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#31 Mon 14 January 2008 16:57

CNIG
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Messages: 143
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 1999
Fiche n°28 : Les données de référence
Cas du systùme d’information à la parcelle de la Mairie de Paris

Introduction

Les "donnĂ©es gĂ©ographiques de rĂ©fĂ©rence" d'un SIG sont celles qui permettent de localiser les informations, non pas directement par leurs coordonnĂ©es gĂ©ographiques, mais indirectement par une adresse, par un numĂ©ro de parcelle ou d’ülot, dont les coordonnĂ©es gĂ©ographiques sont dĂ©jĂ  connues. Il est ainsi possible de reprĂ©senter des donnĂ©es statistiques ou des donnĂ©es de gestion sur des cartes et d’analyser leur rĂ©partition spatiale. GĂ©nĂ©ralement, dans un SIG Ă  usages multiples, les donnĂ©es gĂ©ographiques de rĂ©fĂ©rence ne sont pas spĂ©cifiques Ă  une seule application. Elles ont pour vocation d’ĂȘtre partagĂ©es entre plusieurs domaines de gestion. Elles permettent alors de rapprocher des donnĂ©es de sources diffĂ©rentes et offrent ainsi de puissantes possibilitĂ©s d’analyse. Ces caractĂ©ristiques confĂšrent en pratique aux donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence un statut particulier qui fait l’objet de cette fiche.

Des données de gestion à la cartographie :

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_28_1.gif[/img]

Ce schĂ©ma montre comment des donnĂ©es de gestion Ă©lĂ©mentaires peuvent ĂȘtre cartographiĂ©es, soit au moyen de donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence dĂ©taillĂ©es telles que l’adresse, soit par le biais de synthĂšses statistiques (totalisations, moyennes, classifications
) Ă  des niveaux plus ou moins agrĂ©gĂ©s (parcelles, Ăźlots, arrondissements, communes, etc.). Les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence apparaissent ainsi comme un outil commode de reprĂ©sentation cartographique de donnĂ©es localisĂ©es. Le cheminement inverse est Ă©galement possible : en cliquant sur le plan, Ă  l’écran, on obtient les donnĂ©es de gestion associĂ©es Ă  l’objet graphique de rĂ©fĂ©rence affichĂ©.

Quelles sont les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence du SIP  ?

Par dĂ©finition, ce sont les donnĂ©es de localisation les plus couramment utilisĂ©es par les services de la Mairie de Paris. Pour les utilisateurs, la permanence dans le temps de ces donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence, pour souhaitable qu’elle soit, est un critĂšre moins dĂ©cisif, que la possibilitĂ© de disposer en permanence de leur mise Ă  jour. Mais surtout, ce qui dĂ©termine le choix d'une "donnĂ©e de rĂ©fĂ©rence" du SIP est son usage courant, et donc sa commoditĂ© d'usage, reconnue bien avant sa mise Ă  disposition sous forme informatisĂ©e.

Voici la liste des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence que propose le SIP (systĂšme d’information Ă  la parcelle) :

- Adresse (numéro)
- Voie (nom et code)
- RĂ©seau des voies (segments dans l’axe des voies)
- Découpage administratif (arrondissements et quartiers)
- Parcelle cadastrale
- Parcelle du plan de la ville
- Ilot de recensement (1982, 1990, bientît 1999
)
- Ilot actualisé


OpĂ©ration d’urbanisme

Bien que les utilisateurs en aient souvent exprimĂ© le souhait, le bĂątiment n’est pas une donnĂ©e de rĂ©fĂ©rence du SIP. Il est difficile en effet de le dĂ©limiter et de l’identifier sans ambiguĂŻtĂ© Ă  Paris : le bĂąti parisien est physiquement continu, des circulations internes permettent souvent de passer d’un bĂątiment Ă  l’autre. Mais, surtout, chaque source a sa propre dĂ©finition du bĂątiment sans pour autant disposer d’une reprĂ©sentation cartographique susceptible de servir de rĂ©fĂ©rence. Par exemple, le bĂąti du plan cadastral n’est pas dĂ©composĂ© et ne peut pas ĂȘtre associĂ© aux bĂątiments du fichier de la propriĂ©tĂ© bĂątie. Pour sa part, le bĂąti du plan parcellaire de la Ville est dĂ©composĂ© (par volumes), mais selon un dĂ©coupage diffĂ©rent de celui du fichier de la propriĂ©tĂ© bĂątie. De plus, il n’est disponible Ă  ce jour qu’en format maillĂ© (raster).


Comment sont " produites " les données destinées à servir de référence spatiale ?

Les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence du SIP proviennent de diffĂ©rentes sources qui les gĂšrent pour leur propre compte. Celles-ci n’ont pas forcĂ©ment conscience des besoins qui naissent de l’usage Ă©largi de leurs donnĂ©es. Il ne sera pas possible ici d’examiner tous les problĂšmes que crĂ©e cette situation. Nous signalerons cependant les principaux d’entre eux, auxquels le SIP a apportĂ© (ou parfois simplement tentĂ© d’apporter) une rĂ©ponse. Celle-ci consiste Ă  structurer et stabiliser ces donnĂ©es, Ă  les complĂ©ter et Ă  les rendre cohĂ©rentes entre elles et parfois Ă  ajouter aux donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence disponibles des donnĂ©es nouvelles, mieux adaptĂ©es.

Les numĂ©ros d’adresse sont attribuĂ©s officiellement par le service de l’identification fonciĂšre de la Ville de Paris (attestation et dĂ©cision de numĂ©rotage) qui les positionne sur un plan au 1/500 et les affecte Ă  une parcelle du plan de la ville ; mais il existe aussi des cas d’adresses d’usage, non officielles, ne figurant pas sur le plan de la Ville, et nĂ©anmoins utilisĂ©es dans les fichiers et sur le terrain et donc prises en compte par le SIP et positionnĂ©es gĂ©ographiquement aprĂšs enquĂȘte ; les espaces sans adresse propre (certains monuments publics par exemple
) sont Ă©galement difficiles Ă  localiser avant que le SIP ne leur donne une adresse de convention ; un autre problĂšme concerne l'adressage d’objets qui n’existent pas encore, comme les futures constructions nouvelles encore au stade de l’instruction d’un permis de construire (voir ci-dessous les opĂ©rations d’urbanisme et les lots opĂ©rationnels).

Les voies et les espaces publics divers (places, squares, parcs) font l’objet d’arrĂȘtĂ©s de dĂ©nomination du Maire sur proposition d’une commission municipale. C’est le service du plan de la Ville qui dĂ©limite dans chaque cas l’espace Ă  dĂ©nommer et reporte ce nom sur le plan, y compris quand il s’agit de voies privĂ©es. Mais un jardin, une bouche de mĂ©tro ou une allĂ©e dans un centre commercial doivent-ils ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des voies ? Les rĂ©ponses sont apportĂ©es cas par cas. Il n’a pas Ă©tĂ© possible de faire converger la nomenclature officielle des voies de Paris et la codification des voies et lieux dits dont le domaine de dĂ©finition (souterrains, bretelles du pĂ©riphĂ©rique
) et d’application est plus large. En revanche, le SIP a contribuĂ© Ă  rĂ©duire les dĂ©calages de mise Ă  jour entre la codification DGI (code RIVOLI-FANTOIR) et la codification propre Ă  la Ville, ainsi que les non recouvrements en termes de dĂ©finition.

Le rĂ©seau des voies constitue une reprĂ©sentation schĂ©matique de celles-ci, rĂ©duite Ă  une ligne passant par leur axe et Ă  des nƓuds aux carrefours. Le rĂ©seau des voies est trĂšs commode pour certaines Ă©tudes (circulation par exemple). Cette reprĂ©sentation est prĂ©cisĂ©e par de nombreuses conventions : doublement des axes lorsque les voies de circulation sont physiquement sĂ©parĂ©es, prise en compte des Ăźlots directionnels dans les carrefours complexes, etc. Mais plusieurs rĂ©seaux des voies, mĂȘme Ă©tablis Ă  partir de sources publiques, coexistent, sans que cette multiplicitĂ© rĂ©ponde Ă  des diffĂ©rences fonctionnelles avĂ©rĂ©es. Pour rĂ©pondre aux besoins exprimĂ©s par ses utilisateurs et servir de rĂ©fĂ©rence, le SIP, en concertation avec plusieurs directions de la ville de Paris, au nombre desquelles le service de la voirie, a rĂ©alisĂ© le "SchĂ©ma du rĂ©seau des voies", SRV.

Le dĂ©coupage administratif de Paris en quartiers et arrondissement est relativement stable. Les changements procĂšdent gĂ©nĂ©ralement de nouveaux amĂ©nagements urbains. Ils font l’objet d’arrĂȘtĂ©s prĂ©parĂ©s par le service du plan de la Ville. Mais ces nouveaux dĂ©coupages ne sont pas toujours immĂ©diatement signalĂ©s et pris en compte par le cadastre
 Le SIP a Ă©tĂ© l’occasion d’intensifier les Ă©changes et d’assurer une meilleure synchronisation.

Les parcelles cadastrales forment la plus petite unitĂ© de propriĂ©tĂ© du sol. Les modifications de ce dĂ©coupage rĂ©sultent de divers mouvements : divisions de propriĂ©tĂ© en vue d’une revente partielle ; regroupements entre propriĂ©tĂ©s voisines appartenant au mĂȘme propriĂ©taire ; incorporation d’une propriĂ©tĂ© Ă  l’espace public (classement) et, inversement, crĂ©ation d’un espace parcellisĂ© Ă  partir de sols d’espaces publics (dĂ©classements). Ces mouvements donnent lieu Ă  la constitution de divers documents (documents d’arpentage, actes notariĂ©s, etc.) et alimentent la mise Ă  jour des parcelles du plan cadastral (DGI) ainsi que celles du plan de la Ville de Paris. Mais la disparition d’une parcelle par classement, par exemple, rĂ©pond Ă  des critĂšres complexes qui conduisent parfois Ă  des incertitudes ou Ă  des retards dans la mise Ă  jour du plan cadastral. Par ailleurs le morcellement du parcellaire est parfois excessif, les regroupements entre parcelles voisines du mĂȘme propriĂ©taire n’étant pas obligatoires. Enfin, chacun sait qu’en France le domaine public n’est pas parcellisĂ©, sauf lorsqu’il est concĂ©dé  il ne peut donc pas ĂȘtre directement rĂ©fĂ©rencĂ©.

Le SIP ne pouvait remédier directement aux défauts de cette source. Il s'est donc attaché à favoriser le retour vers le cadastre des informations indispensables et à constituer un " parcellaire " propre à la Ville de Paris.

Le plan parcellaire de la Ville de Paris a servi de cadastre pendant plus d’un siĂšcle. Ses qualitĂ©s (dĂ©composition du bĂąti, reprĂ©sentation des mitoyens, enrichissement des dĂ©tails topographiques) lui assurent un large usage. Sa maintenance se poursuit donc malgrĂ© la rĂ©alisation d’un cadastre d’Etat depuis les annĂ©es 70. Ce plan est disponible dĂ©sormais en format maillĂ© (raster). Toutefois, le SIP a créé, Ă  partir du plan cadastral, une reprĂ©sentation des parcelles du plan de la Ville en format vecteur qui peuvent ainsi servir de rĂ©fĂ©rence (le format maillĂ© Ă©tant inerte et donc inutilisable pour cet usage). Le SIP assure en permanence la cohĂ©rence entre ce parcellaire vecteur du plan de la Ville et celui du cadastre dont les rĂ©fĂ©rences sont inscrites dans les actes notariĂ©s. A ce titre, le SIP favorise la prise en compte du classement des voies et des Ă©largissements de voirie. Il intervient Ă©galement pour signaler les cas de parcelles voisines qui pourraient, ou devraient, ĂȘtre regroupĂ©es. Enfin, le SIP a parcellisĂ©, sous forme de " fausses parcelles ", de nombreux espaces publics rĂ©siduels ou inaccessibles Ă  la circulation : quais de Seine, talus du pĂ©riphĂ©rique, Ăźlots de voirie, espaces plantĂ©s, terres pleins divers et leur a attribuĂ© des adresses (non officielles)...

Les Ăźlots des recensements sont dĂ©finis par l’INSEE selon une mĂ©thode homogĂšne sur l’ensemble du territoire national. Ils sont dĂ©limitĂ©s en concertation avec la Ville de Paris avec la participation de la Banque de DonnĂ©es Urbaines de l’APUR. En pratique, il s’agit des espaces dĂ©limitĂ©s par des voies de circulation (gĂ©nĂ©ralement publiques) et parfois par des limites administratives ou par des barriĂšres naturelles (bras de Seine
). Mais l’INSEE ne dĂ©compose pas systĂ©matiquement en Ăźlots les grands espaces (publics) non bĂątis dĂšs lors qu’ils sont vides de matiĂšre Ă  recenser, et - surtout - ne tient pas compte du parcellaire : on ne peut donc pas toujours remonter par agrĂ©gation des parcelles aux Ăźlots INSEE. De plus, les Ăźlots de recensement souffrent d’une mise Ă  jour trop Ă©pisodique (7 Ă  9 ans entre les recensements). Le SIP a remĂ©diĂ© Ă  ces divers dĂ©fauts en crĂ©ant les Ăźlots actuels.

Les Ăźlots actuels créés par le SIP sont comme leur nom l'indique, rĂ©guliĂšrement mis Ă  jour (une fois par an en attendant d’éventuelles mises Ă  jour pluriannuelles). De plus, ils sont compatibles avec le parcellaire, rendant possibles de opĂ©rations d’agrĂ©gation des parcelles au niveau Ăźlots actuels. Enfin, ils offrent une dĂ©composition des espaces publics reflĂ©tant leur desserte rĂ©elle par le rĂ©seau viaire.

Les opĂ©rations d’urbanisme sont des portions du territoire parisien donnant lieu Ă  des interventions des services de la Ville de Paris, en coordination le plus souvent avec des sociĂ©tĂ©s d’amĂ©nagement ou des constructeurs publics. Ces opĂ©rations s’appuient gĂ©nĂ©ralement sur des procĂ©dures d’urbanisme (ZAC, DPUR, RHI, RI,
) mais pas toujours. Ces pĂ©rimĂštres d’intervention doivent servir de rĂ©fĂ©rence car de nombreux services de la ville les utilisent. Les difficultĂ©s principales rencontrĂ©es ici sont de savoir tout d’abord Ă  partir de quand un "pĂ©rimĂštre d’étude peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une " opĂ©ration " de rĂ©fĂ©rence pour les divers services et organismes impliquĂ©s. Il faut ensuite dĂ©terminer quelles interventions publiques constituent une " opĂ©ration ". Celle-ci ne conduit pas toujours, en effet, au lancement de procĂ©dures d’urbanisme particuliĂšres, de telles procĂ©dures ne pouvant concerner qu'une fraction du pĂ©rimĂštre de l’opĂ©ration.

Le dĂ©coupage de ces opĂ©rations en lots opĂ©rationnels (prĂ©figurant en principe le parcellaire et les voies Ă  venir) devait complĂ©ter ce dispositif de rĂ©fĂ©rence et faciliter plus encore le suivi coordonnĂ© des rĂ©alisations dans les opĂ©rations d’urbanisme. Mais cette donnĂ©e de rĂ©fĂ©rence, initialement prĂ©vue, n’est pas disponible pour l’instant dans le cadre du SIP.

Ce tour d’horizon montre que la plupart des donnĂ©es susceptibles de servir de rĂ©fĂ©rence ont fait l’objet de multiples interventions de coordination ou d’amĂ©lioration, soit par l’équipe du SIP, soit par les services municipaux. Les Ă©changes entre services ont dĂ» s’intensifier, des rĂšgles ont Ă©tĂ© explicitĂ©es et appliquĂ©es et dans plusieurs cas des objets complĂ©mentaires ont dĂ» ĂȘtre créés. Ce travail commence Ă  atteindre son but : les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence sont de plus en plus utilisĂ©es par la Ville de Paris (y compris sur Internet et Ă  titre expĂ©rimental sur l’Intranet). Des mises Ă  jour rĂ©guliĂšres doivent garantir la qualitĂ©, au cours du temps, de ces donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence.

Les qualités attendues des données géographiques de référence

Eriger certaines donnĂ©es en donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence implique qu’elles rĂ©pondent Ă  une sĂ©rie d’exigences concernant leur format graphique, leur cohĂ©rence, leur actualitĂ© et enfin leur gestion dans le temps. De plus ces donnĂ©es doivent ĂȘtre documentĂ©es (voir la fiche technique n°23).

Les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence doivent ĂȘtre Ă©tablies dans un format graphique de haut niveau. Du format graphique disponible dĂ©pend largement, en effet, la diversitĂ© de l’usage des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence. Un format de type " vecteur " (par opposition Ă  " raster ") et le respect de rĂšgles topologiques (connexion des arcs du rĂ©seau des voies, contiguĂŻtĂ© des parcelles mitoyennes, inclusion rigoureuse des parcelles dans les Ăźlots ou du point d’attache de l’adresse dans la parcelle, etc.
) sont indispensables. Le SIP respecte scrupuleusement, en la matiĂšre, des rĂšgles d’intĂ©gritĂ© rigoureuses et profitables Ă  tous.

ModÚle conceptuel (simplifié) des données de référence du SIP :

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_28_2.gif[/img]

Les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence doivent ĂȘtre cohĂ©rentes. Il s’agit de respecter des rĂšgles de dĂ©finition et d’établir systĂ©matiquement, en mode graphique et en mode logique, les liens entre les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence : un numĂ©ro d’adresse est obligatoirement liĂ© Ă  une voie et une seule, mais il est aussi liĂ© Ă  un arc du rĂ©seau des voies, Ă  une parcelle cadastrale, Ă  une parcelle du plan de la Ville, Ă  un Ăźlot de recensement, Ă  un Ăźlot actualisĂ©, Ă  un quartier de Paris, et enfin, Ă©ventuellement, Ă  une opĂ©ration d’urbanisme  ; une parcelle cadastrale est liĂ©e gĂ©nĂ©ralement Ă  une parcelle ville et inversement une parcelle "ville" correspond Ă  une ou plusieurs parcelles cadastrales, etc. Ces liens rĂ©sultent de la localisation de ces objets dans l’espace et peuvent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre Ă©tablis ou contrĂŽlĂ©s automatiquement au moyen d’opĂ©rateurs d’analyse spatiale. Cette cohĂ©rence garantit la possibilitĂ© de rapprochements pertinents entre des informations rattachĂ©es Ă  l’une quelconque des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence. Ils permettent Ă©galement d’agrĂ©ger ces donnĂ©es aux niveaux gĂ©ographiques pertinents.

Les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence doivent ĂȘtre Ă  jour. Il ne peut toutefois ĂȘtre question d’une actualitĂ© instantanĂ©e s’agissant de rĂ©fĂ©rences issues de plusieurs sources et ayant subi un processus d’élaboration relativement complexe. En revanche la rĂ©gularitĂ© de la production des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence, selon les mĂȘmes rĂšgles, en respectant les mĂȘmes dĂ©finitions, est indispensable. Le SIP suit un rythme annuel. Certaines donnĂ©es seront peut-ĂȘtre disponibles par trimestre ultĂ©rieurement.

La gĂ©nĂ©alogie des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence doit ĂȘtre disponible. Un historique complĂ©tĂ© par les filiations entre objets doit ĂȘtre associĂ© Ă  la mise Ă  disposition de donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence : il s’agit pour des utilisateurs travaillant dans leur propre environnement et ayant extrait des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence de la base du SIP, de pouvoir procĂ©der Ă  des actualisations automatiques (voies dont le nom a changĂ©), ou d’examiner les mouvements cas par cas, afin de vĂ©rifier leurs donnĂ©es lĂ  oĂč le rĂ©fĂ©rentiel a Ă©tĂ© modifiĂ© (permis de construire en cas de modification du dĂ©coupage parcellaire par exemple). Ce suivi historique des objets est contraignant pour la production des donnĂ©es. Sa nĂ©cessitĂ© n’est gĂ©nĂ©ralement pas trĂšs bien comprise tant que l’usage des donnĂ©es est Ă©pisodique ou expĂ©rimental. Il devient indispensable lorsque de vĂ©ritables processus applicatifs dĂ©portĂ©s, incluant la dimension spatiale, sont mis en place.

Pour que les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence prĂ©sentent toutes ces qualitĂ©s, un travail important d’initialisation a Ă©tĂ© nĂ©cessaire. Il se poursuit par un travail de maintenance, consistant Ă  mettre en cohĂ©rence les donnĂ©es provenant de ces diffĂ©rentes sources lors de leur mise Ă  jour et Ă  les complĂ©ter en concertation, notamment, avec le service du plan de la Ville et diffĂ©rents services utilisateurs. Le SIP assure Ă©galement la promotion de l’utilisation des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence en banalisant les outils informatiques capables d’afficher des donnĂ©es statistiques ou des donnĂ©es de gestion Ă  travers la cartographie ou de remonter aux donnĂ©es de gestion en cliquant sur des objets du plan.

La disponibilitĂ© d’un rĂ©fĂ©rentiel gĂ©ographique de qualitĂ© est un prĂ©alable Ă  la gĂ©nĂ©ralisation de l’usage des fonctions (principales) des SIG. Cette gĂ©nĂ©ralisation suppose, certes, de rĂ©unir d’autres conditions, en particulier organisationnelles, mais grĂące aux donnĂ©es disponibles elle est dĂ©sormais rĂ©ellement amorcĂ©e.

Fiche établie par Paul Rouet, APUR

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#32 Mon 14 January 2008 16:57

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 1999
Fiche n°29 : Livre vert sur les données publiques

Introduction

La Commission européenne a publié un "Livre vert" sur la meilleure façon d'utiliser l'information détenue par le secteur public afin de permettre aux citoyens et aux entreprises d'Europe d'en tirer le maximum de profit dans le contexte de la société de l'information.

La présente fiche rassemble les principaux commentaires associés à ce livre vert. Les données publiques comprennent une proportion importante de données géographiques.

De nombreuses informations rĂ©unies par le secteur public, dans le cadre de ses tĂąches, pourraient ĂȘtre exploitĂ©es par l'industrie du multimĂ©dia pour mettre au point de nouveaux produits et de nouveaux services. Les citoyens pourraient davantage profiter de leurs droits s'ils avaient plus facilement accĂšs Ă  des informations concernant, par exemple, les conditions dans lesquelles il est possible de travailler, d'Ă©tudier ou de passer sa retraite dans les diffĂ©rents États membres. Nombre de personnes aimeraient disposer d'informations complĂštes sur les dispositions fiscales en vigueur en matiĂšre d'achats transfrontaliers. Les entreprises pourraient accroĂźtre leur compĂ©titivitĂ© si elles pouvaient prendre connaissance, de maniĂšre simple et rapide, des rĂ©glementations et procĂ©dures applicables aux exportations dans d'autres pays.
Sur tous ces points, les informations existent, mais les conditions dans lesquelles les États membres les communiquent, comme les procĂ©dures techniques et juridiques, varient et ne sont guĂšre transparentes pour les citoyens et les entreprises. Le Livre vert appelle Ă  la discussion et pose des questions sur la maniĂšre d'amĂ©liorer cette situation. La Commission souhaite obtenir des rĂ©ponses d'ici le 1er juin 1999.

L’enjeu

L’information Ă©manant du secteur public (question1) joue un rĂŽle fondamental dans le bon fonctionnement du marchĂ© intĂ©rieur et dans la libre circulation des marchandises, des personnes et des services. En l’absence d’une information publique de nature administrative, lĂ©gislative, financiĂšre ou autre, facilement disponible, les acteurs Ă©conomiques ne sont pas suffisamment informĂ©s pour prendre les dĂ©cisions qui leur incombent.

L’information du secteur public en Europe est souvent fragmentĂ©e et dispersĂ©e, Ă  un point tel que la transparence en est affectĂ©e. Cette situation rĂ©sulte principalement de lĂ©gislations nationales diffĂ©rentes (question 2) rĂ©gissant l’accĂšs Ă  l’information ainsi qu’à des pratiques divergentes qui entravent la mise Ă  disposition des donnĂ©es. L’enjeu n’est pas pour les États membres de produire plus d’informations mais d’assurer que l’information dĂ©jĂ  disponible au public soit plus facilement accessible et comprĂ©hensible pour les utilisateurs potentiels.

Une mise Ă  disposition sans entrave de l’information publique est une condition prĂ©alable Ă  la compĂ©titivitĂ© de l’industrie europĂ©enne. A cet Ă©gard, les entreprises europĂ©ennes souffrent d’un sĂ©rieux dĂ©savantage vis-Ă -vis de leurs concurrents amĂ©ricains qui bĂ©nĂ©ficient d'un systĂšme d'information publique efficace et hautement dĂ©veloppĂ© Ă  tous les niveaux de l’administration (question 3). Une disponibilitĂ© de l’information du secteur public dans les meilleurs dĂ©lais est de plus en plus importante afin de soutenir l’économie en rĂ©seau et valoriser son potentiel Ă©conomique.

En Europe, le problĂšme est particuliĂšrement crucial pour les PME qui ont peu de ressources Ă  consacrer Ă  la recherche souvent difficile d’une information fragmentĂ©e. Cette situation a pour consĂ©quence ultime un effet nĂ©gatif sur la crĂ©ation d’emplois. Plus spĂ©cifiquement, les entreprises europĂ©ennes de "l'industrie du contenu" connaissent de grandes difficultĂ©s face Ă  leurs concurrents amĂ©ricains lorsqu’il s’agit d’exploiter l’information du secteur public.

Que les citoyens et les consommateurs de l’Union EuropĂ©enne ne puissent faire un meilleur usage de l’information publique disponible dans d’autres États membres relĂšve de l’anachronisme, alors mĂȘme que l’Euro joue un rĂŽle moteur dans le processus d’intĂ©gration Ă©conomique. Cette situation constitue un dĂ©fi aux droits confĂ©rĂ©s aux citoyens dans le cadre des traitĂ©s communautaires.

L’utilisation grandissante des mĂ©dias Ă©lectroniques pour la conservation et la diffusion de l’information du secteur public peut certes aider Ă  amĂ©liorer cette situation, mais elle risque Ă©galement d'amplifier encore davantage les diffĂ©rences existantes entre les États membres. Un certain nombre d'entre eux ont commencĂ© Ă  examiner les effets des nouvelles technologies sur les services publics et sur l’accĂšs et l’exploitation de l’information du secteur public (question 4).

Le sujet est Ă©galement d’importance dans la perspective de l’élargissement de l’Union EuropĂ©enne. Les pays candidats Ă  l’adhĂ©sion devront adapter leurs systĂšmes juridiques ainsi que leurs services publics afin de se conformer aux exigences leur incombant en qualitĂ© d’Etat membre. Un meilleur accĂšs Ă  l’information du secteur public peut contribuer Ă  ce processus.

La nĂ©cessitĂ© de lancer une concertation au niveau europĂ©en est aujourd’hui plus claire et plus urgente que jamais. L’objectif de ce Livre vert est d’entreprendre une large consultation de l’ensemble des acteurs concernĂ©s, afin d’examiner les principales questions qui se posent et de stimuler la discussion politique au niveau europĂ©en. Le Livre vert se fonde sur les rĂ©sultats d’un long processus de consultation prĂ©liminaire, engagĂ© en juin 1996, et auquel furent conviĂ©s des reprĂ©sentants des États membres, des groupes de citoyens et d’utilisateurs ainsi que des reprĂ©sentants du secteur privĂ© et plus spĂ©cifiquement, de l’industrie de l’information. Tous ceux qui ont Ă©tĂ© consultĂ©s ont approuvĂ© le lancement d’un dĂ©bat sur ce sujet.

Les sujets abordĂ©s dans ce Livre vert sont tirĂ©s des rĂ©sultats de cette large consultation. Les rĂ©actions aux questions qu’il soulĂšve guideront l’action future. Il est clair qu’une discussion approfondie et un Ă©change des meilleures pratiques seront nĂ©cessaires entre les États membres et les autres principaux acteurs.

Certaines des questions soulevĂ©es peuvent requĂ©rir des solutions techniques ; d’autres peuvent ĂȘtre traitĂ©es par le biais de l’amĂ©lioration de procĂ©dures administratives ; d’autres encore nĂ©cessiteront des rĂ©ponses politiques. A la lumiĂšre des rĂ©sultats du processus de consultation publique, des propositions d’action pourraient ĂȘtre formulĂ©es par la Commission afin d’amĂ©liorer la situation au niveau europĂ©en dans des domaines spĂ©cifiques. Bien entendu seules les propositions conformes aux principes de subsidiaritĂ© et de proportionnalitĂ© seront considĂ©rĂ©es. Le type et l’intensitĂ© de toute rĂ©ponse doivent ĂȘtre limitĂ©s Ă  ce qui est nĂ©cessaire pour atteindre les objectifs des TraitĂ©s.

Rien dans ce Livre vert, ni dans d’éventuelles actions de suivi, ne devrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme prĂ©jugeant le rĂ©gime de la propriĂ©tĂ© ou la mission reconnue aux organismes publics dans les États membres.

Toutes les parties intéressées appartenant aux secteurs public et privé, sont instamment invitées à commenter les questions traitées dans le présent document. La Commission sera heureuse de répondre à toute demande d'information complémentaire concernant les politiques nationales ou communautaires régissant l'accÚs à l'information publique.

Les commentaires et les demandes devront parvenir à l’adresse suivante avant le 1er juin 1999 :

Commission européenne
A l'attention de M. Huber Chef d'Unité DG XIII/E-1
Bùtiment EUROFORUM, Bureau n°1174, Rue Alcide de Gasperi L-2920 Luxembourg
E-mail: pubinfo@texte-a-enlever.cec.be

Remarques finales

Le manque de transparence de l’information Ă©manant du secteur public Ă  travers l’Europe constitue une barriĂšre substantielle pour les citoyens comme pour les entreprises qui veulent exercer les droits reconnus par le TraitĂ© communautaire et bĂ©nĂ©ficier des avantages du marchĂ© intĂ©rieur.

SimultanĂ©ment, l’industrie europĂ©enne de l’information est confrontĂ©e Ă  une plĂ©thore de lois et de pratiques diffĂ©rentes qui, de l’opinion de la Commission, sont susceptibles de les freiner lorsqu’il s’agit d’exploiter pleinement le potentiel d’information en Europe.

Une action Ă©ventuelle au niveau europĂ©en pourra ĂȘtre envisagĂ©e en fonction des rĂ©ponses apportĂ©es au Livre vert et, en particulier, des commentaires sur les barriĂšres et obstacles de nature rĂ©glementaire ou autres, pouvant affecter les possibilitĂ©s d’accĂšs et d’exploitation de l’information du secteur public.

Cette réponse aux attentes des partenaires pourrait porter par exemple sur :

- La législation (par exemple par le biais de recommandations, de lignes directrices ou des mesures contraignantes).

- L’échange d’information Ă  travers l’Europe, permettant aux organismes publics de tirer parti des expĂ©riences des autres.

- Une sensibilisation accrue, à tous les niveaux (citoyens, entreprises et administrations), concernant les sources d’information existantes.

- Les projets pilotes et de dĂ©monstration permettant la diffusion des technologies soutenant les nouveaux services d’informations et expĂ©riences avec de nouveaux modĂšles de partenariats entre le public et le privĂ©.

- Des initiatives en matiĂšre d’éducation et la formation pour amĂ©liorer les capacitĂ©s de gestion de l’information, des administrations et des particuliers.



Liste des questions

La liste suivante rĂ©capitule l’ensemble des questions soulevĂ©es.

1. Quelle est la dĂ©finition du secteur public qui vous semble la plus appropriĂ©e ? Quelles catĂ©gories d’information du secteur public devraient-elles ĂȘtre utilisĂ©es dans le dĂ©bat ?

2. Est-ce que des conditions diffĂ©rentes d’accĂšs Ă  l’information du secteur public dans les États membres crĂ©ent des barriĂšres au niveau europĂ©en ? Dans un tel cas, quels Ă©lĂ©ments sont en cause : l’exigence d’un intĂ©rĂȘt, les exemptions, le dĂ©lai, le format, le volume ? Quelles solutions peuvent ĂȘtre envisagĂ©es ?

3. L’établissement de mĂ©tadonnĂ©es (information sur l’information disponible) au niveau europĂ©en pourrait-il aider les entreprises et les citoyens europĂ©ens Ă  trouver leur chemin dans l’information du secteur public disponible Ă  travers l’Europe ? Dans l’affirmative, comment cela pourrait-il ĂȘtre rĂ©alisĂ© le mieux ? Quelles catĂ©gories d’information devraient contenir des annuaires de ressources d’information du secteur public ?

4. Quel est l’impact des diffĂ©rentes politiques de tarification sur l’accĂšs et l’exploitation de l'information du secteur public ? Est-ce que cela crĂ©e des diffĂ©rences dans les opportunitĂ©s qui s’offrent aux citoyens et aux entreprises au niveau europĂ©en ?

5. Dans quelle mesure et sous quelles conditions, les activitĂ©s des organismes du secteur public sur le marchĂ© de l’information pourraient-elles crĂ©er une concurrence dĂ©loyale au niveau europĂ©en ?

6. Est-ce que diffĂ©rents rĂ©gimes de droit d’auteur portant sur l’information du secteur public en Europe reprĂ©sentent des barriĂšres Ă  l’exploitation de cette information ?

7. Est-ce que des considĂ©rations liĂ©es au respect de la vie privĂ©e mĂ©ritent une attention particuliĂšre au regard de l’exploitation de l’information du secteur public? De quelle façon les intĂ©rĂȘts commerciaux pourraient-ils justifier un accĂšs aux donnĂ©es personnelles dĂ©tenues par le secteur public ?

8. Dans quelle mesure les diffĂ©rents rĂ©gimes portant sur la responsabilitĂ© dans les États membres reprĂ©sentent-ils un obstacle Ă  l’accĂšs ou Ă  l’exploitation de l’information du secteur public ?

9. Dans quelle mesure les politiques poursuivies par les institutions de l’Union europĂ©enne dans le domaine de l’accĂšs et de l’exploitation de l’information sont-elles adĂ©quates ? De quelle façon peuvent-elles ĂȘtre amĂ©liorĂ©es ?

10. Quelles sont parmi les actions possibles, celles qui appellent une attention prioritaire au niveau européen ?



Fiche établie par le groupe de travail à partir du document référencé COM(1998)585

"L'information émanant du secteur public : une ressource clef pour l'Europe"

avril 1999


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#33 Mon 14 January 2008 16:57

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 1999
Fiche n°30 : l'infrastructure géographique de référence

Introduction

Une rĂ©flexion est engagĂ©e au plan national pour mettre en place une infrastructure gĂ©ographique de rĂ©fĂ©rence rĂ©pondant aux besoins des collectivitĂ©s publiques. Il s'agit d'examiner avec les reprĂ©sentants de l'administration et des collectivitĂ©s territoriales, la nature des donnĂ©es qu'ils utilisent et leurs modalitĂ©s de mise en Ɠuvre pour dĂ©gager les spĂ©cifications et conditions d'accĂšs Ă  une infrastructure gĂ©ographique favorisant les utilisations les plus larges.

Or, la manipulation des donnĂ©es gĂ©ographiques, directement sous forme numĂ©rique, par les utilisateurs, a profondĂ©ment modifiĂ© leurs attentes en produits et services de base. Il est essentiel que les utilisateurs prĂ©cisent rapidement ces attentes pour qu'elles puissent ĂȘtre prises en considĂ©ration dans les investigations actuellement engagĂ©es.

L'infrastructure géographique de référence

Depuis plus d'un siÚcle, la notion d'infrastructure géographique de référence est attachée aux réseaux de repÚres géodésiques et de nivellement. Aujourd'hui, l'usage des SIG s'appuie toujours sur cette infrastructure topographique mais requiert également la disponibilité de divers données complémentaires constitutives d'une nouvelle structure de référence, à préciser, comprenant : les numéros des parcelles cadastrales, les contours parcellaires, les limites administratives, les ßlots de recensement, les adresses postales, 


Or, aujourd'hui, les produits topographiques de base sous forme cartographique rassemblent un ensemble important de données et d'information qui s'avÚre difficile à manipuler informatiquement depuis un poste de travail d'utilisateur.

La nouvelle structure de référence à établir doit permettre de distinguer quatre types de fonctions qui pourraient aider à mieux structurer l'organisation des produits numériques de base :
- la fourniture d'une image complĂšte, actuelle et lisible d'un territoire,
- la fourniture d'un squelette descriptif du territoire qui permette l'attachement d'informations thématiques particuliÚres,
- la fourniture complĂ©mentaire de diverses donnĂ©es d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, dans des reprĂ©sentations normĂ©es et des caractĂ©ristiques de qualitĂ© garanties,
- la fourniture d'une localisation prédéterminée d'identifiants de référence qui autorise la mise en relation spatiale de diverses informations administratives, économiques ou sociales requises dans le cadre d'une analyse ou d'une application sur un territoire.

Visualiser un territoire

Fonctions principales :

- fournir une image globale d'un territoire donné,
- fournir un état objectif d'un territoire à un moment donné,
- fournir un fond de plan "riche".

Principales caractéristiques :

- l'instantanéité (cohérence temporelle interne),
- l'exhaustivité (limiter les pertes d'informations liées au processus de saisie, à la schématisation de la représentation, 
)
- l'actualité (la non-péremption ou le faible vieillissement de l'information est un critÚre objectif de l'appartenance potentielle à un référentiel)
- la cohérence interne (notamment lorsque le produit est composite).

Offrir une infrastructure topographique

Fonctions principales :

- mettre en cohérence spatiale des données thématiques issues de cartographies variées,
- fournir un fond de plan "dépouillé",
- constituer le référentiel spatial de bases de données locales,

Principales caractéristiques de l'infrastructure topographique :

- frĂ©quence d'emploi (valeur quantitative, fondant des raisonnements Ă©conomiques pour la mise en Ɠuvre des rĂ©fĂ©rentiels),
- qualité de la précision absolue,
- universalité d'emploi (diversité des emplois effectifs, indépendamment des quantités : richesse potentielle de croisement d'information),
- pérennité des objets,

Proposer des donnĂ©es thĂ©matiques d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral

Fonctions principales

- fournir "sur étagÚre" un enrichissement minimal des fonds de plan,
- standardiser la représentation des objets topographiques d'utilisation large et fréquente,

Principales caractĂ©ristiques des donnĂ©es thĂ©matiques d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral

- diversité des emplois
- universalité de la définition et de la représentation,
- cohérence de ces données avec l'infrastructure topographique,
- définition de rÚgles de généralisation et de "dégénéralisation" de ces objets aux différentes échelles de représentation cartographique,[/i]

Géoréférencer des données administratives et socio-économiques

Fonctions principales :

- localiser géographiquement des données administratives et socio-économiques diverses,
- mettre en cohérence spatiale des données thématiques distinctes à associer dans une analyse,
- expliciter les améliorations de qualité de certains référentiels administratifs,

Principales caractéristiques :

- universalité du référentiel (respect des normes internationales, cohérences transfrontaliÚres
)
- précision de localisation relative
- niveau de résolution des descriptions géométriques

Les services associés au référentiel spatial

Les nomenclatures sectorielles

- universalité
- stabilité temporelle

Le transfert d'échelle

- généralisation et "dégénéralisation" géométriques
- emboĂźtement des nomenclatures

Le transfert de date

- standardisation des dates de référence
- standardisation des modes d'archivages des historiques et/ou des mises Ă  jour

Les variables d'ajustement

Richesse du contenu, quantité d'objets et niveau de détail de description des objets

Les utilisateurs ont une vision fonctionnelle des objets topographiques. Comme par essence, un référentiel spatial doit permettre la combinaison d'un nombre aussi grand que possible de vues sectorielles différentes, l'accroissement du nombre d'objets entrant dans le référentiel en dégrade rapidement la fonction.

Complexité du contenu, niveau de structuration, fragmentations possibles

Pour ĂȘtre effectivement utilisĂ©es, les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence doivent ĂȘtre techniquement et Ă©conomiquement accessibles. Aussi ces donnĂ©es doivent-elles pouvoir ĂȘtre dĂ©livrĂ©es par sous-ensembles (au moins selon les quatre fonctions distinguĂ©es mais Ă©galement au sein de chacune d'elles, les tarifs correspondants variant essentiellement en fonction des quantitĂ©s de donnĂ©es.

De mĂȘme, le niveau de structuration des donnĂ©es doit ĂȘtre simple. Le cas Ă©chĂ©ant, des structurations plus complexes peuvent ĂȘtre proposĂ©es.

Précision de localisation, liens avec les autres référentiels, gamme d'échelle

La forme numérique conduit à stocker les objets en base de données, donc en les individualisant, indépendamment de leur transcription graphique. Cette caractéristique modifie la perception de la précision des données dans leur localisation et leur représentation. Elle conduit en outre à prendre en considération le "grain" des objets, c'est-à-dire le seuil de dimension réelle à partir duquel un objet ou un détail constitutif d'objet, est pris en compte..

- La prĂ©cision des donnĂ©es ne peut plus ĂȘtre qualifiĂ©e par la prĂ©cision graphique de leur transcription globale, mais par la prĂ©cision de localisation de chaque objet.
- Faut-il entériner la proposition européenne d'échelles gigognes dans un rapport 10 (1/1000000, 1/100000, 1/10000, 1/1000, 1/100), en la traduisant en précision de localisation (décimétrique, métrique, décimétrique, 
) et en niveau de grain ?

Les fréquences d'actualisation

- Faut-il privilégier quelques exploitations approfondies ou rapprocher les dates d'observation ?
- Faut-il multiplier les formes technologiques de mise Ă  disposition pour atteindre des clientĂšles nouvelles?

Economie du référentiel

Un rĂ©fĂ©rentiel technique peut ne pas ĂȘtre utilisĂ© si sa forme technologique n'est pas adaptĂ©e aux pratiques et aux moyens des utilisateurs, ou si son coĂ»t le met hors d'atteinte d'une majoritĂ© d'entre eux.

Aussi est-il nĂ©cessaire d'Ă©tudier particuliĂšrement l'articulation entre l'infrastructure topographique, qui doit ĂȘtre largement et facilement utilisĂ©e, et les donnĂ©es thĂ©matiques d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, dont la production dans des conditions stables et fiables garantissent l'utilitĂ©.

Par ailleurs, les conditions Ă©conomiques gĂ©nĂ©rales : tarification, droits d'usage, droits d'auteur, modalitĂ©s de distribution, 
 doivent ĂȘtre actualisĂ©es pour que les nombreuses applications de l'information localisĂ©e prennent la place qui leur revient dans la sociĂ©tĂ© de l'information.

Fiche établie à partir d'un document de travail du METL

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#34 Mon 14 January 2008 16:57

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 1999
Fiche n°31 : Le GPS au CRIGe PACA

Introduction

Les utilisateurs publics de donnĂ©es gĂ©ographiques de la RĂ©gion Provence Alpes CĂŽte d'Azur ont mis en place depuis plusieurs annĂ©es un fonctionnement en rĂ©seau dĂ©nommĂ© "tour de table PACA" qui s’est transformĂ© en ComitĂ© RĂ©gional de l’Information GĂ©ographique (CRIGe PACA). Dans ce cadre, diffĂ©rentes rĂ©unions techniques sont rĂ©guliĂšrement organisĂ©es sur les sujets intĂ©ressant les partenaires du tour de table. Les applications du GPS ont rapidement constituĂ© l'un des thĂšmes important d'Ă©change et une journĂ©e d'Ă©tat des lieux et de dĂ©bat leurs ont Ă©tĂ© consacrĂ©es le 23 mars 1999. La prĂ©sente fiche restitue divers Ă©lĂ©ments du dossier de cette journĂ©e.

Partenaires et applications

Une quinzaine de membres du tour de table ont dĂ©jĂ  mis en Ɠuvre une ou plusieurs exploitations du GPS pour la localisation d'informations : les services dĂ©partementaux d'incendie et de secours, la direction rĂ©gionale des impĂŽts, certains conseils gĂ©nĂ©raux, l'INRETS, une chambre dĂ©partementale d'agriculture, la SociĂ©tĂ© du canal de Provence, le centre d'Ă©tudes et de recherche sur l'environnement et la gestion de l'eau (CNRS), un Parc naturel national, l'IFREMER, le CETE MĂ©diterranĂ©e.

Les applications d'ores et dĂ©jĂ  mises en Ɠuvre sont nombreuses et diverses :

- densification de canevas de points de triangulation : remaniement du plan cadastral,
- relevés topographiques : pistes de défense contre l'incendie, description des équipements de lignes de bus, réseaux d'irrigation, chemins de randonnée, localisation de prélÚvements en mer, trait de cÎte

- gestion routiÚre : localisation d'accidents, gestion de réseaux, 

- établissement de points cÎtés : impacts des remblais d'infrastructure,
- environnement : localisation de points de mesure de pollution, localisation de contours particuliers intéressant la faune et la flore, suivi de glissement de terrain,

Le bilan rĂ©alisĂ© par enquĂȘte pour la rĂ©union du 23 mars a mis en Ă©vidence la confirmation de l'intĂ©rĂȘt des techniques de localisation par GPS. La plupart des utilisateurs indiquent que leurs objectifs initiaux ont Ă©tĂ© atteints et beaucoup d'entre eux envisagent des exploitations ultĂ©rieures, tant pour procĂ©der Ă  des actualisations rĂ©guliĂšres des informations relevĂ©es que pour expĂ©rimenter de nouvelles applications.

