous forme de publication web, ce qui facilitera sa mise à jour et le renvoi vers les nombreuses URL qui permettent d’accéder à des ressources externes.

Bonne lecture!

 

IPN V4

Pourquoi ne pas mettre en œuvre INSPIRE

octobre 9th, 2015 par Marc Leobet

Ce billet n’a pour objectif que de relayer et mettre en avant celui d’Henri Pornon intitulé « Mise en conformité INSPIRE, punition ou nécessité pour les collectivités? ».

En effet, plus on s’éloigne du cœur de l’Etat, moins l’ardente nécessité d’appliquer la loi, en tout cas celle-là, s’estompe pour de multiples raisons.

Donc, n’appliquons pas ces textes contraignants, horriblement compliqués et coûteux.

A la place, cherchons comment résoudre les vrais problèmes : comment trouver les données dont j’ai besoin dans l’actuelle avalanche de données en vrac, comprendre leurs limites, les récupérer sans perdre neuf mois en négociation, si possible par web services, et puis aussi valoriser les miennes tout en rendant visible mon propre travail.

Heu…

Un point sur la mise en oeuvre d’INSPIRE au 30 août : zoom sur les collectivités

octobre 5th, 2015 par Marc Leobet

Preuve de l’importance prise par l’évaluation de la mise en œuvre d’INSPIRE pour les plateformes régionales et pour les producteurs, malgré ses imperfections rappelées ici, on me demande de plus en plus souvent quand sortira la prochaine afin d’être en mesure de prendre les éventuelles mesures correctrices d’ici-là.

Je réponds :

nous avons réalisé une extraction le 30 août 2015 qui va donner lieu à un billet prochainement (c’est-à-dire, maintenant).

L’extraction pour le rapport français aura lieu le 31 décembre à 24h00, comme chaque année. Nous avons justement diffusé aux parties-prenantes et sur ce blog (le 6 juillet) les éléments d’une extraction intermédiaire au 22 mai.

L’extraction au 30 août apporte principalement le constat de la stabilité du dynamisme des services déconcentrés de l’État (DDT, DREAL et DRAAF) et d’un regain de celui des collectivités territoriales.

Il m’a semblé utile de prendre, pour une fois, le temps d’examiner plus en détail la situation des collectivités territoriales, notamment de rang communal. Comme dans ce billet de juillet, l’accent est mis sur les données téléchargeables. Toutefois, l’amélioration du taux NSi2, qui représente les données à la fois consultables et téléchargeables, est une bonne nouvelle et ç’aurait été dommage de la passer sous silence.

1. Les Conseils régionaux
Dix-neuf Conseils régionaux sont présents sur le Géocatalogue, avec 467 métadonnées, contre onze (et 263 métadonnées) il y a un an. L’accroissement est de 78 %. Ces trois derniers mois, ce sont l’Alsace et la Basse-Normandie qui ont porté leur effort sur la publication des données et rejoignent le groupe de tête.

Désormais, six diffusent donc plus de 30 fiches : Basse-Normandie, Aquitaine, Bretagne, Alsace, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sept autres diffusent entre 10 et 30 métadonnées.
Ces deux groupes sont en croissance depuis mai, ce qui confirme le début d’engagement esquissé alors.

61% de ces séries de données, soit 285,  sont ainsi rendues  librement téléchargeables et réutilisables.
A eux seuls, les Conseils régionaux de Bretagne, d’Aquitaine, de Basse-Normandie, du Nord-Pas-de-Calais et d’Alsace en diffusent 80 %.

2. Les Conseils départementaux
Quarante-sept Conseils départementaux publient 633 métadonnées contre vingt-six (et 153 métadonnées) il y a un an. Huit diffusent 20 fiches ou plus (contre deux) : Pyrénées-Atlantique, Calvados, Manche, Bas-Rhin, Orne, Finistère, Ille-et-Vilaine et Nord. Ce nombre en croissance faible depuis mai masque les dynamiques locales fortes puisque le nombre de métadonnées double pour les quatre premiers cités. A noter le tir groupé des trois départements de Basse-Normandie qui ont la plus forte progression de métadonnées : il n’y a aucun doute qu’il faut y voir l’action de la plateforme Géonormandie.