Les bilans techniques Ă©tablis Ă  l'occasion des premiĂšres mises en Ɠuvre permettent de tirer de nombreux enseignements tant sur les choix des Ă©quipements que sur les modalitĂ©s de mise en Ɠuvre ou l'organisation de l'accĂšs Ă  la balise fixe pour les procĂ©dures diffĂ©rentielles. Des problĂšmes de cohĂ©rence avec les rĂ©fĂ©rentiels topographiques traditionnels ont Ă©galement Ă©tĂ© relevĂ©s.

Le rĂŽle de l'animation

Veille et développement technologique

Les techniques GPS évoluent trÚs vite et l'organisation d'une veille technologique est indispensable. L'animation régionale est évidemment un cadre qui peut favoriser le partage des tùches et la rediffusion des informations. Cette rediffusion est essentielle et ne s'effectue pas facilement. depuis le niveau national. Il serait pourtant utile de faire plus connaßtre les travaux de groupes nationaux comme le groupe "positionnement statique et dynamique" du CNIG ou le "club GPS" initiés par les laboratoires des ponts et chaussées. En outre, les questions techniques sont nombreuses, comme la localisation en temps réel et le calcul différentiel actuellement, qu'il faut pouvoir adresser aux professionnels concernés. Le tour de table mettra sans doute assez prochainement en place un groupe de travail pour assurer l'animation nécessaire.

Le niveau régional est sans doute également le bon niveau pour associer dans cette veille et ces échanges techniques utilisateurs et chercheurs. Les premiers apportent en effet de nombreuses questions touchant aux conditions opératoires et aux applications nouvelles, les seconds apportent leurs compétences et leur disponibilité aux investigations nouvelles.

Formation

Les problĂšmes de formation sont Ă©videmment nombreux. Trois types de public sont Ă  distinguer. Le premier niveau, primordial, est celui des dĂ©cideurs et concepteurs. Il est en effet nĂ©cessaire qu'ils connaissent non seulement l'existence mais aussi les utilisations possibles de ces techniques, et les modalitĂ©s de leur mise en Ɠuvre. Le second niveau est celui des chefs de projet pour qu'ils intĂšgrent correctement les caractĂ©ristiques des levĂ©s GPS tant pour la prĂ©paration des relevĂ©s de terrain que pour la conception des bases de donnĂ©es. Le troisiĂšme niveau est celui des opĂ©rateurs, pour qu'ils maĂźtrisent correctement les manipulations instrumentales et les conditions de mise en Ɠuvre.

Certains partenaires du tour de table ont dĂ©veloppĂ© des programmes internes de formation et mĂȘme, c'est le cas des services dĂ©partementaux d'incendie et de secours, une formation de formateur. Le club SIG du ministĂšre de l'Equipement envisage la rĂ©alisation d'une valise pĂ©dagogique.

Les milieux universitaires et de la recherche sont bien placés pour contribuer à ces actions de formation. Une partie de leur activité est en effet liée à l'enseignement et par ailleurs, il est aujourd'hui dans la politique du ministÚre de l'éducation nationale et de la recherche de valoriser les activités de la recherche orientées vers des applications concrÚtes et la formation.

Equipement technique

Le bon fonctionnement en réseau appelle nécessairement une bonne connaissance des équipements existants. Le repérage de ces équipements est assez facile dans le contexte du tour de table, d'autant que le CNIG a également commencé un recensement. Par contre, il nécessaire d'approfondir le recensement des caractéristiques techniques et d'emploi de ces équipements.

Les premiĂšres expĂ©rimentations ont mis en Ă©vidence diverses limites d'emploi des Ă©quipements existants, en prĂ©cision de localisation et facilitĂ© de mise en Ɠuvre. Par ailleurs, plusieurs partenaires se sont rĂ©cemment ou vont prochainement s'Ă©quiper (CETMEF, IGN, 
). La connaissance de l'Ă©quipement existant que peut apporter le tour de table permet d'opter pour la solution technique la plus adaptĂ©e Ă  l'application projetĂ©e et de rationaliser les choix d'Ă©quipements partagĂ©s. En particulier, la question de la prĂ©cision recherchĂ©e est fondamentale. Il semble bien que 50 centimĂštres de prĂ©cision et l’utilisation d’une balise bi-frĂ©quence soit un objectif rĂ©aliste.

Regroupement d'utilisateurs

Le tour de table favorise une mise Ă  niveau rapide des diffĂ©rents utilisateurs. Cette rediffusion des savoir faire techniques est d'autant plus apprĂ©ciĂ©e qu'il est indispensable que les techniciens maĂźtrisent et s'approprient toutes les techniques gĂ©omatiques modernes et pas seulement le GPS. Car c'est bien en montrant les apports de ces nouveaux outils dans les analyses et les restitutions que l'on peut rĂ©ellement sensibiliser les dĂ©cideurs et garantir le fonctionnement dans la durĂ©e de ces moyens. Il est donc indispensable de mettre en place les dispositifs permettant d’assurer Ă  court et Ă  moyen terme l’information, les comptes rendus d’expĂ©rimentation et les synergies locales.

La balise fixe du CIRCOSC

Le Conseil Régional PACA a équipé le Centre interrégional de coordination opérationnelle de la sécurité civile (CIRCOSC) d'une antenne réceptrice fixe monofréquence. Les membres du tour de table peuvent actuellement accéder aux données GPS qu'elle recueille sur demande préalable, les données leur étant envoyées sur disquette.

Le Conseil régional a développé un accÚs serveur qui sera prochainement opérationnel et permettra des temps d'accÚs et de réponse optimaux.

Fiche établie par le groupe de travail à partir d'éléments du CRIGe PACA
avril 1999


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#35 Mon 14 January 2008 16:57

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 1999
Fiche n°32 : Normalisation
(remplace la fiche technique n°9)

Introduction

De la production initiale d’une donnĂ©e de base Ă  son utilisation finale pour l’aide Ă  la dĂ©cision, le marchĂ© de l’information gĂ©ographique concerne un trĂšs grand nombre d’acteurs qui valorisent et enrichissent cette information.

Mais pour que l’information circule, il faut qu’elle soit comprise et qu’elle reste utilisable Ă  chacune des Ă©tapes de sa propagation. Le nombre d’acteurs intervenant dans ce flux - des producteurs de donnĂ©es, des collectivitĂ©s locales, des administrations de l’Etat, des gestionnaires de rĂ©seaux, des sociĂ©tĂ©s de service, des utilisateurs privĂ©s - est sans cesse en expansion. DĂšs lors, au-delĂ  de la rationalisation technique qu’offre dĂ©jĂ  les standards des Ă©diteurs les plus Ă©tablis, la normalisation est un enjeu essentiel de la valorisation de l’information parce qu’elle permet ces flux, ces rĂ©emplois et cet enrichissement.

La prĂ©sente fiche se propose d’éclairer les caractĂ©ristiques des normes en cours de prĂ©paration et de souligner les orientations perceptibles.

Généralités

Objet de la normalisation

L’objet de la normalisation est de permettre les Ă©changes de donnĂ©es en altĂ©rant le moins possible leur signification et leurs caractĂ©ristiques. Pour ĂȘtre utilisable, une donnĂ©e gĂ©ographique, qui dĂ©crit une portion de territoire, doit comporter quatre Ă©lĂ©ments distincts:
- des coordonnées qui permettent de situer les informations dans un systÚme de référence connu,
- une nomenclature qui Ă©numĂšre les diffĂ©rents objets auxquels on s’intĂ©resse,
- la " structuration " de ces objets, c’est-à-dire la description des liens qui peuvent exister entre certains d’entre eux, comme, par exemple, l’appartenance d’un bñtiment à une parcelle
- les caractéristiques de qualité de ces données.

Or, les formats informatiques de donnĂ©es des logiciels ne permettent pas de transmettre ces informations de façon satisfaisante, mĂȘme si certains d’entre eux, trĂšs diffusĂ©s, peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des standards. A cela trois raisons :
- ils dĂ©pendent de logiciels particuliers et n’offrent pas de garantie de durĂ©e et de rigueur,
- aucun ne gĂšre complĂštement les quatre caractĂ©ristiques de l’information gĂ©ographique prĂ©sentĂ©es prĂ©cĂ©demment,
- ils ne s’appuient pas sur un vocabulaire commun.

Les différentes approches

L’information gĂ©ographique est, pour une large part, issue de l’administration ou des services publics. Les stratĂ©gies nationales de normalisation sont donc fortement influencĂ©es par des aspects non techniques liĂ©s Ă  l’organisation des pouvoirs publics.

Ainsi, suivant que l’on se trouve dans un pays oĂč le cadastre a une vocation fiscale ou juridique, les flux d’informations gĂ©ographiques gĂ©nĂ©rĂ©s sont trĂšs diffĂ©rents. Dans un systĂšme de cadastre juridique, chaque transaction d’achat ou de vente exige une validation des limites de l’objet de la transaction, ce qui conduit Ă  une structure d’échange de " message ", assez courte mais frĂ©quente, de type EDIFACT. Dans un systĂšme uniquement fiscal comme en France, ces Ă©changes d’informations gĂ©ographiques avec les utilisateurs n’ont lieu, au mieux, qu’une fois par an, lors de la mise Ă  jour des donnĂ©es alphanumĂ©riques associĂ©es au plan cadastral. Il en rĂ©sulte un concept d’échange par lots, auquel correspond en France la norme EDIGĂ©O.

Par ailleurs, suivant que la responsabilitĂ© de la production d’information gĂ©ographique est plus ou moins centralisĂ©e, le besoin de formaliser la description prĂ©cise et stabilisĂ©e des produits cartographiques se fait plus ou moins pressant...

Enfin, l’échelle retenue pour la cartographie de base influe sur la complexitĂ© des fichiers Ă  constituer. Plus l’échelle est grande et plus la reprĂ©sentation cartographie seule suffit Ă  transmettre la totalitĂ© de l’information : une maison, un bĂątiment, une voie, se reconnaissent Ă  leurs formes et Ă  leurs positions relatives. Mais Ă  des Ă©chelles plus petites, les reprĂ©sentations cartographiques constituent des vues trĂšs gĂ©nĂ©ralisĂ©es et spĂ©cialisĂ©es d’entitĂ©s gĂ©nĂ©ralement complexes : une zone urbanisĂ©e, un espace naturel, ... Une reprĂ©sentation cartographique particuliĂšre ne suffit plus Ă  transmettre l’essentiel de l’information, il faut y adjoindre des indications relatives aux objets gĂ©ographiques eux-mĂȘmes, indĂ©pendamment de leur reprĂ©sentation.

Les normes

EDIGEO

Caractéristiques

La norme EDIGĂ©O est destinĂ©e Ă  l’échange d’informations gĂ©ographiques numĂ©riques sur support informatique entre des systĂšmes d’information gĂ©ographique.

Ses objectifs sont :
- d’optimiser l’efficacitĂ© et le volume des Ă©changes de donnĂ©es gĂ©ographiques numĂ©riques,
- de réduire au strict minimum le coût financier de ces échanges,
- d’ĂȘtre indĂ©pendant des systĂšmes d’information gĂ©ographique.

Statut actuel

EDIGĂ©O est aujourd’hui une norme NF. PubliĂ©e en aoĂ»t 1992, elle aurait dĂ» voir son statut Ă©voluer au bout d’une pĂ©riode de deux ans. L’engagement d’une dĂ©marche de normalisation au niveau europĂ©en a eu pour effet de figer ce statut dans l’attente de la norme europĂ©enne prĂ©sentĂ©e ci-aprĂšs.

En 1998 une enquĂȘte publique a Ă©tĂ© conduite sur une version rĂ©visĂ©e de la norme. Cette enquĂȘte a permis la correction d'erreurs Ă©ditoriales et la clarification de certaines ambiguĂŻtĂ©s avant la publication dĂ©finitive.

La norme est complétée par une nomenclature générale des objets géographiques que publie le CNIG.

Etat d’intĂ©gration

- dans l’offre de donnĂ©es :

Les producteurs de donnĂ©es nationales intĂšgrent la norme EDIGĂ©O. Le Service du Cadastre l'a adoptĂ©e pour la mise en Ɠuvre du plan cadastral informatisĂ©. L’IGN propose Ă©galement ses bases de donnĂ©es numĂ©riques dans ce format.

- dans l’offre logicielle :

Si le format EDIGĂ©O n’est pas encore intĂ©grĂ© dans les versions standard des logiciels, les principaux d’entre eux proposent des modules de conversion dans leurs complĂ©ments et interfaces. Par ailleurs, des logiciels spĂ©cifiques de conversion sont aujourd’hui disponibles.

Certification

Le CNIG a mis en place un dispositif de certification composĂ© d’un comitĂ© technique et d’un laboratoire de tests pour :
- vĂ©rifier la conformitĂ© physique et la conformitĂ© logique de fichiers d’échanges, c’est-Ă -dire le respect des rĂšgles de la norme,
- attribuer un certificat de conformité.

Comité technique n° 287 du Comité européen de normalisation

La diversité européenne

Pour les raisons indiquées précédemment, les points de vue nationaux des pays rassemblés au sein du " comité technique n° 287 " du Comité européen de normalisation sont trÚs variés. Cela a conduit à définir des normes européennes plus " ouvertes ", permettant notamment de traiter tant des échanges de type " message " que des échanges par lots.
Si les normes diffĂšrent d’EDIGĂ©O, c’est essentiellement par le langage adoptĂ© pour le codage, transcription qui pourra ĂȘtre largement automatisĂ©e. Par contre, leur structure est trĂšs proche de celle d’EDIGĂ©O que l’on pourra assimiler Ă  un sous-ensemble de ces normes.

Les différentes normes produites

Les normes europĂ©ennes sont constituĂ©es d’un ensemble de huit normes :

- ModĂšle de rĂ©fĂ©rence : description du domaine de l’information gĂ©ographique ; identification des composantes Ă  normaliser,
- Description des données - Schéma spatial : géométrie des objets, relations spatiales entre les objets, liaisons avec les données non géométriques,
- Localisation - Position : dĂ©finition des concepts fondamentaux, systĂšme gĂ©odĂ©sique de rĂ©fĂ©rence et de leur mode de description (mais ne propose pas le choix d’un systĂšme particulier),
- Localisation - Identificateurs gĂ©ographiques : description des mĂ©thodes de documentation des identifiants gĂ©ographiques - c’est-Ă -dire permettant de localiser des objets de position inconnue par rattachement Ă  d’autres objets gĂ©ographiques de position connue.
- Qualité : modÚle associant les principaux critÚres de qualité déjà définis dans EDIGéO : précision géométrique, précision sémantique, exhaustivité, ...
- MĂ©tadonnĂ©es : liste ordonnĂ©e de " mĂ©tadonnĂ©es " c’est-Ă -dire de " donnĂ©es sur les donnĂ©es ", Ă  destination tant des producteurs que des utilisateurs, comprenant la classification des donnĂ©es, leur couverture gĂ©ographique, des informations sur la qualitĂ©, la structure gĂ©omĂ©trique, et l’accĂšs aux donnĂ©es.
- Transfert : définition du schéma de transfert des données et des métadonnées, pour le transfert de fichiers, la messagerie ou le dialogue.
- RequĂȘte et mise Ă  jour : interface spĂ©cialisĂ©e entre deux systĂšmes d’information permettant Ă  l’un de requĂ©rir des donnĂ©es de l’autre.

Avancement et perspectives

Ces projets de normes ont été adoptés en 1998.

En Décembre 1998, le CEN/TC 287 a constaté qu'il avait mené à bien son programme de travail initial et a décidé de suspendre ses travaux.

Pour se préparer aux normes européennes, il conviendra de :

- mettre en place des formations ad hoc, y compris au langage adopté pour la norme, EXPRESS,

- dĂ©velopper des " profils spĂ©cifiques " permettant l’emploi effectif de ces normes Ă  caractĂšre gĂ©nĂ©rique. En particulier, il faudra vraisemblablement dĂ©finir un profil " cadastre ", un profil " collectivitĂ© locale ", un profil " environnement ", ... d'ores et dĂ©jĂ  deux profils nationaux ont Ă©tĂ© dĂ©finis pour les normes "mĂ©tadonnĂ©es" et "qualitĂ©".

- promouvoir la norme " métadonnées " et son profil national et inciter les principaux producteurs, établissements spécialisés et administrations, à documenter leurs données en respectant cette norme.

ISO 211

Une dĂ©marche de normalisation en information gĂ©ographique s’est Ă©galement engagĂ©e au niveau mondial au sein de l’ISO. Le programme de travail du comitĂ© technique 211 de l’ISO est beaucoup plus ambitieux que celuidu TC287 du CEN. Si il comprend comme celui-ci les aspects normatifs liĂ©s aux donnĂ©es, son programme prĂ©voit Ă©galement des normes liĂ©es aux systĂšmes d’information gĂ©ographique et aux services. Si, pour les parties communes aux deux comitĂ©s techniques, les normes europĂ©ennes ont Ă©tĂ© utilisĂ©es comme l’une des bases des travaux de l’ISO, la prise en compte pour les autres thĂšmes des besoins ou des spĂ©cificitĂ©s propres Ă  l’Europe dĂ©pend fortement de l’implication des acteurs europĂ©ens concernĂ©s.

OGC

En parallĂšle Ă  ces travaux des instances officielles, les principaux acteurs du marchĂ© se sont regroupĂ©s au sein du consortium OpenGis afin d’arriver Ă  un consensus sur des normes communes d’interopĂ©rabilitĂ©.

La prĂ©sence des leaders mondiaux en SIG et en informatique gĂ©nĂ©rale au sein de ce consortium implique que, si l’objectif de consensus est effectivement atteint, les normes produites par OGC deviendront de facto les standards du marchĂ©.

OGC a conclu en 1999 un accord de coopĂ©ration avec l’ISO facilitant la reconnaissance officielle de ses travaux.

Pour en savoir plus :
AFNOR
TOUR DE L’EUROPE
92049 PARIS LA DEFENSE CEDEX
téléphone : 0142915534
- nomenclature et certification : CNIG téléphone 0143988312

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#36 Mon 14 January 2008 16:57

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

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#37 Mon 14 January 2008 16:58

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°33 : PROPOSITIONS DU RAPPORT LENGAGNE

"L’information gĂ©ographique est un outil de la modernisation de l’Etat et de la gestion publique, dĂ©clare le dĂ©putĂ© Guy Lengagne. Elle facilite une allocation plus rationnelle des ressources aussi bien des collectivitĂ©s publiques que des entreprises, elle leur permet des gains considĂ©rables de temps et de moyens. Ainsi, elle gĂ©nĂšre des retombĂ©es positives trĂšs supĂ©rieures Ă  ses seuls effets Ă©conomiques directs.
L’intĂ©rĂȘt collectif justifie, dĂšs lors, que l’Etat se prĂ©occupe de crĂ©er les conditions au dĂ©veloppement de ses utilisations et y consacre les moyens nĂ©cessaires."


Le député Guy Lengagne, dans le cadre de l'investigation que lui avait confiée le Premier ministre pour actualiser les missions de l'IGN, a proposé un ensemble de mesures qui rompent avec les errements de ces derniÚres années. Le ministÚre de l'Equipement, en charge de la tutelle de l'IGN, a préparé un ensemble de mesures destinées à permettre, dans la durée des trois ans d'un nouveau contrat de plan Etat-IGN, de procéder aux importantes évolutions nécessaires.
L'objet de la présente fiche est de rappeler les principales propositions du député Guy Lengagne. Elle est essentiellement constituée d'extraits du chapitre 3 "propositions" de son rapport.


CONSTITUER UNE REFERENCE PUBLIQUE COHERENTE

Les utilisateurs tant publics que privĂ©s attendent de l’Etat la fourniture d’un ensemble cohĂ©rent d’informations Ă  grande Ă©chelle de description objective du territoire mis Ă  jour en permanence qui permette le rattachement Ă  une position gĂ©ographique des informations qu’ils recueillent. Le partage, par tous, de cet ensemble cohĂ©rent constitue la premiĂšre condition pour que l’information circule, soit comprise et puisse ĂȘtre combinĂ©e et traitĂ©e.
La communautĂ© des utilisateurs ne serait pas la seule Ă  y trouver son intĂ©rĂȘt.

Cet ensemble comprend :

Les coordonnées

Le premier niveau de la référence est constitué par la mesure de la position géographique.
L’utilisation d’un systĂšme de coordonnĂ©es unique commun est la premiĂšre condition de la cohĂ©rence des donnĂ©es, reconnue par l’article 53 (1) de la Loi d’AmĂ©nagement et de DĂ©veloppement Durable du Territoire.
Conformément aux propositions du président du CNIG, le réseau géodésique traditionnel doit évoluer dans les délais les plus courts vers un service de positionnement de précision en temps réel par satellite.

La description physique du territoire

Si les professionnels de l’information gĂ©ographique- gĂ©omĂštres, topographes, cartographes- utilisent directement les coordonnĂ©es, la plupart des utilisateurs se positionnent par rapport aux objets concrets de leur espace de travail : routes, bĂątiments, riviĂšres, voies ferrĂ©es, etc.
C’est cette couche d’information dĂ©crivant physiquement le territoire qui constitue la rĂ©fĂ©rence gĂ©ographique de la majoritĂ© des applications.
Cette description physique doit ĂȘtre parfaitement qualifiĂ©e Ă  une prĂ©cision au moins mĂ©trique et de quelques dĂ©cimĂštres en zone urbaine et comporter la gĂ©omĂ©trie des objets associĂ©e aux seuls Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  leur identification. Elle doit ĂȘtre mise Ă  jour en permanence au moins pour les Ă©lĂ©ments les plus significatifs du paysage.

Les limites administratives et les zonages statistiques

Une masse considĂ©rable d’information administrative, Ă©conomique ou sociale est attachĂ©e au dĂ©coupage administratif. A l’heure des technologies de l’information, la reconnaissance du rĂŽle de l’IGN comme gestionnaire officiel de la base nationale de rĂ©fĂ©rence des limites administratives paraĂźt nĂ©cessaire. Elle doit se traduire par une procĂ©dure administrative lui permettant d’ĂȘtre officiellement informĂ© de toute modification de ces limites.
Par ailleurs, les zonages statistiques Ă©tablis par l’INSEE servent de base au rattachement de l’information socio-Ă©conomique sur les personnes ou les entreprises. Il est proposĂ© qu’une convention entre les deux organismes dĂ©finisse les modalitĂ©s d’utilisation par l’INSEE de la rĂ©fĂ©rence produite par l’IGN ainsi que les rĂšgles de diffusion de la rĂ©fĂ©rence statistique ainsi constituĂ©e.

L’information fonciùre

Les collectivitĂ©s locales, les ministĂšres “amĂ©nageurs» et les entreprises Ă  rĂ©seau utilisent la parcelle fonciĂšre comme outil premier de l’analyse. Qu’il s’agisse des plans d’occupation des sols, des projets d’amĂ©nagement, des contrats territoriaux d’exploitation la parcelle cadastrale est au cƓur du processus de dĂ©cision publique.
Mais cette dĂ©cision publique intĂšgre d’autres Ă©lĂ©ments - sur le contenu de la parcelle et les caractĂ©ristiques physiques de son environnement- et ignore le dĂ©coupage en section du plan cadastral. La cohĂ©rence de l’information parcellaire avec la rĂ©alitĂ© physique du territoire et sa continuitĂ© territoriale doivent donc ĂȘtre assurĂ©es ce qui est loin d’ĂȘtre le cas Ă  l’heure actuelle.
Il est proposĂ© que l’IGN en parallĂšle avec la crĂ©ation de la rĂ©fĂ©rence topographique assure, selon des modalitĂ©s contractuellement dĂ©finies entre lui et la DGI, cette remise en gĂ©omĂ©trie du plan scannĂ© ou, lorsque cette version existe, vectorisĂ© et qu’une reconnaissance officielle permette Ă  ce plan rectifiĂ© de se substituer au plan ancien.
La distinction doit ĂȘtre faite aujourd’hui entre l’IGN chargĂ© de la description physique du territoire et le Cadastre chargĂ© de gĂ©rer sa description fonciĂšre sans limitation d’échelle ni pour l’un ni pour l’autre.
ConcrĂštement, dĂšs lors que l’IGN se sera mis en mesure d’assurer la mise Ă  jour des bĂątiments en temps quasi rĂ©el, il est proposĂ© que cette mise Ă  jour constitue la couche “bĂątiment» unique de la rĂ©fĂ©rence publique, qu’il s’agisse de sa version topographique ou du plan cadastral.

L’adresse

L’adresse postale constitue l’interface de localisation la plus couramment utilisĂ©e parles administrations ou les entreprises. Elle permet de localiser les individus et les entreprises mais aussi les Ă©quipements des rĂ©seaux publics ; elle est essentielle aussi bien pour des services publics comme les services de secours que pour les entreprises de vente Ă  distance.
Il est proposĂ© qu’un organisme officiel, qui pourrait ĂȘtre le CNIG, soit chargĂ©, en concertation avec l’ensemble de ces acteurs, de proposer les mĂ©thodes et l’organisation nĂ©cessaires Ă  la constitution et Ă  l’entretien de cette rĂ©fĂ©rence ainsi que les modalitĂ©s de son financement.
Le rĂŽle de l’IGN dans cette opĂ©ration sera d’associer une position gĂ©ographique Ă  chaque adresse mais aussi, dĂšs lors qu’il aura la charge de la mise Ă  jour continue de l’information sur les bĂątiments, d’assurer son entretien en partenariat avec l’ensemble de ces partenaires et enfin de diffuser et valoriser cette rĂ©fĂ©rence dans sa version localisĂ©e.


LE POSITIONNEMENT STRATEGIQUE DE L’IGN

L’intĂ©rĂȘt de l’IGN est donc de disposer dans les termes les plus courts de l’information de rĂ©fĂ©rence sur tout le territoire, de se mettre en mesure dans le mĂȘme temps de l’entretenir de façon permanente et, bien loin d’en restreindre l’usage d’en multiplier les utilisations grĂące Ă  une politique tarifaire adaptĂ©e et en facilitant l’apport de valeur ajoutĂ©e par les entreprises privĂ©es.

La doctrine d’utilisation de la subvention

Il serait possible d’envisager un fractionnement en quatre de la dotation budgĂ©taire :

‱ une enveloppe dĂ©diĂ©e au financement de la constitution de la rĂ©fĂ©rence nationale prĂ©citĂ©e (2) ; cette enveloppe aurait vocation Ă  dĂ©croĂźtre, une fois la constitution de la rĂ©fĂ©rence achevĂ©e ;

‱ une enveloppe dĂ©diĂ©e au financement des activitĂ©s de service public pur de l’IGN (formation, recherche, relations publiques, coopĂ©ration internationale, etc.) ;

‱ une enveloppe liĂ©e Ă  l’existence, pour certains produits, de zones gĂ©ographiques de non-rentabilitĂ© commerciale ; elle peut avoir pour objet, Ă  la fin de la constitution de la rĂ©fĂ©rence, de garantir une mise Ă  jour de mĂȘme qualitĂ© sur l’ensemble du territoire.

‱ une enveloppe consacrĂ©e Ă  la couverture des frais gĂ©nĂ©raux et de structure non couverts par la marge sur coĂ»ts directs

La politique tarifaire

Si la subvention finance la constitution de la rĂ©fĂ©rence, la tarification doit, quant Ă  elle, viser Ă  couvrir ses frais d’entretien. Cette orientation conduit Ă  une politique tarifaire sensiblement diffĂ©rente de celle pratiquĂ©e aujourd’hui.

‱ au lieu de se fonder sur les 50 000km2 Ă  constituer chaque annĂ©e, elle le fait sur les 550 000 km2 Ă  entretenir. La recette Ă  recueillir par km2 est alors sensiblement diffĂ©rente. Elle conduit Ă  des prix unitaires notablement plus bas et favorise le dĂ©veloppement des usages.

‱ au lieu d’avoir pour objet de complĂ©ter le financement des opĂ©rations annuelles de production, elle a celui de financer un service continu de mise Ă  jour. Elle doit viser le lissage des ressources au cours du temps au lieu de chercher Ă  maximiser la recette immĂ©diate. Les contrats d’abonnement Ă  la mise Ă  jour doivent ĂȘtre privilĂ©giĂ©s.

La stratĂ©gie de tarification doit, enfin, ĂȘtre complĂ©tĂ©e par les orientations suivantes :

‱ bien loin de refuser Ă  ses clients l’utilisation de ses produits pour Ă©diter des cartes ou gĂ©nĂ©rer de la valeur ajoutĂ©e, l’IGN doit, au contraire, prĂ©voir un tarif de copyright qui permette aux utilisateurs d’éditer de tels documents et Ă  lui-mĂȘme de complĂ©ter ses ressources.

‱ la tarification doit permettre Ă  l’utilisation de l’information gĂ©ographique de se rĂ©pandre chez les clients. Elle doit favoriser la diffusion des applications chez les utilisateurs en prĂ©voyant une dĂ©gressivitĂ© trĂšs rapide en fonction du nombre de postes de travail (3) exploitant son information.


RECHERCHE ET FORMATION : DEUX CLEFS DU DEVELOPPEMENT DES UTILISATIONS

La croissance du marchĂ© de l’information gĂ©ographique dĂ©pend du positionnement de l’IGN mais elle dĂ©pend Ă©galement de la capacitĂ© technologique des entreprises et de la qualitĂ© de la formation des hommes.

Vers un réseau de recherche technologique

Il est donc proposĂ© la mise en place sous l’autoritĂ© du MinistĂšre de l’Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie d’un RĂ©seau de Recherche Technologique en information gĂ©ographique sur le modĂšle de ce qui est en cours sur les thĂšmes de l’observation de la terre ou du data mining par exemple.

La formation et la place de l’ENSG

L’Ecole Nationale des Sciences GĂ©ographiques (E.N.S.G.) doit affirmer davantage son rĂŽle national pour la formation en information gĂ©ographique, tant en ce qui concerne sa production que son utilisation. A cet effet, elle doit dĂ©velopper les partenariats dĂ©jĂ  créés, notamment avec l’Ecole Nationale des Ponts et ChaussĂ©es mais aussi avec l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat et l’Ecole Nationale du Cadastre.

L’IGN archive de l’image du territoire

Un effort particulier doit ĂȘtre fait pour promouvoir l’utilisation de ces archives. La premiĂšre Ă©tape peut consister en la numĂ©risation complĂšte du catalogue de ces archives et sa mise Ă  disposition publique.


CONCLUSION

Les quelques mois consacrĂ©s Ă  l’exploration du monde de l’information gĂ©ographique ont permis Ă  la mission de vĂ©rifier qu’il est en rapide Ă©volution et en pleine expansion. La France ne peut y tenir (ou y retrouver) sa place que si l’IGN joue pleinement son rĂŽle, en permettant aux pouvoirs publics (nationaux ou locaux) de disposer de documents prĂ©cis et fiables et au secteur privĂ© d’y apporter de la valeur ajoutĂ©e source de richesse. Ceci ne se fera pas sans une profonde remise en cause des habitudes de travail Ă  tous les niveaux de la hiĂ©rarchie car c’est aussi de cette remise en cause que dĂ©pend l’avenir de l’établissement et mĂȘme, au delĂ , le rĂŽle de notre pays dans un domaine porteur de progrĂšs.


notes
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(1) Loi n° 99-533 du 25 juin 1999 Journal Officiel du 29 juin 1999 Article 53 : “ Les informations localisĂ©es issues des travaux topographiques ou cartographiques rĂ©alisĂ©s par l'Etat, les collectivitĂ©s locales, les entreprises chargĂ©es de l'exĂ©cution d'une mission de service public, ou pour leur compte, doivent ĂȘtre rattachĂ©es au systĂšme national de rĂ©fĂ©rence de coordonnĂ©es gĂ©ographiques, planimĂ©triques et altimĂ©triques dĂ©fini par dĂ©cret et utilisable par tous les acteurs participant Ă  l'amĂ©nagement du territoire. ”

(2 ) Dont le coĂ»t total serait allĂ©gĂ© par l’adoption de spĂ©cifications substantiellement allĂ©gĂ©es pour la BD Topo.

(3) Il faut noter qu’avec la tarification unitaire par poste actuelle, un utilisateur souhaitant acquĂ©rir 15 licences de la BD Topo a plutĂŽt intĂ©rĂȘt Ă  faire refaire le travail qu’à se fournir auprĂšs de l’IGN.

-----------------------------------------------------------------
fiche élaborée par le groupe de travail à partir du rapport "Les perspectives d'évolution de l'information géographique et les conséquences pour l'IGN" présenté au Premier Ministre par le Député Guy Lengagne en septembre 1999.
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avril 2000

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#38 Mon 14 January 2008 16:58

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°34 : PROPOSITIONS DU RAPPORT MANDELKERN 

Plusieurs fiches techniques du CNIG ont déjà abordé le thÚme de la diffusion des données publiques (1). Mais elles ne pouvaient prendre en compte la pression technologique qui s'exerce aujourd'hui, en particulier par les accÚs à distance. Un rapport administratif récent, entrepris dans le cadre d'une réflexion confiée par le Premier ministre à Bruno Lasserre sur "L'Etat et les nouvelles technologies de l'information" aborde le sujet de la "diffusion des données publiques et révolution numérique". Son auteur, Dieudonné Mandelkern, propose un ensemble de définitions et élabore des recommandations qui marquent une évolution de plus dans l'accessibilité des données publiques. Elles devraient connaßtre une suite rÚglementaire sinon législative dans les prochains mois.
La prĂ©sente fiche, constituĂ©e d'extraits du rapport, en propose les Ă©lĂ©ments principaux. 

INTRODUCTION 

Avec la mise en place d'un Programme d'action du Gouvernement pour l'entrée de la France dans la société de l'information (PAGSI), les Pouvoirs publics ont pris acte de l'ampleur des modifications qu'introduit la forme numérique de l'information, en créant de nouveaux services, en modifiant les usages, en bouleversant les positions acquises.

Si la question de la diffusion des données publiques a déjà donné lieu à maintes réflexions et décisions, leur numérisation pose les problÚmes sous un jour nouveau en raison de l'instantanéité, de l'extension sans limite et du faible coût de la diffusion, ainsi que de l'interactivité que permettent les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

L'Atelier mis en place pour prĂ©parer le rapport a permis de faire dĂ©battre de ces problĂšmes conflictuels la plupart des parties intĂ©ressĂ©es : administrations, diffuseurs publics, Ă©diteurs privĂ©s, reprĂ©sentants de la presse spĂ©cialisĂ©e, universitaires, 

DEFINITIONS UTILISEES

Données publiques

Les donnĂ©es publiques sont des donnĂ©es collectĂ©es ou produites, dans le cadre de sa mission, par un service public sur fonds publics, Ă  condition d'avoir vocation Ă  ĂȘtre diffusĂ©es.
Cette définition reprend celle proposée par la circulaire Premier ministre du 14 février 1994 et la complÚte pour tenir compte des secrets légaux. Elle s'applique quelle que soit la modalité d'exercice du service public : régie, EPA, EPIC, délégation de service public.

Données de base

Les donnĂ©es de base sont des donnĂ©es brutes traitĂ©es de maniĂšre strictement nĂ©cessaire pour ĂȘtre techniquement et lĂ©galement communicables.
Cette notion est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  celle de donnĂ©es brutes, certaines d'entre elles ne pouvant faire l'objet d'une diffusion sans un traitement minimum ou bĂ©nĂ©ficient d'une valeur ajoutĂ©e minimale rĂ©sultant de leur mise en oeuvre pour les besoins propres du service. 

LES EFFETS DES NOUVELLES TECHNOLOGIES

‱ le faible coĂ»t de la diffusion et de la duplication remet en cause la structure tarifaire de la diffusion des donnĂ©es publiques. MĂȘme si la diffusion numĂ©rique peut entraĂźner des coĂ»ts de structuration de l'information, les prix des matĂ©riels baissent et les services publics se doivent d'utiliser les techniques disponibles en application du principe de mutabilitĂ©. La notion de coĂ»t marginal perd de plus en plus de sa pertinence.

‱ une nouvelle prise en compte de la dimension du temps donne un sens nouveau Ă  la notion de qualitĂ©. L'exigence croissante de rĂ©activitĂ© conduit Ă  des mises Ă  jour frĂ©quentes, Ă  des dĂ©lais de tĂ©lĂ©chargement et de rĂ©ponse aux messages rapides. Par ailleurs, l'intĂ©gritĂ© et l'authenticitĂ© des donnĂ©es deviennent des composantes importantes de la qualitĂ© et sont sources d'une demande de labellisation.

‱ l'interactivitĂ© provoque diverses consĂ©quences. Elle impose une dĂ©limitation claire et publique des compĂ©tences administratives qui ont mĂ©caniquement tendance Ă  aller au-delĂ , pour satisfaire l'usager. Elle conduit Ă  faire Ă©voluer l'organisation interne des services, pour rendre disponible l'expertise ad hoc et adapter les chaĂźnes de dĂ©lĂ©gations de pouvoir. Elle poussera Ă  l'extension de la notion de "donnĂ©es essentielles" introduite par le PAGSI.

UN SECTEUR TRES CONFLICTUEL

‱ la diffusion des donnĂ©es publiques paraĂźt en France une activitĂ© peu dynamique, traversĂ©e par des conflits multiples. Mais beaucoup des difficultĂ©s qui agitent ce secteur sont indĂ©pendantes du progrĂšs technologique et tiennent Ă  l'inadaptation de l'encadrement juridique actuel. Trois secteurs sont apparus particuliĂšrement conflictuels, le secteur de l'information gĂ©ographique, les donnĂ©es publiques juridiques, l'information Ă©conomique et financiĂšre sur les entreprises.

‱ quatre griefs principaux sont relevĂ©s : l'accĂšs des Ă©diteurs privĂ©s est l'un des sujets majeurs de conflits, la tarification est contestĂ©e, de mĂȘme que les modalitĂ©s de l'organisation de la diffusion. De plus, diffĂ©rentes critiques d'ordre technique sont Ă©galement frĂ©quemment formulĂ©es.

RECOMMANDATIONS

L’obligation de mise Ă  disposition numĂ©rique

La numérisation du travail administratif permet et rend aujourd'hui nécessaire l'instauration d'une obligation incombant aux organismes publics de mettre à disposition les données publiques de base numérisées diffusables, moyennant la possibilité d'une rémunération, sauf pour les données "essentielles"(2).

‱ l'obligation de mise Ă  disposition se limiterait Ă  une attitude de diffusion passive, qui devrait normalement consister en une mise en ligne des donnĂ©es. Elle ne vise que les flux de donnĂ©es nouvelles. Elle a pour corollaire l'instauration effective d'un inventaire, pour chaque administration, des gisements de donnĂ©es numĂ©risĂ©es. Pour inclure les collectivitĂ©s locales, et dans certains cas les services publics industriels et commerciaux, une telle obligation devrait ĂȘtre instaurĂ©e par un texte de nature lĂ©gislative.

‱ une telle obligation imposerait aux services publics de motiver et de justifier un refus de diffusion.

‱ elle offrirait aux entreprises ainsi qu'aux associations et au monde universitaire, une possibilitĂ© trĂšs large de retraiter les donnĂ©es publiques. Elle contribuerait aussi Ă  la mise en oeuvre effective d'un accĂšs citoyen.

‱ elle ouvrirait largement les gisements de donnĂ©es publiques aux opĂ©rateurs privĂ©s.

La diffusion gratuite des données essentielles

Le rapport considÚre données essentielles les données publiques dont la mise à disposition est une condition indispensable à l'exercice des droits du citoyen. Le critÚre de la finalité de l'usage commande une présentation des données essentielles sous une forme facilement et universellement accessible.

Les données essentielles incluront, pour une compréhension facile par un large public, des données plus ou moins enrichies, sans que cet enrichissement conduise à offrir un service qui pourrait concurrencer l'activité éditoriale privée. Les données essentielles ne recoupent ni les données brutes, ni les données de base.

La notion de citoyen renvoie par ailleurs Ă  la catĂ©gorie des personnes physiques ou des personnes morales sans but lucratif. Elle exclut les entreprises. En outre, le citoyen ne se rĂ©duit pas Ă  l'administrĂ© dans la mesure oĂč il participe au dĂ©bat public dĂ©mocratique. Les donnĂ©es publiques indispensables Ă  cet exercice (et notamment un certain nombre de statistiques Ă©conomiques) sont incluses dans la catĂ©gorie des donnĂ©es essentielles.

L'application dynamique de cette définition ne peut enfin se concevoir que dans la cadre d'une instance de concertation avec les différentes parties concernées. En effet, pour garantir la sécurité juridique et la pérennité des investissements du secteur privé, il importe que celui-ci soit tenu au courant à l'avance des évolutions possibles du périmÚtre des données essentielles.

L’organisation des modalitĂ©s de diffusion

Dans le cadre de l'obligation générale de diffusion, et le cas des données essentielles étant réglé par ailleurs, une réglementation de l'organisation économique du secteur doit répondre aux conflits rémanents qui opposent opérateurs publics et éditeurs privés, prévenir la transposition de difficultés semblables apparues dans les autres modes de valorisation de l'information publique et favoriser le développement harmonieux de cette activité.

‱ il est proposĂ© de distinguer deux catĂ©gories de producteurs de donnĂ©es publiques. Les "diffuseurs publics institutionnels" sont les organismes producteurs dont la production, en vertu des textes, est organisĂ©e en vue justement de sa diffusion, comme l'IGN, MĂ©tĂ©o-France, l'INPI, etc, ou auxquels les textes assignent comme mission principale la diffusion des donnĂ©es produites par d'autres administrations, comme la direction du Journal Officiel ou la Documentation Française. Ces organismes resteraient libres d'organiser leurs modes de diffusion commerciale directe ou indirecte, dans le respect du droit de la concurrence et des conventions internationales. Tous les autres organismes administratifs seraient tenus de diffuser leurs donnĂ©es publiques selon une relation de partenariat avec le secteur privĂ©, dont les modalitĂ©s seraient variĂ©es mais obĂ©iraient Ă  quelques principes gĂ©nĂ©raux.

‱ dans le cas des diffuseurs publics institutionnels, le tarif demandĂ© pourrait prendre en compte une contribution aux frais de maintien du systĂšme informationnel, calculĂ©e selon des mĂ©thodes objectives et contrĂŽlables. Dans le cas des autres organismes publics, la tarification serait limitĂ©e aux coĂ»ts de mise Ă  disposition des donnĂ©es en ligne, c'est-Ă -dire aux coĂ»ts techniques d'accĂšs. La transformation des donnĂ©es brutes en donnĂ©es de base ne serait en revanche pas facturĂ©e puisque la plupart des donnĂ©es publiques ont vocation Ă  ĂȘtre communicables

‱ dans tous les cas, la tarification - Ă©ventuelle - des licences de rediffusion devrait ĂȘtre calculĂ©e de façon Ă  ne pas entraĂźner de distorsion de concurrence Ă  l'Ă©gard du secteur privĂ© et Ă  favoriser le dĂ©veloppement du marchĂ©. Dans certains cas, une tarification proportionnelle au volume pourrait ĂȘtre le meilleur moyen de remplir cet objectif, notamment en facilitant l'entrĂ©e de nouveaux opĂ©rateurs de faible taille.

La forme de régulation du secteur

L'Atelier préconise la création d'une instance de régulation compétente pour l'ensemble des acteurs de la diffusion des données publiques, y compris les diffuseurs institutionnels. Elle serait placée auprÚs du Premier ministre compte tenu du caractÚre interministériel du sujet.

‱ Cette instance remplirait une tĂąche de formulation de recommandations gĂ©nĂ©rales en matiĂšre de services, en matiĂšre de tarifs, etc

‱ Elle serait consultĂ©e Ă  une pĂ©riodicitĂ© rĂ©guliĂšre sur la dĂ©finition des donnĂ©es essentielles de chaque secteur, 
‱ Concernant les diffĂ©rends entre secteurs public et privĂ©, cette instance pourrait comprendre un comitĂ© plus restreint remplissant un rĂŽle de mĂ©diation.

LES TEXTES EXISTANTS

Les rapports

Ces rapports sont consultables sur le site de la documentation française ou sur le site "admi.net"

‱ la commercialisation des donnĂ©es publiques, M. Gaudrat pour l'Observatoire Juridique des Technologies de l'Information (1992)
‱ diffusion des donnĂ©es publiques et marchĂ© de l'information, P. Soubie Ă  l'Association "Communication publique"
‱ les relations entre le secteur public et le secteur privĂ© dans le domaine de l'industrie Ă©ditoriale, M. Groshens au Premier Ministre
‱ DonnĂ©es personnelles et sociĂ©tĂ© de l'information, M. Braibant, mars 1998
‱ Le commerce Ă©lectronique : une nouvelle donne pour les consommateurs, les entreprises, les citoyens et les entreprises publiques, F. Lorentz au ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, janvier 1998

Les textes législatifs, de portée trÚs générale

‱ la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 sur l'accùs aux documents administratifs
‱ la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative Ă  l'informatique, aux fichiers et aux libertĂ©s
‱ la loi n° 79-18 du 3 janvier 1979 sur les archives
‱ le projet de loi relatif aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations

Les circulaires générales

‱ la circulaire du 14 fĂ©vrier 1994 relative Ă  la diffusion des donnĂ©es publiques
‱ la circulaire du 20 mars 1998 sur l'activitĂ© Ă©ditoriale de l'administration
‱ la circulaire du 28 janvier 1999 relative à la diffusion gratuite des rapports officiels sur internet

Les textes de niveau communautaire

‱ le droit communautaire de la concurrence
‱ la directive 95/46/CE du 24 octobre 1995, relative Ă  la protection des personnes physiques Ă  l'Ă©gard du traitement des donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel et Ă  la libre circulation de ces donnĂ©es
‱ la directive 96/9/CE du 11 mars 1996 concernant la protection juridique des bases de donnĂ©es
‱ la directive 90/313/CEE sur les donnĂ©es environnementales
‱ le livre vert du 20 janvier 1999 sur l'information Ă©manant du service public dans la sociĂ©tĂ© de l'information


notes
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1) n°8 données publiques localisées, aspects juridiques, n°24 La diffusion des données informatiques publiques, contraintes, méthodologie et enjeux

2) voir paragraphe suivant

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fiche élaborée par le groupe de travail à partir du rapport "Diffusion des données publiques et révolution numérique" établi par Dieudonné Mandelkern en novembre 1999.

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avril 2000

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#39 Mon 14 January 2008 16:58

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°35 : LES ANIMATIONS REGIONALES EN INFORMATION GEOGRAPHIQUE 

Depuis plusieurs annĂ©es, on assiste au dĂ©veloppement des initiatives d’animation rĂ©gionale pour la promotion de l’information gĂ©ographique. Celles-ci prennent la forme d’actions conjointes entre les diffĂ©rents services des collectivitĂ©s publiques, notamment entre des services dĂ©concentrĂ©s de l’Etat et des services techniques de collectivitĂ©s territoriales. L’ensemble de ces acteurs se retrouvent aux diffĂ©rentes manifestations organisĂ©es pĂ©riodiquement par le CNIG, Ă  Paris et en rĂ©gion. Le CNIG, avec le Conseil rĂ©gional et la PrĂ©fecture de rĂ©gion de Provence-Alpes-CĂŽte-d’Azur a organisĂ© une premiĂšre rencontre nationale de ces animations, Ă  Marseille au printemps 1999, pour Ă©changer et dĂ©battre sur diffĂ©rents points d’actualitĂ©.

Cette fiche aura un double but :

- présenter ces initiatives intéressantes qui constitueront de plus en plus des relais utiles aux travaux du CNIG,

- susciter des rĂ©actions, concernant les articulations possibles entre ces animations de niveau rĂ©gional et les structures plus locales, comme les CDIG par exemple, ou portant sur d’autres initiatives du mĂȘme ordre.

DES LIEUX

La décennie 1990 a été marquée par le développement des animations professionnelles géomatiques.

Elles sont organisĂ©es par des structures verticales, comme le groupe de travail de l’AIVF "SIG et topographie" ou des comitĂ©s de coordination dans les ministĂšres de l’agriculture, de l’environnement ou de l’équipement, ou Ă  l’initiative de clubs d’utilisateurs d’une marque de logiciels ou d’une base de donnĂ©es gĂ©ographiques de rĂ©fĂ©rence. Elles ont toutes vu leur audience - et donc leur responsabilitĂ© - s’accroĂźtre.

A cĂŽtĂ© de ces pionniĂšres, un nouveau type d’animation est nĂ© durant cette pĂ©riode : les animations rĂ©gionales. Cette appellation gĂ©nĂ©rique recouvre une grande diversitĂ© d’initiatives et d’organisations, mais qui visent toutes Ă  rĂ©unir un certain nombre d’utilisateurs au sein d’un territoire commun, en l’occurrence Ă  l’échelle rĂ©gionale :

‱ A l’origine de ces rĂ©unions on trouve le plus souvent la volontĂ© de mettre en commun des donnĂ©es ou plus simplement la nĂ©cessitĂ© de partager le coĂ»t d’acquisition des donnĂ©es de base.
‱ si l’impulsion a une dimension politique, l’animation reste le fait de l’initiateur, le partenariat demeure resserrĂ©.
‱ si l’impulsion Ă©mane essentiellement des techniciens, l’animation s’ouvre Ă  quelques autres partenaires et leur cercle s’agrandit. Ces animations visent aujourd’hui Ă  rĂ©pondre aux diffĂ©rents besoins des utilisateurs: ‱ Ă©changes de techniques et de mĂ©thodologie,
‱ dĂ©veloppement des Ă©changes de donnĂ©es,
‱ participation de la gĂ©omatique au dĂ©veloppement de la sociĂ©tĂ© de l’information,
‱ participation de la gĂ©omatique Ă  l’activitĂ© Ă©conomique rĂ©gionale.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_35_1.png[/img]


ECHANGES TECHNIQUES ET DE METHODOLOGIES

C’est une fonction classique des dispositifs d’animation professionnelle. On pourrait s’attendre Ă  la voir suffisamment prise en compte dans les structures verticales plus traditionnelles. Mais les besoins d’échanges techniques et mĂ©thodologiques subsistent pour les raisons identifiĂ©es dans le livre blanc d’AFIGEO :

‱ outils et mĂ©thodes du marchĂ© encore trop gĂ©nĂ©raux; insuffisance des applications "mĂ©tiers",
‱ insuffisance des formations initiales en analyse spatiale, en analyse de donnĂ©es,
‱ insuffisance de donnĂ©es sous forme numĂ©rique accessibles et qualifiĂ©es.

Ces problĂšmes risquent de rester d’actualitĂ© pour quelques annĂ©es encore.

DEVELOPPEMENT DES ECHANGES DE DONNEES

C’est la fonction la plus spĂ©cifique des animations rĂ©gionales. Elle rĂ©pond aux besoins conjointement ressentis par diffĂ©rents partenaires sur un mĂȘme territoire. C’est l’un des motifs importants d’intĂ©rĂȘt du CNIG pour ces animations.

Cette fonction recouvre un vaste champ de préoccupations :

‱ catalogage des donnĂ©es, description standardisĂ©e de leurs caractĂ©ristiques,
‱ adoption de rĂ©fĂ©rentiels gĂ©ographiques commun, en cohĂ©rence avec les politiques nationales,
‱ dĂ©veloppement des nomenclatures sectorielles et spĂ©cification des donnĂ©es thĂ©matiques d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

Ces investissements sont effectivement nĂ©cessaires pour que les organisations internes de chaque partenaire soient durables et que les donnĂ©es Ă©changĂ©es puissent ĂȘtre rĂ©ellement utilisĂ©es.

SOCIETE DE L’INFORMATION

Dans ce domaine, les techniciens de l’information gĂ©ographique sont, tout autant que d’autres, mĂ©fiants Ă  l’égard des formules technocratiques. Mais leur expĂ©rience les conduit Ă  donner un sens concret Ă  plusieurs d’entre elles :

‱ la qualitĂ© des donnĂ©es au service de la qualitĂ© de l’action publique,
‱ contribution au dĂ©veloppement de la transparence de l’action publique,
‱ contribution au dĂ©veloppement du dĂ©bat dĂ©mocratique - une attitude bien en phase avec diffĂ©rentes Ă©volutions lĂ©gislatives rĂ©centes et en prĂ©paration, dans l’amĂ©nagement du territoire et en urbanisme local.

Plusieurs contrats de plan Etat-RĂ©gion intĂšgrent des investissements particuliers en donnĂ©es gĂ©ographiques au titre de diverses politiques. Ce qui prouve que les contributions d’une information gĂ©ographique adaptĂ©e bĂ©nĂ©ficient Ă  l’ensemble des acteurs publics. L’une des questions d’actualitĂ© est de faire prendre en compte une part complĂ©mentaire pour l’animation proprement dite.

FORMATION, VEILLE TECHNOLOGIQUE

Les animations permettent Ă©galement de confronter et de complĂ©ter les initiatives sectorielles au service de la veille technologique et de la mise en place d’actions de formation continue.

Elles permettent d’organiser plus facilement des journĂ©es techniques ou thĂ©matiques particuliĂšres.


ACTIVITE ECONOMIQUE REGIONALE

Ces animations amĂšnent les acteurs de la gĂ©omatique Ă  revendiquer la place qui lui revient dans l’activitĂ© Ă©conomique rĂ©gionale. En effet, s’il devient assez courant de reconnaĂźtre sa part prise dans la qualitĂ© des dĂ©cisions publiques, il est plus rare d’évoquer sa contribution directe Ă  l’activitĂ© Ă©conomique proprement dite. Or, ces animations contribuent indĂ©niablement Ă  cette forme de reconnaissance :

‱ en maintenant des annuaires des compĂ©tences professionnelles disponibles,
‱ en capitalisant les investigations locales au travers de cahiers des charges et de documents techniques,
‱ en mettant en relations les centres de formation, les entreprises et les maütres d’ouvrage publics,
‱ en dĂ©veloppant des Ă©changes avec les diffĂ©rentes structures de recherche concernĂ©es.

ET MAINTENANT

Le principe de rĂ©unions pĂ©riodiques organisĂ©es par le CNIG, conjointement avec l’une ou l’autre des rĂ©gions disposant d’une "animation rĂ©gionale", a Ă©tĂ© retenu lors de la rĂ©union de Marseille. L’appui du CNIG pourra revĂȘtir plusieurs formes :

‱ organisation pĂ©riodique de rĂ©unions d’échanges entre animations rĂ©gionales,
‱ dĂ©veloppement d’une rubrique spĂ©cifique sur le serveur du CNIG permettant d’identifier les diffĂ©rentes animations existantes et de constituer un "portail" de leurs sites respectifs,
‱ capitalisation des expĂ©riences en aidant Ă  formaliser les travaux sectoriels qui le justifieraient.

Il s’agit maintenant de passer de l’animation Ă  l’administration des donnĂ©es, en professionnalisant les comportements, en pĂ©rennisant les structures, en dĂ©veloppant les liens avec les CDIG, pour contribuer pleinement au dĂ©veloppement des utilisations de l’information gĂ©ographique et participer en particulier aux rĂ©flexions nationales sur les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence.

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fiche établie par le groupe de travail à partir du compte rendu de la journée nationale des animations régionales du 25 mars 1999 à Marseille.

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avril 2000

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#40 Mon 14 January 2008 16:58

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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°36 : LE « GLOBAL POSITIONING SYSTEM » (GPS)

Le Global Positioning System (GPS) est un moyen de positionnement dont la conception date des années 1970. Mais il ne fut réellement opérationnel (industrialisation des récepteurs, nombre de satellites en service...) que vers 1991, d'importants retards de lancement ayant été causés par les aléas du programme de la navette spatiale américaine.


Principes généraux

Un ensemble de prĂšs de trente satellites (Navstar, lancĂ©s par le ministĂšre amĂ©ricain de la dĂ©fense) orbite vers 20 000 km d'altitude. Ceux-ci Ă©mettent en permanence des signaux radioĂ©lectriques de trĂšs faible puissance, Ă  des frĂ©quences de l'ordre de 1,2 GHz (appelĂ©e L2) et 1,6 GHz (appelĂ©e L1) modulĂ©s par des signaux numĂ©riques pour lesquels chaque bit d'information est Ă©mis Ă  une date connue avec une extrĂȘme prĂ©cision.
Ces bits décrivent par ailleurs la position du satellite concerné, avec un débit élevé (10 MHz), ce qui conduit à une émission à spectre trÚs large et donc à une grande insensibilité aux émissions parasites.

Au sol, un rĂ©cepteur observe avec prĂ©cision la date de rĂ©ception de ces mĂȘmes bits, et les dĂ©code.

Les satellites sont tous calĂ©s sur la mĂȘme Ă©chelle de temps. Par contre, le rĂ©cepteur ne dispose pas, au dĂ©part, d'une heure prĂ©cise. Il y a donc quatre paramĂštres inconnus par le rĂ©cepteur : les 3 coordonnĂ©es de son antenne, ainsi que son dĂ©calage temporel avec l'Ă©chelle de temps des satellites. Il faut donc observer simultanĂ©ment au moins quatre satellites dont on connaĂźt la position, pour calculer la position du rĂ©cepteur.
Ce type de fonctionnement, compte tenu des diffĂ©rentes limites physiques du systĂšme, peut donner en temps rĂ©el une prĂ©cision d’une dizaine de mĂštres en absolu.

Cela suffit Ă  satisfaire les exigences des applications militaires, mais pas celles de la topographie.

Pour cette derniĂšre, il a fallu mettre au point une application dĂ©rivĂ©e en utilisant le systĂšme en mode diffĂ©rentiel : si deux rĂ©cepteurs (ou plus) reçoivent les mĂȘmes satellites au mĂȘme moment et s'ils sont capables de faire les mesures de maniĂšre continue (par un asservissement sur la phase mĂȘme du signal Ă©mis) pendant de longues durĂ©es (de quelques minutes pour une distance de quelques kilomĂštres Ă  une heure pour de longues distances), le vecteur orientĂ© joignant les deux antennes peut ĂȘtre calculĂ© avec une prĂ©cision de l'ordre du centimĂštre.

Sources d’erreurs rĂ©siduelles

a) Connaissance de la position des satellites, dont les paramĂštres d'orbites font partie des informations Ă©mises par les satellites eux-mĂȘmes
Cette position n’est prĂ©cise qu’à quelques mĂštres, mais l'observation diffĂ©rentielle Ă©limine la plus grosse partie de cette erreur. Lorsqu'on recherche la prĂ©cision maximale, on est amenĂ© Ă  employer des orbites recalculĂ©es avec une trĂšs grande prĂ©cision, depuis 1992, par un service international composĂ© d’un groupe de laboratoires scientifiques volontaires (IGS, pour International GPS Service) qui fournit gracieusement ces informations avec un diffĂ©rĂ© d’une dizaine de jours.

b) Connaissance de l'indice de réfraction des derniers kilomÚtres de l'atmosphÚre (troposphÚre)

Cette erreur est difficile Ă  modĂ©liser. La teneur en vapeur d'eau des basses couches de l'atmosphĂšre, trĂšs imprĂ©visible, est un facteur prĂ©pondĂ©rant d’incertitude.
Mais ce risque d’erreur s'Ă©limine en partie lorsque les deux rĂ©cepteurs sont Ă  la mĂȘme altitude et dans des conditions climatiques proches, l'observation diffĂ©rentielle soustrait l'un de l'autre deux facteurs, mal connus, mais presque Ă©gaux.

Ce n'est plus le cas si les altitudes des antennes sont trÚs différentes (montagne).

On note donc sans surprise que la dĂ©termination de la coordonnĂ©e verticale (altitude ellipsoĂŻdique) est toujours moins bonne que celle des coordonnĂ©es planimĂ©triques (d'un facteur significatif, d’à peu prĂšs 2 dans les meilleurs cas, jusqu'Ă  5 et plus dans des configurations de rĂ©ception mĂ©diocres).

c) Connaissance du contenu Ă©lectronique de l’ionosphĂšre (couche trĂšs haute de l’atmosphĂšre)

Pour les ondes radio, l'ionosphĂšre est une couche trĂšs perturbatrice. Le signal qui s’y propage est ralenti en fonction de la teneur locale en charges libres (qui varie parfois trĂšs rapidement avec le flux de particules venant du Soleil et de l'espace) et de la frĂ©quence du signal. Lorsqu'on recherche la prĂ©cision maximale, en recevant les deux frĂ©quences Ă©mises et en comparant les temps de propagation sur ces deux canaux, on sait Ă©liminer l'essentiel de cet effet. Mais ceci exige des rĂ©cepteurs dits « bifrĂ©quence », bien plus onĂ©reux que les appareils « monofrĂ©quence » devenus trĂšs courants.

d) Réflexions parasites des ondes avant de parvenir à l'antenne

Ces « multitrajets » se produisent Ă  proximitĂ© de surfaces trĂšs rĂ©flĂ©chissantes (surfaces planes Ă  10 cm prĂšs, et conductrices). Ils reprĂ©sentent un allongement de la distance antenne/satellite impossible Ă  connaĂźtre et, donc, des erreurs de mesure parfois trĂšs gĂȘnantes, que bien des logiciels de traitement ne permettent pas de dĂ©tecter facilement.

On remarque donc que le matĂ©riel employĂ©, la nature des opĂ©rations de mesure ainsi que le type de calcul effectuĂ© sont essentiels pour la prĂ©cision des rĂ©sultats. Aujourd'hui, on mesure sans trop de difficultĂ©s des rĂ©seaux de quelques kilomĂštres Ă  un centimĂštre prĂšs avec des appareils monofrĂ©quence et des logiciels fournis par les fabricants de matĂ©riel. Mais en mettant en Ɠuvre les mĂ©thodes les plus raffinĂ©es (recalcul d'orbite, mesures bifrĂ©quences, observations longues, etc...), des chercheurs savent mesurer des distances de plusieurs centaines de kilomĂštres, voire plusieurs milliers, avec une erreur sub-centimĂ©trique.

Il faut ajouter une information gĂ©nĂ©rale importante : les informations Ă©mises par les satellites sont volontairement « bruitĂ©es » (N.D.L.R. ce brouillage est dĂ©sactivĂ© en temps de paix) et leur qualitĂ© est dĂ©gradĂ©e par un code rĂ©servĂ© aux militaires amĂ©ricains, ce qui conduit Ă  des qualitĂ©s de localisation avec un rĂ©cepteur unique de l'ordre de 50 Ă  100 m. La consĂ©quence de ces brouillages (appelĂ©s AS et SA) est simplement d'exiger, en mode diffĂ©rentiel prĂ©cis, plus de temps de mesure pour une mĂȘme qualitĂ© de rĂ©sultat.


Différents types de récepteurs et de modes de réception

Il y a sur le marchĂ© une grande variĂ©tĂ© de rĂ©cepteurs GPS. Les plus nombreux, les rĂ©cepteurs destinĂ©s Ă  un usage isolĂ©, ne travaillent que sur la frĂ©quence L1 et ne mesurent pas la phase du signal reçu. Ces rĂ©cepteurs sont destinĂ©s Ă  la navigation automobile (guidage intelligent en complĂ©ment d'une base de donnĂ©es cartographique), Ă  la navigation de plaisance, Ă  la randonnĂ©e. Ces rĂ©cepteurs sont fabriquĂ©s Ă  partir d’élĂ©ments Ă©lectroniques qui ne coĂ»tent que quelques dizaines d’euro, habillĂ©s sous un format trĂšs compact. PrĂ©cision : 100 m en planimĂ©trie, 200 m en altimĂ©trie.

Ces appareils peuvent ĂȘtre associĂ©s par paire, avec, par exemple, une liaison radio entre eux. Dans ces conditions, le matĂ©riel est plus onĂ©reux (prix de la liaison radio et d'un petit calculateur temps rĂ©el). La prĂ©cision, dans la zone oĂč la liaison radio fonctionne, est alors mĂ©trique (de 0,5 Ă  3 m selon les matĂ©riels).

Il existe, pour des besoins de prĂ©cision plus Ă©levĂ©s, des rĂ©cepteurs ne travaillant encore que sur L1 (appelĂ©s donc « monofrĂ©quences »), mais qui mesurent la phase de la porteuse en plus des codes qui la modulent. Ces appareils n'ont d'intĂ©rĂȘt que lorsqu’ils travaillent en mode diffĂ©rentiel, soit en enregistrant de part et d'autre les signaux reçus sur des mĂ©moires de masse, soit en mode temps rĂ©el avec une liaison radio. La prĂ©cision sur le vecteur orientĂ© joignant les antennes peut alors atteindre couramment le centimĂštre. Les coĂ»ts, pour une paire de rĂ©cepteurs, sont trĂšs variables (mĂ©moires de masse, liaison radio...).

Ce sont des matériels professionnels, typiquement destinés aux géomÚtres.

Comme ils ne travaillent que sur L1, ils ne peuvent s'affranchir des effets ionosphériques. Aussi leur précision se dégrade pour des distances dépassant 10 km : le modÚle d'erreur sera en planimétrie, par exemple, de 1 cm combiné avec 2 x 10-6 de la distance mesurée. En mode différentiel temps réel (avec liaison radio), ces équipements permettent les levers centimétriques en temps réel, qui concurrencent directement les méthodes topographiques traditionnelles, sans jamais poser de problÚmes d'orientation.

Enfin, il existe des récepteurs mesurant les codes et la phase sur L1 et L2 (ils sont appelés alors « bifréquences »), avec des capacités de suivi de tous les satellites visibles, et des mémoires de masse permettant des enregistrements sur plusieurs heures. Ils permettent la mesure de grandes bases sans dégradation due à l'ionosphÚre, mais, de plus, les temps de mesures sont bien plus courts qu'avec des appareils monofréquences (deux fois plus de données). Ces appareils, destinés à un marché beaucoup plus limité, sont nettement plus onéreux que les précédents.


Contraintes operationnelles pour les usagers

La contrainte principale est d'ordre expĂ©rimental : l'antenne doit ĂȘtre en position de recevoir au moins quatre satellites. La plupart des rĂ©cepteurs reçoivent assez mal sous les feuillages, en ville les immeubles peuvent limiter considĂ©rablement la zone visible du ciel. Donc, il existe de nombreux environnements oĂč l'on peut ĂȘtre dans l'incapacitĂ© de mesurer : le matĂ©riel employĂ© n'y est en gĂ©nĂ©ral pour rien.

Un autre point important est relatif aux calculs effectués : que ce soit en point isolé ou sous forme de vecteur orienté allant d'une antenne de récepteur à une autre, les résultats sont purement géométriques, et n'ont d'utilité que si l'on connaßt le systÚme de référence employé.

Ils sont disponibles sur un ellipsoĂŻde international (WGS 84), et ne pourront ĂȘtre fournis dans un autre systĂšme que si les paramĂštres de transformation sont connus du logiciel : ceci peut poser de graves problĂšmes dans certains pays, en particulier si le systĂšme de rĂ©fĂ©rence national n’est pas basĂ© sur des mesures spatiales homogĂšnes en prĂ©cision (par exemple aprĂšs rĂ©-observation par GPS).

Par ailleurs, les mesures GPS sont géométriques, c'est à dire qu'aucun lien n'est effectué avec le champ de pesanteur terrestre.

Or, les systĂšmes d'altitudes nationaux sont tous rĂ©fĂ©rencĂ©s sur le champ de pesanteur terrestre : la surface d'altitude nulle Ă©tant trĂšs voisine d'une surface Ă©quipotentielle du champ de pesanteur, le gĂ©oĂŻde. Cela revient Ă  dire que les mesures GPS ne peuvent concourir Ă  des dĂ©terminations d'altitudes que si le gĂ©oĂŻde est connu avec une grande prĂ©cision, ce qui n'est le cas que dans quelques pays. Il faut donc faire extrĂȘmement attention Ă  la coordonnĂ©e d’altitude dĂ©livrĂ©e par le GPS : il ne s'agit jamais d'une altitude (sauf correction de gĂ©oĂŻde incluse dans le post-traitement si de telles donnĂ©es sont disponibles, ce qui peut ĂȘtre le cas en France compte tenu de la disponibilitĂ© de la grille de correction RAF 98), mais une grandeur gĂ©omĂ©trique qui en est proche.

Évolution de la qualitĂ© d'un rĂ©fĂ©rentiel national

Pendant des siĂšcles et jusqu'aux annĂ©es 1990, les rĂ©seaux gĂ©odĂ©siques nationaux Ă©taient obtenus par triangulation, avec des mises Ă  l'Ă©chelle assez difficiles puisque les mesures de distances n'ont pu ĂȘtre effectuĂ©es facilement sur grandes distances que depuis les annĂ©es 70.

L'histoire de la conception globale d'un réseau impliquait, par suite des imperfections des procédés employés, des modÚles d'erreurs trÚs complexes.

Typiquement, les coordonnĂ©es diffusĂ©es en France pour la NTF s'Ă©cartaient des valeurs exactes (que l'on aurait obtenues si tout avait Ă©tĂ© parfait) de grandeurs d'autant plus Ă©levĂ©es que l'on s'Ă©loignait de Paris, pouvant par exemple atteindre 10 mĂštres vers Nice. Le rĂ©fĂ©rentiel faisant foi n'Ă©tait donc pas le rĂ©fĂ©rentiel thĂ©orique, mais celui rĂ©ellement disponible au travers de ses bornes et de leurs coordonnĂ©es (fausses) publiĂ©es. D'oĂč des difficultĂ©s sans fin lorsque les bornes Ă©taient dĂ©truites et reconstruites : rien ne permettant de garantir que la re-dĂ©termination aurait les mĂȘmes erreurs que la dĂ©termination ancienne. On a coutume de prĂ©senter les modĂšles d'erreurs de la NTF sous la forme « 1 cm/km », erreur purement relative, sans trop Ă©voquer l'erreur absolue (pouvant donc atteindre plusieurs mĂštres) des coordonnĂ©es publiĂ©es.

Ceci avec une excellente excuse : personne ne s'intĂ©resse Ă  des coordonnĂ©es absolues fausses de 10 m Ă  Nice, mais tous sont concernĂ©s par l'erreur relative entre deux points proches. Hors, celle-ci Ă©tait infĂ©rieure Ă  5 cm entre deux points Ă©loignĂ©s de 5 km. Le problĂšme d'erreurs absolues se pose surtout lorsqu'on passe d'un systĂšme Ă  un autre, pour passer, par exemple, de la NTF au rĂ©fĂ©rentiel italien dans notre cas : personne ne devra alors s'Ă©tonner que le simple changement de coordonnĂ©es puisse ĂȘtre entachĂ© d'erreurs atteignant le mĂštre...

Le modÚle d'erreurs, avec la géodésie moderne utilisant le GPS précis appuyé sur la référence mondiale, est complÚtement différent. On peut alors parler d'erreur absolue, par exemple de 2 cm pour le RBF (réseau de base français, observé par GPS vers 1995), et guÚre plus (moins de 5 cm en général) pour la NTF (triangulation française terminée vers 1980) recalculée en s'appuyant sur le RBF et le densifiant, en quelque sorte.

Les « GPS » russes et européens

Il existe un systĂšme russe Ă©quivalent du GPS, le GLONASS, lui aussi en phase opĂ©rationnelle Ă  titre militaire. De nombreuses dĂ©marches internationales visent Ă  obtenir, en y ajoutant quelques autres contributions (EuropĂ©enne, Japonaise) sous forme de satellites gĂ©ostationnaires (pour l’Europe il s’agit d’EGNOS), un systĂšme pleinement opĂ©rationnel pour les applications civiles comme la navigation aĂ©rienne et navale. Le GPS ne peut en effet pas servir Ă  ce but tout seul, puisqu'il reste sous le commandement direct du MinistĂšre de la DĂ©fense amĂ©ricain qui peut Ă  tout instant le dĂ©sactiver sans prĂ©avis.

Dans cette logique, l’Agence Spatiale EuropĂ©enne a Ă©galement engagĂ© le projet Galileo, qui pourrait vers 2008 constituer une alternative de grande qualitĂ© au GPS.

Les stations permanentes

Pour les professionnels de l'information gĂ©ographique, le GPS ne prĂ©sente une utilitĂ© qu'avec une prĂ©cision allant du centimĂštre au mĂštre. Cela implique, comme nous l’avons vu, un fonctionnement en mode diffĂ©rentiel : un appareil est sur un point de coordonnĂ©es connues, l'autre sur le point Ă  dĂ©terminer.

Soulignons encore les différences entre variantes existantes :

‱ En matiĂšre de matĂ©riel : la prĂ©cision de la « dĂ©tection Ă  bon marchĂ© », destinĂ©e aux besoins du grand public, reste limitĂ©e aux alentours de un mĂštre, car l'on ne mesure pas la phase du signal Ă©mis par les satellites mais uniquement sa modulation (« mesure de codes »). Pour arriver Ă  une prĂ©cision de l’ordre du centimĂštre, on mesure la phase sur une ou deux frĂ©quences, et le prix du matĂ©riel s'en ressent considĂ©rablement ;

‱ En matiĂšre de transfert de donnĂ©es : le calcul exige de connaĂźtre les mesures obtenues sur les deux stations. Si le transfert de donnĂ©es est effectuĂ© en temps rĂ©el par liaison radio, alors on peut Ă©galement obtenir des coordonnĂ©es en temps rĂ©el. Mais il est possible de se satisfaire de traiter les deux lots de donnĂ©es en temps diffĂ©rĂ© - par exemple lors du retour au bureau. Cela Ă©vite le souci d'Ă©tablir, puis d'entretenir, une liaison radio, mais enlĂšve toute certitude que les donnĂ©es mesurĂ©es soient bonnes. La certitude est pourtant un « sous-produit » normal et fort apprĂ©ciĂ© d'un calcul de coordonnĂ©es en temps rĂ©el ;

‱ En matiĂšre de type de traitement des donnĂ©es possible : sur des bases courtes (typiquement moins de 15 km), il est possible de mesurer et calculer en mode « statique rapide », avec des temps d'observation rĂ©duits Ă  quelques minutes. Mais lorsque la station de rĂ©fĂ©rence est plus Ă©loignĂ©e, (voire beaucoup plus : on sait calculer des bases de plus de 5000 km), le temps de mesure devient plus long et se compte en heures, voire en journĂ©es. Il y a donc actuellement un saut quantitatif dans la valeur Ă©conomique du GPS : sur bases courtes le « GPS temps rĂ©el » serait souvent un bon concurrent du tachĂ©omĂštre s'il fallait n'amortir qu'un appareil seulement au lieu de deux.

Le concept de « station permanente GPS » est issu de telles considérations.

Il faut en effet bien se rappeler que la grande majoritĂ© des levers se font dans les agglomĂ©rations, lĂ  oĂč la densitĂ© de population est grande. C'est lĂ  qu'une baisse significative du coĂ»t de mesure sera la plus intĂ©ressante, mĂȘme si l'emploi du GPS n’y est pas facile, Ă  cause des masques formĂ©s par les bĂątiments ou la vĂ©gĂ©tation urbaine. Pour rĂ©duire fortement l’investissement initial requis, il y a donc un grand intĂ©rĂȘt Ă  mettre en commun une station GPS unique, Ă  mettre les donnĂ©es enregistrĂ©es en permanence Ă  la disposition de tous, afin que chacun puisse travailler en GPS en n’utilisant qu’un seul rĂ©cepteur. Et en gardant Ă  l'esprit ce seuil actuel de l'ordre de 15 km, on comprend qu’il est possible d’optimiser la dĂ©pense globale en installant une station permanente dans chaque agglomĂ©ration de taille significative. La charge logique en revient alors au service technique de la ville, puisque les administrĂ©s en sont les principaux bĂ©nĂ©ficiaires.

L'installation d'une liaison hertzienne locale permettant le temps rĂ©el prĂ©cis (mode dit "RTK" pour Real Time Kinematic) prĂ©sente souvent des difficultĂ©s (installation un Ă©metteur radio actuellement peu aisĂ©e, et subsistance de zones « d'ombre » dans les agglomĂ©rations, causĂ©es par des bĂątiments empĂȘchant une rĂ©ception correcte du signal radio). Mais la situation devrait Ă©voluer rapidement Ă  cause de la gĂ©nĂ©ralisation prĂ©vue sous peu de GSM (tĂ©lĂ©phones cellulaires) Ă  grand dĂ©bit de donnĂ©es (on prĂ©voit 2 MB/s disponible vers 2003). Si le prix de la liaison n'est pas excessif, cela permettra une gĂ©nĂ©ralisation rapide du temps rĂ©el.

Pour l'instant, une bonne solution consiste à mettre les données à disposition sur un serveur (Internet par exemple), avec un différé n'excédant pas 1 heure par exemple.

Ainsi les Ă©quipes rentrant du terrain tĂ©lĂ©chargeront leurs donnĂ©es de la station de rĂ©fĂ©rence et calculeront tous leurs points levĂ©s, sans perdre de temps. Il reste que l’installation d’une liaison temps rĂ©el n’est pas exclusive d’un post traitement, que l’on emploiera par exemple lorsque la liaison radio est mauvaise.

Toutefois dans la comparaison entre temps réel et temps différé, il ne faut pas oublier les points suivants :

‱ Une mise Ă  disposition des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence, par Internet, en temps lĂ©gĂšrement diffĂ©rĂ©, restera probablement gratuite de façon durable, sans avoir Ă  acquĂ©rir un matĂ©riel particulier. Un format standard, le RINEX, existe pour ces Ă©changes, il est dĂ©jĂ  largement pratiquĂ© ;

‱ En revanche, la mise Ă  disposition d'une liaison temps rĂ©el ne bĂ©nĂ©ficie aujourd'hui pas d'une standardisation complĂšte des formats. Elle exige un matĂ©riel complĂ©mentaire de rĂ©ception des donnĂ©es temps rĂ©el, directement compatible avec le matĂ©riel RTK de la station d'Ă©mission des donnĂ©es, et n'aura finalement pas de raison d'ĂȘtre gratuit.

En guise de conclusion

Pour de multiples raisons, le « tout-GPS » et la fin du tachĂ©omĂštre ne sont pas pour demain : d'abord parce que le lever par tachĂ©omĂštre est, comme son nom l'indique, extrĂȘmement rapide et fonctionne en toutes circonstances, de façon complĂštement autonome, que le ciel soit ou non visible. Ensuite, parce que tous les points Ă  lever ne sont pas « stationnables » : on peut y mettre un rĂ©flecteur au besoin, mais certainement pas toujours une antenne GPS ! Et comme par ailleurs les levers tachĂ©omĂ©triques nĂ©cessitent une orientation, on ne se passera pas de sitĂŽt des rĂ©seaux locaux matĂ©rialisĂ©s qui nous sont familiers.

En matiÚre de levers GPS de précision métrique, il y a quelques enjeux nouveaux créés par la généralisation de l'emploi de SIG pour des applications trÚs variées.

Pour leur mise à jour, la précision du mÚtre est parfois suffisante. Il est alors dommage d'utiliser des méthodes de précision beaucoup trop élevée, dont le coût de revient est inutilement important.

Par exemple, si nous dotons un technicien d'un récepteur GPS recevant sur abonnement des corrections lui permettant d'atteindre le mÚtre en temps réel (matériel qui sous peu sera trÚs bon marché), si nous lui mettons en main un télémÚtre laser portable permettant la mesure de distances sans réflecteur, équipé d'un inclinomÚtre et d'un compas magnétique, il est clair qu'il aura ainsi la possibilité de donner les coordonnées de tous les points entrant dans son champ de vision, sans avoir, par exemple, à pénétrer dans les propriétés closes.

Il est donc important de faire bénéficier la mise à jour des bases de données géographiques de ces méthodes, probablement bien moins onéreuses que toute autre. Les sociétés offrant sur abonnement un service de corrections GPS en temps réel sont donc appelées à se multiplier dans les prochaines années, compte tenu du nombre considérable de clients potentiels !

Bibliographie :

S. Botton, F. Duquenne, Y. Egels, M. Even, P. Willis, GPS, localisation et navigation, HermÚs, 1996, ouvrage de base, publié sous l'égide du Conseil National de l'Information Géographique,

Dossier « Les stations GPS permanentes » (revue GéomÚtre, Mars 2000), dont cette fiche reprend quelques éléments.

Fiche élaborée par Michel Kasser,
Institut Géographique National
avril 2000


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#41 Mon 14 January 2008 16:58

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Fiche obsolĂšte : RV sur http://www.cnig.gouv.fr

Série 2000
Fiche n°37 : cnig.gouv.fr

Depuis 1996, le CNIG développe un serveur télématique qu'il enrichit progressivement. Ce site a une double fonction. Au plan institutionnel, il rassemble toutes les informations ayant trait aux textes officiels et aux événements d'actualité. Au plan pratique, il apporte un minimum d'indications utiles aux professionnels, en développant des rubriques particuliÚres, comme celle consacrée aux fiches techniques, ou en fournissant les liens avec d'autres sites susceptibles de fournir des éléments utiles.
Il a paru intĂ©ressant de lui consacrer une fiche technique pour montrer l’étendue de ses possibilitĂ©s dans ces deux domaines.

Les toutes prochaines évolutions de ce serveur intégreront des procédures interactives qui permettront, en particulier, de recueillir tous les avis des lecteurs qui voudront s'exprimer à propos des fiches du CNIG.
La présentation qui suit n'est autre que le plan du site, certaines rubriques faisant, si nécessaire, l'objet d'un commentaire.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_37_1.jpg[/img]

TEXTES OFFICIELS / COMMISSIONS/ GROUPES DE TRAVAIL

Historique
‱ Un bref historique du CNIG

Décret
‱ Le dĂ©cret instituant le CNIG

Textes réglementaires
Les textes concernant l’information gĂ©ographique et portant sur les aspects techniques et organisationnels du secteur :
‱ ArrĂȘtĂ© du 20 mai 1948
‱ Circulaire du 15 dĂ©cembre 1948
‱ ArrĂȘtĂ© du 21 janvier 1980
‱ Instruction du 28 janvier 1980
‱ DĂ©cret portant statuts du CNIG

Commissions et groupes de travail
‱ Economie
‱ Topo-fonciùre
‱ Certification
‱ Positionnement statique et dynamique
‱ Plan numĂ©rique national
‱ MĂ©tiers
‱ Toponymie
‱ maütrise d'ouvrage SIG

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_37_2.jpg[/img]

ACTUALITES / DEBATS / NOUVELLES

Calendrier des réunions

Questions fréquemment posées
Un premier niveau de réponse avec des liens vers les sites concernant le problÚme

Mission parlementaire
Mission Lengagne
‱ PrĂ©sentation
‱ Lettre de mission
‱ Textes de rĂ©fĂ©rence
‱ Agenda
‱ Exprimez-vous (les diffĂ©rentes contributions faĂźtes dans le cadre du forum ouvert pendant la durĂ©e de la mission restent consultables)

Loi d’amĂ©nagement du territoire et projet de dĂ©cret d’application
‱ PrĂ©sentation
‱ Texte article 53
‱ Projet de dĂ©cret
‱ Projet de rapport de prĂ©sentation

DerniĂšre heure
Les brÚves de l'actualité géomatique

CATALOGUES / ANNUAIRES / LISTES

Catalogue des sources
(En cours de constitution)

Catalogue de la formation
(En cours de constitution)

Annuaire des sociétés
‱ PrĂ©sentation
‱ Liste alphabĂ©tique
‱ Organismes professionnels
‱ Consultants
‱ Editeurs de cartes
‱ Editeurs de logiciels
‱ GĂ©omercatique
‱ Production et distribution de donnĂ©es
‱ SociĂ©tĂ©s de services
‱ Liste des autres sites Web
‱ Mise à jour en ligne

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_37_3.jpg[/img]

Rapports d’études

Actes des journées et séminaires

Fiches maütrise d’ouvrage

Liens avec d’autres sites Web

OUTILS / RECHERCHE / TRANSFERT

Recherche sur le site
Page permettant de rechercher rapidement une information Ă  partir d’un mot clĂ©

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_37_4.jpg[/img]

Transfert FTP
Page rassemblant les liens avec tous les documents téléchargeables du site

DOSSIERS FRANCE / INTERNATIONAL

France
‱ NumĂ©risation du cadastre
‱ SystĂšme de rĂ©fĂ©rence et projections
‱ ProblĂ©matique des donnĂ©es publiques
‱ ModĂšles de donnĂ©es et mĂ©tadonnĂ©es
‱ Normalisation en France
‱ Le GPS en France

Europe
‱ L’Information gĂ©ographique et la Commission EuropĂ©enne
‱ Les organisations paneuropĂ©ennes
‱ Lien vers EUROGI

International
‱ Les projets de bases de donnĂ©es mondiales
‱ Normalisation internationale

Fiche réalisée par le groupe de travail avec
l'aide du Secrétariat général du CNIG
avril 2000


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#42 Mon 14 January 2008 16:58

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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°38 : FICHIERS RASTER ET DONNEES MAILLEES

Les techniques de numĂ©risation automatique progressent rapidement et modifient les options Ă  disposition du technicien. La prĂ©sente fiche rend compte de l'Ă©tat de la question courant 1999. Une nouvelle fiche sera Ă©tablie dans l'une des prochaines sĂ©ries. 

LES DEUX FAÇONS DE NUMERISER DES DONNEES

L’utilisateur peut numĂ©riser ses donnĂ©es de deux façons :
‱ La vectorisation, par la saisie de segments de droite (ou d’arc de cercle, de polygone ou de toute autre “primitive”), reprĂ©sentant le dessin initial, et appelĂ©s "vecteurs" dans le vocabulaire des mathĂ©matiques. La vectorisation, manuelle ou semi-automatique, permet Ă  l’opĂ©rateur de saisie de reconnaĂźtre les objets gĂ©ographiques prĂ©sentĂ©s par le document et de leur attribuer un code permettant Ă  l’utilisateur de les retrouver, de les traiter, en fonction de ses besoins particuliers.
‱ Le scannage, ou la photographie numĂ©rique, qui produit un document Ă©lectronique appelĂ© fichier raster ou bit-map, contenant une information encore appelĂ©e “maillĂ©e”. La norme française NF 52-000 (EDIGĂ©O) en dĂ©crit les rĂšgles de structuration sous la forme d'un modĂšle conceptuel de donnĂ©es matricielles.

Le scannage

Cette opĂ©ration produit un fichier informatique appelĂ© raster ou bit-map. Le terme raster vient du monde de la tĂ©lĂ©vision et rappelle que l’image est traduite en Ă©lectronique par balayage. Le terme bit-map est utilisĂ© quand le fichier reprĂ©sentant l’image n’est pas compressĂ©.

Les donnĂ©es recueillies n’incluent aucune reconnaissance de l’information. Elles ne font que reproduire une image, Ă  l’aide des techniques de l’enregistrement Ă©lectronique.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_38_1.jpg[/img]

Le scannage ne se substitue pas à la numérisation vectorielle. Cette derniÚre est nécessaire pour reconnaßtre les objets qui constituent la carte, le plan, et dont la description est normalisée (cf. la nomenclature du CNIG).

Les données maillées

Le scannage permet d’enregistrer sur disque magnĂ©tique ou sur CD-ROM un plan, une carte, un dessin ou une photographie qui sont dĂ©jĂ  une reprĂ©sentation de la rĂ©alitĂ©.

L’appareil photographique numĂ©rique permet de constituer la reprĂ©sentation de la rĂ©alitĂ© directement sur le mĂ©dia Ă©lectronique. Par nature, la reprĂ©sentation de cette rĂ©alitĂ© est constituĂ©e par une grille de petits carrĂ©s, les “mailles”, issue de la grille constituant le capteur de l’appareil.

Contrairement aux donnĂ©es en mode vecteur qui dĂ©crivent des objets gĂ©ographiques Ă  l’aide de points, de lignes ou de polygones, les donnĂ©es maillĂ©es dĂ©crivent la surface d’un territoire selon une grille rĂ©guliĂšre oĂč chaque maille, ou encore pixel pour les anglo-saxons, prĂ©sente une valeur codant l’information.

La structuration des donnĂ©es scannĂ©es ou maillĂ©es n’est pas impossible, mais sa mise en oeuvre gomme l’intĂ©rĂȘt de la technique.

INTERET DU SCANNAGE

Les cartes et plans scannĂ©s, ou les photographies numĂ©riques, prĂ©sentent l’avantage de pouvoir ĂȘtre rapidement et facilement mis en oeuvre. Leur production est Ă©conomique et leur utilisation est facile. Les progiciels d’édition de fichiers raster facilitent l’assemblage des planches connexes, ainsi que la rĂ©utilisation des extraits de plans dans les rapports de prĂ©sentation, les plans de situation dont les services font un usage frĂ©quent.

La carte scannée : les photographies numériques peuvent ainsi servir de fond de plan, voire de référencement cartographique. Les progiciels récents savent afficher un document raster simultanément avec un graphisme vectoriel.

L’État a choisi cette solution pour numĂ©riser le plan cadastral de 1999 Ă  2001. La technique est plus simple et permet de mettre les documents Ă  la disposition du plus grand nombre dans un dĂ©lai limitĂ©. Les services du cadastre n’ont pas pour autant abandonnĂ© la numĂ©risation vectorielle du cadastre car les principaux utilisateurs en expriment le besoin (cas frĂ©quent en agglomĂ©ration urbaine).

Disponibilité

L’un des intĂ©rĂȘts de la carte ou du plan scannĂ© rĂ©side dans sa disponibilitĂ©.
Scanner un document de grand format ne prend que quelques minutes et peut ĂȘtre effectuĂ© par de nombreux reprographes, pratiquement sans dĂ©lai, pour un coĂ»t infĂ©rieur Ă  100 F.