Seules 35 % de ces données sont téléchargeables, soit 200 données librement téléchargeables et réutilisables. Huit Conseils départementaux (+3, cf. Géonormandie) rendent désormais téléchargeables 10 séries de données ou plus : Finistère, Ille-et-Vilaine, Bas-Rhin, Calvados, Manche, Orne, Alpes de Haute-Provence et Côtes-d’Armor.

3. Le niveau communal

L’augmentation continue du nombre de collectivités communales, de leurs groupements et de leurs établissements publics nous a conduit à revoir notre typologie en nous concentrant sur les deux premiers types.

Sur le Géocatalogue, il y a ainsi :
- neuf métropoles ou communautés urbaines : cinq diffusent la quasi-totalité des métadonnées comptées : Caen Métropole, Bordeaux Métropole, CU Creusot Montceau, Rennes Métropole et Montpellier Méditerranée Métropole. Les deux métropoles de Caen et Montpellier diffusent la quasi-totalité des données téléchargeables.

- vingt-sept communautés d’agglomérations : trois publient plus de dix métadonnées : Clermont-Communauté, Communauté d’agglomération Limoges Métropole, Lorient Agglomération. Seule la Communauté d’agglomération Limoges Métropole diffuse plus de dix données téléchargeables.

- trente-neuf communautés de communes : on peut citer celles qui diffusent plus de dix données téléchargeables : CC de la Côte d’Emeraude, de la presqu’île du Rhuys, de Paimpol-Goëlo et de Bretagne romantique.

- trente-six communes : seules les villes de Dijon et de Montpellier publient plus de dix métadonnées (53 chacune). Seule la ville de Montpellier en rend plus de dix téléchargeables.

- huit pays.

Les quatre types de listes de code dans INSPIRE

août 26th, 2015 par Marc Leobet

PascalF s’interroge sur les listes de code,

le type d’ »extensibility », « narrower » m’est aussi incompréhensible : La liste de codes ne peut être étendue qu’avec des codes spécifiques: les codes autorisés sont les codes existants et de nouveaux codes spécifiques définis par des fournisseurs de données.

Prenons le règlement 1089/2010 en français : « «valeur spécifique» (narrower value): une valeur ayant un rapport hiérarchique avec une valeur mère plus générale ». Ce terme vient des sciences de l’information.

Dans ce même règlement, les listes de code peuvent être de quatre types :
a) listes de codes dont les valeurs autorisées comprennent exclusivement les valeurs spécifiées au présent règlement;

b) listes de codes dont les valeurs autorisées comprennent les valeurs spécifiées au présent règlement et des valeurs spécifiques définies par les fournisseurs de données;
=> chaque producteur peut donc étendre la liste de code obligatoire avec des valeurs plus précises, filles d’un des codes obligatoires.

c) listes de codes dont les valeurs autorisées comprennent les valeurs spécifiées au présent règlement et des valeurs supplémentaires définies par les fournisseurs de données à quelque niveau que ce soit de
la classification;
=> chaque producteur peut donc étendre la liste de codes obligatoires par des valeurs de même rang ET des valeurs plus précises, filles des codes obligatoires ou ajoutés.

d) listes de codes dont les valeurs autorisées comprennent toutes les valeurs définies par les fournisseurs de données.
=> chaque producteur défini sa liste de code.

Du point de vue règlementaire, chaque producteur est laissé libre des extensions apportées aux trois derniers cas, sans obligation autre que celle de la diffuser dans un registre. Bien entendu, lorsqu’il existe des standards nationaux (CNIG ou COVADIS, par exemple), il est recommandé voire obligatoire de les reprendre, mais on peut toujours les étendre.