Jusqu’à une date rĂ©cente, les donnĂ©es maillĂ©es – qui existent depuis longtemps – Ă©taient restĂ©es confinĂ©es Ă  un usage relativement spĂ©cialisĂ© (production de donnĂ©es par photo-interprĂ©tation, tĂ©lĂ©dĂ©tection, vectorisation) faute de moyens techniques suffisants pour en tirer le meilleur parti. Cette situation Ă©volue rapidement depuis quelques annĂ©es au rythme de l’évolution technique.

L’I.G.N. a ainsi scannĂ© l’ensemble de ses cartes du 1:25 000 au 1:1 000 000. Ces documents ont l’intĂ©rĂȘt d'ĂȘtre en couleur - une couleur parmi 256 sur un pixel de 0,1 mm de cĂŽtĂ©. Les documents fichiers raster sont disponibles Ă  la vente pour des prix variant en fonction des produits : (1 000 F pour la carte de France au 1:1 000 000 ou pour une dalle de 10 km de cĂŽtĂ© Ă  l’échelle du 1:25 000).

Les planches cadastrales sont quant Ă  elles en cours de scannage avec une prĂ©cision identique. Toutes les communes devraient ĂȘtre couvertes Ă  la fin de 2000 ou au dĂ©but de 2001.

Les photographies aĂ©riennes et satellitaires bĂ©nĂ©ficient Ă©galement des avancĂ©es techniques et permettent d’obtenir des donnĂ©es plus fines, dont la fabrication est fiabilisĂ©e et simplifiĂ©e.

Des images Ă  trĂšs haute rĂ©solution (avec une maille correspondant Ă  10 cm sur le terrain) peuvent ĂȘtre obtenues directement par la camĂ©ra numĂ©rique, Ă  des prix de revient en diminution constante.

L’I.G.N s’apprĂȘte ainsi Ă  commercialiser des orthophotoplans numĂ©riques dĂ©partementaux avec une maille de 50 cm, et envisage pour un avenir plus lointain d'employer une camĂ©ra numĂ©rique pour proposer des produits d'une qualitĂ© encore meilleure avec des mailles trĂšs fines (de l’ordre de 20 cm) sur de plus faibles Ă©tendues (des villes par exemple).

La société Géosys propose également la couverture des principales villes avec des images numériques sur catalogue, mises à jour annuellement.

Cette liste d'offre n'est évidemment pas exhaustive, il faudrait citer d'autres sociétés : Eurosense, Ortea, lnterAtlas, Géoimage, etc.

Inconvénients du scannage

L’inconvĂ©nient de la carte ou du plan scannĂ©, du document maillĂ©, rĂ©side dans l’absence d’une reconnaissance des objets constituant le document. Cette caractĂ©ristique interdit certaines utilisations : liaison avec une banque de donnĂ©es techniques, dĂ©finition d’attributs, analyse spatiale, etc.

Un autre inconvĂ©nient de la carte ou du plan scannĂ© se rencontre dans les changements d’échelle. Alors que la reprĂ©sentation vectorielle autorise une grande souplesse, les plans scannĂ©s acceptent difficilement les agrandissements ou les rĂ©ductions d’un facteur supĂ©rieur Ă  2. C’est particuliĂšrement vrai pour le plan cadastral dont l’assemblage regroupe dĂ©jĂ  des feuilles d’échelles diffĂ©rentes.

Une rĂ©duction au 1:5 000, essentiellement utilisĂ©e comme fond de plan pour le P.O.S. constitue une limite, tandis que l’agrandissement au 1:500 d’un assemblage comprenant une planche initialement dessinĂ©e au 1:2 000 montrera cette partie avec des graphismes trop Ă©pais pour certaines utilisations.

LES DIFFICULTES D'EXPLOITATION

Bien que d'apparence souvent plus lisible pour l'oeil, les données maillées présentent quelques difficultés d'exploitation dans un SIG vectoriel.

En effet, sauf à représenter le terrain tel qu'il est (cas des images numériques du territoire utilisées comme simple "fond de carte"), ces données nécessitent souvent un travail d'interprétation des informations portées par la maille.

En outre, le principe du maillage est peu compatible avec une notion de base de données attributaires. Il est encore difficile de mettre en oeuvre des informations attributaires complexes associées à chaque maille.

Enfin, les logiciels permettant une intĂ©gration de donnĂ©es maillĂ©es dans un SIG n'offrent pas de souplesse rĂ©elle de manipulation, en particulier pour le croisement des couches raster entre elles. Il est, par exemple, difficile de gĂ©rer des images dont les mailles ont des tailles diffĂ©rentes. Par ailleurs, en termes de restitution visuelle ou cartographique, une seule "couche" est visible. Certains logiciels offrent la possibilitĂ© de rendre transparente une couleur, mais cette solution n'est applicable qu'Ă  des cartes rasters peu chargĂ©es, en gĂ©nĂ©ral monochromes. L'exploitation croisĂ©e avec des donnĂ©es vecteur n'est gĂ©nĂ©ralement pas disponible sur les logiciels actuels, malgrĂ© l'intĂ©rĂȘt Ă©norme que peuvent reprĂ©senter de tels croisements.

A ces difficultĂ©s gĂ©nĂ©rales d'exploitation, dues essentiellement aux outils logiciels, s'ajoutent d'autres difficultĂ©s liĂ©es Ă  la nature de l'information elle-mĂȘme. On peut ainsi distinguer quatre catĂ©gories de donnĂ©es maillĂ©es, comportant chacune leur limite mĂ©thodologique :

Les données raster traduisant une grandeur naturellement continue

On doit entendre ici des informations qui ont un sens en chaque point du territoire : une donnée d'altitude, de pente, d'orientation, des mesures de pression atmosphérique, de bruit, des temps d'accÚs, des cartes de distance, des valeurs de contrainte ...

Le mode maillé est pour ce type d'information le moyen le plus pertinent de représentation. La valeur portée par la maille est une valeur directement liée au phénomÚne représenté. Il n'y a pas d'ambiguïté pour exploiter ces données.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_38_2.jpg[/img]

Les difficultés viendront souvent des logiciels SIG qui ne permettent pas d'intégrer ces données dans toute leur richesse, ou ne permettent pas d'en tirer l'information utile.

Les données nécessitant une interprétation.

On classera ici les photographies aériennes ou satellites. Ce sont des images "naturelles" du territoire sous forme numérique.

Dans ce cas l'information portĂ©e par la maille correspond Ă  une intensitĂ© lumineuse renvoyĂ©e par le sol. Toute la difficultĂ© consiste Ă  dĂ©terminer Ă  quoi correspond cette intensitĂ© lumineuse : s'agit-il de forĂȘt, de bĂąti, d'eau, de roche, de surfaces labourĂ©es ?

En fait, le codage de l'information n'est pas univoque et nécessite une interprétation faisant souvent appel à d'autres sources d'information (texture de l'image, connaissance des lieux, ...). Pour cela, trois voies sont couramment utilisées :
‱ soit l'interprĂ©tation totalement automatique, utilisant au mieux les techniques du traitement d'image : cette solution est ancienne, dispose de nombreuses rĂ©fĂ©rences, mais souffre d'une Ă©volution technique permanente et d'une absence de stabilisation des procĂ©dĂ©s ;
‱ soit une interprĂ©tation totalement rĂ©alisĂ©e par un opĂ©rateur: il faut alors disposer d'une rĂ©elle compĂ©tence, et la rĂ©gularitĂ© de l'interprĂ©tation est toujours un problĂšme ;
‱ soit une forme d’interprĂ©tation utilisant les potentiels des deux solutions prĂ©cĂ©dentes, dans ce qui est appelĂ© l'interprĂ©tation assistĂ©e par ordinateur : on prĂ©pare diffĂ©rentes vues de l'image Ă  partir des techniques automatiques, et elles sont interprĂ©tĂ©es par un opĂ©rateur.

Ces donnĂ©es sont donc des sources d'information trĂšs riches et facilement actualisables,  mais elles nĂ©cessitent en contrepartie un haut niveau de savoir-faire pour ĂȘtre exploitĂ©es.

Les données portant une information déjà interprétée

Chaque maille porte un code faisant référence à une information de façon univoque. Le code fait référence à une nomenclature (figure 5) bien précise (classification statistique du territoire selon la nomenclature CLUSTER proposée par EUROSTAT, par exemple).

Afin de reprĂ©senter des objets trĂšs proches les uns des autres, on est obligĂ© de diminuer globalement la taille de la maille, ce qui augmente de maniĂšre importante la taille des fichiers. Une autre solution consiste Ă  utiliser es techniques plus sophistiquĂ©es, telles que les quad-trees, en coupant une maille en quatre mailles plus petites, et ceci uniquement lĂ  oĂč cela est utile. Malheureusement, elles sont peu souvent implĂ©mentĂ©es dans les logiciels SIG. Le principal frein Ă  leur utilisation est le peu de donnĂ©es qui existent sous cette forme aujourd'hui.

Les données reproduisant une information déjà interprétée, existant sur papier

II s'agit des cartes scannées, telles que les cartes routiÚres, le cadastre, ou les cartes géologiques.

Extraire des informations géographiques d'une carte scannée en s'appuyant sur la légende graphique présente beaucoup de difficultés : en effet, une couleur correspond rarement à un poste de la légende.

Des techniques de reconnaissance de caractÚres, de vectorisation automatique, alliées à des classifications de couleur, peuvent dans certains cas aider à extraire une partie de l'information contenue dans la carte scannée, afin d'en produire une information vectorielle. Leur emploi reste cependant difficile, sauf par des professionnels.

Les cartes scannĂ©es peuvent donc ĂȘtre utilisĂ©es comme rĂ©fĂ©rentiel visuel, comme fond de plan (elles prĂ©sentent un aspect familier aux utilisateurs), comme source d'information (numĂ©risation sous forme vecteur d'Ă©lĂ©ments graphiques contenus dans la carte), mais ne peuvent que rarement ĂȘtre utilisĂ©es comme une information pouvant ĂȘtre croisĂ©e directement avec une autre.

En faisant abstraction des raisons qui motivent (dĂ©montrent) l'intĂ©rĂȘt d'utiliser des donnĂ©es maillĂ©es et des difficultĂ©s mĂ©thodologiques qui freinent leur usage rĂ©el, il demeure un certain nombre de rĂ©alitĂ©s pratiques qui expliquent aussi une grande part de ce dĂ©collage tardif de l'usage des donnĂ©es raster dans les SIG.

LA CONSTITUTION

En raison de la raretĂ© de l’offre “sur Ă©tagĂšre” d'images numĂ©riques, gĂ©omĂ©triquement correctes sur des territoires Ă©tendus, les besoins des utilisateurs en donnĂ©es du type image, ne peuvent ĂȘtre satisfaits que par des prestations ponctuelles coĂ»teuses ou par l'emploi d'outils et de mĂ©thodes rĂ©clamant des savoirfaire peu rĂ©pandus.

Réalisée à partir de clichés, une couverture orthophotographique numérique d'un territoire nécessite au moins trois étapes importantes et délicates :
‱ numĂ©riser les clichĂ©s ; les scanneurs actuels permettent une numĂ©risation facile, avec des gammes de qualitĂ© allant d'une qualitĂ© bureautique (trop faible pour une utilisation gĂ©ographique) Ă  des qualitĂ©s mĂ©trologiques, avec du matĂ©riel trĂšs coĂ»teux.
‱ les corriger gĂ©omĂ©triquement individuellement, en tenant compte des dĂ©formations introduites par l'appareil de prise de vue, celles inhĂ©rentes au relief (ortho-rectification), celles introduites lors de la numĂ©risation ;
‱ assembler (mosaĂŻquer) les diffĂ©rentes images en gommant les bords de feuille, les superpositions, et en corrigeant les diffĂ©rences de saturation de couleur, de contraste, pour ne faire qu'une seule image continue et homogĂšne.

Autant dire que peu d'utilisateurs de SIG se sont lancés dans ces productions en dehors d'organismes dont c'est le métier (IGN, producteurs privés...).

Depuis quelques temps, la mise à disposition d'outils d'ortho-rectification laisse la possibilité d'effectuer cette opération pour des utilisateurs moins chevronnés. Cependant ceci restera limité à de petites productions.

LE STOCKAGE

La principale difficulté technique soulevée par l'utilisation des données raster était la consommation importante d'espace mémoire, en particulier pour en assurer la conservation (stockage).

L’évolution des techniques de stockage a pratiquement effacĂ© la difficultĂ©. Une planche de cadastre, scannĂ©e Ă  400 points par pouce soit 16 points par millimĂštre et compressĂ©e dans un format classique (CCITT ou TIFF) mesure en moyenne moins de 1 000 Ko. Les planches d’une commune (de 10 Ă  30 planches dans la plupart des cas) occuperont moins du dixiĂšme d’un CD-R (enregistrable), dont le prix d’achat se situe autour de 10 F. Et les 10 Ă  30 Mo que mesure l’assemblage du plan cadastral d’une commune tiendront sans difficultĂ© sur un disque dur dont les prix continuent Ă  baisser de maniĂšre spectaculaire. Un disque de 10 Go dont le prix s’approche des 1 000 F pourrait contenir les planches de toutes les communes d’un dĂ©partement.

MAILLE, PRECISION, RESOLUTION

La taille de la maille est une information importante pour caractĂ©riser les donnĂ©es raster. C'est mĂȘme souvent la seule information caractĂ©risant la finesse de la donnĂ©e.

Or, la taille de la maille ne donne d'indication que sur l'agrandissement maximum possible avant apparition des mailles (voir figure 3). En aucun cas la taille de la maille ne permet d'estimer une précision ou une résolution de la donnée.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_38_3.jpg[/img]

Ainsi, une carte au 1 :25 000 peut ĂȘtre scannĂ©e Ă  300 points par pouce soit 12 points par millimĂštre ou Ă  1 200 soit 50 points par millimĂštre, sans modifier la prĂ©cision du rĂ©sultat, qui est celle de la carte d'origine, parfois dĂ©gradĂ©e par le scannage. De mĂȘme, une orthophotographie peut avoir une maille de 0,50 m au sol, mais n'avoir une prĂ©cision annoncĂ©e que de quelques mĂštres ; cette derniĂšre dĂ©coule en effet de la rectification gĂ©ographique indispensable pour passer de la photo Ă  une donnĂ©e gĂ©ographique.

Par ailleurs, la rĂ©solution, entendue comme la possibilitĂ© de diffĂ©rencier des objets sur l'image, sera trĂšs variable selon le type de donnĂ©e maillĂ©e. Sur une carte scannĂ©e avec un pas de numĂ©risation adaptĂ©, la rĂ©solution sera celle de la carte et pas plus. Sur une photo aĂ©rienne, elle sera dĂ©pendante du contraste entre deux objets limitrophes, et de leur forme : on peut voir sur une image Ă  maille au sol de 0,50 m la signalisation horizontale sur une route, alors qu'elle a une largeur bien infĂ©rieure Ă  la maille. A l'inverse, la frontiĂšre entre deux objets ne prĂ©sentant qu'un faible contraste, et aux limites non rĂ©guliĂšres, ne pourra ĂȘtre dĂ©terminĂ©e qu'avec au moins deux mailles.

Par rapport aux donnĂ©es vecteur, on peut donc limiter l'Ă©chelle d'affichage des donnĂ©es maillĂ©es en jouant sur la taille de la maille. Cependant, les difficultĂ©s dues Ă  l'utilisation de donnĂ©es de prĂ©cision ou de rĂ©solution trop diffĂ©rentes restent les mĂȘmes que pour des donnĂ©es vecteurs.

CONCLUSION

Toutes les difficultĂ©s qui viennent d'ĂȘtre Ă©voquĂ©es ne doivent pas faire oublier les avantages majeurs que reprĂ©sente la complĂ©mentaritĂ© des informations raster par rapport Ă  des informations sous forme vecteur.

Les données vectorisées et maillées peuvent constituer des ensembles trÚs complémentaires et de plus en plus de professionnels adoptent cette solution. La décomposition de l'image en pixels constitue de toute maniÚre le mode de présentation dominant, tant à l'écran qu'à l'impression, depuis l'arrivée des traceurs électrostatiques et à jet d'encre qui ont supplanté les traceurs à plume. Toutes les données vectorielles sont converties en données bi-map à une étape ou à une autre du processus de présentation.

Les communes, grandes consommatrices de plans destinĂ©s Ă  l’illustration de dossiers et de rapports, Ă  l’information des administrĂ©s, pourront recourir sans hĂ©sitations aux plans scannĂ©s, Ă©ventuellement en complĂ©ment d’un SIG.

RECOMMANDATIONS

En tout Ă©tat de cause, le scannage des cartes ou plans requiert quelques rĂšgles. Compte tenu du faible coĂ»t du scannage, il est conseillĂ© de choisir une rĂ©solution Ă©levĂ©e. Une rĂ©solution de 600 points par pouce soit 24 points par millimĂštre n’est pas excessive, surtout si des traitements doivent ĂȘtre effectuĂ©s sur les documents.

Une rĂ©solution de 400 points par pouce soit 16 points par millimĂštre constitue un minimum. Cette rĂ©solution est suffisante pour obtenir des images de bonne qualitĂ©. En revanche, si des traitements sont nĂ©cessaires, l’image subira des altĂ©rations dĂšs la premiĂšre modification. Les planches cadastrales prĂ©sentent, la plupart du temps, une orientation propre et doivent subir une rotation en vue d’un assemblage. Une rotation entraĂźne des approximations dans le calcul de l’image qui restent visible Ă  l’oeil nu, pour une rĂ©solution initiale de 400 points par pouce soit 16 points par millimĂštre.

Bibliographie
Bernard ALLOUCHE “Les donnĂ©es maillĂ©es (ou donnĂ©es “raster”) Signature n° 15, CERTU, Janvier 1999.

Fiche établie par Michel Essevaz-Roulet
avril 2000


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#43 Mon 14 January 2008 16:58

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°39 :  ECHANGES DE DONNÉES AU CONSEIL GÉNÉRAL DE L’AIN

De nombreux Conseils GĂ©nĂ©raux se sont dotĂ©s de SystĂšmes d’Informations GĂ©ographiques pour les besoins de leurs services. Plus rares sont les dĂ©partements ayant engagĂ© un projet coordonnĂ© portant sur la mise en oeuvre d'un SIG dĂ©partemental et d'un rĂ©seau de SIG pour les collectivitĂ©s locales. Dans l'Ain, l’opĂ©ration a fait l’objet d’une prĂ©paration minutieuse, faisant jouer les ressources d’un partenariat limitĂ©, et a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment orientĂ©e au profit du service public (collectivitĂ©s, administrations et Ă©tablissements publics). Mettre Ă  disposition des collectivitĂ©s locales, un outil performant dans les meilleures conditions techniques, financiĂšres, constituait un enjeu, et une attente des diffĂ©rents acteurs locaux. Cette fiche a Ă©tĂ© Ă©tablie par l'Observatoire Economique du Conseil GĂ©nĂ©ral de l'Ain en dĂ©cembre 1999. 

CONTEXTE

Il a fallu deux Ă©lĂ©ments pour inciter le Conseil GĂ©nĂ©ral de l’Ain Ă  mener de pair la mise en place d’un SIG dĂ©partemental, et d'un rĂ©seau de SIG destinĂ©s aux collectivitĂ©s locales :

‱ Les exigences techniques et financiĂšres de la Direction GĂ©nĂ©rale des ImpĂŽts (D.G.I), limitant les vellĂ©itĂ©s de projets des communes urbaines du dĂ©partement ;

‱ La volontĂ© politique des Ă©lus de voir avancer toutes les communes, petites ou grandes, urbaines ou rurales, au mĂȘme rythme en matiĂšre d’implantation d’outils de gestion locale, et d’aide Ă  la dĂ©cision.

LA PHASE PREPARATOIRE

Les Ă©cueils techniques Ă©taient nombreux : Ă©viter l’émiettement, tout en respectant l’autonomie locale, surmonter les rĂ©ticences et le refus du progrĂšs, dĂ©finir un produit et un service rĂ©pondant aux attentes des futurs utilisateurs.

Le projet a pris corps en 1992, et dĂšs l’analyse prĂ©alable, la consultation des diffĂ©rentes communes rurales faisait ressortir un rĂ©el intĂ©rĂȘt pour un outil de consultation ayant une approche bureautique : recherche d’une parcelle cadastrale, accĂšs Ă  la dĂ©signation de son propriĂ©taire, consultation des caractĂ©ristiques d’un organe du rĂ©seau d’eau potable, 


Il convenait donc d’orienter le choix vers une solution logicielle adaptĂ©e aux qualifications des personnels des mairies, et de les associer (techniciens de rĂ©seaux, ou de voirie, personnels en charge de l’accueil du public).

Les contraintes financiĂšres Ă©taient Ă©galement rĂ©dhibitoires, avec des structures communales de petites tailles (310 des 419 communes comportent moins de 1000 habitants), avec un territoire largement couvert par les intercommunalitĂ©s (districts et communautĂ©s de communes). Il fallait donc s’approcher d'un coĂ»t zĂ©ro, en particulier pour le fonds cadastral et le logiciel de premier niveau (consultation).

LE CADRE DE MISE EN OEUVRE

Le cadre de mise en oeuvre du projet a été esquissé dÚs 1994 :

‱ Si l’initiative et la mise au point du projet reviennent au Conseil GĂ©nĂ©ral, il ne peut assurer seul l’ensemble de l’opĂ©ration. Un “ noyau dur ” regroupant le Conseil GĂ©nĂ©ral et le Syndicat Intercommunal d’ElectricitĂ© de l'Ain (S.I.E.A) est constituĂ©. Le S.I.E.A apporte un soutien et une expertise dans le rĂŽle de conseil aux collectivitĂ©s, et prend Ă  sa charge une partie des frais d’investissement pour les communes et intercommunalitĂ©s rurales. Il intervient aussi dans l'enrichissement thĂ©matique des SIG des collectivitĂ©s locales (Plan d'occupation des Sols, RĂ©seaux, Voirie, 
) ;

‱ Un comitĂ© de pilotage dĂ©partemental organise la programmation et la gestion du projet (dont la numĂ©risation cadastrale n’est que le premier Ă©lĂ©ment), l’organisation des Ă©changes de donnĂ©es et les relations de partenariat (administrations de donnĂ©es, gestion des accĂšs aux donnĂ©es, Ă©laboration d’un dictionnaire des donnĂ©es, 
) ;

‱ Les modalitĂ©s d'Ă©change du projet sont rĂ©gies dans un cadre conventionnel qui engage les partenaires entre eux : ils sont bĂ©nĂ©ficiaires des donnĂ©es, et s'engagent Ă  respecter les conditions d'usage et de diffusion des donnĂ©es, Ă  mettre Ă  disposition leurs propres donnĂ©es, et Ă  les tenir Ă  jour.

LA CONSTITUTION DES BASES DE DONNEES DE REFERENCE

‱ La BD Carto IGN © a Ă©tĂ© retenue comme rĂ©fĂ©rentiel du SIG dĂ©partemental. Le Conseil GĂ©nĂ©ral a fait l'acquisition de dix licences, exploitĂ©es pour les besoins des services dĂ©partementaux, et mises Ă  disposition des administrations (D.D.E - D.D.A.F), ainsi qu'aux principaux intervenants sur le territoire du dĂ©partement : ComitĂ© DĂ©partemental du Tourisme (C.D.T), Service DĂ©partemental d'Incendie et de Secours (S.D.I.S), Conseil d'Architecture d'Urbanisme et Environnement (C.A.U.E), et Syndicat Intercommunal d'ElectricitĂ© (S.I.E.A).

‱ Le cadastre a Ă©tĂ© retenu comme rĂ©fĂ©rentiel pour les "SIG collectivitĂ©s locales". La digitalisation cadastrale a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sous la maĂźtrise d'ouvrage et la maĂźtrise d'oeuvre du Conseil GĂ©nĂ©ral, dans un cadre conventionnel associant la Direction GĂ©nĂ©rale des ImpĂŽts, le S.I.E.A reprĂ©sentant des communes et des groupements de communes, la D.D.E., la D.D.A.F, E.D.F-G.D.F, la RĂ©gie d'ElectricitĂ© de Saint- AndrĂ©-de-Corcy, et France TĂ©lĂ©com. Les mises Ă  jour sont rĂ©alisĂ©es dans les trois Centres DĂ©partementaux des ImpĂŽts Fonciers, soit Ă  partir de l'application nationale Plan Cadastral InformatisĂ© (P.C.I), soit Ă  partir d'une solution logicielle fournie par le Conseil GĂ©nĂ©ral dans l'attente de la poursuite d'Ă©quipement du P.C.I.

LES ASPECTS TECHNIQUES

La mise en oeuvre opérationnelle du projet a fait l'objet dÚs le départ de choix techniques permettant de définir les rÚgles de fonctionnement du projet, et de préciser les modalités pratiques de réalisation :

‱ Le choix d'une norme d'Ă©change : le projet Ă©tant basĂ© sur la mutualisation des Ă©changes de donnĂ©es entre les diffĂ©rents partenaires, il a Ă©tĂ© dĂ©fini dĂšs le dĂ©part de privilĂ©gier le respect d'une norme d'Ă©change. Le choix s'est portĂ© sur la "norme nationale" EDIGEO. Ainsi les donnĂ©es de rĂ©fĂ©rences sont diffusĂ©es dans leur livraison initiale ou dans les versions mises Ă  jour au format EDIGEO. Le faible niveau de pratique de la norme d'Ă©change EDIGEO, a conduit Ă  rĂ©aliser spĂ©cifiquement une chaĂźne de production de donnĂ©es cadastrales Ă  destination du Plan Cadastral InformatisĂ©. Le processus de traitement est basĂ© sur une livraison de donnĂ©es dans un format d'Ă©change plus simple, et plus largement rĂ©pandu, selon une structuration dĂ©crite dans un cahier des charges. La pratique a aussi dĂ©montrĂ© une difficultĂ© dans l'exploitation des donnĂ©es fournies aux partenaires, tout particuliĂšrement pour ceux Ă©quipĂ©s de SIG nord amĂ©ricains (nĂ©cessitĂ© d'acquisition de produits additionnels plus ou moins performants, ou plus ou moins pĂ©rennes) ;

‱ L'architecture "Client-Serveur" : sous cette appellation, Ă©tait intĂ©grĂ©e la notion d'un poste Serveur hĂ©bergeant les donnĂ©es de chacun (donnĂ©es rĂ©parties), et auquel accĂ©daient les postes distants (les clients) afin de bĂ©nĂ©ficier des donnĂ©es dans une version mise Ă  jour. En particulier, le serveur cadastral dĂ©partemental mis en oeuvre en 1995 avait pour objectif de permettre des extractions Ă  la demande de donnĂ©es au format EDIGEO / tĂ©lĂ©disquette via numĂ©ris depuis un poste distant Ă©quipĂ© d'un logiciel client ;

‱ La prĂ©conisation d'une "solution de rĂ©fĂ©rence" pour les collectivitĂ©s locales : dĂšs le dĂ©part, le rĂ©fĂ©rencement d'une solution logicielle pour le "SIG des collectivitĂ©s locales" a Ă©tĂ© souhaitĂ©. En effet, hormis l'intĂ©rĂȘt Ă©conomique Ă©vident d'un tel choix, l'approche d'une solution tendant Ă  l'uniformisation constituait un facteur clĂ© dans la notion d'Ă©change, tant du point de vue des donnĂ©es (modĂ©lisation des donnĂ©es communes), que des expĂ©riences (sessions de formations groupĂ©es, clubs utilisateurs locaux, simplification du support (hot-line) des utilisateurs, 
). Le choix s'est portĂ© sur une solution simple d'utilisation, aux fonctionnalitĂ©s volontairement limitĂ©es. L'outil proposĂ© assure un premier niveau de service, et permet aux collectivitĂ©s locales de se forger une premiĂšre expĂ©rience, tout en leur permettant de le complĂ©ter s'il se rĂ©vĂšle insuffisant, ou de le substituer s'il apparaĂźt inadaptĂ©.

EVOLUTIONS - PERSPECTIVES

Dix ans aprĂšs le lancement du projet, alors que les principales difficultĂ©s imaginĂ©es au dĂ©part semblent ĂȘtre en grande partie rĂ©solues, de nouvelles interrogations se font jour. On constate en particulier, des Ă©volutions importantes de l'environnement du projet sur le plan technologique, et sur le cadre institutionnel de rĂ©alisation du projet.

Les mutations technologiques

Un des fondements du projet rĂ©side dans la notion d'Ă©changes entre les diffĂ©rents partenaires. Aujourd'hui, Ă  l'heure oĂč les mutations technologiques liĂ©es Ă  l'informatique uniformisent les outils, et "rĂ©duise" la notion de distance, la notion d'Ă©change prend une forme nouvelle.

Le "Client-Serveur" : depuis quelques annĂ©es, les concepts de "Client-Serveur" ont considĂ©rablement Ă©voluĂ©s, et se sont dĂ©veloppĂ©s au point d'aboutir rĂ©cemment au principe de client universel, solution lĂ©gĂšre concrĂ©tisĂ©e par le navigateur. Ainsi, de la notion d'Ă©changes de donnĂ©es entre les systĂšmes, on est passĂ© Ă  l'Ăšre de l'accĂšs dynamique aux bases de donnĂ©es, et au partage de ressources locales ou distantes. Le SIG a Ă©voluĂ© dans le mĂȘme sens, et au principe d'extraction de donnĂ©es, est venu se substituer la notion d'accĂšs (ou de diffusion) des donnĂ©es gĂ©ographiques en mode local ou distant.

Les formats d'échanges, pensés pour résoudre les problÚmes de communication de données entre les différents systÚmes, constituaient une évolution aux principes de création d'interfaces spécialisées et propres à chaque logiciel. Actuellement, la notion de norme se concrétise dans une offre concertée des éditeurs SIG, visant à définir les principes d'un format de données commun aux différents outils, et donc "ouverts" au partage de données (travaux de l'OPENGIS et géométrie des objets stockée dans le S.G.B.D.R).

Le cadre institutionnel de réalisation du projet

Dans le projet, les échanges de données sont régis par un cadre conventionnel. Depuis la signature de la convention de numérisation du plan cadastral, on constate des évolutions importantes de ce cadre institutionnel. En particulier, les hypothÚses de rapprochement entre le service du cadastre et l'IGN, les nouvelles orientations en matiÚre de scannage de plans, de nouvelles rÚgles de diffusion de données publiques constituent autant de nouveautés qui ne manquent pas d'apporter leurs lots d'interro gations, mais qui permettent aussi d'entrevoir de nouvelles réponses à des préoccupations actuelles. Ainsi, dans un département comportant de nombreux plans cadastraux non remaniés, les perspectives d'une mise en conformité de la géométrie du plan cadastral, la création d'un continuum géographique, ou la mise à jour du bùti sur la base d'orthophotographies aériennes, constituent de nouvelles réponses aux attentes et besoins des utilisateurs.

CONCLUSION

Au stade actuel du projet, le bilan est globalement positif. Le respect du cahier des charges de départ, l'absence de dérive financiÚre, ainsi qu'une large diffusion de l'outil dans les collectivités locales avec un bon indice de satisfaction, sont autant de motifs de satisfaction. De nouveaux enjeux se profilent pour les prochaines années. Ils porteront pour l'essentiel, sur l'amélioration et l'homogénéisation des référentiels actuels, et sur le développement des applications "thématiques" tant sur le plan local que départemental.

QUELQUES INFORMATIONS CLES

‱ Le dĂ©partement de l'Ain
515 000 habitants
Environ 5 762 km2
419 communes
1 276 000 parcelles cadastrales

‱ Avancement à fin 1999
240 communes digitalisées,
210 communes diffusées aux partenaires, en phase de mise à jour réguliÚre dans les C.D.I.F,
110 communes installées (application cadastre)

‱ CoĂ»t moyen de parcelle mise Ă  disposition des partenaires

Numérisation - structuration - contrÎle et diffusion : 14,50 F T.T.C

‱ Genùse du projet

1992 : PremiÚres réflexions - Cartographies thématiques (observatoire économique), Etude d'opportunité et étude détaillée du projet,
1993 : Complément d'étude : Aspects conventionnels, rédaction cahier des charges - préparations budgétaires,
1994 : Appel d'Offres Logiciel, tests et choix,
1995 - Mise en oeuvre du SIG départemental (SIG départemental - serveur de données) - Appel d'offres de digitalisation cadastrale,
1996 : Signature de la convention de numérisation cadastrale - Choix des prestataires, et premiers tests de digitalisation,
1997 - Digitalisation cadastrale (50 communes),
1998 - Digitalisation cadastrale (90 communes) - Fourniture des premiĂšres communes pour le P.C.I,
1999 - Digitalisation cadastrale (90 communes) - Traitement et diffusion des premiÚres mises à jour cadastrales, tests des premiÚres applications communales (POS, réseaux, ..)
2000 - 2001 : Finalisation de la digitalisation cadastrale, et mise Ă  niveau des solutions logicielles initiales

Fiche établie par Jean-Pierre Sabatier,
Observatoire économique du Conseil
général de l'Ain
avril 2000


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#44 Mon 14 January 2008 16:58

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°40 : SEMIOLOGIE ET COMMUNICATION CARTOGRAPHIQUE

Introduction

« Je sais ce que je veux dire, mais je ne trouve pas les mots pour le dire... » Dans le domaine de la cartographie, la difficultĂ© de s'exprimer par le visuel est rĂ©elle. Pour contourner cette difficultĂ©, le cartographe rĂȘve de disposer de mĂ©thodes et d'outils permettant de faire de la carte une image rationnelle, Ă  priori rigoureusement codĂ©e, oĂč la sĂ©mantique aurait Ă  coup sĂ»r le pas sur l'esthĂ©tique, le signifiant sur le signifiĂ©.

L'ambition n'est pas mince, tant les champs disciplinaires concernant la communication par l'image sont nombreux et encore en cours d'exploration. Cette fiche pourra donc paraßtre à certains trÚs limitée. Notre objectif tente avant tout d'orienter le lecteur vers des références qui lui permettront une réflexion plus approfondie, tout en rappelant un ensemble de rÚgles simples, mais souvent oubliées, qui constituent les bases de la sémiologie graphique.

IMAGE, CARTE ET COMMUNICATION

La carte, en tant qu'image, s'inscrit dans un schéma de communication qui, de l'émetteur vers le récepteur, utilise le canal visuel. La construction, comme la lecture du message cartographique, se réfÚre donc à un champ disciplinaire que l'on peut appeler sémiologie du signe visuel ou sémiologie graphique.

Il s'agit de rĂ©unir Ă©metteur et rĂ©cepteur par un mĂȘme rĂ©pertoire d'Ă©lĂ©ments, signes, symboles ou figurĂ©s, caractĂ©risĂ©s et normalisĂ©s par des rĂšgles contraintes par la perception visuelle et permettant la communication des informations Ă  transmettre Ă  l'aide du systĂšme graphique.

Cette discipline fait ainsi appel à un certain nombre de propriétés du canal visuel (rétine, analyseur visuel occipital...), propriétés qui influent sur le mécanisme de la lecture et conditionnent la façon dont sont appréhendés les signes, et dont leur institution en systÚmes sémiotiques contribue à conditionner la lecture du message. On pourra utilement trouver dans les ouvrages généraux traitant du signe visuel ou de la communication par l'image [réf. 1, 2, 3, 4], des éléments riches d'enseignement pour le cartographe.

L'image cartographique ne peut Ă©galement ĂȘtre dĂ©crite sans se rĂ©fĂ©rer aux sciences cognitives de la psychologie individuelle et de la conscience collective. Cette dimension, comme la prĂ©cĂ©dente, dĂ©finit les limites d'une approche oĂč les rĂšgles rigoureuses et universelles de la perception visuelle ont peu de place. L'utilisation de la couleur notamment, « cette partie de l'art qui dĂ©tient le don magique » (EugĂšne Delacroix), nous incite Ă  la prudence. Pas de grille universelle de perception des couleurs, mais uniquement une sensibilitĂ© individuelle et culturelle [rĂ©f. 5, 6].

A moins de maßtriser parfaitement la connaissance des structures de fonctionnement du mental, on ne peut donc que conseiller au cartographe, perplexe face à ces incertitudes esthétiques, de soumettre pour évaluation, ses constructions graphiques au regard de son entourage immédiat.

Cette complexitĂ© est liĂ©e au caractĂšre polysĂ©mique de l'image, qui n'a pas un seul sens en elle-mĂȘme, ainsi qu'aux capacitĂ©s particuliĂšres de la perception visuelle, qui procurent Ă  la reprĂ©sentation graphique la possibilitĂ© d'un dĂ©codage direct.

Deux approches s'affrontent dans le domaine de l'articulation des signes visuels. La premiĂšre considĂšre l'image comme une entitĂ© indivisible, pour laquelle le sens ne s'Ă©tablit que dans des Ă©noncĂ©s apprĂ©hendĂ©s globalement, et dont les propriĂ©tĂ©s ne peuvent ĂȘtre dĂ©terminĂ©es Ă  partir des constituants. La seconde accepte de considĂ©rer l'image Ă  travers la reconnaissance, l'assemblage et l'articulation d'Ă©lĂ©ments primaires. Elle procĂšde parfois d'une stricte application du structuralisme linguistique au domaine visuel, jusque dans sa terminologie. La sĂ©miologie graphique en France, initiĂ©e par J. Bertin [rĂ©f. 7, 8], est trĂšs proche de cette mĂ©thode qui s'attache Ă  dĂ©construire l'image cartographique [Fig. 2]. La dĂ©marche prĂ©sente l'avantage de proposer ces rĂšgles tant dĂ©sirĂ©es d'une signification commune, mais elle peut aussi ĂȘtre critiquĂ©e, car elle s'Ă©loigne d’une partie de ce qui est spĂ©cifique au visuel. L'avenir pourrait dans ce domaine s'orienter vers une exploration plus poussĂ©e de l'articulation du global et des Ă©lĂ©ments constituants, afin de contribuer Ă  l'affirmation (et la codification ?) des propriĂ©tĂ©s que possĂšde l'ensemble et que les parties n'ont pas.

Le schĂ©ma de la communication par le visuel est Ă©galement contraint par les particularitĂ©s du canal utilisĂ©. L'essentielle est sa puissance, sept fois plus que l'oreille (10 puissance 7 bits/seconde, ramenĂ©s Ă  25 et jusqu'Ă  8 bits/seconde au niveau de la “conscience”). Pour le cartographe, ce sont les particularitĂ©s qui s'appliquent Ă  la perception visuelle qui sont Ă  noter :

‱ Tout systĂšme d'information destinĂ© Ă  l'Ɠil communique en un seul instant les relations entre les trois variables sensibles de la perception visuelle, les deux dimensions du plan, et la variation des taches. Pour la carte, la position dans le plan est contrainte par la localisation gĂ©ographique, mais la tache peut prendre une infinitĂ© d'aspects ;
[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_001.jpg[/img]
‱ Le caractĂšre global et instantanĂ© des messages visuels permet Ă  l'image d'accepter une grande quantitĂ© d'informations, qui s'organisent en trois niveaux de perception : analytique et linĂ©aire, par regroupement d'Ă©lĂ©ments, globale enfin. Ces trois niveaux se retrouvent dans le domaine de la carte, qui peut soit ĂȘtre perçue au niveau Ă©lĂ©mentaire[b] (le plus pauvre celui qui permet simplement de lire la donnĂ©e : le nombre de passagers en 1999 Ă  l'aĂ©roport de Rennes a Ă©tĂ© de 384716), au [b]niveau moyen (celui des sous-ensembles: les aĂ©roports de Saint-Brieuc et d'Angers, avec moins de 20000 passagers, appartiennent Ă  une mĂȘme catĂ©gorie de desserte), ou au niveau d'ensemble (le transport aĂ©rien dans l'ouest de la France est structurĂ© en un rĂ©seau hiĂ©rarchique dans lequel les aĂ©roports de Nantes et Brest sont les principaux nƓuds). Une carte efficace doit permettre immĂ©diatement ces trois niveaux de perception, ce qui n'est pas le cas de l'exemple ci-dessus.

Aucun traitement graphique ne permet de percevoir les quantités, les rapports de quantité, et les structures territoriales liées à l'information.

‱ Une reprĂ©sentation graphique, parfaitement lisible, permet certes de mĂ©moriser en un court instant un grand nombre d'informations, mais pourvu qu'elles aient Ă©tĂ© convenablement transcrites et ordonnĂ©es visuellement. Il s'agit lĂ  d'une rĂšgle essentielle de la sĂ©miologie graphique, qui sous-entend d'une part que l'information traitĂ©e soit au prĂ©alable caractĂ©risĂ©e par rapport aux relations fondamentales que les signes entre eux sont susceptibles de transcrire visuellement, et d'autre part que la reprĂ©sentation prĂ©sente une efficacitĂ© discriminante suffisamment forte et en adĂ©quation avec la nature ordonnĂ©e du message Ă  communiquer.

IMPLANTATION ET VARIABLES VISUELLES

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_002.jpg[/img]

Dans l'approche structuraliste proposée par J. Bertin [réf. 7, 8], le schéma polysémique émetteur -message-coderécepteur est remplacé par un schéma monosémique acteurs (émetteur et récepteur confondus) - relations de l'énoncé du message (entre des éléments qui, comme en Mathématique, sont considérés comme préalablement définis et dont on ne discute plus). Elle utilise comme fondement les variations visuelles entre les signes.

Toute carte peut donc ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un assemblage de signes, ou figurĂ©s, dont la perception privilĂ©gie la relation entre ces signes [Fig. 2]. Concevoir ou regarder une carte revient ainsi Ă  interprĂ©ter un systĂšme de signes qui se diffĂ©rencient par des variations visuelles. Ces variations traduisent trois relations essentielles, la diffĂ©rence ou ressemblance, l'ordre et la proportionnalitĂ© ou quantitĂ© (Un figurĂ© n'a pas la mĂȘme apparence qu'un autre, il est diffĂ©rent ou au contraire ressemblant. Un ensemble de figurĂ©s dĂ©gradĂ©s illustre un ordre visuel, par exemple du plus clair au plus foncĂ©. Enfin, un figurĂ© utilise plus de place qu'un autre dans un rapport de grandeur qui rĂ©vĂšle une propriĂ©tĂ© de la donnĂ©e reprĂ©sentĂ©e).
Ces trois signifiĂ©s perçus par l'Ɠil lors de la lecture de la carte, doivent transcrire les relations identiques qui s'attachent aux donnĂ©es reprĂ©sentĂ©es sur la carte :

‱ DiffĂ©rence stricte (une surface agricole en blĂ©, est diffĂ©rente d'une autre en maĂŻs), ou par regroupement (les surfaces de culture, se regroupent pour se diffĂ©rencier des surfaces en herbe) ;

‱ Ordre hiĂ©rarchique (le canton est un niveau administratif au dessus de la commune), chronologique (le tronçon nord de l'autoroute a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© avant celui du sud), ou |b]quantitatif[/b] (telle commune a enregistrĂ© un accroissement dĂ©mographique supĂ©rieur Ă  telle autre) ;

‱ QuantitĂ©s (cette Ă©cole accueille 253 enfants, cette autre 96).

Ces trois relations sont suffisantes pour caractériser n'importe quel ensemble de données figurant sur une carte.

Pour traduire ces relations et leur associer la relation visuelle correspondante, le cartographe dispose de trois modes d'implantation et de six variables visuelles, qui permettent de distinguer les figurés les uns des autres [voir fig. 2].

Les modes d'implantation : ponctuel, linéaire ou zonal

Pour chaque figurĂ©, ils sont dĂ©terminĂ©s en fonction de la nature gĂ©omĂ©trique de l'entitĂ© gĂ©ographique reprĂ©sentĂ©e (une faille est une entitĂ© continue d'implantation linĂ©aire, permettant d'identifier un tracĂ©), la dimension sĂ©mantique qui s'y attache (une ville considĂ©rĂ©e comme une Ă©tendue affectĂ©e d'une occupation du sol particuliĂšre est d'implantation zonale, alors que considĂ©rĂ©e comme un nƓud d'un rĂ©seau viaire, elle est d'implantation ponctuelle), et l'Ă©chelle de reprĂ©sentation (Ă  petite Ă©chelle, l'emprise spatiale de la ville ne peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ©e avec suffisamment de prĂ©cision, elle est alors d'implantation ponctuelle).

On ne pourrait conseiller suffisamment au cartographe d'édicter en préalable essentiel à toute représentation, cette réflexion portant à la fois sur la nature géométrique de l'information traitée, sa dimension sémantique et l'échelle pertinente de représentation, qui influent directement sur le choix des figurés utilisés.

Les variables visuelles :

La taille :

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_003.jpg[/img]
[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_004.jpg[/img]

C'est la seule variable visuelle permettant de percevoir les rapports de proportionnalitĂ© et donc de traduire des quantitĂ©s. C'est la surface du figurĂ© qui est proportionnelle Ă  la quantitĂ© traitĂ©e (attention aux logiciels qui ne respectent pas les rapports strictes de surface...), et cette variation peut ĂȘtre continue (une taille par valeur). Les rapports de volumes sont les plus difficiles Ă  apprĂ©hender, les diffĂ©rences de hauteur (barres) les plus faciles. En implantation zonale, la dĂ©formation en anamorphose est la reprĂ©sentation idĂ©ale.

La valeur :

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_005.jpg[/img]
[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_006.jpg[/img]

C'est la variation de noir et de blanc dans une surface donnée (s'applique aussi à la couleur). Elle s'exprime souvent sous la forme du pourcentage de noir (trame à 20, 30%...), que l'on évite de faire varier de moins de 10% entre deux classes (différence de remplissage n'est plus perceptible). Elle est particuliÚrement adaptée pour traduire visuellement une relation ordonnée.

Le grain :

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_007.jpg[/img]
[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_008.jpg[/img]

A la différence de la valeur, le rapport entre les éléments graphiques et le fond blanc n'est pas modifié, il est constant.

C'est une variable visuelle peu utilisée et qui est pourtant efficace pour l'expression d'un ordre en implantation linéaire ou permettre des superpositions en implantation zonale. La variation de grain différencie et ordonne les signes.

La couleur :

La couleur d'une tache est définie par son spectre (rapport entre la quantité de lumiÚre reçue et la quantité réfléchie, l'impression colorée dépend de la longueur d'onde du signal).

A partir d'une source lumineuse, les trois couleurs fondamentales sont le bleu/violet, le vert et le rouge, les couleurs primaires le cyan, le jaune et le magenta.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_009.jpg[/img]

La couleur est une variable visuelle fortement diffĂ©rentielle (permet immĂ©diatement de sĂ©parer les figurĂ©s), ce sont les couleurs saturĂ©e ou pures (sans noir) qui permettent la meilleure sĂ©paration. Bien qu'ordonnĂ©e dans le spectre lumineux, la couleur seule ne permet pas de traduire visuellement un ordre. Si les gradations harmoniques (couleurs “chaudes”; jaune, orange, rouge, et “froides”; jaune, vert, bleu, violet) sont utilisĂ©es pour reprĂ©senter des oppositions (accroissement, opposition), c'est seulement par dĂ©gradĂ© de valeur dans une couleur (un camaĂŻeu), que l'ordre sera perçu.

Une carte d'occupation du sol utilisant la couleur permet de diffĂ©rencier efficacement les grandes oppositions (surfaces chlorophylliennes, minĂ©rales, hydriques, codĂ©es en fonction de perceptions symboliques). Les regroupements Ă  l'intĂ©rieur des grandes classes peuvent ĂȘtre perçus par utilisation des gammes quadrichromiques.

La forme :

C'est la variation du tracé du contour des symboles. En implantation zonale, la variation de la forme des éléments graphiques de la trame s'appelle la texture.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_010.jpg[/img]

Si elle peut ĂȘtre symbolique (un avion, un personnage...), on lui prĂ©fĂ©rera les formes gĂ©omĂ©triques. C'est une variable exclusivement diffĂ©rentielle, qui peut permettre la perception des regroupements (ressemblances). L'utilisation des textures permet la superposition de zones.

L'orientation :

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_011.jpg[/img]
[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_012.jpg[/img]

Peut indiquer une direction géographique (direction, flux, attraction...), mais également s'appliquer à la différenciation des symboles (variation purement géométrique).

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_013.jpg[/img]

Sa variation ne permet pas de distinguer visuellement l'ordre ou les quantités, mais c'est une bonne variable de différenciation. Elle rend possible les superpositions en implantation zonale.

Le tableau ci-dessous permet de visualiser la pertinence de chaque variable visuelle pour l'expression des grands types de relations entre les données.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_014.jpg[/img]

Les variables visuelles présentent entre elles différents niveaux d'efficacité, fonction de la dimension et de l'environnement des figurés. Ce sont tout d'abord les variations de couleur, puis celles de taille et de valeur qui sont plus directement perçues, viennent ensuite celles de grain, d'orientation et de forme.

La possibilitĂ© de diffĂ©rencier un nombre plus ou moins grand de symboles d'un mĂȘme type n'est pas la mĂȘme d'une variable visuelle Ă  une autre. Les variations de taille peuvent ĂȘtre illimitĂ©es, on peut distinguer 7 ou 8 valeurs de gris, de forme/texture, et 4 d'orientation et de grain. Pour la couleur, le nombre de paliers que l’Ɠil est capable de distinguer est plus important pour le bleu/violet (7 Ă  8), que pour le rouge/orange (6), ou encore le vert ou le jaune (5 et 4).

Pour prĂ©ciser plus en dĂ©tail les caractĂ©ristiques des variables visuelles, il est nĂ©cessaire de se pro-curer  l'un des ouvrages de rĂ©fĂ©rence [RĂ©f. 9, 10, 11, 12].

Combinaison des variables :

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_015.jpg[/img]

Pour accroßtre l'efficacité visuelle, il est possible de combiner entre elles plusieurs variables. Les combinaisons utilisant l'orientation, la texture, avec la valeur, facilitent notamment le repérage des seuils [Fig. 14], la représentation des doubles progressions [Fig. 15] ou la différenciation.

Dans le domaine de l'utilisation des variables visuelles, les erreurs les plus fréquentes sont de deux types. Il s'agit soit de l'utilisation d'une variable visuelle inadaptée à l'expression de la relation traitée (ex. utilisation de la forme pour traduire un
ordre, de la valeur pour une diffĂ©rence...), soit d'une mauvaise mise en Ɠuvre d'une variable visuelle (ex. des tailles non proportionnelles aux surfaces, des dĂ©gradĂ©s de valeur non rĂ©guliers...).

L'ordre et le désordre, perception globale

La superposition de plusieurs séries de données pose le problÚme de la perception globale de la carte et des éléments qui orientent sa lecture.

Les rÚgles de lisibilité concernent tout d'abord les contraintes de la perception qui dépendent de plusieurs facteurs: l'acuité visuelle de discrimination et le seuil de perception (aptitude à enregistrer la tache mininum, et à en distinguer la forme), l'acuité visuelle d'alignement (apprécier la disposition alignée des symboles), le seuil de séparation (écart minimal entre deux figurés), et le seuil de différenciation (écart entre les figurés pour identifier des paliers).

Mais surtout, c'est par l'organisation rigoureuse de la totalité des sousensembles de symboles que s'organise la représentation [Fig. 17].

Le recours Ă  la couleur est de plus en plus frĂ©quent, mais son utilisation est souvent dĂ©licate [RĂ©f. 5 et 6]. Son fort pouvoir de sĂ©paration permet cependant de jouer efficacement sur les niveaux d'information Ă  hiĂ©rarchiser et facilite la superposition des figurĂ©s. Dans tous les cas, et comme pour le noir et blanc, les symboles doivent ĂȘtre classĂ©s par mode d'implantation, par sous-ensembles thĂ©matiques pour lesquels la relation informative doit ĂȘtre cohĂ©rente avec la variation visuelle. Ces sous-ensembles doivent ĂȘtre organisĂ©s de façon Ă  faire ressortir tout phĂ©nomĂšne fort par un symbole de forte intensitĂ© visuelle. Les symboles seront d'autant plus gros ou Ă©pais que le rapport entre la valeur du phĂ©nomĂšne Ă  reprĂ©senter et la surface de l'emprise spatiale sera grand. Car si une construction peut ĂȘtre correcte du point de vue de l'utilisation des variables visuelles, elle peut nĂ©anmoins fournir une image invisible lorsque ses Ă©lĂ©ments ne se sĂ©parent pas entre eux.

Dans tous les cas, l'ordre global des Ă©lĂ©ments superposĂ©s doit ĂȘtre au prĂ©alable dĂ©terminĂ© par une rĂ©flexion minutieuse, portant sur la nature du message Ă  transmettre. Par exemple, le fond de plan ne doit jamais occuper le premier plan par une intensitĂ© visuelle soutenue, car c'est l'information originale qui doit ĂȘtre mise en avant, et non l'inverse [Fig. 18]. Cette dĂ©marche qui privilĂ©gie la perception rapide et sĂ©lective des sous-ensembles de figurĂ©s, leur comparaison, la dĂ©couverte de leurs diffĂ©rences ou de leurs ressemblances, est essentielle. Elle permet, y compris pour les cartes d'inventaire, d'orienter avec efficacitĂ© la comprĂ©hension du message cartographique, le document graphique Ă©tant de nature Ă  influencer lui-mĂȘme son mode de lecture. Sans cette dĂ©termination, l'Ɠil se dĂ©place de façon alĂ©atoire, se fixe sur les zones du regard, motivĂ© par des phĂ©nomĂšnes perceptifs, psychologiques, culturels et esthĂ©tiques, d'ordre individuel ou collectif. La construction de l'image devient ainsi sans rĂ©fĂ©rences explicites et normalisĂ©es.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_40_016.jpg[/img]

Extrait de J. Bertin [RĂ©f. 8] : “Il s'agit de montrer l'extension des constructions nouvelles dans un village. Les habitudes acquises par le dessinateur de la carte 1 font de ce village une paisible agglomĂ©ration rurale... alors qu'il est en train de devenir une banlieue rĂ©sidentielle, avec tous ses caractĂšres”.
A: constructions antérieures à 1962,
B: lotissements,
C: constructions postérieures à 1962,
D: permis de construire déposés.

COMMUNIQUER AVEC UN « REFERENTIEL METHODOLOGIQUE COMMUN »

Au moment oĂč la communication par la carte prend de plus en plus d'importance, oĂč l'information brute des SIG (la base de donnĂ©es gĂ©omĂ©trique) est de plus en plus partagĂ©e, oĂč, enfin, les mĂ©tiers qui utilisent les reprĂ©sentations graphiques sont de plus en plus nombreux et diversifiĂ©s, il apparaĂźt nĂ©cessaire de disposer d'un rĂ©fĂ©rentiel mĂ©thodologique commun. Ces quelques rappels concernant la sĂ©miologie du signe graphique en constituent aujourd'hui les bases, que chacun devra approfondir dans le cadre de lectures et de formations complĂ©mentaires. Le risque est grand, sinon, de voir se multiplier les mauvais traitements et les reprĂ©sentations graphiques difficiles Ă  traduire, ou pire encore, celles provoquant des contresens.

Mais ce minimum de rĂšgles communes n'est pas suffisant, et on ne peut qu'encourager dans l'avenir l'Ă©mergence d'une symbologie normalisĂ©e, Ă  dominante mĂ©tier (types de carte), venant ainsi renforcer le formalisme graphique qui s'attache Ă  des domaines rĂ©glementaires eux-mĂȘmes strictement codĂ©s.

Références bibliographiques :
1. THIBAULT-LAULAN A.M (dir.), 1972, Image et communication, Paris, Encyclopédie universitaire.
2. Groupe U, 1992, Traité du signe visuel, pour une rhétorique de l'image, Paris, Seuil.
3. VETTRAINO-SOULARD M.C, 1993, Lire une image, Paris, A. Colin.
4. JOLY M., 1993, Introduction Ă  l'analyse de l'image, Paris, Nathan.
5. DUPLAN P. et JAUNEAU R., 1987, Maquette et mise en page, conception graphique, mise en page électronique, couleur et communication, Paris.
6. CADET C. et al., 1990, La communication par l'image, Paris, Nathan.
7. J. BERTIN, 1973, Sémiologie graphique, Paris, Gauthiers-Villars et Mouton.
8. J. BERTIN, 1977, La graphique et le traitement graphique de l'information, Paris, Flammarion.
9. R. BRUNET, 1987, La carte, mode d'emploi, Paris, fayard-Reclus.
10. ROULEAU B. (dir.), 1988, Théorie de l'expression et de la représentation cartographiques, Paris, n° 117-118, Comité Français de Cartographie.
11. BEGUIN M. et PUMAIN D., 1994, La représentation des données géographiques; statistiques et cartographie, Paris, A. Colin.
12. BLIN E. et BORD JP., 1995, Initiation géographique, Paris, SédÚs.

Fiche établie par Patrick Pottier
Université de Nantes
avril 2000


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#45 Mon 14 January 2008 16:59

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°41 : DAO, CAO, PAO ET SIG.

Pour beaucoup d'utilisateurs, la cartographie numĂ©rique relĂšve du domaine des logiciels de DAO-CAO (logiciels de dessin assistĂ© par ordinateur et de conception assistĂ©e par ordinateur). La PAO ou publication assistĂ©e par ordinateur a aussi sa place dans cette panoplie. En quoi ces diffĂ©rents outils sont-ils diffĂ©rents ? 

LE DESSIN ASSISTE PAR ORDINATEUR (DAO)

Le dessin assistĂ© par ordinateur a constituĂ© la premiĂšre Ă©tape de l’utilisation de l’ordinateur pour la production de dessins techniques ou industriels. L’outil permet d’utiliser les facilitĂ©s de l’ordinateur pour enregistrer, modifier un dessin constituĂ© par l’accumulation d’élĂ©ments appelĂ©s primitives.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_41_1.png[/img]
[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_41_2.png[/img]

Ces primitives sont simplement les points, les segments de droite, les segments d’arc de cercle ou d’ellipse, les rectangles, les polygones et d’autres, selon l’application logicielle de dessin considĂ©rĂ©e. Et ces primitives sont reprĂ©sentĂ©es par des expressions algĂ©briques qui permettent leur manipulation.

Tout le monde se souvient sans doute des formules qui permettent de dessiner une droite ou une courbe sur une feuille repĂ©rĂ©e par deux axes perpendiculaires... L’outil de DAO exploite le mĂȘme principe.

En plus du tracĂ© des primitives qui permettent de construire un dessin complexe, l’application logicielle de DAO offre des fonctions spĂ©cifiques, comme les options permettant d’imprimer le dessin de multiples façons (ce qui rend l’utilisation parfois dĂ©licate), comme le dessin automatique des lignes de cotes, etc. On distingue gĂ©nĂ©ralement le dessin 2D oĂč le projeteur construit les diffĂ©rentes vues planes de l’objet, comme sur le papier. Il n’y a pas de relations entre les diffĂ©rentes vues. Dans le dessin 3D, le projeteur peut construire son objet en trois dimensions, sous une apparence “ fil de fer ”, surfacique ou volumique, et choisir diffĂ©rents points de vue.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_41_3.png[/img]

Les outils qui rentrent dans cette catégorie sont connus : AutoCad (société Autodesk) est le plus répandu, avec MicroStation (Bentley Systems), mais aussi de nombreux outsiders. Il en existe plusieurs centaines, généralistes ou spécialisés, gratuits ou trÚs coûteux.

SimultanĂ©ment, les outils de dessin raster, qui permettent de crĂ©er et modifier un document fichier raster prĂ©sentant une information maillĂ©e, ne doivent pas ĂȘtre oubliĂ©s.

LA CONCEPTION ASSISTEE PAR ORDINATEUR (CAO)

TrĂšs vite, dans le monde industriel notamment, le dessin assistĂ© par ordinateur est apparu comme un formidable moyen d’aider le projeteur Ă  concevoir son projet.

Le dessin Ă©tant constituĂ© d’un ensemble de formes reprĂ©sentĂ©es par des expressions algĂ©briques, il devient possible de modifier l’angle de vision d’un projet, de le faire tourner, et plus loin de simuler le fonctionnement.

C’est en ce sens que l’outil de dessin est vite devenu un outil de dessin et de conception, ce qui explique l’association systĂ©matique des deux acronymes : la CAO-DAO.

Les outils de dessin tels qu’AutoCad ou MicroStation ont Ă©galement leur place dans la catĂ©gorie de la CAO. Ce positionnement nĂ©cessite toutefois l’acquisition de programmes complĂ©mentaires, rĂ©digĂ©s avec les langages de programmation disponibles avec les progiciels considĂ©rĂ©s, souvent Ă©laborĂ©s par des sociĂ©tĂ©s indĂ©pendantes.

Cette catégorie comprend surtout des produits étudiés pour des professions spécifiques. Il existe ainsi sur le marché plusieurs outils de CAO pour architectes, qui permettent de dessiner, de concevoir et de produire, par exemple les descriptifs qualitatifs et quantitatifs correspondant aux plans.

Les compléments

Les outils de CAO-DAO sont rarement utilisĂ©s sans produits complĂ©mentaires. Les premiers complĂ©ments utilisĂ©s sont les bibliothĂšques d’objets. Il s’agit du dessin d’objets frĂ©quemment prĂ©sents sur les plans : symboles cartographiques, dont la prĂ©sentation est d’ailleurs normalisĂ©e, Ă©lĂ©ments de mobilier urbain, etc. Chaque utilisateur peut Ă©tablir sa propre bibliothĂšque d'objets.

Plusieurs Ă©diteurs proposent, pour leur logiciel de CAO, un langage de dĂ©veloppement qui permet de rĂ©aliser d’importantes extensions des fonctions du logiciel. Ces programmes sont dĂ©veloppĂ©s par des sociĂ©tĂ©s d’informatiques indĂ©pendantes du fournisseur du logiciel de CAO. Les programmes permettent de proposer des fonctions supplĂ©mentaires spĂ©cialisĂ©es par mĂ©tier. Une sociĂ©tĂ© peut, par exemple fournir un programme qui effectue des calculs de cubature, tandis qu’une autre proposera un module qui ajoute des fonctions topologiques Ă  un systĂšme qui en Ă©tait dĂ©pourvu.

Ces complĂ©ments permettent aux outils de DAO-CAO d’offrir des fonctions qui les rapprochent des logiciels de SIG.

La visualisation de projets

Les outils de visualisation de projet constituent une catĂ©gorie des complĂ©ments frĂ©quemment dĂ©veloppĂ©s en pĂ©riphĂ©rie des outils de CAO-DAO. Les jets d’amĂ©nagement conçus Ă  l’aide des outils de CAO-DAO sont frĂ©quemment susceptibles d’ĂȘtre prĂ©sentĂ©s au public et aux Ă©lus dans une perspective d’aide Ă  la dĂ©cision. Le rĂ©sultat brut du dessin est souvent austĂšre et nĂ©cessite d’ĂȘtre “ habillĂ© ” pour ĂȘtre plus comprĂ©hensible, pour offrir une apparence proche de la photographie plus facile Ă  comprendre qu’un dessin technique. C’est ce qui justifie les techniques de visualisation de projet offertes par l’informatique.

Le point de dĂ©part de la visualisation de projet est souvent constituĂ© d’une photographie scannĂ©e ou numĂ©rique qui peut ĂȘtre ensuite redressĂ©e par diffĂ©rentes techniques gĂ©omĂ©triques afin de coĂŻncider avec le “point de vue” souhaitĂ© par le projeteur. Les programmes d’image de synthĂšse se distinguent des programmes de CAO par leurs buts sensiblement diffĂ©rents. D’un cĂŽtĂ© la CAO met l’accent sur la prĂ©cision de la modĂ©lisation et garde un caractĂšre technique, tandis que les logiciels d’images de synthĂšse s’attachent Ă  produire une image d’un rĂ©alisme s’approchant de la photographie. Le logiciel d’images de synthĂšse effectue le rendu Ă  partir de la scĂšne qui a Ă©tĂ© composĂ©e. Il calcule la rĂ©flexion de la lumiĂšre sur les objets brillants, simule l’épaisseur d’une plaque de verre, prend en compte la couleur, la texture des objets, les diffĂ©rentes sources lumineuses, les ombres
 Il ne fait pas tout, Ă  commencer par la modĂ©lisation de la maquette qui relĂšve de l’outil de CAO.

L’habillage consiste ensuite Ă  ajouter dans l’image les objets qui n’ont pas Ă©tĂ© modĂ©lisĂ©s (comme les arbres), puis Ă  leur attribuer la texture correspondant au matĂ©riau, avant de terminer par la dĂ©finition des ambiances lumineuses.

Le photomontage peut allier et rĂ©unir la technique de la reprĂ©sentation photographique d’un site et l’image de synthĂšse d’un projet.

LE SIG

Le SIG, ou, pour ĂȘtre plus exact le progiciel pour SIG, offre des capacitĂ©s supplĂ©mentaires en matiĂšre de stockage et de traitement des donnĂ©es.

L’outil de CAO-DAO produit des plans qui rĂ©pondent Ă  une intention prĂ©cise : le plan des voies, le plan d’un lotissement, le plan d’un Ă©tage de bĂątiment, etc. Ces plans correspondent Ă  une zone spĂ©cifiquement limitĂ©e et comprennent de nombreuses informations. La production d’un bureau de dessin se traduit par une accumulation de plans qui ne montrent pas toujours une grande cohĂ©rence ni un catalogage efficace.

Ainsi, les plans Ă©lectroniques deviennent moins aisĂ©s Ă  manipuler quand l’utilisateur veut intervenir sur une zone Ă  cheval sur deux plans, quand l’utilisateur ne s’intĂ©resse qu’à une partie des informations contenues dans le dessin.

L’expression de ces besoins a ainsi dĂ©bouchĂ© sur une façon diffĂ©rente de traiter l’information graphique. Dans son principe, l’outil abandonne le concept de dessin, juxtaposition d’élĂ©ments graphiques dans un cadre, pour ne s’intĂ©resser qu’à l’efficacitĂ© de leur stockage et de leur restitution.

Les graphismes sont en consĂ©quence emmagasinĂ©s dans une base de donnĂ©es, en fonction de diffĂ©rents critĂšres comme leur signification (parcelles, voies, textes
) et sont restituĂ©s Ă  la demande Ă  partir de tout ou partie de ces critĂšres, et de l’espace du territoire souhaitĂ©.

Cette catĂ©gorie d’outil se retrouve dans les SIG mais aussi dans d’autres systĂšmes qui traitent d’autres types d’information, comme le bĂątiment, oĂč l’on ne parle pas de SIG mais plutĂŽt de systĂšme d’information Ă  rĂ©fĂ©rence spatiale (SIRS), etc.

De plus, les SIG intÚgrent des traitements propres à l'analyse spatiale des données de leurs bases, comme l'inclusion ou la connexité par exemple.

LA PUBLICATION ASSISTEE PAR ORDINATEUR (PAO)

Les logiciels de PAO sont des outils de dessin, mais plus destinĂ© Ă  la prĂ©sentation des graphismes qu’à leur production mĂȘme. Ils sont capables de traiter les reprĂ©sentations créées avec les outils de DAO et de S.I.G., afin de les intĂ©grer, au cours du processus de production, dans des documents comprenant Ă©galement du texte. Les outils de PAO sont ainsi capables d’exploiter des graphismes de diffĂ©rents formats : raster ou bit-map, vectoriels ou d’autres formats hybrides du domaine de la bureautique (metafile).

POSITIONNEMENT DES OUTILS LES UNS PAR RAPPORT AUX AUTRES

Sur un plan purement technique (techniques de l’informatique) les trois catĂ©gories prĂ©sentent des diffĂ©rences, un peu comme se distinguent le traitement de texte (qui permet de dessiner un tableau de chiffres, mais sans faire les calculs), le tableur, qui est spĂ©cialisĂ© dans les calculs mais qui devient moins commode pour accumuler de grandes quantitĂ©s de chiffres, et la base de donnĂ©es, spĂ©cialisĂ©e dans l’emmagasinage de grandes quantitĂ©s de donnĂ©es, qu’elle est capable de restituer sous forme de tableaux et de textes (Ă©tats).

Cette hiĂ©rarchie n’est pas toujours aisĂ©e Ă  percevoir en raison du dynamisme des Ă©diteurs informatiques : les limites entre catĂ©gories ont tendance Ă  s’estomper en raison de leurs efforts. Les Ă©diteurs de progiciels pour SIG s’efforcent de donner Ă  leurs produits de meilleures fonctions en matiĂšre de prĂ©sentation de l’information, tandis que les Ă©diteurs de progiciels de CAO-DAO les enrichissent de fonction de type SIG.

Echanges de données

En tout Ă©tat de cause, les diffĂ©rentes catĂ©gories d’outils doivent communiquer. Le choix d’un outil (CAO-DAO ou SIG) doit correspondre aux besoins de l’utilisateur et les Ă©changes de donnĂ©es seront toujours possibles pour peu que l’opĂ©ration ait Ă©tĂ© prĂ©vue.

La CAO-DAO est un outil qui peut utiliser des donnĂ©es issues du SIG. (Fonds de plan, etc...) afin de crĂ©er de nouvelles informations gĂ©ographiques (plan de carrefour, plan de masse, etc...) qui peuvent alors ĂȘtre intĂ©grĂ©s au SIG.. La CAODAO peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une application pĂ©riphĂ©rique ou complĂ©mentaire du SIG, et rĂ©ciproquement. 

Une application de C.A.O.-D.A.O. donne la priorité :
‱ Ă  la reprĂ©sentation graphique des donnĂ©es
‱ aux fonctionnalitĂ©s de dessins (comme la calcul automatique des cotes) est destinĂ©e Ă  crĂ©er un dessin qui Ă©voluera peu concerne un volume de donnĂ©es limitĂ©

Une application de P.A.O. donne la priorité :
‱ Ă  la lisibilitĂ© des informations reprĂ©sentĂ©es
‱ Ă  l’esthĂ©tique du document s’intĂšgre dans la chaĂźne graphique en fin de production s’attache Ă  la comprĂ©hension des informations

Une application de S.I.G. donne la priorité :
‱ Ă  l'organisation des donnĂ©es,
‱ aux fonctions de mise à jour
‱ sera utilisĂ© pour une mise Ă  jour continuelle
‱ enregistre un volume de donnĂ©es complexe et Ă©tendu. 


Si les outils doivent ĂȘtre choisis en fonction des besoins des utilisateurs, les donnĂ©es produites constituent un investissement qui doit ĂȘtre prĂ©servĂ© par une utilisation plus gĂ©nĂ©rale.

Afin de pouvoir ĂȘtre plus facilement Ă©changĂ©es et utilisĂ©es, les donnĂ©es doivent ĂȘtre prĂ©cisĂ©ment dĂ©crites et structurĂ©es.

Les normes ont prĂ©cisĂ©ment pour objectif d’apporter une rĂ©ponse Ă  ces objectifs.

La nomenclature du CNIG s’impose pour la constitution des donnĂ©es du SIG. Mais les utilisateurs ont tout intĂ©rĂȘt Ă  organiser et Ă  structurer leurs dessins dans le mĂȘme esprit.

Chaque plan constitue un lot de donnée et justifie un catalogage conforme à la norme XP ENV 12657 qui décrit les métadonnées.

Autres considérations, affectant notamment les applications couvrant de grands territoires

‱ La complexitĂ© de la gestion continue du territoire : en effet le fait de dĂ©couper obligatoirement celui-ci en "cases" rĂ©guliĂšrement rĂ©parties de prĂ©fĂ©rence entraĂźne de nombreux problĂšmes aux limites entre cases : coupure d'objets, doublons d'objets, modifications Ă  faire sur deux fichiers quand on est dans les zones contiguĂ«s etc.

‱ Le manque de souplesse en ce qui concerne les systĂšmes de rĂ©fĂ©rences gĂ©ographiques utilisĂ©s, changement de systĂšmes lourds (comparĂ© avec certains logiciels SIG de type bureautique.).

‱ L'association d'origine des donnĂ©es aux objets graphiques et leur intĂ©gration au fichier de chaque "case" comme avec le format .dwg. Elles sont limitĂ©es en nombre et en volume, elles sont difficilement Ă©changeables avec d'autres applications.

‱ La liaison des objets avec les bases de donnĂ©es externes, qui est possible mais ne permet pas de bĂ©nĂ©ficier sur celles-ci des possibilitĂ©s d'analyses spatiales rĂ©servĂ©es aux donnĂ©es intĂ©grĂ©es. Il est vrai que ce problĂšme se retrouve sur des logiciels dits "SIG" autres que ceux originaires de la DAO-CAO. Des dĂ©veloppements spĂ©cifiques aux applications des maĂźtres d'ouvrages, complexes et coĂ»teux, sont alors nĂ©cessaires pour pallier en partie ces problĂšmes. 

L’AVENIR

À l’avenir, le logiciel de CAO se rapproche du logiciel de S.I.G. Les Ă©diteurs souhaitent en effet Ă©largir leur marchĂ© et dotent progressivement leurs produits de fonctions qui se rencontrent dans des produits concurrents.

À moyen terme, c’est Ă  dire Ă  une Ă©chĂ©ance de quelques annĂ©es, le positionnement des diffĂ©rents outils mis en oeuvre dans le monde de la cartographie et du S.I.G., va sensiblement Ă©voluer. Les produits distingueront notamment les fonctions d’édition (crĂ©ation, modification, prĂ©sentation des graphismes) et les fonctions de gestion des donnĂ©es. Les logiciels des S.I.G. ont dĂ©jĂ  entrepris cette dĂ©marche en proposant des modules sĂ©parĂ©s pour l’édition des plans et cartes d’une part et pour la gestion des bases de donnĂ©es gĂ©ographiques d’autre part, suscitant une Ă©mulation qui conduit de grands Ă©diteurs de S.G.B.D. Ă  proposer des modules (qu’ils appellent parfois “ cartouches ”) spĂ©cialisĂ©s dans la gestion des donnĂ©es gĂ©ographiques.

Et les outils de dessin et d’édition cartographique, comme les logiciels de S.I.G., pourront exploiter directement ces bases de donnĂ©es, sans recourir Ă  des conversions qui sont, Ă  l’heure actuelle, effectuĂ©es de maniĂšre manuelle.

Bibliographie

Henri PORNON, Les SIG, HERMES, 1992

AFNOR, Norme expérimentale XP ENV 12657, 1999

Ministùre de l’Équipement, des Transports et du Logement, Production de documents, Juillet 1999

Ministùre de l’Équipement, des Transports et du Logement, CETE Nord-Picardie, Les techniques de visualisation de projets, Guide de mise en oeuvre, Septembre 1999.

Fiche établie par Michel Essevaz-Roulet
avril 2000


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#46 Mon 14 January 2008 16:59

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2000
Fiche n°42 : LES PLANS DU DOMAINE VOIRIE ET LA CONSTITUTION DES DIFFERENTS REFERENTIELS

Une rĂ©flexion de grande envergure est engagĂ©e Ă  l’échelle nationale sur la production par l’IGN, la DGI et l’INSEE des principaux rĂ©fĂ©rentiels utilisĂ©s par les SIG. Les entitĂ©s constitutives de ces rĂ©fĂ©rentiels vont des limites administratives des dĂ©partements et communes jusqu’aux immeubles localisĂ©s et aux adresses en passant par les parcelles, les routes, les voies urbaines, les voies ferrĂ©es, fleuves et riviĂšres, et les Ăźlots, sans exclure les diffĂ©rents modes de regroupement (zonages spĂ©cialisĂ©s) ni d’ailleurs les dĂ©compositions thĂ©matiques, par exemple par mode d’occupation du sol. 

Le dĂ©bat s’organise notamment sur les questions suivantes :
‱ SpĂ©cifications dĂ©taillĂ©es et qualitĂ©s attendues de chaque Ă©lĂ©ment de chaque rĂ©fĂ©rentiel
‱ CoĂ»t, prix et modalitĂ©s de diffusion
‱ Rythme des mises à jour
‱ RĂ©partition des tĂąches (et des moyens publics) entre organismes pour constituer puis maintenir chaque rĂ©fĂ©rentiel
‱ Echelle de constitution de chaque rĂ©fĂ©rentiel

Chaque utilisateur doit pouvoir s’approprier les Ă©lĂ©ments des rĂ©fĂ©rentiels dont il a besoin. Il est facile de constater que ces besoins correspondent gĂ©nĂ©ralement Ă  des Ă©chelles multiples en fonction du regard que chacun porte sur le territoire. Par dĂ©finition le rĂ©fĂ©rentiel doit pouvoir ĂȘtre associĂ© Ă  des modes de reprĂ©sentation et Ă  des donnĂ©es propres Ă  chaque utilisateur.

Les collectivitĂ©s territoriales figurent en bonne place parmi les utilisateurs et les producteurs des rĂ©fĂ©rentiels gĂ©ographiques en cours de discussion. Celles-ci veulent dĂ©crire leur territoire, notamment sous deux angles privilĂ©giĂ©s : patrimoine foncier dont elles sont propriĂ©taires ou occupantes et espaces publics, en particulier celui de la voirie urbaine qu’elles gĂšrent. A ce propos, il convient de distinguer deux aspects touchant Ă  la voirie urbaine. Le premier concerne son rĂŽle structurant dans la ville et son cĂŽtĂ© "Ă©lĂ©ments de repĂ©rage" Ă  travers la dĂ©nomination des voies. Cet ensemble constitue d’ailleurs l’une des bases du rĂ©fĂ©rentiel "adresse". Le second concerne son rĂŽle de contenant des divers rĂ©seaux qui occupe son sous-sol.

Or, nombreuses sont les collectivitĂ©s territoriales qui ont mis en place un SIG comme outil d’aide Ă  la communication, Ă  la dĂ©cision et Ă  la gestion satisfaisant ainsi au premier aspect. Mais plusieurs collectivitĂ©s territoriales, souhaitant satisfaire Ă  l’ensemble de leurs besoins, se sont lancĂ©es dans une approche plus ambitieuse visant Ă  disposer des outils nĂ©cessaires Ă  la conception et Ă  la rĂ©alisation des rĂ©seaux et ouvrages d’art qui occupent son sous-sol ainsi qu’à la coordination des divers travaux de voirie qui rĂ©sultent de ces nombreuses rĂ©alisations. Elles ont souvent jugĂ© nĂ©cessaire de disposer d’un rĂ©fĂ©rentiel topographique fin et ont mis en oeuvre une politique de constitution de plans Ă  trĂšs grande Ă©chelle : il s’agit alors, typiquement de plans des corps de rue au 1/200Ăšme.

Cette approche contraste avec celle des autres producteurs de l’information gĂ©ographique qui traitent souvent l’espace public de voirie comme une sorte de “rĂ©sidu” :
‱ Le cadastre dĂ©limite bien les espaces privĂ©s (parcelles) mais non les espaces publics, Ă  moins qu’ils soient concĂ©dĂ©s, et encore, il convient de souligner que dans ce dernier cas la doctrine n’est pas constante (par exemple les terrasses de cafĂ© sont tantĂŽt traitĂ©es comme des parcelles, tantĂŽt comme du bĂąti hors parcelle
).
‱ Pour les autres sources, l’espace public de voirie n’apparaĂźt qu’à partir d’une certaine taille (voies de plus de 20m de large par exemple) ou bien sous la forme abstraite “du filaire des rĂ©seaux de voie” : la reprĂ©sentation gĂ©omĂ©trique est alors limitĂ©e Ă  celle de l’axe des voies et des noeuds aux carrefours. Il faut noter toutefois que cette reprĂ©sentation est souvent enrichie par l’introduction de la largeur moyenne de chaque tronçon de voie et par la reprĂ©sentation de “zones tampons” proportionnelles Ă  celle-ci, ce qui amĂ©liore le rĂ©alisme de la restitution.

De fait, Paris, Strasbourg, Lille MĂ©tropole, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Saint-Nazaire, Nice, pour ne citer qu’eux, ont rĂ©alisĂ© ou se sont engagĂ©s dans la rĂ©alisation d’un rĂ©fĂ©rentiel (Ă  grande Ă©chelle) de cet espace public. Il est donc utile de situer les besoins des collectivitĂ©s territoriales Ă  partir des principales fonctionnalitĂ©s et par rapport aux diffĂ©rentes Ă©chelles des principaux rĂ©fĂ©rentiels gĂ©ographiques :

Outil d’aide à la communication

Il concerne aussi bien le grand public que les relations entre administrations. Il doit permettre la réalisation de divers plans dont les échelles varient le plus souvent du 1/5000 Úme au 1/20000 Úme. Citons par exemple :
‱ L’usage de “plans de ville” qui permettent de rĂ©aliser des plans de situation pour positionner les travaux de voirie,
‱ L’usage de plans thĂ©matiques pour dĂ©finir les diffĂ©rents zonages, l’un des plus usuels Ă©tant le plan de quartier ou d’arrondissement,
‱ L’usage de plans thĂ©matiques pour situer les axes de transports en commun, etc.

Outil d’aide Ă  la dĂ©cision

Il doit offrir un ensemble d'applications amenĂ©es Ă  se dĂ©velopper de plus en plus Ă  travers l’analyse spatiale. Celle-ci, Ă  partir de l’association aux donnĂ©es gĂ©ographiques de donnĂ©es alphanumĂ©riques, doit permettre un traitement de cet ensemble pour rĂ©pondre Ă  l’objectif poursuivi et justifier ces rĂ©ponses en exploitant des plans aux Ă©chelles infĂ©rieures au 1/2000 Ăšme. Citons par exemple :
‱ L’usage de plans thĂ©matiques qui permettent de suivre l’évolution des logements et de la population aux fins d’une programmation des Ă©quipements publics,
‱ L’usage de plans topographiques et de modĂšles numĂ©riques de terrains pour dĂ©finir les zones inondables, etc,
‱ L’usage de plans dits “plans d’avant projet” qui permettent de chiffrer en premiĂšre estimation le coĂ»t d’un projet et de faciliter les Ă©tudes de simulation.

Outil d’aide à la gestion

Il s'agit lĂ  de la plus grande partie des applications actuellement dĂ©veloppĂ©es. Il doit permettre la rĂ©alisation de plans “topo-foncier” aux Ă©chelles du 1/1000 Ăšme au 1/2000 Ăšme et l’usage d’orthophotographies. Citons par exemple :
‱ L’usage de plans qui permettent l’inventaire de patrimoine foncier ou bñti, espaces naturels (parcs et jardins),
‱ L’usage de plans pour renseigner le public sur les droits Ă  construire (Ă©laboration des plans d’occupation des sols),
‱ L’usage de plans pour dĂ©composer l’espace public en site propre de transports, espace de stationnement, trottoirs, etc.

Outil d’aide à la conception

Il s'agit d'un ensemble de fonctions indispensables pour les divers bureaux d’études. Il doit permettre la rĂ©alisation de plans topographiques aux Ă©chelles du 1/200 Ăšme au 1/500 Ăšme. Citons par exemple :
‱ L’usage de plans dits “ plans de projet ” pour dĂ©finir les ouvrages Ă  construire et prĂ©parer les dossiers d’appel Ă  concurrence.
‱ l’usage de plans qui servent Ă  assurer la gestion technique des ouvrages rĂ©alisĂ©s, etc.

Outil d’aide à la coordination

Il constitue une partie en pleine expansion qui aura pour objectif outre d’assurer la coordination temporelle des travaux de voirie, de faciliter la coordination spatiale du sous-sol de la voirie communale. Il doit permettre la rĂ©alisation de plans dit de synthĂšse (rĂ©fĂ©rentiel topographique sur lequel est situĂ© l’ensemble des rĂ©seaux aux Ă©chelles du 1/200 Ăšme au 1/500 Ăšme).

Cette liste d’outils et d’usages n’est bien Ă©videmment pas exhaustive. Elle a cherchĂ© simplement Ă  souligner la multiplicitĂ© des Ă©chelles dont les collectivitĂ©s territoriales ont besoin, la nĂ©cessaire cohĂ©rence, notamment des rĂ©fĂ©rences spatiales, entre ces diffĂ©rentes Ă©chelles et la perspective qu’adoptent les collectivitĂ©s quand elles produisent leur information gĂ©ographique, notamment sur le domaine de voirie, dont la mise Ă  jour se fait de plus en plus par rĂ©colement systĂ©matique aprĂšs travaux. Le cycle de vie des objets est ainsi mieux respectĂ©. L’usage des SIG a permis d’amĂ©liorer considĂ©rablement ce type d’approche et par consĂ©quent de mieux gĂ©rer le domaine de voirie tout en assurant de façon plus satisfaisante la conservation et l’intĂ©gritĂ© des rĂ©fĂ©rentiels concernĂ©s.

Or, si des rĂ©flexions nationales accompagnent la rĂ©alisation des rĂ©fĂ©rentiels gĂ©ographiques aux Ă©chelles moyennes ou grandes, il n’en va pas de mĂȘme pour les trĂšs grandes Ă©chelles. Il existe bien une certaine concertation pour reprĂ©senter par des symboles normalisĂ©s les principaux objets du plan de voirie, mais il n’existe aucune rĂšgle pour dĂ©terminer le “rĂ©fĂ©rentiel plan de voirie” en termes de modĂ©lisation ou de rĂšgles d’intĂ©gritĂ© partagĂ©es.

La constitution de plans de voirie Ă  trĂšs grande Ă©chelle par certaines collectivitĂ©s territoriales conduit Ă©galement Ă  s’interroger sur les Ă©changes d’informations entre celles-ci et les autres producteurs d’information gĂ©ographique (essentiellement pour l’instant le Service du cadastre (DGI), mais bientĂŽt l’IGN dans les perspectives des recommandations du rapport Lengagne).

En particulier, la limite entre domaine public et domaine privĂ© (parcellisĂ©) est en principe la mĂȘme qu’il s’agisse du parcellaire cadastral ou du plan de voirie (notons le cas particulier de l’Alsace Lorraine nettement plus efficace sur ce sujet).

En pratique, cette limite est positionnĂ©e de façon beaucoup plus prĂ©cise dans un plan de voirie Ă  grande Ă©chelle que dans le plan parcellaire Ă  Ă©chelle plus rĂ©duite. Pourtant, l’information ne "remonte" pas toujours, ou quand elle remonte, elle n’est pas prise en compte. De plus, il faut constater que bien souvent les procĂ©dures de classement des espaces alignĂ©s ou retranchĂ©s, acquis par les villes, puis amĂ©nagĂ©s comme voirie, ne conduisent pas Ă  une rectification immĂ©diate du parcellaire cadastral, aucun acte ne venant officialiser le dit amĂ©nagement.

Par ailleurs, ces plans de voirie sont quelquefois (ils devraient l’ĂȘtre plus souvent) rĂ©alisĂ©s en partenariat avec les principaux concessionnaires de rĂ©seaux enterrĂ©s. Les conventions qui sont alors passĂ©es localement prĂ©voient des modalitĂ©s d’échange et de diffusion qui sont loin d’ĂȘtre homogĂšnes d’une ville Ă  l’autre.

Ainsi, au moment oĂč la puissance publique porte un nouveau regard sur l’information gĂ©ographique afin d’optimiser les modalitĂ©s de sa production et de son financement, la dimension “plan de voirie corps de rue” mĂ©riterait une analyse approfondie afin que sa place soit prise en considĂ©ration dans l’arsenal gĂ©nĂ©ral, qu’il s’agisse de la conception et de la dĂ©finition des entitĂ©s du plan de voirie par rapport Ă  celles des autres sources et de leur rĂŽle d’outil s’inscrivant dans les procĂ©dures de gestion, de mise Ă  jour et de diffusion.

Une rĂ©flexion plus spĂ©cifique pourrait porter sur les thĂšmes qui relĂšvent de chaque gamme d’échelle afin d’aboutir Ă  un emboĂźtement logique des reprĂ©sentations des plus petites aux plus grandes Ă©chelles.

Autrement dit, il ne s’agit surtout pas de privilĂ©gier systĂ©matiquement les grandes Ă©chelles, qui posent des problĂšmes spĂ©cifiques Ă©vidents (coĂ»ts, dĂ©lais de mise Ă  jour, dĂ©tails des reprĂ©sentations), mais de faciliter la constitution de rĂ©fĂ©rentiels multiples mais cohĂ©rents entre eux et d’indiquer les Ă©chelles les mieux adaptĂ©es aux besoins par types de donnĂ©es.

Les utilisateurs seraient ainsi guidĂ©s dans leur travail. Les adaptations selon qu’il existe ou non, localement, un plan de voirie seraient Ă©galement Ă  prĂ©voir et seraient riches d’enseignements dans l’analyse des besoins rĂ©els
 A suivre donc.

Voir aussi : fiches n°2, n°11 et n°26

Fiche établie par Paul Rouet et Jean Yerchoff
avril 2000


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#47 Mon 14 January 2008 16:59

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#48 Mon 14 January 2008 16:59

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2001
Fiche n°43 : GEONANTES : GENESE ET DEVENIR

La demande initiale

En 1997, le SIG de la Ville de Nantes arrive à maturité en terme de contenu : les données structurées constituent une représentation complÚte et cohérente du territoire, les procédures de gestion assurent une actualisation satisfaisante.

L’exploitation et la diffusion de cette riche base de donnĂ©es rencontrent cependant plusieurs freins liĂ©s aux technologies qui les mettent en Ɠuvre :

‱ CoĂ»t dissuasif des logiciels (environ 12 000 F / poste supplĂ©mentaire Ă©quipĂ©), notamment pour des utilisations ponctuelles ou triviales.
‱ Ergonomie lourde : les SIG sont avant tout des outils de techniciens.
‱ Temps de rĂ©ponse insuffisants sur les rĂ©seaux bas dĂ©bit.
‱ Isolement technique des logiciels SIG qui constituent encore un monde parallĂšle aux outils de dĂ©veloppement traditionnels.

Face  Ă  ce constat, la Direction des Informations GĂ©ographiques (DIG) dĂ©cide de lancer une Ă©tude sur deux axes technologiques susceptibles de fournir des rĂ©ponses Ă  cette problĂ©matique :

- L’utilisation d’OCX gĂ©ographiques, un OCX Ă©tant un composant logiciel que l’on couple avec un langage de dĂ©veloppement standard (Visual Basic, Delphi 
), ce qui permet d’introduire pour un coĂ»t rĂ©duit des fonctionnalitĂ©s gĂ©ographiques dans un environnement de conception logicielle puissant.