Attention, l’obligation de publier alors des registres avec les codes ajoutés s’applique, ce qui n’est pas si simple.

Au sujet des guides européens sur les spécifications

août 11th, 2015 par Marc Leobet

PascalF pose ces jours-ci plusieurs questions sur les guides techniques européens :

Je souhaiterai savoir si en ce qui concerne les « guides techniques » permettant de mettre en conformité nos données aux modèles de données inspire (http://inspire.ec.europa.eu/index.cfm/pageid/2/list/2 ), quand est ce qu’ils seront disponible en Français ?

Ce n’est pas envisagé. D’une part, ces éléments s’adressent à un tout petit nombre d’informaticiens qui, de surcroît, sont censés lire l’anglais. La rentabilité de la traduction de ces centaines de pages est considérée comme nulle.
D’autre part, notre priorité est d’établir des standards nationaux, certes compatibles avec INSPIRE mais adaptés à notre situation. Ce sont ceux de la COVADIS, comme celui des infrastructures de communication ou celui, en appel à commentaire, sur les réseaux d’eau.

Je travaille actuellement sur les modèles de données de la thématique « Services d’utilité publique et services publics » et notamment les réseaux d’AEP et je cherche à comprendre le diagramme UML suivant (http://inspire.ec.europa.eu/data-model/approved/r4618-ir/html/index.htm?goto=2:3:20:3:7:8933) pour cela je m’aide du site « docinspire » (http://docinspire.eu/get.php?uri=http://uri.docinspire.eu/eutext/spatialobjecttype/us-net-common:UtilityLinkSet), malgré cela des éléments me manquent.

Ce sont d’excellentes sources! Malheureusement, l’UML est un langage de modélisation et requiert une formation adaptée, ne serait-ce qu’en lisant quelques documents sur internet pour comprendre la symbolique employée.
Par parenthèse (et cela s’adresse aux enseignants plus qu’aux étudiants, bien sûr), j’ai déjà eu l’occasion de dire que la lecture de l’UML devrait faire partie du bagage d’un géomaticien de niveau bac+5 ne serait-ce que pour réfléchir de temps en temps avant de se lancer dans le code à corps perdu.
Pour le cas de l’eau, le plus facile est de partir du projet de standard COVADIS puisque le travail d’adaptation a déjà été réalisé et testé par des autorités publiques.

J’aurai voulu savoir si quelqu’un n’avait pas un exemple en GML correspondant à ce thème et ce diagramme ?

La COVADIS devrait en produire un. A ma connaissance, il n’y a pas de GML existant mais la bonne source sont les schémas XML de la Commission européenne associés aux guides.

Enfin j’aurai voulu savoir comment d’autres collectivités ou structure de services publiques ont abordé cette problématique de mise en conformité, quelle a été votre stratégie ? me conseillez vous de lire les guides techniques en anglais qui font minimum une centaine de page ? ou bien de mettre en conformité mes données aux standards COVADIS et non pas directement aux modèles INSPIRE ?

Pour le moment, les agences nationales de cartographie (l’IGN en France) étudient la mise en oeuvre des spécifications de l’annexe I et rencontrent d’importantes difficultés (voir la présentation de Frédéric Brönnimann lors du webinar du CNIG du 19 juin). Il me paraît prématuré pour une collectivité de s’engager dans cette voie, d’autant que de nombreux États s’interrogent sur la faisabilité d’employer le GML en l’état pour des modèles aussi lourds et réfléchissent à des solutions alternatives. C’est une partie de mon actualité de ce mois d’août, je suis certain que j’aurais l’occasion d’y revenir dans les semaines qui viennent.

En attendant, comme le montrent les précédents articles, entre le partage des catalogues et la mise en place des services en réseau, sans compter les standards de la COVADIS et du CNIG, les autorités publiques ont de quoi s’occuper.