- L’utilisation des technologies Internet, avec leur Ă©norme potentiel de diffusion de l’information.

La prospection

Les objectifs initiaux de la Direction étaient :

La recherche d’une technologie permettant d’exploiter le plan numĂ©rique en le consultant via des applications simples Ă  la disposition des services de la Ville sur un Intranet. Et dans un second temps, une consultation pouvant ĂȘtre Ă©tendue au grand public sur Internet par une application spĂ©cialisĂ©e. Notons qu’il ne s’agit pas pour le service gĂ©omatique de faire dĂ©velopper une sĂ©rie d’applications, mais d’acquĂ©rir l’ensemble des compĂ©tences nĂ©cessaires pour la rĂ©alisation et la maintenance de celles-ci en interne.

La solution attendue devait permettre la mise en place, sur un serveur Intranet dont la configuration restait Ă  dĂ©finir, des liaisons avec une base SIG, au format APIC ou Mapinfo, natif ou d’échange, et si possible en lecture directe. Il Ă©tait souhaitĂ© par ailleurs que le graphisme soit transmis sous forme vecteur, et que le dĂ©veloppement soit basĂ© sur des "outils standards" du marchĂ© (Visual basic, Java, FrontPage par exemple).

Cette solution devait permettre aux dĂ©veloppeurs de mettre Ă  la disposition des usagers les fonctionnalitĂ©s courantes des SIG Micro : ajustement de l'espace gĂ©ographique affichĂ© dans la fenĂȘtre opĂ©rateur (zooms, plan ...), consultation des donnĂ©es associĂ©es, impression. Il est Ă©galement souhaitable de pouvoir Ă©tablir des liens avec la bureautique, et de pouvoir afficher une photo numĂ©rique sous le plan vecteur.

Le nombre de postes en accĂšs potentiel est indĂ©fini (l’ensemble des micros du parc). L’idĂ©al recherchĂ© Ă©tait que les applications puissent ĂȘtre accessibles depuis le navigateur de n’importe quel poste bureautique banal, la connexion se faisant de maniĂšre immĂ©diate (pas de chargement de plug-in) mĂȘme la premiĂšre fois.
Le choix a Ă©tĂ© motivĂ© par le respect de tous les critĂšres, hormis celui du format de transport (raster) du graphisme. Cette concession technique a Ă©tĂ© justifiĂ©e par le choix d’une solution offrant par ailleurs de nombreux avantages. Elle induit toutefois un certain nombre de limites techniques. Nous y reviendrons.

La mise en Ɠuvre

DĂšs avril 1998, un technicien est formĂ© Ă  l'outil de dĂ©veloppement. Une plate-forme expĂ©rimentale est montĂ©e : une boucle sur 3 postes : un serveur, un poste de dĂ©veloppement, un poste de test. Un prototype est prĂȘt fin juin.
Un serveur NT IIS est alors monté sur le réseau local et un groupe de 20 utilisateurs testent le produit.

AprÚs diverses mises au point, la décision est prise à l'automne :

- de généraliser l'accÚs à tous les postes de la Ville. Il suffit d'adresser le poste en IP et d'installer le navigateur.

- de mettre en Ɠuvre une version dĂ©pouillĂ©e, disponible au grand public sur Internet.

Au fil des mois, ces deux sites baptisés Géonantes (application Intranet) et Voirnantes (application Internet) se sont sophistiqués pour offrir toujours plus de services à leurs visiteurs. Le développement interne explique cette importante dynamique d'évolution.

Le coĂ»t de l'opĂ©ration, non compris le coĂ»t d’acquisition des donnĂ©es qui Ă©taient prĂ©- existantes :

- serveur                50 000 F
- formation             12 000 F
- logiciel                 50 000 F
- dĂ©veloppement     80 jours


GéoNantes aujourd'hui

Sur les 2 200 postes de la Ville qui ont accÚs à Géonantes le nombre de connexions hebdomadaires est aux alentours de 1000.

Ces consultations portent sur les données suivantes :

- plan gĂ©nĂ©ral de 5 communes, de prĂ©cision gĂ©nĂ©rale moyenne 40 cm (liĂ©e Ă  l’origine cadastrale des donnĂ©es)
- cadastre en lui-mĂȘme
- bùtiments municipaux (aspects physiques, photos et façades) et plans intérieurs des écoles
- base de données du patrimoine de la Ville (aspects juridiques)
- secteurs d’inhumation, pĂ©rimĂštres scolaires, dĂ©coupages Ă©lectoraux, INSEE 

- pĂ©rimĂštres des zones de stationnement rĂ©glementĂ© et arrĂȘtĂ©s de rĂ©glementation
- sites d'intervention du service Espace verts (espaces verts, alignements d'arbres, jeux pour enfants...)
- périmÚtres des levés topographiques Ville de Nantes
- mobilier urbain d'éclairage public : points lumineux et armoires
- carrefours à feux et réseau de régulation de la signalisation lumineuse.

Et demain

A n'en pas douter, GĂ©onantes et par lĂ -mĂȘme Voirnantes s'Ă©tendront Ă  terme Ă  l'ensemble du territoire de l'agglomĂ©ration Nantaise. Cette technologie prĂ©sentera alors l’énorme avantage d’offrir immĂ©diatement une solution de consultation du plan SIG pour les 21 mairies de la CommunautĂ© Urbaine. Celles-ci se sont mises d'accord avec la CommunautĂ© Urbaine de façon Ă  ce que cette mise Ă  disposition de donnĂ©es soit gratuite pour tout nouveau poste accĂ©dant au site.

D'autres dĂ©veloppements spĂ©cifiques basĂ©s sur la mĂȘme technologie voient le jour : consultation du POS, gestion et consultation du canevas topographique. Ces deux applications affichent des fonctionnalitĂ©s encore plus avancĂ©es qui ouvrent des perspectives prometteuses.

La premiÚre, Urbagéo, est interfacée dynamiquement avec le logiciel de gestion des droits des sols (permis de construire ...) de la Ville, qui peut à tout moment l'appeler sur une zone donnée et recevoir en retour des informations extraites du SIG.
La seconde, à l'état de projet, aura l'originalité de réaliser la saisie d'informations graphiques (points de canevas) dans le navigateur.
Notons toutefois que celle-ci n'est réalisable que par la simplicité de ce cas de saisie : il s'agit d'une information ponctuelle.

Les avantages de la solution :

- la mise à disposition de Géonantes sur un poste donné ne donne lieu à aucune installation spécifique et est totalement gratuite
- cette consultation géographique s'inscrit dans le cadre d'un projet plus vaste de déploiement d'informations à travers l'Intranet (Internantes), projet porté par la Direction des SystÚmes d'Information
- l'interface est intuitive de type grand public (ergonomie HTML), l'utilisation ne nécessite pas de formation.
- la solution est Ă©volutive, d'une part en terme de fonctionnalitĂ©s puisque nous en avons la maĂźtrise complĂšte, d'autre part parce que les outils de dĂ©veloppement eux-mĂȘmes Ă©voluent (Hahtsite, MapX) par des versions successives
- des postes reliés par des réseaux bas débit bénéficient du site avec des temps de réponse satisfaisant (64 Ko)
- les applications peuvent communiquer en temps réel avec d'autres fonctionnant en HTML ou client-serveur
- gestion d’accĂšs garantissant la confidentialitĂ© de donnĂ©es privĂ©es.

Les limites et inconvénients

- la diffusion du graphisme sous forme raster rend difficile la possibilité de développer des outils de saisie graphique.
- mĂȘme si on parvenait Ă  le rĂ©aliser, l'appui sur le fond de plan serait impossible.
- l'ergonomie HTML (ou Java) est toujours nettement moindre que celle des outils strictement micro.

En conclusion cette technologie est la solution mise en Ɠuvre pour permettre le dĂ©veloppement d' applicatifs simples de consultation, des donnĂ©es "mĂ©tier" pour les services de la communautĂ© urbaine et des villes la constituant, ainsi que des donnĂ©es d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pour le grand public.

Ref : http://mvinct8.mairie-nantes.fr/VoirNan … rNantesV4/

Olivier DUMAS, Communauté Urbaine de Nantes

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#49 Mon 14 January 2008 16:59

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2001
Fiche n°44 : Politique de diffusion de données sur Internet à la Diren Centre

Une forte demande sociale de diffusion d’informations environnementales

La direction rĂ©gionale de l’environnement (DIREN) Centre, en tant que service dĂ©concentrĂ© du ministĂšre de l’amĂ©nagement du territoire et de l’environnement (MATE), est un producteur courant de donnĂ©es, qu’il s’agisse de mesures liĂ©es Ă  l’eau ou de donnĂ©es gĂ©ographiques concernant la protection de l’environnement, la gestion de l’eau ou les risques naturels.

Or, dans le domaine de l’environnement, la demande sociale d’information est de plus en plus importante. Ce besoin d’information Ă©mane des professionnels et des amĂ©nageurs, principalement pour prendre en compte les risques et l’environnement dans leurs projets. Il Ă©mane aussi du grand public et des Ă©lus, qui expriment le besoin d’ĂȘtre informĂ©s de l’état de l’environnement, des risques naturels encourus et des actions en cours. Cette demande sociale s’est traduite dans des textes de loi ; ainsi l’Europe a Ă©dictĂ© une directive en 1990 instituant la libertĂ© d'accĂšs Ă  l'information en matiĂšre d'environnement. Le MATE a, pour sa part, entrepris de formaliser sa politique de diffusion des donnĂ©es publiques, par des actions nationales de mise Ă  disposition de donnĂ©es, par la mise en place de sites Internet pour chaque DIREN et par la rĂ©daction d’un guide aux services dĂ©concentrĂ©s sur la diffusion des donnĂ©es.


Une adaptation de la politique de diffusion et des moyens par chaque service

Face Ă  ces demandes d’accĂšs Ă  l’information, chaque service du MATE, et en particulier les DIREN, sont amenĂ©es Ă  prĂ©ciser leur politique de diffusion des donnĂ©es, en adaptant les politiques europĂ©ennes et nationales au contexte et aux moyens et organisations en place localement.

Le directeur de la DIREN Centre a entrepris, en 1999, de se donner les moyens d’une diffusion la plus ouverte possible des donnĂ©es et documents créés par la DIREN Centre. En effet, plus il y aura d’informations fiables et pertinentes sur l’environnement disponibles pour tous, mieux les prĂ©occupations environnementales pourront ĂȘtre prises en compte. La Diren, Ă  son Ă©chelon, doit jouer un rĂŽle moteur et exemplaire de mise Ă  disposition des donnĂ©es dont elle dispose. A terme, nul ne devrait pouvoir dire qu’il ne connaissait pas l’état de l’environnement et les zonages rĂ©glementaires correspondants.

Le principe retenu a Ă©tĂ© une diffusion la plus large possible des donnĂ©es et documents, au coĂ»t le plus faible possible et vers le public le plus large, dans le respect de la circulaire Balladur. Aussi toute donnĂ©e ou document formalisĂ©, rĂ©alisĂ© par la DIREN, a vocation Ă  ĂȘtre diffusĂ© Ă  tout public, les restrictions de diffusion devant ĂȘtre l’exception. Cependant, dans un premier temps, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de ne pas modifier le mode de diffusion de donnĂ©es accessibles par ailleurs, Ă  savoir principalement les donnĂ©es d’hydromĂ©trie diffusĂ©es via une banque de donnĂ©es nationale, la BDHYDRO.

Ce choix stratĂ©gique s’est traduit par la mise en place d’une organisation permettant d’atteindre ces objectifs :

- Une administration des donnĂ©es a Ă©tĂ© organisĂ©e, permettant l’accĂšs Ă  tous les agents de la DIREN aux donnĂ©es disponibles. Ces derniĂšres sont documentĂ©es conformĂ©ment Ă  la norme europĂ©enne de mĂ©tadonnĂ©es. Ce travail interne a aussi amĂ©liorĂ© le professionnalisme de la diffusion des donnĂ©es vers des tiers.

- La politique de diffusion a Ă©tĂ© formalisĂ©e, des conventions types ont Ă©tĂ© rĂ©digĂ©es, et les principes de cette politique ont Ă©tĂ© mis en Ɠuvre pour les diffusions manuelles.

- Enfin, le site Internet de la Diren (www.environnement.gouv.fr/centre) a été réactivé, et alimenté en données et documents afin de répondre au souhait de diffusion au coût le plus faible vers le plus large public.

La diffusion des données géographiques sur Internet par la Diren Centre

La diffusion sur Internet de données et documents est donc une réalité depuis mars 2000. Ce service est en constante évolution, par augmentation du stock de données et de documents mis en ligne, mais aussi par des évolutions constantes du mode de diffusion afin de répondre à un public de plus en plus large.

Le site a d’abord essayĂ© de rĂ©pondre aux besoins des professionnels, qu’il s’agisse de bureaux d’étude, de services de l’Etat et des collectivitĂ©s locales, voire de l’enseignement. Pour cela, dĂšs le dĂ©but, la diffusion des donnĂ©es sous forme de fichiers de type SIG a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e. Les donnĂ©es de la Diren sont donc proposĂ©es progressivement au tĂ©lĂ©chargement, sous forme de fichiers compressĂ©s comportant les donnĂ©es dans un format d’échange SIG (MIF-MID a Ă©tĂ© retenu, car lu par la plupart des SIG du marchĂ©), accompagnĂ©es d’une fiche de mĂ©tadonnĂ©es au format texte, et d’une licence sous forme PDF verrouillĂ©. Il a en effet Ă©tĂ© jugĂ© indispensable d’accompagner les donnĂ©es des informations minimales permettant de les utiliser, fonction assurĂ©e par les mĂ©tadonnĂ©es systĂ©matiquement livrĂ©es avec la donnĂ©e. Il a aussi Ă©tĂ© jugĂ© important, s’agissant de donnĂ©es numĂ©riques, de prĂ©ciser les droits et devoirs des utilisateurs et du producteur : les premiers s’engagent principalement Ă  ne pas rediffuser les donnĂ©es sous leur forme numĂ©rique, ces derniĂšres Ă©tant rĂ©guliĂšrement mises Ă  jour et accessibles sur le site de la Diren, et Ă  citer l'auteur de ces donnĂ©es. Le producteur lui s’engage principalement sur la qualitĂ© des donnĂ©es fournies. La gratuitĂ© et la facilitĂ© d’accĂšs aux donnĂ©es ne signifient en effet pas qu’elles sont publiques et  libres de droits. Mais, afin de faciliter au mieux l’utilisation des donnĂ©es, la licence proposĂ©e limite au strict minimum les contraintes imposĂ©es aux utilisateurs.

La diffusion de donnĂ©es sous format SIG, si elle rĂ©pond bien aux besoins de certains acteurs de l’environnement, ne satisfait Ă©videmment pas Ă  tous les besoins : certains bureaux d’étude, certaines associations et le grand public en gĂ©nĂ©ral, ne disposent pas de logiciels SIG ni des fonds cartographiques minimums pour mettre les donnĂ©es en relation avec le territoire concernĂ©. Des cartes «figĂ©es» sont donc aussi proposĂ©es, dans des formats accessibles Ă  tous les internautes. Le format PDF a Ă©tĂ© retenu pour les cartes et les documents, car il fournit des documents d’une grande qualitĂ© graphique, proche de l ‘original, avec cependant comme inconvĂ©nient un poids non nĂ©gligeable des fichiers incluant des cartes (de 300 K° Ă  1 M°, pouvant aller jusqu’à 4 M° pour une carte d’occupation des sols). Les cartes proposĂ©es couvrent tout le territoire de la DIREN, et sont souvent incluses dans des rapports d’étude. Est fournie par ce biais une information sur l’environnement sur la rĂ©gion Centre ou le bassin Loire Bretagne ; ainsi sont disponibles le «suivi du SDAGE 1999 », pour l’eau sur le Bassin, et le « Profil environnemental rĂ©gional », pour l’environnement sur la rĂ©gion Centre.

ParallĂšlement des cartes plus dĂ©taillĂ©es sont proposĂ©es, sous forme de fiches d’information pour chaque zone de protection ou de gestion concernant la nature et les paysages. Ces fiches par zone comprennent, outre la description minimale du site concernĂ© et des cartes de localisation, une carte de la zone reportĂ©e sur le Scan 25 de l’IGN (ou le Scan 100 de l’IGN pour les trĂšs grandes zones) et la copie de l’arrĂȘtĂ© crĂ©ant la zone rĂ©glementaire en question. Ces fiches sont en PDF verrouillĂ© afin d’interdire toute rĂ©cupĂ©ration des Scan sous forme numĂ©rique manipulable. Chacun peut donc connaĂźtre prĂ©cisĂ©ment la position de telle zone rĂ©glementaire sur le territoire, et rĂ©pondre Ă  la question : « tel endroit qui m’intĂ©resse est-il concernĂ© par tel ou tel type de protection environnementale ? ». ParallĂšlement sont aussi proposĂ©es des listes de zonage par communes, permettant de rĂ©pondre Ă  la question «sur ma commune, quel sont les types de zonage rĂ©glementaire qui s’appliquent ?».

Une fois ces modes de diffusion initiĂ©s, il a semblĂ© dommage de ne pas offrir la possibilitĂ© Ă  des utilisateurs avertis, mais n’ayant pas de SIG, d’accĂ©der cependant Ă  des donnĂ©es gĂ©ographiques manipulables avec la libertĂ© de choisir les couches d’information et les modes de prĂ©sentation de ces donnĂ©es. Il a donc Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de proposer aux utilisateurs Ă  la fois un format et un outil permettant gratuitement d’accĂ©der Ă  certaines fonctions habituelles des SIG : affichage de plusieurs couches, choix dans la reprĂ©sentation, accĂšs aux donnĂ©es attributaires 
 La solution retenue propose le tĂ©lĂ©chargement gratuit de visionneuse de qualitĂ© disponible sur le marchĂ©. Parmi les rares visionneuses en français permettant d’accĂ©der tant Ă  la gĂ©omĂ©trie des donnĂ©es gĂ©ographiques qu’aux donnĂ©es attributaires, le choix s’est portĂ© sur Arcexplorer d’ESRI. Les donnĂ©es numĂ©riques sont diffusĂ©es aussi au format Shape, et il est proposĂ© aux utilisateurs de tĂ©lĂ©charger le logiciel sur le site d’ESRI France, une documentation en Français du logiciel Ă©tant disponible sur notre site. Cependant, pour que cette rĂ©ponse aux besoins rĂ©els (ou supposĂ©s ?) d’utilisateurs un peu curieux soit complĂšte, il faudra trouver un fond de plan prĂ©sentant au moins les limites communales et les principaux fleuves et routes, qui puisse ĂȘtre fourni sans restriction d’usage avec le reste des donnĂ©es de la Diren.

Enfin des rĂ©flexions ont lieu au sein du MATE pour choisir une solution technologique permettant de prĂ©senter des cartes interactives sur Internet Des tests sont rĂ©alisĂ©s avec une dizaine de solutions du marchĂ©. Ces technologies ne remplaceront pas la diffusion de fichiers manipulables, car elles ne permettent en gĂ©nĂ©ral qu’une consultation de ces donnĂ©es sans possibilitĂ© de tĂ©lĂ©chargement. Par contre l’accĂšs aux informations Ă  travers une carte, dans laquelle on peut zoomer, se dĂ©placer, voire choisir de sĂ©lectionner ou non telle ou telle information, est un moyen convivial de recherche d’information Ă  ne pas nĂ©gliger. Reste que ces solutions imposent encore Ă  l’utilisateur d’avoir des accĂšs internet rapides et des navigateurs rĂ©cents, parfois dopĂ©s par des plug-in.

Perspectives d’évolution du service de diffusion de donnĂ©es sur Internet

On le voit, diffĂ©rentes pistes de diffusion de donnĂ©es gĂ©ographiques ont Ă©tĂ© explorĂ©es ou sous en cours de test, avec comme souci principal de libĂ©rer le plus possible l’accĂšs aux donnĂ©es et Ă  l’information, pour des publics ayant des moyens et des prĂ©occupations variĂ©es. Les rĂ©sultats ont montrĂ© que les modes de diffusion proposĂ©s rencontraient un public important. Ainsi 200 fichiers de type SIG et 3000 pages en PDF sont extraites du site par mois. C’est 10 fois plus que ce que la Diren Centre diffuse de maniĂšre classique couramment.

L’expĂ©rience de la Diren Centre montre donc que diffuser des donnĂ©es gĂ©ographiques n’impose pas de passer par des solutions technologiques coĂ»teuses, tant pour le service diffuseur que pour l’utilisateur. Le site de la Diren a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© directement en HTML, sans programmation particuliĂšre. Des solutions Ă  base de PDF pour les cartes toutes faites, Ă  base de fichiers au format export de tel ou tel logiciel, compressĂ©s, pour la diffusion de fichiers manipulables, et la mise Ă  disposition de mĂ©tadonnĂ©es dans des formats texte courants rĂ©pondent Ă  la question.
Le problĂšme de la diffusion de donnĂ©es et documents sur Internet se trouve bien plus dans la dĂ©finition de la politique de diffusion que l’on veut mettre en place, et dans l’organisation de la validation des donnĂ©es, de  leur documentation et de l’alimentation rĂ©guliĂšre du serveur.

Un travail important reste encore Ă  faire Ă  la Diren Centre pour complĂ©ter et tenir Ă  jour la masse d’information dĂ©jĂ  mise en ligne. Des domaines d’activitĂ©  de la Diren ne sont encore que peu reprĂ©sentĂ©s. Un effort de mise Ă  disposition d’information plus grand public reste Ă  faire. On peut envisager aussi d’amĂ©liorer le service, par l’introduction de la cartographie interactive (comme moyen de recherche et consultation, et non pas comme moyen de diffusion, sauf peut ĂȘtre pour des fichiers de taille importante), et par la mise en place d’outils de gestion des clients permettant de mieux les connaĂźtre et de les informer des mises Ă  jours.

Cependant, il faut rester conscient qu’une diffusion sur Internet ne peut seule rĂ©pondre entiĂšrement aux objectifs visĂ©s. Certaines donnĂ©es prĂ©sentent des volumes trop importants pour ĂȘtre tĂ©lĂ©chargeables sur Internet (il en est ainsi d’une carte raster de la Loire en 1850 au 1 :20.000), qui devront ĂȘtre diffusĂ©es sur CD ROM. Plus gĂ©nĂ©ralement, une part importante de la population n’a pas accĂšs Ă  Internet ou dispose d’accĂšs Ă  Internet bridĂ©s (certains accĂšs interdisent la rĂ©cupĂ©ration de fichiers trop gros ou de plug in ou programmes Java). La mise Ă  disposition d’un poste en libre service Ă  la documentation de la Diren, ne palliera qu’imparfaitement  ce type de problĂšme, la diffusion sous forme papier ou disquette restant une obligation.

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#50 Mon 14 January 2008 16:59

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2001
Fiche n°45 : COMMANDER UNE ORTHOPHOTOGRAPHIE NUMÉRIQUE

L’orthophotographie, encore appelĂ©e orthophotoplan, fait partie des donnĂ©es gĂ©ographiques de base. Elle est souvent utilisĂ©e en complĂ©ment d’un rĂ©fĂ©rentiel gĂ©ographique comme le plan parcellaire. L’orthophotographie ne prĂ©sente pas la mĂȘme information, mais elle montre nombre de dĂ©tails ne figurant pas sur les plans, et peut apporter une reprĂ©sentation gĂ©omĂ©trique dont l’exactitude est connue.

De la photo aĂ©rienne Ă  l’orthophotographie.

L’inconvĂ©nient majeur de la photo aĂ©rienne non redressĂ©e rĂ©side dans son inexactitude gĂ©omĂ©trique. En effet, les parties les plus proches du sujet photographiĂ© apparaissent plus grandes. En consĂ©quence, les zones en relief d’un territoire photographiĂ© (hauteur d’une colline par exemple) seront restituĂ©es Ă  une Ă©chelle diffĂ©rente de celle du fond de la vallĂ©e.

Une photographie aĂ©rienne doit donc ĂȘtre rectifiĂ©e pour prĂ©senter une Ă©chelle constante sur toute sa surface, de maniĂšre Ă  ce que l’image corresponde Ă  sa projection sur le plan horizontal, ce qui est le cas de la carte et du plan.
La rectification consiste Ă  diminuer la taille des Ă©lĂ©ments d’image reprĂ©sentant les Ă©lĂ©ments de terrain trop proches de l’appareil de prise de vue. Le calcul de la rectification ou orthorectification, nĂ©cessite donc de connaĂźtre la distance rĂ©elle entre tous les points du territoire photographiĂ© et l’objectif de l’appareil photo.

Cette opĂ©ration est effectuĂ©e Ă  l’aide d’une description informatique du terrain, appelĂ©e modĂšle numĂ©rique de terrain ou M.N.T. Ce M.N.T. est rĂ©alisĂ© Ă  partir de la connaissance du relief, notamment Ă  partir de couples stĂ©rĂ©oscopiques de photographies aĂ©riennes (cf. fiche CNIG N°46).

Comme toutes les opĂ©rations sont maintenant rĂ©alisĂ©es Ă  l’aide de l’informatique, l’orthophotographie est constituĂ©e d’un ou de plusieurs documents fichiers numĂ©riques. L’orthophotographie est visualisĂ©e Ă  l’aide d’un poste de travail informatique ou aprĂšs impression sur une imprimante ou un traceur.

Les différentes orthophotographies.

Deux orthophotographies similaires Ă  premiĂšre vue peuvent prĂ©senter des caractĂ©ristiques et un coĂ»t trĂšs diffĂ©rents. À l’inverse, une mĂȘme orthophotographie peut convenir Ă  tel utilisateur, et se rĂ©vĂ©ler inutilisable pour d’autres.
L’orthophotographie n’est pas un produit normalisĂ©, elle est le rĂ©sultat des techniques maĂźtrisĂ©es par son producteur.
La prĂ©cision constitue le premier descripteur – dĂ©taillĂ© plus loin - de l’orthophotographie, car son prix en dĂ©coule directement. La prĂ©cision du M.N.T. utilisĂ© pour l’orthorectification constitue un autre critĂšre de premier rang. La nature du redressement effectuĂ© pour les dĂ©tails situĂ©s au niveau du sol peut enfin ĂȘtre plus ou moins complĂšte. Le redressement d’objets verticaux n’est gĂ©nĂ©ralement pas effectuĂ© : les bĂątiments situĂ©s en bordure du clichĂ© sont photographiĂ©s avec un petit angle de prise de vue qui permet de voir la façade situĂ©e du cĂŽtĂ© de l’objectif de l’appareil ; de mĂȘme une partie du terrain situĂ© derriĂšre le bĂątiment reste cachĂ©e. Il existe des techniques et des fournisseurs qui offrent une rectification complĂšte de la photographie aĂ©rienne.

L’acquisition d’une orthophotographie doit donc faire l’objet d’une description prĂ©cise quant au rĂ©sultat attendu, plus particuliĂšrement dans le cas d’un appel d’offres qui ne permet pas toujours la comparaison du rĂ©sultat produit. Les fournisseurs utilisent en outre leurs propres critĂšres de description, ce qui ne facilite pas les comparaisons.
Enfin, le recours Ă  la photographie numĂ©rique modifie la chaĂźne de production, supprimant des paramĂštres traditionnellement utilisĂ©s pour dĂ©crire l’orthophotographie (c’est le cas de la taille du nĂ©gatif qui est remplacĂ© par un capteur).
Certains producteurs ont rĂ©alisĂ© des orthophotographies qui peuvent ĂȘtre achetĂ©es «sur Ă©tagĂšre» (comme par exemple le produit BD ORTHO de l’IGN), ce qui permet un examen prĂ©alable. Ces prestataires spĂ©cialisĂ©s peuvent Ă©galement rĂ©aliser une orthophotographie sur commande, ce qui implique une description prĂ©cise du rĂ©sultat souhaitĂ©. L’application du Code des marchĂ©s publics peut mettre en concurrence des produits rĂ©alisĂ©s selon des processus trĂšs diffĂ©rents, rendant la comparaison difficile avant la rĂ©alisation.

L’objectif de la prĂ©sente fiche est d’apporter les Ă©lĂ©ments utiles Ă  l’acheteur pour la prĂ©paration de la commande.

La spĂ©cification d’une orthophotographie.

La photographie aĂ©rienne argentique est la plupart du temps caractĂ©risĂ©e par sa colorimĂ©trie (noir & blanc - ou panchromatique dans le langage technique – ou couleur, exceptionnellement infrarouge) et par deux autres paramĂštres : l’échelle, et la rĂ©solution. L’orthophotographie introduit un paramĂštre de plus : l’exactitude gĂ©omĂ©trique.

L’échelle.

L’échelle d’une photo aĂ©rienne (argentique) n’est pas celle de l’agrandissement mais celle du clichĂ© initial, c’est Ă  dire du nĂ©gatif. Ce document originel mesure 23 cm de cĂŽtĂ© avec une rĂ©solution photographique qui dĂ©pend de la qualitĂ© de l’objectif photographique mais qui atteint couramment 15 ”m (15 microns soit 15 milliĂšme de millimĂštre). L’expĂ©rience a conduit les producteurs de photos aĂ©riennes Ă  choisir une Ă©chelle du nĂ©gatif proportionnelle Ă  l’échelle de l’usage qui en sera fait plus tard. Le coefficient utilisĂ© varie de 3 Ă  5, ce qui veut dire qu’un clichĂ© nĂ©gatif prĂ©sentant le terrain Ă  l’échelle du 1/30 000 pourra servir Ă  crĂ©er ou Ă  complĂ©ter une carte au 1/10 000. Le coefficient est plus Ă©levĂ© en photographie noir & blanc qu’en couleur.
Cette caractĂ©ristique ne doit pas ĂȘtre invoquĂ©e dans le cas d’une prise de vue avec un appareil de photographie numĂ©rique qui ne gĂ©nĂšre pas de clichĂ©. L’appareil de photographie numĂ©rique utilise un capteur constituĂ© d’une grille de cellules photosensibles qui peuvent avoir des tailles diffĂ©rentes. Il n’y a pas crĂ©ation d’image rĂ©elle, mais enregistrement d’une sĂ©quence de donnĂ©es permettant de reconstituer l’image dans une Ă©tape ultĂ©rieure.

La résolution.

‱ La rĂ©solution en photographie argentique est la dimension du plus petit dĂ©tail que l’on peut observer. Elle se mesure par photographie de mires composĂ©es d’une collection de traits d’épaisseur dĂ©croissante. Une rĂ©solution de 15 ”m, sur le nĂ©gatif Ă  l’échelle de 1/30 000, permet donc de distinguer un dĂ©tail de 0,45 m (45 cm).
Il y a, Ă  cette Ă©tape de la chaĂźne de production argentique, correspondance entre la finesse des dĂ©tails observables de l’image, et l’échelle du nĂ©gatif, ce qui explique que l’une des caractĂ©ristiques d’une photo aĂ©rienne argentique, est mesurĂ©e par l’échelle.

‱ Dans le cas d’une prise de vue numĂ©rique, la rĂ©solution est entendue comme la possibilitĂ© de diffĂ©rencier des objets sur l'image. Elle s’apprĂ©cie en pixels (voir ci-dessous). Cette caractĂ©ristique est trĂšs variable selon le type de donnĂ©e maillĂ©e. Elle sera dĂ©pendante du contraste entre deux objets limitrophes, et de leur forme : on peut voir sur une image Ă  maille au sol de 0,50 m la signalisation horizontale sur une route, alors qu'elle a une largeur bien infĂ©rieure Ă  la maille. A l'inverse, la frontiĂšre entre deux objets ne prĂ©sentant qu'un faible contraste, et aux limites non rĂ©guliĂšres, ne pourra ĂȘtre dĂ©terminĂ©e qu'avec au moins deux mailles.

Le pixel.

Une troisiÚme caractéristique apparaßt avec les techniques numériques : le pixel.

Le scannage de la photographie transforme l’image en une grille de carrĂ©s de couleur unie, gĂ©nĂ©ralement appelĂ©s pixel (pour picture element, Ă©lĂ©ment de l’image). Ces donnĂ©es sont Ă©galement appelĂ©es «maillĂ©es» et sont enregistrĂ©es dans des documents fichiers raster (voir la fiche « MaĂźtrise d’ouvrage CNIG » n° 38 Fichiers raster et donnĂ©es maillĂ©es, avril 2000). L’appareil photographique numĂ©rique produit, quant Ă  lui, directement le document fichier raster.

L’apprĂ©ciation de la finesse avec le pixel comme unitĂ©, est Ă  utiliser avec prĂ©caution car elle peut avoir des significations diffĂ©rentes.

Cas d’un document fichier raster issu d’une prise de vue argentique.

‱ Si le pixel est trĂšs petit, la taille de la maille n’est pas un indicateur de la prĂ©cision ou de rĂ©solution de l’image. Dans ce cas, l’image argentique est reproduite sans perte de qualitĂ©. Les critĂšres de qualitĂ© sont ceux de l’image argentique initiale scannĂ©e (Ă©chelle, rĂ©solution argentique).

‱ Par contre, si la maille est plus grande que la rĂ©solution du document initial, le scannage a entraĂźnĂ© une diminution de la finesse de l’image et la taille de la maille est utilisĂ©e pour qualifier la rĂ©solution numĂ©rique du document fichier raster obtenu.

La finesse de l’image scannĂ©e ne peut donc ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par la taille de la maille que si une information est donnĂ©e simultanĂ©ment sur la rĂ©solution de la photographie scannĂ©e.

Afin d’optimiser la taille en octets des documents fichiers, la dimension de la maille doit ĂȘtre adaptĂ©e Ă  la rĂ©solution de la photographie initiale. Une maille (rĂ©solution numĂ©rique) Ă©gale Ă  la moitiĂ© de la rĂ©solution photographique argentique peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un bon compromis. Avec l’exemple Ă©voquĂ©, le clichĂ© de 23 cm, d’une rĂ©solution argentique de 15 ”m, sera scannĂ© avec une maille de 8 ”m, soit une maille de 0,25 m au sol, ce qui correspond Ă  une rĂ©solution numĂ©rique d’environ 200 dpi.


[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_45_1.jpg[/img]
Figure 1. Agrandissement d’une orthophotographie à la maille de 0,25 m.




Cas d’un document fichier raster issu d’une prise de vue numĂ©rique.

L’ambivalence du pixel ne disparaĂźt pas quand la prise de vue est effectuĂ©e avec un Ă©quipement numĂ©rique : la maille du document peut avoir Ă©tĂ© rĂ©duite (divisĂ©e par quatre, par exemple), quel qu’en soit le motif, entre la prise de vue et la livraison du document, sans modifier la finesse de l’image.

La rĂ©solution du fichier raster doit lĂ  aussi ĂȘtre accompagnĂ©e d’une information sur la rĂ©solution numĂ©rique du capteur (nombre de pixels par rangĂ©e)ses dimensions et les conditions de la prise de vue (altitude, etc
). En effet, une amĂ©lioration nominale de la rĂ©solution numĂ©rique de l’image peut avoir Ă©tĂ© effectuĂ©e en divisant les pixels, voire par un traitement l’image qui ne peut apporter aucune information supplĂ©mentaire.


[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_45_2.jpg[/img]
Figure 2. Chaque pixel (Ă  gauche) a Ă©tĂ© divisĂ© par deux (Ă  droite). La maille est plus petite, mais l’image est identique, n’apportant aucune information supplĂ©mentaire.



En conclusion, quatre caractĂ©ristiques sont Ă  retenir pour dĂ©crire la prĂ©cision d’une orthophotographie :

‱ l’échelle de prise de vue du document original,

‱ la rĂ©solution du support de prise de vue (film ou capteur numĂ©rique) et ses dimensions,

‱ la taille, mesurĂ©e dans le monde rĂ©el, des plus petits objets discernables dans le lot de donnĂ©es concernĂ©, cette taille devant correspondre au produit de l’échelle et de la rĂ©solution photographique du support de prise de vue (film ou capteur numĂ©rique),

‱ la taille de la maille du lot de donnĂ©es fourni (mesurĂ©e en ”m - conformĂ©ment Ă  la rĂ©glementation en vigueur - et facultativement en dpi ou points par pouces – unitĂ© de mesure anglo-saxonne).

Une correspondance devra ĂȘtre Ă©tablie par l’utilisateur au moment de comparer des produits issus de techniques diffĂ©rentes.

L’exactitude gĂ©omĂ©trique

L’exactitude gĂ©omĂ©trique est aussi appelĂ©e prĂ©cision gĂ©omĂ©trique.

Une orthophotographie peut avoir une maille de 0,50 m au sol, mais n'avoir une prĂ©cision annoncĂ©e que de quelques mĂštres. Ce document peut ĂȘtre trĂšs utile dans le domaine de la communication institutionnelle, pour dĂ©montrer l’insertion d’un projet dans son environnement, etc., mais peut se rĂ©vĂ©ler inutilisable dans d’autres cas : vĂ©rification de l’exactitude d’un plan, etc.

L’exactitude gĂ©omĂ©trique est obtenue par la poursuite du processus de fabrication : le tirage de la photo aĂ©rienne est scannĂ© pour permettre son redressement par calcul.

Le redressement s’appuie sur une reprĂ©sentation numĂ©rique (informatique) du terrain communĂ©ment appelĂ© modĂšle numĂ©rique du terrain ou MNT La qualitĂ© du redressement est fonction de la prĂ©cision gĂ©omĂ©trique ou exactitude du MNT et de la qualitĂ© des traitements informatiques effectuĂ©s.

Cette qualité est mesurée de deux maniÚres :

‱ soit par le calcul de « l’erreur quadratique moyenne » ou « E.M.Q » portant sur les mesures effectuĂ©es des distances entre points sur l’orthophotographie et leurs homologues sur le terrain : la valeur de l’E.M.Q indique qu’environ 60 % des points de  l’orthophotographie sont situĂ©s Ă  une distance infĂ©rieure Ă  l’emq de leur positionnement thĂ©orique,

‱ soit par la mesure d’une « tolĂ©rance », qui est la distance maximale relevĂ©e entre un point et son positionnement thĂ©orique.

À titre d’exemple, l’IGN annonce, pour les fournitures de la BD ORTHO, une « E.M.Q » de 1 m, ce qui correspond Ă  une tolĂ©rance de 3 m. La taille des pixels de ce produit est de 1 m au sol, en cohĂ©rence, donc, avec son exactitude.

Les autres spécifications.

D’autres spĂ©cifications peuvent ĂȘtre prĂ©vues pour la commande d’orthophotographies. Plusieurs normes concernent les orthophotographies. L’acheteur public doit les connaĂźtre, les organismes publics Ă©tant tenus respecter la normalisation.

La norme AFNOR NF Z 52000 (F) dite Norme EDIGéO

EDIGĂ©O reconnaĂźt l’orthophotographie comme un lot de donnĂ©es respectant un modĂšle conceptuel de donnĂ©es (MCD) de type matriciel. La norme dĂ©finit deux types de structure de donnĂ©es matricielles : un premier type, la structure matricielle de valeurs rĂ©elles, et un second type, la structure matricielle de valeurs codĂ©es. L’orthophotographie s’inscrit dans cette 2Ăšme catĂ©gorie : les valeurs Ă©lĂ©mentaires enregistrĂ©es correspondent Ă  un code numĂ©rique qui reprĂ©sente une quantitĂ© ou une qualitĂ©, dĂ©finie dans une table de codification, dĂ©crivant la valeur graphique du pixel.

Dans la pratique, le respect des spécifications du format TIFF assure le respect de la norme EDIGéO.

Les spécifications du format TIFF.

Il existe une centaine de formats et de sous-formats d’enregistrement et de sauvegarde des documents fichiers raster. L’acheteur prĂ©cisera le format dans lequel il souhaite ĂȘtre livrĂ©, en fonction des outils dont il dispose. Les orthophotographies sous forme de fichiers raster peuvent ĂȘtre visualisĂ©es dans beaucoup d’outils de SIG, mais parfois Ă  partir de formats spĂ©cifiques. La documentation des applications informatiques sera utilisĂ©e pour prĂ©ciser le format souhaitĂ©.

TIFF est une marque (trademark) d’Aldus Corporation et dĂ©signe un format de fichier destinĂ© Ă  enregistrer une image de type raster, c’est Ă  dire la reproduction d’une image au moyen d’une grille de points noirs ou blancs ou de couleur. C’est le format le plus rĂ©pandu. Il est dĂ©crit par un document largement diffusĂ©, la rĂ©vision n° 6 du 3 juin 1992.

Les caractĂ©ristiques de l’image et du fichier sont dĂ©crites dans une succession de champs (fields) numĂ©rotĂ©s. Le numĂ©ro du champ est traditionnellement appelĂ© «tag». Environ 75 champs sont dĂ©finis par les spĂ©cifications. Par exemple le champ (tag) numĂ©ro 262 (PhotometricInterpretation) prĂ©cise le type d’image (noir & blanc, les diffĂ©rents formats de couleur), le champ 256 la largeur de l’image en pixels et le champ 257 la hauteur... le champ 315 le nom de l’auteur... etc.

Plusieurs sous-formats correspondent Ă  diffĂ©rents algorithmes de compression de l’image. Le plus utilisĂ© a Ă©tĂ© dĂ©fini par le comitĂ© consultatif international pour le tĂ©lĂ©phone et les tĂ©lĂ©communications sous l’appellation de CCITT groupe 4 ou CCITT G4 et repris dans les spĂ©cifications TIFF.

Pratiquement tous les outils le reconnaissent. Pour les grandes images, une variante dĂ©coupant l’image en «tuiles» sous l’appellation de compression « Tiled CCITT G4 » prĂ©sente une plus grande efficacitĂ© mais n’est pas toujours implĂ©mentĂ©e dans les applications graphiques.

Les métadonnées.

Les mĂ©tadonnĂ©es sont des «donnĂ©es qui renseignent sur la nature de certaines donnĂ©es et qui permettent ainsi leur utilisation pertinente». Les mĂ©tadonnĂ©es ont pour but de documenter les donnĂ©es, afin de faciliter leur cohĂ©rence, leur rĂ©utilisation, les Ă©changes entre partenaires, etc. Il s’agit lĂ  pour une bonne partie d’informations fondamentales dans le domaine de la gĂ©omatique : caractĂ©ristiques de l’orthographie notamment dĂ©crites ci-dessus, dates de production, systĂšme de rĂ©fĂ©rence utilisĂ©, origine, etc.  Les normes apportent lĂ  une assistance pour le classement et la prĂ©sentation de ces mĂ©tadonnĂ©es.

Une norme europĂ©enne expĂ©rimentale a Ă©tĂ© publiĂ©e en 1998, la norme ENV 12657, et dĂ©clinĂ©e sur le plan national par un guide de mise en Ɠuvre (XP ENV 12657). De son cĂŽtĂ© l’organisation de normalisation internationale poursuit l’élaboration de la norme ISO 15046-15. L’acheteur aura intĂ©rĂȘt Ă  spĂ©cifier les mĂ©tadonnĂ©es qu’il a besoin d’associer Ă  son orthophotographie. Il s’agit lĂ  d’une rĂ©flexion qui prend sa place dans l’étude des besoins.

Les spécifications GeoTIFF.

Les spĂ©cifications TIFF ont prĂ©vu la possibilitĂ© de rĂ©server des champs Ă  des fins propres Ă  l’utilisateur (private tags). Ce sont ces derniers qui sont utilisĂ©s par les spĂ©cifications de GeoTIFF pour enregistrer les mĂ©tadonnĂ©es gĂ©ographiques. Ces derniĂšres respectent essentiellement les directives du comitĂ© fĂ©dĂ©ral des États Unis d’AmĂ©rique du Nord pour les donnĂ©es gĂ©ographiques (FGDC). Les mĂ©tadonnĂ©es dĂ©
crivent les caractĂ©ristiques gĂ©omĂ©triques de l’image raster : systĂšme de projection utilisĂ©, origine. L’organisation de ces mĂ©tadonnĂ©es est particuliĂšre et les champs y sont spĂ©cifiquement dĂ©nommĂ©s «clĂ©s» (keys ou encore GeoKeys). Une quarantaine de champs dĂ©finit ainsi les caractĂ©ristiques gĂ©omĂ©triques de l’image raster : systĂšme de projection, localisation, Ă©chelle, etc.

ConformĂ©ment aux rĂšgles du format TIFF, l’utilisation de ces champs n’empĂȘche pas la visualisation des images GeoTIFF par tout visualisateur standard de fichier TIFF. L’exploitation des mĂ©tadonnĂ©es gĂ©ographiques inscrites dans un fichier TIFF selon les spĂ©cifications GeoTIFF nĂ©cessite donc un programme ad’hoc et sont reconnues par un certain nombre d’applications pour SIG.

Dans le cas d’une commande, l’acheteur doit Ă©tudier l’intĂ©rĂȘt d’une orthophotographie documentĂ©e selon les spĂ©cifications GeoTIFF. LĂ  encore, la documentation de ses applications de SIG lui prĂ©cisera si, et dans quelle mesure, ses propres outils reconnaissent ou non les mĂ©tadonnĂ©es enregistrĂ©es au format GeoTIFF. L’acquisition d’une orthophotographie intĂ©grant les mĂ©tadonnĂ©es au format GeoTIFF peut cependant prĂ©senter un intĂ©rĂȘt par rapport Ă  l’acquisition ultĂ©rieure d’outils la reconnaissant.


Livraison

Deux aspects particuliers sont Ă  souligner, le choix du systĂšme de projection et le volume des fichiers.

- le choix du systĂšme de projection doit ĂȘtre clairement spĂ©cifiĂ© car il ne peut ĂȘtre changĂ© facilement. En effet, contrairement aux fichiers vecteurs pour lesquels les changements de systĂšmes de projection sont assez bien gĂ©rĂ©s par les progiciels gĂ©omatiques, il n’en est pas de mĂȘme pour les fichiers raster gĂ©orĂ©fĂ©rencĂ©s. Les angles de l’image correspondent Ă  des coordonnĂ©es d’un systĂšme de projection terrestre, et les distances qui les sĂ©parent fournissent un nombre entier de fois la taille du pixel de l’image. Un changement de systĂšme de projection amĂšnera des modifications des coordonnĂ©es des angles, puis par suite des distances entre ces angles, qui ne seront plus un multiple de la taille du pixel. On observe alors des Ă©cartements ou chevauchements de pixels dont la taille n’a pas variĂ©.

- le volume des fichiers doit ĂȘtre bien apprĂ©hendĂ© au dĂ©part : il est considĂ©rable. Une orthophotographie sur un dĂ©partement, type BD ORTHO de l’IGN, reprĂ©sente 130 Ă  180 cĂ©dĂ©roms. Des solutions de compression trĂšs efficaces existent, mais la livraison initiale doit ĂȘtre effectuĂ©e dans un format qui ne dĂ©grade par le fichier origine.

Conclusion

La commande d’une orthophotographie implique :

‱ un inventaire des besoins Ă  satisfaire, afin de dĂ©finir les valeurs des critĂšres Ă  respecter par le fournisseur de l’orthophotographie, ainsi que des mĂ©tadonnĂ©es Ă  y associer.

Les critĂšres dĂ©crivant l’orthophotographie relĂšvent de :

‱ son type : support argentique ou prise de vue numĂ©rique ; N/B, couleur ou infrarouge,

‱ la finesse de l’image et s’apprĂ©cie grĂące Ă 

     - l’échelle de prise de vue du document original,
     - la rĂ©solution du support de prise de vue,
     - la taille des plus petits objets discernables dans le lot de donnĂ©es,
     - la taille de la maille du lot de donnĂ©es,

‱ l’exactitude gĂ©omĂ©trique du lot de donnĂ©es mesurĂ© par

     - l’erreur quadratique moyenne ou la tolĂ©rance,

‱ et toutes les mĂ©tadonnĂ©es nĂ©cessaires Ă  son usage gĂ©omatique.

Dans le cas d’une commande d’orthophotographies Ă  rĂ©aliser, l’acheteur pourra prĂ©fĂ©rer la procĂ©dure d’appel d’offre sur performance en dĂ©crivant le rĂ©sultat attendu, portant notamment sur la taille des plus petits objets discernables.

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#51 Mon 14 January 2008 17:00

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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2001
Fiche n°46 : Acquisition d’un orthophotoplan

L’orthophotoplan fait partie des donnĂ©es gĂ©ographiques de base. Il est souvent utilisĂ© en complĂ©ment d’un rĂ©fĂ©rentiel gĂ©ographique comme le cadastre. L’orthophotoplan ne prĂ©sente pas la mĂȘme information, mais il montre nombre de dĂ©tails ne figurant pas sur les plans, et peut apporter une reprĂ©sentation gĂ©omĂ©trique dont l’exactitude est connue.

L’appellation d’orthophotographie est Ă©galement utilisĂ©e, notamment quand la technique s’applique Ă  d’autres objets que le territoire comme dans le cas de compositions architecturales.

Les différents orthophotoplans.

Les orthophotoplans se diffĂ©rencient surtout par leur prĂ©cision, terme usuel qui nĂ©cessite d’ĂȘtre analysĂ©. Les orthophotoplans en noir et blanc, se distinguent Ă©galement des documents en couleur en ce qui concerne leur description.

La prĂ©cision constitue le premier descripteur de l’orthophotoplan, car son prix en dĂ©coule directement.

Le redressement est effectuĂ© pour les dĂ©tails situĂ©s au niveau du sol. La rectification de la reprĂ©sentation d’objets verticaux n’est gĂ©nĂ©ralement pas complĂšte. Par exemple, les bĂątiments situĂ©s en bordure du clichĂ© sont photographiĂ©s avec un petit angle de prise vue qui permet de voir la façade situĂ©e du cĂŽtĂ© de l’objectif de l’appareil ; de mĂȘme une partie du terrain situĂ© derriĂšre le bĂątiment reste cachĂ©e. Il existe des techniques et des fournisseurs qui offrent un rectification plus complĂšte de la photographie aĂ©rienne.

L’orthophotoplan n’est pas un produit standardisĂ©, il est le rĂ©sultat des techniques possĂ©dĂ©es par le fournisseur, et qui peuvent convenir Ă  tel utilisateur, et se rĂ©vĂ©ler inutilisables pour d’autres.

L’acquisition d’un orthophotoplan doit donc faire l’objet d’une description prĂ©cise quant au rĂ©sultat attendu, plus particuliĂšrement dans le cas d’un appel d’offres qui ne permet pas toujours la comparaison du rĂ©sultat produit. Les fournisseurs utilisent en outre leur propres critĂšres de description, qui ne facilitent pas les comparaisons.

Il faut enfin prendre en compte le recours Ă  la photographie numĂ©rique qui modifie la chaĂźne de production et en modifie certaines Ă©tapes, supprimant des paramĂštres utilisĂ©s pour dĂ©crire l’orthophotoplan (c’est le cas de la taille du nĂ©gatif qui est remplacĂ© par un capteur).

La qualification d’un orthophotoplan.

La photographie aĂ©rienne est souvent caractĂ©risĂ©e – outre sa coloration - par deux paramĂštres : l’échelle, et la prĂ©cision.

Le pixel.

Un troisiĂšme indicateur de qualitĂ© apparaĂźt avec les techniques numĂ©riques : le pixel. Le scannage de la photographie transforme l’image en une grille de carrĂ©s de couleur unie, gĂ©nĂ©ralement appelĂ©s pixel (pour picture element, Ă©lĂ©ment de l’image). Ces donnĂ©es sont Ă©galement appelĂ©es « maillĂ©es » et sont enregistrĂ©es dans des documents fichiers raster (voir la fiche « MaĂźtrise d’ouvrage CNIG » n° 38 Fichiers raster et donnĂ©es maillĂ©es, avril 2000).

L’utilisation de cet indicateur est dĂ©licat : il y a deux cas de figure Ă  considĂ©rer :

* Si le maillage est trÚs fin, la taille de la maille ne donne d'indication que sur l'agrandissement maximum possible avant apparition des mailles. La taille de la maille ne permet pas d'estimer une précision ou une résolution de la donnée, celle-ci étant celle du document scanné.

* Par contre, si la maille est plus grande que la résolution du document scanné, la taille de la maille correspond à la résolution de la donnée.

Compte tenu de la croissance parabolique de la taille des fichiers avec la diminution de la maille, la taille de la maille devrait ĂȘtre adaptĂ©e Ă  la rĂ©solution de la photographie initiale.

La finesse de l’image ne peut donc ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par la taille de la maille que si une information est donnĂ©e simultanĂ©ment sur la rĂ©solution de la photographie scannĂ©e. Cette rĂ©serve ne disparaĂźt pas quand la prise de vue est effectuĂ©e avec un Ă©quipement numĂ©rique : la maille du document peut avoir Ă©tĂ© rĂ©duite (divisĂ©e par quatre, par exemple), quelqu’en soit le motif, entre la prise de vue et la livraison du document, sans modifier la finesse de l’image.

Par ailleurs, la rĂ©solution, entendue comme la possibilitĂ© de diffĂ©rencier des objets sur l'image, sera trĂšs variable selon le type de donnĂ©e maillĂ©e. Sur une photo aĂ©rienne, elle sera dĂ©pendante du contraste entre deux objets limitrophes, et de leur forme : on peut voir sur une image Ă  maille au sol de 0,50 m la signalisation horizontale sur une route, alors qu'elle a une largeur bien infĂ©rieure Ă  la maille. A l'inverse, la frontiĂšre entre deux objets ne prĂ©sentant qu'un faible contraste, et aux limites non rĂ©guliĂšres, ne pourra ĂȘtre dĂ©terminĂ©e qu'avec au moins deux mailles.

En conclusion, quatre indicateurs sont Ă  retenir pour apprĂ©cier la finesse d’un orthophotoplan (on Ă©vitera d’utiliser le terme de rĂ©solution, utilisĂ© en photographie argentique) :

* l’échelle de prise de vue du document original,

* la résolution du support de prise de vue (film ou capteur numérique),

* la taille, mesurĂ©e dans le monde rĂ©el, des plus petits objets discernables dans le lot de donnĂ©es concernĂ©, cette taille devant correspondre au produit de l’échelle et de la rĂ©solution photographique du support de prise de vue (film ou capteur numĂ©rique),

* la taille de la maille du lot de données fourni (impérativement mesurée en ”m - conformément à la réglementation en vigueur - et facultativement en dpi ou points par pouces).

Typiquement, une photographie aĂ©rienne est enregistrĂ©e sur un nĂ©gatif de 23 cm de cĂŽtĂ©, prĂ©sentant une rĂ©solution photographique de 10 Ă  15 ”m en noir & blanc (panchromatique), avec une Ă©chelle de 1/30 000. La taille des plus petits objets discernables est donc de 0,45 m, valeur arrondie dans la pratique Ă  1 mĂštre. La finesse de l’image sera ainsi dĂ©crite par l’expression usuelle de : « prĂ©cision mĂ©trique ». Un tirage par contact sera ensuite scannĂ© au pas de 20 ”m (soit 1 270 dpi) pour produire un document fichier raster.

La précision géométrique

La prĂ©cision gĂ©omĂ©trique peut aussi ĂȘtre appelĂ©e exactitude.

Le tirage de la photo aérienne est ensuite scanné pour permettre son redressement par calcul.

Le redressement s’appuie sur une reprĂ©sentation numĂ©rique (informatique) du terrain communĂ©ment appelĂ© modĂšle numĂ©rique du terrain ou M.N.T. La qualitĂ© du redressement est fonction de la prĂ©cision gĂ©omĂ©trique ou exactitude du M.N.T. et de la qualitĂ© des traitements informatiques effectuĂ©s.

Cette qualité est mesurée de deux maniÚres :

* soit par le calcul d’une « erreur quadratique moyenne » ou « E.M.Q. », qui est la moyenne des distances mesurĂ©es sur l’orthophotoplan entre une dizaine de points et leur positionnement thĂ©orique,

* soit par la mesure d’une « tolĂ©rance », qui est la distance maximale relevĂ©e entre un point et son positionnement thĂ©orique.

À titre d’exemple, l’IGN garantit, pour les fournitures issues de la BD ORTHO, une « E.M.Q. » de 1 m, ce qui correspond Ă  une tolĂ©rance de 3 m. La taille des pixels de ce produit est de 1 m au sol, en cohĂ©rence, donc, avec sont exactitude.

En effet, un orthophotoplan peut avoir une maille de 0,50 m au sol, mais n'avoir une prĂ©cision annoncĂ©e que de quelques mĂštres. Ce document peut ĂȘtre trĂšs utile dans le domaine de la communication, pour montrer l’insertion d’un projet, mais peut se rĂ©vĂ©ler inutilisable dans d’autres cas.

Conclusion

La commande d’un orthophotoplan implique :

* un inventaire des besoins à satisfaire, afin de définir les cinq critÚres de choix :

        - l’échelle de prise de vue du document original,
        - la rĂ©solution du support de prise de vue,
        - la taille des plus petits objets discernables dans le lot de donnĂ©es,
        - la taille de la maille du lot de donnĂ©es,
        - l’erreur quadratique moyenne ou la tolĂ©rance.

Compte tenu des coĂ»ts de constitution de l’orthophotoplan, il conviendra Ă©galement de se rapprocher des collectivitĂ©s territoriales Ă©ventuellement concernĂ©es afin d’en partager la fabrication.

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#52 Mon 14 January 2008 17:00

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2001
Fiche n°47 : LA QUALITÉ DES DONNÉES

TrĂšs souvent les donnĂ©es gĂ©ographiques sont constituĂ©es pour un usage prĂ©cis, immĂ©diat. Le plus souvent, les donnĂ©es rassemblĂ©es sont bien adaptĂ©es Ă  ce premier usage. Le problĂšme se pose lors de la rĂ©utilisation des donnĂ©es pour d’autres usages ou par d’autres personnes.

Les donnĂ©es peu Ă  peu accumulĂ©es dans un SIG reprĂ©sentent en effet un investissement Ă©levĂ©. Il est important de pouvoir les rĂ©utiliser chaque fois que le besoin s’en fait sentir, mais cette rĂ©utilisation impose d’avoir des donnĂ©es de qualitĂ©.
L’intĂ©rĂȘt de la qualitĂ© des donnĂ©es sera illustrĂ©e par un exemple : pour constituer son SIG, une grande ville a rĂ©cupĂ©rĂ©, il y a quelques annĂ©es, le plan parcellaire que son fournisseur habituel avait progressivement constituĂ© au format d’échange DXF. Visuellement, le plan Ă©tait trĂšs acceptable. Mais il est apparu que le plan n’était pas Ă  jour sur tout le territoire. À l’inverse, quelques projets de construction avaient Ă©tĂ© dessinĂ©s par avance. Les parcelles n’étaient quant Ă  elles pas toutes enregistrĂ©es comme des polygones fermĂ©s. Les donnĂ©es n’avaient enfin pas Ă©tĂ© classĂ©es avec une rigueur suffisante sur les diffĂ©rentes couches de dessin. L’intĂ©gration du plan dans la base de donnĂ©es du SIG a dĂ» faire l’objet d’un important travail complĂ©mentaire Ă  cause du soin insuffisant avec lequel le plan avait Ă©tĂ© confectionnĂ©.

Qu’est-ce que la qualitĂ© des donnĂ©es ?

La Norme française NF Z 52000 Échanges de DonnĂ©es InformatisĂ©es dans le domaine de l'Information gĂ©ographique (EDIGĂ©O) dĂ©finit la qualitĂ© des donnĂ©es comme le « degrĂ© de fiabilitĂ© des donnĂ©es ».

La description de la qualitĂ© permet au destinataire de mesurer ou d’apprĂ©cier la qualitĂ© des donnĂ©es Ă©changĂ©es et de savoir si les donnĂ©es reçues lui permette d’en faire l’usage prĂ©vu. La qualitĂ© est attachĂ©e Ă  une donnĂ©e ou Ă  un ensemble de donnĂ©es gĂ©ographiques appelĂ© « lot de donnĂ©es ». Une carte est un exemple de lot de donnĂ©es.

La qualitĂ© des donnĂ©es Ă©changĂ©es est le degrĂ© de fiabilitĂ© de ces donnĂ©es. Ce degrĂ© peut faire l’objet d’une estimation ou ĂȘtre calculĂ©. La qualitĂ© d’une donnĂ©e ou d’un lot de donnĂ©es est ainsi apprĂ©ciĂ©e par diffĂ©rents critĂšres :

‱ la gĂ©nĂ©alogie : elle permet d’indiquer les rĂ©fĂ©rences complĂštes de la source des donnĂ©es,

‱ l’actualitĂ© qui introduit l’aspect temporel des donnĂ©es,

‱ la prĂ©cision planimĂ©trique : ce critĂšre dĂ©finit l’écart moyen probable entre les mesures de contrĂŽle et les valeurs de position planimĂ©trique des donnĂ©es,

‱ la prĂ©cision altimĂ©trique : elle dĂ©finit l’écart moyen probable entre les mesures de contrĂŽle et les valeurs de position altimĂ©trique des donnĂ©es,

‱ l’exhaustivitĂ© : ce critĂšre permet d’apprĂ©cier le pourcentage d’élĂ©ments du terrain rĂ©el qui ont Ă©tĂ© pris en compte dans le lot de donnĂ©es par rapport Ă  tous ceux qu’il aurait fallu inclure,

‱ la prĂ©cision sĂ©mantique qui dĂ©finit le nombre des objets, des primitives, des relations ou des attributs qui ont Ă©tĂ© correctement codifiĂ©s conformĂ©ment Ă  la nomenclature,

‱ la cohĂ©rence logique : ce critĂšre dĂ©finit le nombre des objets, des primitives, des relations ou des attributs qui respectent une rĂšgle fixĂ©e par les spĂ©cifications du produit (le lot de donnĂ©es),

‱ la qualitĂ© spĂ©cifique : l’utilisateur peut dĂ©finir une mesure propre de la qualitĂ© de ses donnĂ©es.

Description détaillée des critÚres de qualité

Chacun des critĂšres de qualitĂ© permet de dĂ©finir une mesure de la qualitĂ© qui peut s’appliquer soit individuellement soit Ă  une catĂ©gorie d’objet, de relation ou d’attribut.

Généalogie

Ce critĂšre permet d’indiquer les rĂ©fĂ©rences complĂštes de la source des donnĂ©es : l’identification du producteur et de la source, la nature de la collecte des donnĂ©es ainsi que les transformations subies et l’historique des mises Ă  jour. Il pourra donner les informations suivantes pour la transformation effectuĂ©es sur les donnĂ©es :

‱ description de l’opĂ©ration ;

‱ matĂ©riels, logiciels ou procĂ©dĂ©s employĂ©s.

Ainsi par exemple, le nom de l’opĂ©rateur, la date, sont des indicateurs qui peuvent avoir leur utilitĂ©, pour, plus tard, apprĂ©cier la qualitĂ© d’un lot de donnĂ©es.

Actualité

Ce critĂšre apporte des renseignements sur la validitĂ© des donnĂ©es dans le temps. Il dĂ©finit la date d’observation, le type, la pĂ©rennitĂ© et la date de la mise Ă  jour, la durĂ©e de validitĂ© des donnĂ©es.

Précision planimétrique

La prĂ©cision gĂ©omĂ©trique des donnĂ©es est un important critĂšre de qualitĂ©. Par exemple, l’exactitude du cadastre pourra ĂȘtre suffisante pour la prĂ©paration d’un avant-projet sommaire, mais ne le sera plus pour un avant-projet dĂ©taillĂ©. La prĂ©sence de ce critĂšre est, de fait, indispensable Ă  la description des donnĂ©es.
Il est le plus souvent exprimĂ© avec une grandeur statistique, l’écart-type moyen probable entre les mesures de contrĂŽle et les valeurs de position planimĂ©trique des donnĂ©es du jeu Ă©changĂ©. Il s’applique aux coordonnĂ©es de position ainsi qu’aux attributs oĂč intervient une notion de mesure de distance planimĂ©trique.

Précision altimétrique

La prĂ©cision des donnĂ©es altimĂ©trique est souvent diffĂ©rente, dans un lot de donnĂ©es gĂ©ographiques, de la prĂ©cision planimĂ©trique Ă  cause des techniques utilisĂ©es. Ce critĂšre se dĂ©finit Ă©galement Ă  l’aide d’une grandeur statistique et s’applique aux coordonnĂ©es de position ainsi qu’aux attributs oĂč intervient une notion de mesure de distance altimĂ©trique.

Exhaustivité

AprĂšs la qualitĂ© gĂ©omĂ©trique des donnĂ©es, interviennent d’autres critĂšres comme l’exhaustivitĂ© qui permet d’apprĂ©cier le pourcentage d’élĂ©ments du terrain rĂ©el qui ont Ă©tĂ© pris en compte dans le lot de donnĂ©es par rapport Ă  tous ceux qu’il aurait fallu inclure. Cette exhaustivitĂ© est prise au sens large et tient compte des omissions comme des Ă©lĂ©ments ajoutĂ©s Ă  tort.

Précision sémantique

La sĂ©mantique traite de la signification des Ă©lĂ©ments constituant le lot de donnĂ©es. La prĂ©cision sĂ©mantique sera plus ou moins Ă©levĂ©e selon que les Ă©lĂ©ments graphiques pourront ĂȘtre compris ou interprĂ©tĂ©s.

Elle concerne autant l’objet gĂ©ographique lui-mĂȘme que ses attributs, ou les relations dont il peut disposer avec d’autres objets.

Exemples d’erreur due Ă  une imprĂ©cision sĂ©mantique concernant l’objet  : un tronçon de route a Ă©tĂ© classĂ© en tronçon de voie de chemin de fer, la route passe sous la voie ferrĂ©e dans le lot de donnĂ©es au lieu du contraire dans la rĂ©alitĂ©, la valeur de l’attribut n’est pas celle prĂ©vue par les spĂ©cifications quand par exemple, une route Ă  deux chaussĂ©es a Ă©tĂ© codĂ©e comme n’en comportant qu’une.

Cohérence logique

Ce critĂšre dĂ©finit le nombre des objets, des primitives, des relations ou des attributs qui respectent une rĂšgle fixĂ©e par les spĂ©cifications du lot de donnĂ©es. Les rĂšgles peuvent concerner aussi bien les objets, leurs attributs que leurs relations. Voici quelques  : exemples de rĂšgles pouvant ĂȘtre retenues par le crĂ©ateur du lot d de donnĂ©es et dont le respect est un critĂšre de qualitĂ© :

‱ Les toponymes doivent ĂȘtre en français et en anglais.

‱ Les attributs « NumĂ©ro de route » doivent commencer par D, N, A ou E.

‱ La tension des lignes Ă©lectriques reprĂ©sentĂ©es ne peut prendre que quatre valeurs : 63 kV, 90 kV, 150 kV ou 225 kV.

Qualité spécifique

L’utilisateur a enfin la facultĂ© de dĂ©finir des critĂšres de qualitĂ© de ses donnĂ©es qui lui sont propres. Les villes ont en effet des besoins qui leurs sont spĂ©cifiques et la qualitĂ© des donnĂ©es gĂ©ographiques y prend une dimension plus large.


La situation des villes et des communes

Les données que les villes peuvent se procurer se caractérisent par leur hétérogénéité, leur dispersion, leur accÚs difficile, certaines incohérences et leur actualisation pas toujours réguliÚre.
La dĂ©finition de la qualitĂ© des donnĂ©es acquises, enregistrĂ©es, utilisĂ©es, doit en consĂ©quence ĂȘtre complĂ©tĂ©e avec deux prĂ©occupations concernant :

‱ la structuration des donnĂ©es,

‱ puis la documentation des donnĂ©es.

Les donnĂ©es acquises auprĂšs de producteurs d’envergure nationale (fichiers de donnĂ©es, cartes, orthophotographies, M.N.T.) prĂ©sentent la plupart du temps une qualitĂ© qui est connue, ou bien dont il est relativement facile de se procurer la description. Dans ce cas l’acheteur se prĂ©occupera de les obtenir en mĂȘme temps que sa commande, et surtout d’en conserver une accessibilitĂ© permanente.

Il en va diffĂ©remment dans le cas des donnĂ©es produites localement. La remarque concerne notamment les opĂ©rations de levĂ©s de plans (plans topographiques, plans de rĂ©colement), ainsi que le rĂ©sultat des traitements, et enfin les donnĂ©es saisies effectuĂ©es par l’utilisateur lui-mĂȘme (tableaux comme documents graphiques).


La structuration des informations géographiques.

La structuration des informations constitue une opĂ©ration trĂšs importante pour les utilisateurs futurs. Le systĂšme d'information est en effet destinĂ© Ă  rĂ©pondre au besoin d'utilisateurs diffĂ©rents. Certains usagers auront besoin de distinguer des Ă©lĂ©ments appartenant au mĂȘme thĂšme, alors que d'autres se satisferont de donnĂ©es regroupĂ©es.
Les opĂ©rations effectuĂ©es dans les SIG ne marchent fonctionnent bien que si les donnĂ©es sont bien modĂ©lisĂ©es, si les rĂšgles d’intĂ©gritĂ© sont respectĂ©es. Toutes ces notions de gĂ©omĂ©tries communes entre couches diffĂ©rentes, de limites sĂ©paratives communes (ne se chevauchant pas et ne crĂ©ant pas de vide entre elles), d’emboĂźtements stricts, de connexion, de fermeture, de respect des domaines de valeur, de dĂ©finition de clĂ© unique (objets Ă  un ou plusieurs polygones
)
Par exemple, pour un concessionnaire chargé de l'exploitation d'un réseau, le plan parcellaire, avec le dessin des bùtiments, sert uniquement au positionnement des ouvrages formant le réseau. Dans ce cas, l'information issue du plan cadastral n'aurait pas besoin d'une structuration fine.

Dans le mĂȘme temps d'autres usagers voudront effectuer des analyses sur la qualitĂ© ou l'occupation des bĂątiments, et restituer le rĂ©sultat de leurs travaux. Ces opĂ©rations nĂ©cessitent que l’objet « bĂątiment » puisse ĂȘtre distinguĂ© des autres objets constituant le fond de plan.

Afin de pouvoir rĂ©pondre aux besoins actuels et futurs des utilisateurs du systĂšme d'information gĂ©ographique d'une collectivitĂ© locale, les donnĂ©es doivent donc ĂȘtre classifiĂ©es selon leurs caractĂ©ristiques : elles doivent ĂȘtre structurĂ©es.
Cette structuration peut ĂȘtre effectuĂ©e de diffĂ©rentes maniĂšres. Le CNIG a Ă©tabli une nomenclature qui est reprise dans la norme EDIGĂ©O. C'est une structuration qui rĂ©sulte d'un rapprochement des multiples besoins rencontrĂ©s dans les organismes publics et privĂ©s en matiĂšre d'information gĂ©ographique. La nomenclature gĂ©nĂ©rale d’échange du CNIG est ainsi garante de la pĂ©rennitĂ© et de la qualitĂ© des Ă©changes ÉDIGĂ©O : tout code de nomenclature s’y trouvant a fait l’objet d’une Ă©tude et d’une approbation de la part des principaux fournisseurs de donnĂ©es gĂ©ographiques.
Une structuration dĂ©taillĂ©e des informations peut toujours ĂȘtre simplifiĂ©e automatiquement, alors que l'inverse requiert une sĂ©lection manuelle.

L’effort de structuration concerne Ă©galement l’‘utilisation des logiciels de C.A.O.-D.A.O. qui offrent une grande libertĂ© d’utilisation, alors mĂȘme qu’ils gĂ©nĂšrent une importante quantitĂ© d’informations gĂ©ographiques. Habituellement, le dessinateur ne trace pas tous les Ă©lĂ©ments sur le mĂȘme plan, mais sur des calques fictifs qu'il superpose et qui permettent de structurer l’information.

Il n'y a pas de nomenclature impĂ©rative, le nombre et la consistance des thĂšmes Ă©tant dĂ©finie par l'utilisateur en fonction de ses objectifs. Son intĂ©rĂȘt le conduira cependant Ă  s'assurer d'une compatibilitĂ© avec la nomenclature du CNIG, c'est Ă  dire Ă  dĂ©finir ses thĂšmes Ă  l'intĂ©rieur des domaines et des classes de la nomenclature du CNIG.
Les collectivitĂ©s territoriales auront ainsi intĂ©rĂȘt Ă  structurer les lots de donnĂ©es qu’elles constituent ou qu’elles commandent aux opĂ©rateurs locaux. Le « cahier des charges » d’un dessin informatique est souvent appelĂ© charte graphique. La fiche 39 « DAO CAO PAO et SIG » traite plus en dĂ©tail cette dimension de la qualitĂ©.


De la qualité à la documentation des données.

À cause du caractĂšre hĂ©tĂ©rogĂšne des donnĂ©es, la qualitĂ© des donnĂ©es renvoie aussi Ă  la notion de connaissance des donnĂ©es. Les procĂ©dures visant Ă  apporter une « assurance qualitĂ© » dans la production industrielle s’inscrivent d’ailleurs dans cette perspective : la qualitĂ© s’obtient par la description avec une prĂ©cision suffisante des processus de production (voir les normes de la sĂ©rie ISO 9000).

La notion de qualitĂ© des donnĂ©es ne s’identifie donc plus seulement Ă  la « bonne qualitĂ© », elle se dĂ©cline ainsi en termes de « documentation », Ă  l’instar de la documentation des programmes informatiques.
Cette documentation des donnĂ©es inclut d’autres informations comme le systĂšme de rĂ©fĂ©rence et le systĂšme de projection utilisĂ© dans le lot de donnĂ©es. Cette rĂ©fĂ©rence est souvent implicite, mais la multiplication des rĂ©fĂ©rentiels justifie une description plus dĂ©taillĂ©e.
La documentation des donnĂ©es s’effectuera bien entendu conformĂ©ment aux rĂšgles concernant les mĂ©tadonnĂ©es. Cette question fait l’objet d’une fiche particuliĂšre.


Conclusion

La qualitĂ© des donnĂ©es n’est pas une rĂ©fĂ©rence absolue et rĂ©sulte d’un arbitrage entre la rĂ©ponse Ă  un besoin, d’une part, et un coĂ»t et des dĂ©lais de production d’autre part. L’utilisateur recherche un effet immĂ©diat maximal, avec le moins de moyens possibles. Sous cet angle la qualitĂ© rĂ©sulte d’un arbitrage. Quelle est la valeur actualisĂ©e d’un surcoĂ»t immĂ©diat, pour un usage diffĂ©rĂ© beaucoup moins pressant (Ă  supposer que l’on imagine bien l’existence de ces usages diffĂ©rĂ©s) ? L’utilisateur de donnĂ©es gĂ©ographiques doit garder en permanence ce souci de la qualitĂ©.
Le caractĂšre relatif de la qualitĂ© explique les diffĂ©rences d’approche d’un organisme Ă  l’autre. Ainsi :

‱ le CNIG et les organismes officiels ont une approche prĂ©cise de la qualitĂ© des donnĂ©es (normalisation, certification... concertation sur les besoins...),

‱ le grand fournisseur national dont les produits rĂ©sultent de la concertation avec de nombreux organes officiels a quant Ă  lui une approche un peu plus opĂ©rationnelle de la qualitĂ©,

‱ la sociĂ©tĂ© de service qui digitalise des plans pour autrui a encore une approche diffĂ©rente,

‱ les services cartographiques des Villes, des administrations d'État ou des Ă©tablissements publics... utilisant des donnĂ©es acquises et ajoutant leurs donnĂ©es propres ont encore une autre approche,

‱ enfin les utilisateurs qui achĂštent leurs donnĂ©es pour un usage direct dans des produits plus ou moins clĂ© en main ont encore une autre approche.

Beaucoup d’utilisateurs n’imaginent pas quels autres usages pourraient ĂȘtre faits des donnĂ©es qu’ils gĂ©nĂšrent. L’information gĂ©ographique numĂ©rique est un domaine encore assez neuf oĂč chaque utilisateur doit aussi apprendre Ă  connaĂźtre les mĂ©tiers connexes au sien, oĂč les donnĂ©es qu’il crĂ©e pourrait ĂȘtre rĂ©utilisĂ©es moyennant un effort modeste.
C’est dire qu’une concertation continue entre les producteurs et les utilisateurs de donnĂ©es gĂ©ographiques, se justifie pour optimiser l’effort engagĂ©. C’est l’une des missions du CNIG que de contribuer, avec les relais que constituent les comitĂ©s dĂ©partementaux (CDIG), Ă  ce dĂ©veloppement de la qualitĂ©, au bĂ©nĂ©fice de la collectivitĂ© nationale et internationale.


Michel ESSEVAZ-ROULET

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#53 Mon 14 January 2008 17:00

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2001
Fiche n°48 : GÉOMATICIEN : UN NOUVEAU MÉTIER

La genÚse du nouveau métier

Dans une premiĂšre Ă©tape, dans les annĂ©es 1980, les SIG ont d’abord fait leur apparition dans les grandes villes et dans certains services centraux ou dĂ©concentrĂ©s de l’État (CETE - Centre d’études techniques de l’équipement -  par exemple).
À l’origine, le SIG a pris naissance dans un service existant qui avait des besoins en cartographie thĂ©matique. Ce service assumait le pilotage de l’outil : administration du systĂšme, crĂ©ation et administration de la base des donnĂ©es localisĂ©es (BDL).

Les attributions de ces services Ă©taient trĂšs variĂ©es d’une ville Ă  l’autre : service du plan (topographie), urbanisme, Ă©ventuellement l’informatique. Les objectifs assignĂ©s au systĂšme Ă©taient :

‱ de produire des cartes thĂ©matiques issues de requĂȘtes sur la base des donnĂ©es localisĂ©es Ă  l’intention des dĂ©cideurs (Ă©lus, prĂ©fet, prĂ©sident de CCI, etc
) dans le but de prĂ©parer un certain nombre de dĂ©cisions : c’est l’outil d’aide Ă  la dĂ©cision,
‱ de fournir des fonds de plan fiables (rĂ©fĂ©rentiels) et un outil de visualisation des projets aux amĂ©nageurs (urbanistes, architectes, paysagistes, bureaux d’études VRD, SEM concessionnaires de ZAC 
).

Par la suite, dans les annĂ©es 1990, une fois les bases Ă©tablies, le systĂšme a Ă©tĂ© mis Ă  disposition des gestionnaires dans toute la diversitĂ© de leurs mĂ©tiers, rencontrant des «cultures» trĂšs diffĂ©rentes. Et le SIG a dĂ» intĂ©grer la problĂ©matique d’une banque de donnĂ©es gĂ©rant des objets gĂ©ographiques et Ă©largir ses objectifs :

‱ fournir des rĂ©fĂ©rentiels pour la localisation des ouvrages et entitĂ©s Ă  gĂ©rer,
‱ proposer des outils de saisie, de mise Ă  jour, d’exploitation des donnĂ©es et d’archivage des donnĂ©es,

         - aux services gestionnaires de l’espace (urbanisme rĂ©glementaire et opĂ©rationnel, exploitants des rĂ©seaux eau, assainissement, Ă©clairage public, chauffage urbain, Ă©lectricitĂ©, gaz, tĂ©lĂ©phone, cĂąble),
         - comme aux gestionnaires du patrimoine des collectivitĂ©s, des affaires Ă©conomiques et sociales, de l’enseignement, des Ă©lections, de la tranquillitĂ© publique, etc
. .

C’est dans le cadre de cette Ă©volution que le service initiateur du SIG est devenu son «pilote», en poursuivant des activitĂ©s trĂšs diverses :

a. des tĂąches de production informatique :

‱ l’administration du systĂšme : machine et pĂ©riphĂ©riques, rĂ©seau de tĂ©lĂ©communication, droits des utilisateurs,
‱ l’administration de la base de donnĂ©es : structuration, sauvegardes, exports-imports,

b. des activitĂ©s d’ingĂ©nierie informatique :

‱ dĂ©veloppement d’applications pour des utilisateurs, ce qui nĂ©cessite de connaĂźtre leur mĂ©tier,
‱ traitements spĂ©cifiques demandĂ©s par les dĂ©cideurs, nĂ©cessitant des requĂȘtes complexes suivies de mise en forme cartographique thĂ©matique pour l’export et la PAO,

c. des activitĂ©s d’accompagnement comme

‱ la formation des utilisateurs,
‱ l’assistance aux utilisateurs,

d. et le dĂ©veloppement d’activitĂ©s trĂšs nouvelles :

‱ la mise Ă  jour des rĂ©fĂ©rentiels,
‱ l’acquisition de donnĂ©es de nouveaux types comme les descriptions en trois dimensions (3D), les orthophotographies,
‱ la diffusion de plus en plus large de l’information gĂ©ographique ce qui nĂ©cessite l’élargissement des savoirs Ă  de nouvelles technologies, comme par exemple celles de l’Internet,
‱ le dĂ©veloppement de l’interopĂ©rabilitĂ© avec les logiciels « mĂ©tiers », les logiciels gĂ©nĂ©ralistes de DAO et de CAO.

Toutes ces activités relÚvent de plusieurs métiers : les informaticiens, les cartographes, les formateurs tandis que les utilisateurs ont de leur cÎté :

‱ une culture «mĂ©tier» spĂ©cifique trĂšs forte,
‱ une culture «informatique» moindre,
‱ une pratique des outils limitĂ©e Ă  un ou deux logiciels de DAO, de CAO, de maintenance assistĂ©e par ordinateur (MAO) ou de PAO

‱ et initialement trùs peu de notions sur les SIG.

Force est de constater que le fonctionnement du SIG requiert un Ă©ventail de connaissances trĂšs large. De nouvelles formes d’organisation ont alors Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es.

Dans une troisiĂšme Ă©tape, plusieurs modĂšles d’organisation ont Ă©tĂ© utilisĂ©s :

‱ le modĂšle centralisĂ© : une Ă©quipe dĂ©diĂ©e (le «pilote» du SIG ) gĂ©rant la saisie et la mise Ă  jour de l’information gĂ©ographique et mettant Ă  disposition des utilisateurs des outils de consultation et d’édition,
‱ le modĂšle dĂ©centralisĂ© : des utilisateurs autonomes, responsables chacun de la saisie, la mise Ă  jour et l’exploitation de ses donnĂ©es propres,
‱ et un modĂšle plus efficient, avec un partage des tĂąches et une collaboration entre les informaticiens, les utilisateurs dans le cadre de leurs « mĂ©tiers », et des intermĂ©diaires entre informaticiens et utilisateurs, agents ayant progressivement compris la spĂ©cificitĂ© du SIG.

L’émergence du gĂ©omaticien

La rĂ©ussite d’un SIG dĂ©pend beaucoup de la qualitĂ© de la relation pilote – utilisateurs. Celle-ci nĂ©cessite une prise en compte rĂ©ciproque des besoins spĂ©cifiques de chaque fonction, qui n’est possible que si l’on parle un langage commun.
Les «performances» (ou usage effectif comme outil de production intĂ©grĂ©) d’un SIG dans un service utilisateur dĂ©pendent aussi Ă©normĂ©ment de l’implication des opĂ©rateurs et de leurs responsables hiĂ©rarchiques :
        - si la motivation est faible : passivitĂ©, refus de surmonter les inĂ©vitables difficultĂ©s, refus de trouver des solutions de contournement liĂ©es aux limites des logiciels et du systĂšme, fuite vers des demandes de dĂ©veloppement d’applications presse-bouton parfaites mais non figĂ©es (ce qui est absolument contradictoire), etc.. le « pilote » ne peut rien faire.
        - si la motivation est forte : prise en main de l’outil dans ses fonctions avancĂ©es, mise en Ɠuvre d’astuces diverses, entorses pragmatiques aux rĂšgles de base, etc. ; le pilote doit canaliser les Ă©nergies, rationaliser la crĂ©ativitĂ©.

Le SIG n’est en gĂ©nĂ©ral pas refermĂ© sur lui-mĂȘme : la structure au sein de laquelle il est implantĂ© fonctionne souvent en partenariat avec d’autres structures dans le cadre de conventions d’échange (et/ou de cofinancement) des donnĂ©es.

Un nouveau partage des tĂąches, une nouvelle division du travail se sont ainsi progressivement imposĂ©s. Les connaissances Ă  mettre en Ɠuvre dans le fonctionnement du SIG sont nombreuses et un nouveau mĂ©tier est apparu, Ă  mi-chemin entre le gestionnaire qui doit concentrer son attention et lâ€˜Ă©volution de ses connaissances sur sa technique, et d’autre part, l’informaticien qui doit faire face Ă  la rapiditĂ© de l’évolution technologique. Un nouveau mĂ©tier est nĂ© : le gĂ©omaticien.

Pour que chacun des interlocuteurs, acteurs ou utilisateurs du SIG, ait des notions :

- des systĂšmes de projection,
- des différences entre DAO-CAO et SIG,
- de la structuration des bases de donnĂ©es gĂ©ographiques (MCD - modĂšle conceptuel de donnĂ©es - relationnel et SCD – schĂ©ma conceptuel de donnĂ©es),
- des possibilitĂ©s, contraintes et limites du langage de requĂȘte SQL,
- des rĂšgles d’analyse statistique et spatiale, de sĂ©miologie graphique,
- des différents formats de données, des limites de leur interopérabilité,

Il apparaĂźt utile qu’une personne connaisse tous ces thĂšmes avec suffisamment de prĂ©cision. On obtient lĂ  une premiĂšre dĂ©finition du profil du gĂ©omaticien.

Cela implique pour que ce spĂ©cialiste puisse jouer son rĂŽle de «pilote», qu’il ait Ă©galement :

‱ des notions avancĂ©es sur les formats d’échange et les mĂ©tadonnĂ©es, Ă©ventuellement la mise en Ɠuvre de serveurs de donnĂ©es spatiales,
‱ des notions des diffĂ©rentes structures des bases de donnĂ©es
‱ des connaissances juridiques dans le domaine des droits d’auteur, protection des bases de donnĂ©es, copyright, droits de diffusion de donnĂ©es informatiques, notamment restrictions imposĂ©es par la CNIL,
‱ une sensibilitĂ© aux processus de normalisation,
‱ une connaissance des mĂ©thodes en matiĂšre de dĂ©ploiement des systĂšmes d’information,
‱ et des qualitĂ©s de nĂ©gociateur.

La problĂ©matique Ă©voquĂ©e dans le cadre des grandes structures (villes, services de l’État, grandes entreprises
) se dĂ©cline Ă©galement dans les petites structures : du fait du tout petit nombre d’agents et de la polyvalence que l’on y observe, c’est un agent de maĂźtrise qui doit y assurer les compĂ©tences du gĂ©omaticien :

- soit pour les mettre en Ɠuvre en rĂ©gie directe, auquel cas il sera Ă  la fois utilisateur et pilote,
- soit dans la fonction d’assistance Ă  maĂźtre d’ouvrage pour rĂ©diger les cahiers des charges et contrĂŽler les prestations fournies.

En conclusion, il devient extrĂȘmement important de prendre en considĂ©ration ce nouveau mĂ©tier de «gĂ©omaticien» dans les services et de dĂ©velopper une formation comprenant des parties des compĂ©tences de celui-ci Ă  destination des personnels utilisateurs des SIG, selon deux niveaux : opĂ©rateur et administrateur.

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#54 Mon 14 January 2008 17:00

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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2001
Fiche n°49 : Les stations GPS permanentes en France

Le contexte technique.

Le GPS, conçu pour les besoins de l'armée, n'a pas été destiné initialement aux géodésiens ni aux géomÚtres, et c'est par des développements scientifiques dans les années 80, trÚs astucieux et complÚtement imprévus, qu'il est devenu un outil courant dans les métiers de l'information géographique. Notons que l'application qui domine de trÚs loin est le positionnement grand public (précision 5 - 10 m typique), pour randonneurs, navigateurs de plaisance et navigation automobile, les usagers de type géomÚtres et géodésiens ne représentant comparativement qu'un marché trÚs modeste.

Pour les professionnels de l'information géographique, le GPS ne présente une utilité qu'avec une précision allant du cm au m, ce qui implique un fonctionnement en mode différentiel : un appareil est sur un point de coordonnées connues, l'autre sur le point à déterminer.

Il faut insister sur les différentes variantes existantes de mesures GPS :

- en matiÚre de matériel : si l'on ne mesure pas la phase du signal émis par les satellites mais uniquement sa modulation ("mesure de codes"), on emploie une électronique trÚs bon marché car destinée aux besoins grand public, mais la précision relative entre deux sites mesurés simultanément reste limitée aux alentours du mÚtre. Pour l'obtention du centimÚtre, on mesure la phase sur une ou deux fréquences, et le prix du matériel s'en ressent considérablement.

- en matiĂšre de transfert de donnĂ©es : le calcul diffĂ©rentiel exige de connaĂźtre les mesures obtenues sur les deux stations. Si le transfert de donnĂ©es est effectuĂ© en temps rĂ©el par liaison radio (mode dit "RTK", pour Real Time Kinematic), alors on peut obtenir des coordonnĂ©es aussi en temps rĂ©el. Bien entendu on peut souvent se satisfaire de traiter les deux lots de donnĂ©es en temps diffĂ©rĂ©, par exemple lors du retour au bureau : cela dĂ©barrasse du souci d'Ă©tablir puis d'entretenir une liaison radio, mais cela prive du confort intellectuel d'ĂȘtre certain que les donnĂ©es mesurĂ©es sont bonnes, certitude qui est un sous-produit normal et fort apprĂ©ciĂ© d'un calcul de coordonnĂ©es en temps rĂ©el.

- en matiĂšre de type de traitement des donnĂ©es possible : sur des bases courtes (typiquement moins de 15 km), il est possible de mesurer et calculer en mode "statique rapide", ce qui permet des temps d'observation de quelques minutes seulement par point. Mais lorsque la station de rĂ©fĂ©rence est plus Ă©loignĂ©e, voire mĂȘme beaucoup plus (on sait calculer des bases de plus de 5000 km), le temps de mesure devient plus long et se compte en heures, voire en journĂ©es. Il y a donc actuellement un saut quantitatif dans la valeur Ă©conomique du GPS : sur bases courtes le GPS temps rĂ©el serait souvent un bon concurrent du tachĂ©omĂštre s'il fallait n'amortir qu'un appareil seulement au lieu de deux. Le concept de station permanente GPS est issu de telles considĂ©rations.

Il faut en effet bien se rappeler que la grande majoritĂ© des levers se font lĂ  oĂč la densitĂ© de population est grande, c'est Ă  dire dans les agglomĂ©rations. Et mĂȘme si ces sites ne sont souvent pas idĂ©aux pour l'emploi du GPS (masques formĂ©s par les bĂątiments, les arbres, ...), c'est lĂ  qu'une baisse significative du coĂ»t de mesure sera la plus intĂ©ressante. Il y a donc un grand intĂ©rĂȘt Ă  mettre en commun une station GPS unique, Ă  mettre les donnĂ©es enregistrĂ©es en permanence Ă  la disposition de tous, afin que chacun puisse travailler en GPS avec un seul rĂ©cepteur au besoin, ce qui diminue beaucoup l’investissement initial requis. Et en gardant Ă  l'esprit ce seuil actuel de l'ordre de 15 km, on comprend que typiquement on peut optimiser la dĂ©pense globale en installant une station permanente dans chaque agglomĂ©ration de taille significative. 

Actuellement les services des villes (p. ex. Strasbourg, Biarritz) commencent aussi Ă  installer des liaisons hertziennes locales permettant pour des stations permanentes l'emploi du GPS temps rĂ©el prĂ©cis (mode RTK, de plus en plus employĂ© par les gĂ©omĂštres pour leurs besoins propres). Ceci prĂ©sente quelques difficultĂ©s, par exemple Ă  cause des zones "d'ombre" qui subsistent dans les agglomĂ©rations, causĂ©es par des bĂątiments empĂȘchant une rĂ©ception correcte du signal radio. Mais la situation Ă©volue rapidement Ă  cause de la gĂ©nĂ©ralisation des liaisons par tĂ©lĂ©phones cellulaires (GSM puis UMTS) permettant un dĂ©bit de donnĂ©es satisfaisant (on prĂ©voit 2 MB/s disponible vers 2002). Cela va permettre une gĂ©nĂ©ralisation rapide du positionnement en GPS diffĂ©rentiel temps rĂ©el. Pour l'instant, une bonne solution consiste Ă  mettre les donnĂ©es Ă  disposition sur un serveur (Internet par exemple), avec un diffĂ©rĂ© n'excĂ©dant pas 1 heure par exemple. Ainsi les Ă©quipes rentrant du terrain tĂ©lĂ©chargent leurs donnĂ©es de la station de rĂ©fĂ©rence et calculent tous leurs points levĂ©s dans la foulĂ©e, sans perdre de temps. Il reste que l’installation d'une liaison temps rĂ©el n’est pas exclusive d’un post traitement, que l’on emploie par exemple lorsque la liaison radio est mauvaise, ce qui autorise une grande souplesse dans le travail. Et bien sĂ»r des stratĂ©gies plus adaptĂ©es sont possibles pour des collectivitĂ©s locales trĂšs Ă©tendues, par exemple en prĂ©voyant plusieurs sites diffĂ©rents pour la station permanente GPS et son Ă©metteur radio : un principal utilisĂ© en routine, et d’autres oĂč l’équipement est installĂ© temporairement pour des travaux topographiques importants sur une zone trop Ă©loignĂ©e de la station principale pour ĂȘtre couverts par elle en mode rapide statique.

Toutefois dans la comparaison temps rĂ©el / temps diffĂ©rĂ©, il ne faut pas oublier les points suivants : (1) d'un cĂŽtĂ© une mise Ă  disposition des donnĂ©es de rĂ©fĂ©rence, par Internet, en temps lĂ©gĂšrement diffĂ©rĂ©, a toutes raisons de rester gratuite de façon durable, et n'implique pas d'acquĂ©rir un matĂ©riel particulier. Un format standard de fait pour ces Ă©changes existe et  est dĂ©jĂ  largement pratiquĂ© (format RINEX) ; (2) par contre la mise Ă  disposition d'une liaison temps rĂ©el ne bĂ©nĂ©ficie pas d'une standardisation complĂšte des formats, exige un matĂ©riel complĂ©mentaire de rĂ©ception des donnĂ©es temps rĂ©el directement compatible avec le matĂ©riel RTK de la station d'Ă©mission des donnĂ©es, et n'a finalement pas de raison d'ĂȘtre gratuit.

Cela dit, le tout-GPS et la fin des mĂ©thodes tachĂ©omĂ©triques ne sont pas pour demain, pour de multiples raisons. D'abord parce que le levĂ© par tachĂ©omĂštre est, comme son nom l'indique , extrĂȘmement rapide et fonctionne en toutes circonstances, de façon complĂštement autonome, que le ciel soit ou non visible.. Ensuite parce que tous les points Ă  lever ne sont pas stationnables : on peut toujours y mettre un rĂ©flecteur, mais bien souvent pas une antenne GPS. Et comme par ailleurs les levers tachĂ©omĂ©triques nĂ©cessitent une orientation, on ne se passera pas de sitĂŽt des rĂ©seaux locaux matĂ©rialisĂ©s qui nous sont familiers.

Quelle est l'importance dans ce secteur professionnel de l'information géographique des levers GPS temps réel de précision décimétrique ? Elle est certaine, car il y a quelques enjeux nouveaux créés par la généralisation de l'emploi de SIG pour des applications trÚs variées. Pour leur mise à jour, la précision du décimÚtre est parfois suffisante, et il est alors dommage d'utiliser des méthodes de précision beaucoup trop élevée, dont le coût de revient est inutilement important. Par exemple, si nous dotons un technicien d'un récepteur GPS recevant par divers moyens (GSM, satellite, liaison radio) des corrections lui permettant d'atteindre le décimÚtre en temps réel, si nous lui mettons en main un télémÚtre laser portable permettant la mesure de distances sans réflecteur, équipé d'un inclinomÚtre et d'un compas magnétique, il est clair qu'il aura ainsi la possibilité de donner les coordonnées de tous les points entrant dans son champ de vision, sans pénétrer dans les propriétés closes, etc... Il y a donc une grande importance à faire bénéficier la mise à jour des bases de données géographiques de ce type de méthode, qui est tout à fait compétitive.

Evolution de la qualité d'un référentiel national

Pendant des siĂšcles et jusqu'aux annĂ©es 90, les rĂ©seaux gĂ©odĂ©siques nationaux Ă©taient obtenus par triangulation, avec des mises Ă  l'Ă©chelle assez difficiles puisque les mesures de distances n'ont pu ĂȘtre effectuĂ©es facilement sur grandes distances que depuis les annĂ©es 70. L'histoire de la conception globale d'un rĂ©seau impliquait, par suite des imperfections des procĂ©dĂ©s employĂ©s et des limitations inhĂ©rentes aux anciens moyens de calcul "Ă  la main", des modĂšles d'erreurs trĂšs complexes. Typiquement les coordonnĂ©es diffusĂ©es en France pour la NTF s'Ă©cartaient des valeurs exactes (que l'on aurait obtenues si tout avait Ă©tĂ© parfait) de grandeurs d'autant plus Ă©levĂ©es que l'on s'Ă©loignait de Paris (oĂč Ă©tait situĂ© le point de rĂ©fĂ©rence, le PanthĂ©on), et pouvant atteindre quelques mĂštres aux extrĂ©mitĂ©s de la mĂ©tropole. Le rĂ©fĂ©rentiel faisant foi n'Ă©tait donc pas le rĂ©fĂ©rentiel thĂ©orique, mais celui rĂ©ellement disponible au travers des bornes observĂ©es et de leurs coordonnĂ©es publiĂ©es.

D'oĂč des difficultĂ©s sans fin lorsque ces bornes Ă©taient dĂ©truites et reconstruites, rien ne permettant de garantir que la redĂ©termination aurait les mĂȘmes erreurs que la dĂ©termination ancienne. On a coutume de prĂ©senter les modĂšles d'erreurs de la NTF sous la forme "1 cm/km", erreur purement relative, sans trop Ă©voquer l'erreur absolue (pouvant donc atteindre plusieurs mĂštres) des coordonnĂ©es publiĂ©es. Ceci avec une excellente excuse : personne ou peu s'en faut ne s'intĂ©resse Ă  des coordonnĂ©es absolues fausses de 5 m Ă  Marseille, mais tous sont concernĂ©s par l'erreur relative entre deux points proches, ici infĂ©rieure Ă  5 cm entre deux points Ă©loignĂ©s de 5 km et qui a Ă©tĂ© jugĂ©e tout Ă  fait supportable jusque dans les annĂ©es 80. Evidemment on retombe directement sur ce problĂšme d'erreurs absolues lorsqu'on passe d'un systĂšme Ă  un autre, pour passer de la NTF au rĂ©fĂ©rentiel d'un pays limitrophe par exemple : personne ne devra alors s'Ă©tonner que le simple changement de coordonnĂ©es puisse ĂȘtre entachĂ© d'erreurs atteignant le mĂštre, en particulier lorsque la frontiĂšre s'Ă©tend sur de grandes distances.

Le modĂšle d'erreurs avec la gĂ©odĂ©sie moderne utilisant le GPS prĂ©cis appuyĂ© sur la rĂ©fĂ©rence mondiale est complĂštement diffĂ©rent. On peut alors parler d'erreur absolue, par exemple de 2 cm pour le RBF  , et guĂšre plus (moins de 5 cm en gĂ©nĂ©ral) pour la NTF  recalculĂ©e en s'appuyant sur le RBF et le densifiant, en quelque sorte.

Situation en France

Les exemples Ă©trangers de stations GPS permanentes sont nombreux et instructifs. Ainsi la SuĂšde, qui maintient depuis 92 un ensemble de 22 stations afin d'inciter les usagers Ă  l'emploi du GPS et de limiter par lĂ  mĂȘme l'investissement national en rĂ©seaux matĂ©rialisĂ©s (la SuĂšde est en effet un pays de grande Ă©tendue et trĂšs faiblement peuplĂ©). Plus rĂ©cemment en Suisse, oĂč le niveau de recherche en matiĂšre de GPS est au meilleur niveau mondial, le service topographique fĂ©dĂ©ral a lancĂ© diverses actions visant aussi Ă  couvrir le pays de stations permanentes.

Qu'en est il en France ?

- Une recommandation de l'organisation informelle pour la géodésie européenne EUREF vise à couvrir l'Europe de stations permanentes, qui présentent une meilleure capacité que les réseaux matérialisés à fournir en tout lieu l'accÚs à une référence d'une précision trÚs élevée (de l'ordre du cm en absolu !) sur tout le continent, ce qui évidemment n'a rien à voir avec ce qui était disponible il y a quelques années (en moyenne quelques mÚtres pour passer d'un référentiel national à un autre...). Evidemment ceci implique un calcul régulier pour identifier les déformations à caractÚre tectonique, ce qui en retour intéresse aussi les géophysiciens. Cette recommandation propose par exemple à la France d'entretenir une vingtaine de stations.

- Suite à plusieurs grosses campagnes GPS pour identifier les mouvements tectoniques actuels sur les Alpes et sur les Pyrénées, et dont la précision s'est avérée à peine suffisante pour identifier des mouvements significatifs sur une période de 5 ans, divers scientifiques ont commencé à installer des stations permanentes à finalité premiÚre purement géophysique : le réseau REGAL dans les Alpes est ainsi sous la responsabilité du CNRS.

- Les mĂ©tĂ©orologues installent aussi des stations permanentes GPS, pour mesurer le contenu en vapeur d’eau de l’atmosphĂšre.

- le CETMEF pour les phares et balises a fait de mĂȘme le long des cĂŽtes françaises pour permettre aux navigateurs une navigation diffĂ©rentielle de prĂ©cision mĂ©trique, en utilisant les frĂ©quences d’émission rĂ©servĂ©es Ă  la Marine.

- En outre, l'IGN a commencĂ© par la mise en place de stations Ă  finalitĂ©s surtout scientifiques, afin de suivre les recommandations d'EUREF  (ce qui signifie  mais aussi de permettre un suivi mĂ©trologique des meilleurs marĂ©graphes français, dont les donnĂ©es (si elles sont bien rĂ©fĂ©rencĂ©es) sont essentielles pour mieux comprendre le rĂ©chauffement global de notre planĂšte. Comme les prĂ©cĂ©dentes, ces stations mettent leurs enregistrements Ă  disposition au bout de 24 heures avec un Ă©chantillonnage toutes les 30 secondes.

- Et afin d'analyser l'intĂ©rĂȘt de stations permanentes pour les usagers, et surtout les gĂ©omĂštres, l'ESGT a installĂ© depuis 1998 une station au Mans visant ce public mais sans nĂ©gliger l'intĂ©rĂȘt scientifique d'un tel Ă©quipement. Les enregistrements sont mis Ă  disposition chaque heure, avec un Ă©chantillonnage toutes les secondes (nĂ©cessaire pour les usagers travaillant en mode cinĂ©matique).

- Enfin quelques services techniques de villes installent dÚs à présent des stations GPS dans la logique présentée précédemment. Dans de tels cas, il faut simplement éviter que les différentes stations n'utilisent des formats incompatibles, ce qui compliquerait la vie pour des usagers n'ayant pas une activité purement locale. Et il faut garantir les coordonnées de cette station (par exemple en veillant à la stabilité de l'antenne).

Nous pouvons actuellement anticiper une Ă©volution allant vers une multiplication de stations au sein des villes, si besoin est dans un cadre de partenariat avec l'IGN. Et les applications scientifiques resteront possibles, comme de simples sous-produits, sans pour autant ĂȘtre la lĂ©gitimation premiĂšre de ces installations, pourvu que le suivi mĂ©trologique des antennes soit fait avec soin.

Politique IGN en matiÚre de géodésie :

La politique de l'IGN a été orientée dans un premier temps à la fin 1997 par un rapport du CNIG, qui précisait : "
il est de la responsabilité de l'IGN de prendre toutes dispositions nécessaires pour que le développement d'un réseau de stations permanentes et que leur utilisation se fasse dans des conditions telles que
 les données géographiques obtenues soient ultérieurement exploitables par d'autres services que celui qui prescrit le travail".

Elle est maintenant concrétisée par un "Schéma directeur pour la géodésie et le nivellement à l'IGN" approuvé le 14 Janvier 2000, dont les quelques extraits relatifs aux stations GPS permanentes sont proposés :
....
Orientations pour les prochaines années :
La politique générale de l'IGN en matiÚre de géodésie est basée sur un nouvel équilibre entre trois grands pÎles d'activités : réseaux traditionnels matérialisés (NGF, NTF et RGF), réseaux matérialisés modernes (RBF, Nivellement de référence, réseaux mondiaux), et stations GPS continues. Et bien entendu il faut maintenir en parallÚle la maßtrise de la base de données géodésiques qui assure la diffusion de l'ensemble de ces travaux.
....

4/    La mise en place d'une activitĂ© "rĂ©seau GPS permanent".

Ceci nécessite :
- La poursuite du soutien à des solutions régionales EUREF.
- L'appui aux organismes partenaires (spécifications, aide à l'installation, suivi métrologique des antennes, ...)
- La maintenance, si besoin est, de leurs données collectées au delà de leur temps d'archivage propre,
....

L'appui aux organismes partenaires doit ĂȘtre compris comme une assistance d'experts lors de la conception de l'installation, la maintenance mĂ©trologique de l'antenne, la fourniture des coordonnĂ©es de la station et l'archivage Ă  long terme des donnĂ©es, tout ceci au titre de la mission de service public de l'IGN.

Par ailleurs l'IGN a dĂ©cidĂ© l'implantation d'un ensemble de stations GPS permanentes, dont il restera propriĂ©taire, afin d'Ă©mettre directement Ă  la demande des corrections DGPS dĂ©cimĂ©triques en temps rĂ©el, ceci au moins pour ses propres besoins (entretien de la BDTopo par exemple). La diffusion de ces corrections pourra ĂȘtre confiĂ©e d'abord Ă  des liaisons GSM, ou Ă  d'autres media s'il s'en trouve de disponibles Ă  coĂ»t modeste.

Conclusion : vers de nouveaux enjeux ?

De nombreuses Ă©tudes sont en train pour mettre au point et exploiter au mieux le concept de "station de rĂ©fĂ©rence virtuelle", obtenue en fabriquant de façon artificielle les signaux de rĂ©fĂ©rence que l’on obtiendrait en un endroit donnĂ©, par calcul Ă  partir des signaux mesurĂ©s dans des stations distantes, comme si l’on y disposait d’une vĂ©ritable station. Ceci est de nature Ă  amĂ©liorer une bonne partie des Ă©lĂ©ments financiers du systĂšme en cours de constitution en rĂ©duisant beaucoup le nombre de stations nĂ©cessaires, mais exige pas mal de travaux, en particulier dans le domaine de la connaissance des anomalies de propagation de la troposphĂšre, assez insuffisante actuellement.

Par ailleurs, d'autres systĂšmes que le GPS deviendront sans doute tĂŽt ou tard opĂ©rationnels, tels le GLONASS Russe, GALILEO en Europe, et peut-ĂȘtre encore BAIDOU en Chine. On peut en espĂ©rer une grande amĂ©lioration du nombre de satellites visibles Ă  un instant donnĂ© lorsque des rĂ©cepteurs multi-systĂšmes auront Ă©tĂ© commercialisĂ©s. Si la situation va ainsi Ă©voluer en milieu urbain dense (grĂące Ă  beaucoup plus de satellites en visibilitĂ©) et amĂ©liorera la rapiditĂ© de mesure un peu partout, par contre cela ne changera probablement pas l'intĂ©rĂȘt de disposer de stations permanentes (pour atteindre les prĂ©cisions nĂ©cessaires Ă  l'information gĂ©ographique), dont les fonctionnalitĂ©s resteront assez voisines de celles dĂ©veloppĂ©es pour le GPS seul actuellement.

Une derniĂšre remarque : une toute nouvelle situation se prĂ©sentera Ă  courte Ă©chĂ©ance pour les gĂ©omĂštres, au fur et Ă  mesure de l'apparition de stations GPS permanentes proches de chez eux. Ils pourront utiliser le GPS avec un investissement initial rĂ©duit, et ils auront ainsi un nouvel accĂšs Ă  la rĂ©fĂ©rence nationale planimĂ©trique d'une qualitĂ© jamais atteinte auparavant. Dans un systĂšme cadastral comme celui de la France (hors Alsace - Lorraine) oĂč le bornage n'a pas de caractĂšre systĂ©matique ni obligatoire, nous pourrions proposer dĂ©sormais qu'un bornage puisse aussi ĂȘtre virtuel, c'est Ă  dire qu'aprĂšs des mesures soignĂ©es les coordonnĂ©es d'un point puissent prendre une valeur lĂ©gale sans matĂ©rialisation par une borne, sachant que la restauration d'un point peut maintenant ĂȘtre reproduite avec une erreur n'excĂ©dant pas en France 2 cm en moyenne dans un rĂ©fĂ©rentiel particuliĂšrement indestructible extrĂȘmement prĂ©cis et exact, le repĂšre mondial. VoilĂ  qui pourrait ouvrir des perspectives intĂ©ressantes, en particulier dans des pays qui repensent actuellement complĂštement ex nihilo leur systĂšme cadastral et ne veulent pas se passer de bornage : la matĂ©rialisation du bornage est une opĂ©ration onĂ©reuse qui pourrait ĂȘtre supprimĂ©e au besoin, ce qui repose sur un accĂšs aisĂ© au rĂ©fĂ©rentiel national. Il est donc clair que les stations permanentes vont continuer Ă  prendre une importance capitale dans le paysage technique futur.


Michel Kasser

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#55 Mon 14 January 2008 17:00

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2001
Fiche n°50 : LES SYSTEMES RGF93 ET LAMBERT 93

Introduction

Les nouveaux textes réglementaires relatifs au systÚme géodésique RGF 93 et au systÚme de projection Lambert 93 en France nécessitent une explication approfondie sur les systÚmes de référence nécessaires à la pratique de l'information géographique. Pour ce faire, il faut tout d'abord procéder à une rétrospective sur les techniques employées autrefois, ce qui aide beaucoup à comprendre la nature de la différence, trÚs profonde, entre les systÚmes géodésiques anciens et celui qui est désormais en place en France. Puis nous décrirons ce nouveau systÚme, en essayant d'analyser dans quels secteurs des changements vont intervenir pour les usagers.

Evolution de la qualité du référentiel national. La NTF : aspects historiques.

Pendant trois siÚcles et jusqu'à 1991, les réseaux géodésiques français ont été obtenus par triangulation, donc des mesures trÚs précises d'angles, avec des mises à l'échelle toujours assez compliquées à faire : encore en 1960, l'ensemble de la "Nouvelle Triangulation de la France", la NTF (commencée à la fin du XIXÚme siÚcle et terminée en 1991), n'incluait que 15 mesures de bases réparties sur l'ensemble de la France. Ces bases ont été mesurées au fil invar (l'invar a été inventé en France au BIPM, au début du XXÚme siÚcle), sur des distances entre 10 et 20 km, mais ont exigé chacune prÚs de 6 mois de travail à plus de 10 personnes, pour une précision de l'ordre du centimÚtre. En complément de ces mesures de bases, des observations astronomiques ont été menées afin de permettre une orientation locale trÚs précise de certains cotés, par observation de l'étoile polaire sur une dizaine de points de premier ordre.

En outre si nous essayons de comprendre l'origine des limitations de ces travaux, en gardant l'exemple de la NTF, il y avait une rĂ©elle impossibilitĂ© de compenser en bloc par moindres carrĂ©s des ensembles de mesures portant sur plus d'une ou deux dizaines d'inconnues, limitation inhĂ©rente aux anciens moyens de calcul "Ă  la main". Pour rĂ©soudre ce problĂšme dĂ©licat, on a créé alors la mĂ©thode des ordres emboĂźtĂ©s, les coordonnĂ©es issues des calculs de premier ordre Ă©taient imposĂ©es au second ordre, etc
 Et encore le premier ordre, trop volumineux, ne pouvait-il ĂȘtre calculĂ© en un seul bloc, on avait donc effectuĂ© des chaĂźnes de triangles formant une ossature le long de trois mĂ©ridiens et de trois parallĂšles, calculĂ©es sĂ©parĂ©ment, avant de "remplir" les zones laissĂ©es vierges en s'appuyant sur ce 1er ordre de chaĂźne. L'ensemble des coordonnĂ©es diffusĂ©es sous le nom NTF Ă©tait donc le rĂ©sultat d'un nombre considĂ©rable d'ajustements de sous-ensembles calculĂ©s par moindres carrĂ©s, avec un modĂšle d'erreur rĂ©sultant extrĂȘmement complexe. Typiquement les coordonnĂ©es diffusĂ©es en France pour la NTF s'Ă©cartent des valeurs exactes (que l'on aurait obtenues si tout avait Ă©tĂ© parfait) de grandeurs en gĂ©nĂ©ral d'autant plus Ă©levĂ©es que l'on s'Ă©loigne de Paris (oĂč est situĂ© le point de rĂ©fĂ©rence, le PanthĂ©on), et pouvant atteindre quelques mĂštres aux extrĂ©mitĂ©s de la mĂ©tropole.

Tout ceci ne tirait guÚre à conséquence, puisque la géodésie servait essentiellement d'appui à la carte de France, dont la meilleure réalisation a été effectuée au 1/25 000Úme, une erreur de quelques décimÚtres étant donc localement indétectable, et une erreur de quelques mÚtres à grande distance étant sans aucune importance pratique. La NTF ne servait qu'assez rarement, malgré les obligations légales, à établir le systÚme de référence des nombreux levers effectués par les géomÚtres (moins du quart de leurs travaux étaient "rattachés au Lambert" en 1990). Par ailleurs ce n'est que dans les années 70 que les appareils de mesure électronique de distances, considérablement plus précis que les appareils traditionnellement utilisés jusque là, ont permis aux géomÚtres de détecter de plus en plus fréquemment les erreurs de la NTF. Ces erreurs désormais ont été perçues comme des insuffisances dont on pouvait au besoin s'accommoder à coup d'ajustements locaux, mais aussi en se raccordant de plus en plus rarement au référentiel national, plutÎt compris comme une source d'erreurs que comme une source d'économies globales.

Dans un tel cadre technique, en France comme ailleurs, le rĂ©fĂ©rentiel faisant foi n'Ă©tait donc pas le rĂ©fĂ©rentiel thĂ©orique, mais celui rĂ©ellement disponible au travers des bornes observĂ©es et de leurs coordonnĂ©es publiĂ©es. D'oĂč des difficultĂ©s lorsque ces bornes Ă©taient dĂ©truites et reconstruites, rien ne permettant de garantir qu'une redĂ©termination aurait les mĂȘmes erreurs que la dĂ©termination ancienne. On a coutume de prĂ©senter les modĂšles d'erreurs de la NTF sous la forme "1 cm / km", erreur purement relative, sans trop Ă©voquer l'erreur locale (pouvant donc atteindre plusieurs mĂštres) des coordonnĂ©es publiĂ©es. Ceci avec une excellente excuse : personne ou peu s'en faut ne s'intĂ©resse Ă  des coordonnĂ©es fausses de quelques mĂštres Ă  Marseille si tous les points voisins sont entachĂ©s Ă  peu prĂšs de la mĂȘme erreur, mais tous sont concernĂ©s par l'erreur relative entre deux points proches, ici infĂ©rieure Ă  5 cm entre deux points Ă©loignĂ©s de 5 km, et qui a Ă©tĂ© jugĂ©e tout Ă  fait supportable jusqu'au moment oĂč les usagers ont disposĂ© de moyens de mesure bien plus prĂ©cis.
Evidemment on retombe directement sur ce problĂšme d'erreurs absolues lorsqu'on passe d'un systĂšme Ă  un autre, pour passer de la NTF au rĂ©fĂ©rentiel d'un pays limitrophe par exemple : on ne devra alors pas s'Ă©tonner que le simple changement de coordonnĂ©es ne puisse ĂȘtre dĂ©barrassĂ© d'erreurs atteignant le mĂštre, en particulier lorsque la frontiĂšre considĂ©rĂ©e s'Ă©tend sur de grandes distances.

A titre d'exemples illustrant à quel point le modÚle d'erreur des anciennes triangulations était surtout une conséquence des impossibilités d'inverser par moindres carrés des blocs importants d'observations, nous citerons deux retraitements de mesures anciennes :

    - Au XVIIĂšme siĂšcle (vers 1660) l'abbĂ© Picard voulant mesurer le rayon de la Terre avait observĂ© un degrĂ© de mĂ©ridien autour de Paris (arc "Sourdon - Malvoisine") avec des instruments complĂštement nouveaux, en grande partie conçus par lui (il avait inventĂ© la lunette de visĂ©e avec un rĂ©ticule, permettant des pointĂ©s trĂšs prĂ©cis), prĂ©figurant les appareils employĂ©s jusqu'au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, les "cercles azimutaux". L'IngĂ©nieur GĂ©nĂ©ral GĂ©ographe J.-J. Levallois ayant procĂ©dĂ© Ă  un nouveau calcul Ă  partir des observations originales a montrĂ© en 1985 que la prĂ©cision obtenue sur cette triangulation correctement calculĂ©e en bloc Ă©tait dĂ©jĂ  de l'ordre de 10ÂŹÂŹ-ÂŹ5, ce qui constituait une amĂ©lioration d'un facteur 10 sur les rĂ©sultats publiĂ©s Ă  l'Ă©poque, pourtant dĂ©jĂ  jugĂ©s excellents.

    - Vers 1980 l'armĂ©e française souhaitait disposer d'un vecteur trĂšs prĂ©cis entre un site de Bretagne et le Centre d'Essais des Landes pour tester divers systĂšmes de navigation. Un quart des observations de 1er et 2nd ordre de la NTF ont alors Ă©tĂ© compensĂ©es en un seul bloc, en introduisant en outre une cinquantaine de mesures de longues distances au tĂ©lĂ©mĂštre laser (GĂ©odimĂštre AGA 8), et on a pu ainsi obtenir, avec pourtant les mĂȘmes mesures angulaires, une prĂ©cision environ 10 fois meilleure que celle de la NTF normale (quelques dĂ©cimĂštres sur plus de 500 km).

On en dĂ©duit donc qu'Ă  l'origine des dĂ©fauts des rĂ©seaux triangulĂ©s anciens se retrouve la faiblesse des moyens de calcul, situation qui a bien Ă©videmment complĂštement changĂ© avec l'arrivĂ©e des ordinateurs Ă  la fin des annĂ©es 60, mais qui n'a pu ĂȘtre mise Ă  profit puisque ces ensembles de coordonnĂ©es Ă©taient dĂ©jĂ  publiĂ©s et employĂ©s depuis des dĂ©cennies et que l'on ne souhaitait pas modifier le systĂšme officiel.

Re-précisons enfin que ces ordres successifs, qui ont été employés dans tous les grands travaux géodésiques anciens (NTF, NGF,
) ne sont que des nécessités de calcul, et ne correspondent en rien à des précisions plus ou moins bonnes sur les coordonnées obtenues : ce point est généralement resté mal connu des utilisateurs.

Apparition du GPS en géodésie.

Le modĂšle d'erreurs avec la gĂ©odĂ©sie moderne utilisant le GPS prĂ©cis appuyĂ© sur la rĂ©fĂ©rence mondiale est complĂštement diffĂ©rent de ce que nous avons vu avec la triangulation. On peut alors parler d'erreur absolue en ce sens que si un point donnĂ© est complĂštement rĂ©observĂ© par rapport aux autres observatoires gĂ©odĂ©siques mondiaux (stations oĂč sont employĂ©s une ou plusieurs mĂ©thodes telles que VLBI, tĂ©lĂ©mĂ©trie laser sur satellites, DORIS, ou stations GPS permanentes), en prenant soigneusement en compte les dĂ©formations rĂ©guliĂšres du globe apportĂ©es par la tectonique des plaques, on retrouvera toujours les mĂȘmes coordonnĂ©es, Ă  un ou deux centimĂštres prĂšs. C'est Ă©videmment une situation qui n'a plus rien Ă  voir avec la situation prĂ©cĂ©dente.

A partir du moment oĂč il est devenu plus Ă©conomique d'effectuer un canevas par GPS que par triangulation, GPS qui de surcroĂźt peut ĂȘtre bien plus prĂ©cis que l'ancienne NTF, il fallait donc se poser la question de la rĂ©novation du rĂ©seau gĂ©odĂ©sique national. Y avait-il encore une raison de la financer ? Les autoritĂ©s (instruites par le CNIG) ont rĂ© - examinĂ© complĂštement cette question vers 1990, et ont conclu positivement. DiffĂ©rentes raisons peuvent ĂȘtre citĂ©es :

    - Certes la carte de base au 1/25 000Ăšme Ă©tait terminĂ©e, mais la BDTopo Ă©tait en cours de dĂ©veloppement, exigeant un rĂ©fĂ©rentiel homogĂšne au niveau du dĂ©cimĂštre, ce qui Ă©tait Ă  la limite des capacitĂ©s de la NTF.

    - Des besoins complĂštement nouveaux sont apparus avec la gĂ©nĂ©ralisation des SIG et de l'emploi du GPS pour y rĂ©fĂ©rencer tous les objets possibles. De plus en plus d'usagers peuvent actuellement trouver un intĂ©rĂȘt Ă©conomique Ă  lever ces objets dans un rĂ©fĂ©rentiel bien dĂ©fini (pourvu qu'il soit facile d'accĂšs), car cela leur permet ensuite de tirer un bĂ©nĂ©fice croisĂ© entre des levers diffĂ©rents, qui deviennent parfaitement superposables et cohĂ©rents entre eux : une valeur ajoutĂ©e apparaĂźt alors, grĂące Ă  l'investissement public effectuĂ© en amont. A l'Ă©poque des cartes seulement sur support papier, un tel bĂ©nĂ©fice aurait Ă©tĂ© tout Ă  fait marginal.

    - Les usagers ayant, de plus en plus, des moyens de mesure GPS bien plus prĂ©cis que ce qui est offert par la NTF, se seraient bientĂŽt complĂštement passĂ©s de mettre leurs travaux dans une rĂ©fĂ©rence bien dĂ©finie, faisant perdre Ă  long terme tout moyen de dĂ©gager une synergie entre des levers successifs.

Il a donc été décidé :

    - d'observer un ensemble assez peu dense de bornes (un  millier sur toute la France). Ces bornes sont toutes trĂšs faciles d'accĂšs, sont entretenues avec soin, et ont reçu des observations GPS donnant Ă  leurs coordonnĂ©es une cohĂ©rence de l'ordre de 2 cm sur tout le pays. Ce rĂ©seau a Ă©tĂ© baptisĂ© RBF (RĂ©seau de Base Français).

    - de mettre en place des stations GPS permanentes, donnant Ă  terme aux usagers bien Ă©quipĂ©s un accĂšs encore plus performant Ă  la rĂ©fĂ©rence nationale.

    - que lors des observations du RBF, un grand nombre de points de la NTF seraient aussi mesurĂ©s par GPS dans les mĂȘmes sessions. On a ainsi obtenu par recalcul global un second jeu de coordonnĂ©es pour les points NTF, permettant de publier un modĂšle assez prĂ©cis des diffĂ©rences entre le rĂ©fĂ©rentiel matĂ©rialisĂ© par le RBF et celui matĂ©rialisĂ© par la NTF.

Il y avait dĂšs lors deux solutions :

    - soit poursuivre avec les coordonnĂ©es NTF anciennes et donner aux usagers des Ă©lĂ©ments de dĂ©formation leur permettant de distordre leurs observations nouvelles (par exemple obtenues par GPS) pour qu'elles soient compatibles avec la NTF,

    - soit changer complĂštement la rĂ©fĂ©rence nationale, les nouveaux travaux s'exprimant alors naturellement et sans correction dans cette nouvelle rĂ©fĂ©rence, et les anciens Ă©tant alors rĂ©cupĂ©rĂ©s en appliquant ce modĂšle de distorsion dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©.

Ces deux solutions ont chacune des avantages et des inconvĂ©nients, ces derniers Ă©tant liĂ©s Ă  la difficultĂ© inĂ©vitable de rendre compatible les anciennes donnĂ©es (fort nombreuses et ayant une Ă©norme importance Ă©conomique) avec les nouvelles. C'est la seconde solution qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e en France, comme d'ailleurs cela s'est produit dans de nombreux autres pays confrontĂ©s au mĂȘme problĂšme. Le nouveau systĂšme a Ă©tĂ© baptisĂ© RGF 93 (RGF pour "RĂ©seau GĂ©odĂ©sique Français"). Dans ce systĂšme le RBF est cohĂ©rent avec le systĂšme mondial ITRS (International Terrestrial Reference System, calculĂ© depuis 1992 au nom de l'Association Internationale de GĂ©odĂ©sie par le laboratoire LAREG de l'IGN) Ă  environ 2 centimĂštres prĂšs dans tout le pays, et la NTF peut ĂȘtre rĂ© - employĂ©e grĂące au modĂšle de distorsion avec une prĂ©cision de l'ordre de 5 cm. Ce modĂšle de distorsion, diffusĂ© par l'IGN et dĂ©sormais incorporĂ© dans de nombreux logiciels de post - traitement GPS, reprĂ©sente presque exactement le modĂšle d'erreur de la NTF, qui dĂ©passe sans surprise 5 mĂštres en plusieurs zones du pays.

Le RGF 93, basé sur l'ellipsoïde international IAG GRS 1980, a été rendu obligatoire en métropole et Corse le 26-12-2000 par décret N° 2000-1276, en application de l'article 89 de la loi 95-115 d'orientation pour l'aménagement du territoire, pour les travaux topographiques d'une certaine importance sur financements publics (texte qui précise aussi les références officielles des DOM).

Comme le systĂšme officiel de projection est basĂ© sur le rĂ©fĂ©rentiel gĂ©odĂ©sique national, le changement de ce dernier a obligĂ© Ă  redĂ©finir le systĂšme de projection officiel. Le prĂ©cĂ©dent systĂšme (Lambert, avec 4 zones, et Lambert II Ă©tendu couvrant toutes les zones mais crĂ©ant de fortes altĂ©rations linĂ©aires) a laissĂ© la place Ă  un seul systĂšme "Ă©tendu", baptisĂ© Lambert 93, projection conique sĂ©cante. Les parallĂšles standards, ou "automĂ©coĂŻques" (oĂč l'Ă©chelle est conservĂ©e) sont les parallĂšles 44° et 49°. Le point central a pour longitude 3° E (mĂ©ridien international), pour latitude 46° 30' N, et les coordonnĂ©es de ce point sont alors X0 = 700 000 m et Y0 = 6 600 000 m dans la projection. Ce choix d'origine Ă©vite toute confusion avec les systĂšmes prĂ©cĂ©demment en usage (notamment Lambert (NTF) zones et UTM (E50 ou WGS84)).

Cette projection unique sur le territoire français se traduit par des altérations linéaires pouvant varier de -1 m/km à +3 m/km, et dont le calcul est trÚs facile à introduire dans les logiciels d'utilisateurs. Ces valeurs sont importantes, mais peu évitables : les usagers de SIG sont d'ailleurs invités à utiliser chaque fois qu'ils le pourront des coordonnées géographiques, toutes les coordonnées du RBF étant bien entendu disponibles aussi dans un tel systÚme de coordonnées.

[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_50_1.png[/img]
Figure 1 : Carte des déformations de la NTF dans le RGF93, sous forme de vecteurs sur les points du premier ordre de la NTF. Ces vecteurs ont été calculés de façon à avoir une moyenne nulle.


[img]http://georezo.net/img/cnig/cnig_50_2.png[/img]
Figure 2 : Altérations linéaires du Lambert 93, comparé aux anciens Lambert, zones I (à droite) à IV (à gauche) et Lambert II étendu.



Conclusion.

L'adoption de ce nouveau systÚme Lambert 93 va se traduire concrÚtement pour les usagers par un certain nombre d'avantages, mais aussi d'inconvénients.

Au rayon des inconvénients, il faut noter un certain nombre de difficultés qui vont apparaßtre chez les géomÚtres opérant depuis longtemps dans une zone donnée. Ils disposent en effet souvent sur cette zone d'un ensemble de repÚres connus d'eux seuls, et dont les coordonnées ont fait l'objet de compensations et d'ajustements plus ou moins complexes, intégrant en tous cas les distorsions locales de la NTF. Bien évidemment, la conversion de ces coordonnées vers le nouveau systÚme RGF 93 sera d'une précision insuffisante par rapport aux possibilités offertes par le nouveau référentiel, et ceci va entraßner progressivement le besoin de redéterminer complÚtement ces points, sous peine de livrer ensuite des travaux non conformes. Il faut rappeler si besoin est qu'une transformation de coordonnées n'améliore jamais la qualité de la détermination initiale


Autre problĂšme Ă  noter : si la nouvelle projection est l'Ă©quivalent de l'ancien Lambert II Ă©tendu, par contre il n'existe pas d'Ă©quivalent moderne aux anciennes projections Lambert zones, dont l'Ă©tendue assez modeste se traduisait par des altĂ©rations linĂ©aires beaucoup plus rĂ©duites, Ă  peu prĂšs indĂ©celables sur des documents cartographiques papier. De ce fait de nombreux usagers n'ont pas les idĂ©es bien nettes sur ces problĂšmes de projections, et confondent volontiers les distances tirĂ©es des coordonnĂ©es en projection avec les distances gĂ©omĂ©triques mesurĂ©es. Or avec des corrections pouvant dĂ©passer le m / km, mĂȘme les documents graphiques donnent des Ă©carts largement apprĂ©ciables Ă  l'Ɠil. Les risques de confusion entre ces deux types de distances pour des usagers non avertis vont crĂ©er de nombreuses difficultĂ©s nouvelles, qui ne se rĂ©soudront qu'avec un grand effort de vulgarisation technique. Et les fautes qui en rĂ©sulteront seront assez consĂ©quentes !

Et puis bien entendu, si des donnĂ©es gĂ©ographiques numĂ©riques anciennes peuvent aisĂ©ment ĂȘtre recalculĂ©es dans la nouvelle rĂ©fĂ©rence, par contre les documents graphiques sont bien plus dĂ©licats Ă  rĂ©-employer en conjonction avec des donnĂ©es acquises dans la nouvelle rĂ©fĂ©rence. NĂ©anmoins cette critique est Ă  tempĂ©rer car les documents de ce type sont pratiquement tous Ă  des Ă©chelles grandes ou trĂšs grandes, et le changement de rĂ©fĂ©rence se traduit dans de tels cas par une simple translation, gĂ©nĂ©rale pour toute la carte, et facile Ă  matĂ©rialiser par un simple quadrillage nouveau Ă  superposer au document existant : ce cas est complĂštement diffĂ©rent de ce qui se prĂ©sente lors d'un changement de rĂ©fĂ©rence d'altitude, pour lequel les nouvelles courbes de niveau ne peuvent ĂȘtre aisĂ©ment dĂ©duites des anciennes.

Au rayon des avantages, la perspective de voir dĂ©sormais le rĂ©fĂ©rentiel de base devenir indestructible, quelles que soient les destructions de bornes, est trĂšs satisfaisante et encourageante. Par ailleurs, les mesures issues de systĂšmes spatiaux (aujourd'hui GPS, bientĂŽt sans doute le GALILEO EuropĂ©en, voire le GLONASS Russe ou le BAIDOU Chinois) se trouvent de façon automatique complĂštement compatibles avec le RGF 93, au niveau de 1 Ă  2 centimĂštres. On obtient ainsi un accĂšs Ă  la rĂ©fĂ©rence beaucoup plus aisĂ© qu'auparavant. Par exemple, avec des mesures GPS on obtient les mĂȘmes rĂ©sultats en installant le rĂ©cepteur de rĂ©fĂ©rence sur un point du RBF proche, ou en tĂ©lĂ©chargeant les donnĂ©es enregistrĂ©es sur des stations GPS permanentes mĂȘme fort Ă©loignĂ©es, au prix Ă©videmment de mesures de plus longue durĂ©e. Les coordonnĂ©es obtenues sont, dans tous les cas, parfaitement dans le rĂ©fĂ©rentiel RGF 93, sans effort aucun et sans travail particulier. C'est en fait la premiĂšre fois que l'accĂšs au rĂ©fĂ©rentiel national est aussi facile et naturel. En outre, plus aucune difficultĂ© ne se prĂ©sente maintenant pour traiter des chantiers transfrontaliers, pour autant que tous les pays voisins aient connu la mĂȘme Ă©volution de leur rĂ©fĂ©rentiel. Or c'est actuellement le cas pour la France, car le systĂšme europĂ©en EUREF effectue un lien trĂšs prĂ©cis entre tous les pays d'Europe, et il en est Ă©galement ainsi du systĂšme mondial ITRS auquel la totalitĂ© des systĂšmes nationaux rĂ©visĂ©s rĂ©cemment sont raccordĂ©s avec une excellente prĂ©cision.

En conclusion, si le changement de référence est susceptible de poser aux usagers certainement beaucoup de petits problÚmes, par contre il résout tous les problÚmes importants et à long terme il est certain qu'il engendrera de nombreuses simplifications dans les travaux géographiques en France.

Michel Kasser

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#56 Mon 14 January 2008 17:00

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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

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#57 Mon 14 January 2008 17:00

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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2002

Fiche n°51 : BIBLIOGRAPHIE
Cette fiche fait suite Ă  la Fiche n°10, dont les ouvrages sont marquants et encore d’actualitĂ©.  Ce thĂšme sera rĂ©guliĂšrement complĂ©tĂ©.


LIVRES


AFIGEO, Conseil national de l’information gĂ©ographique
ElĂ©ments pour un dĂ©bat national : l’information gĂ©ographique française dans la sociĂ©tĂ© de l’information : Ă©tat des lieux et propositions d’action.

Ce livre blanc rĂ©digĂ© par le CNIG et l’AFIGEO Ă  partir d’études lancĂ©es en 1996 et 1997 avec l’aide de diffĂ©rents instances et organismes dresse un Ă©tat des lieux avant de dĂ©tailler les enjeux de l’information gĂ©ographique et de proposer des actions autour de l’offre de donnĂ©es, l’exportation, la normalisation et la qualitĂ© des donnĂ©es, la recherche et la formation.
Andersen Arthur, Barbier Frinault et associés.

CNIG
Etude sur le prix de la donnĂ©e d’information gĂ©ographique : stratĂ©gies possibles pour l’Etat – rapport.       
Paris

CNIG sept. 1997 – 200 p.

Ce rapport Ă©voque les difficultĂ©s du marchĂ© de l’information gĂ©ographique au travers de ses spĂ©cificitĂ©s, de son potentiel de dĂ©veloppement, des prix et de l’action possible de l’Etat et des producteurs publics.

Baron Norbert
La localisation des donnĂ©es bibliographiques dans les systĂšmes d’information sur l’environnement
Paris, IAURIF, 1998 – 45 p.

Cette Ă©tude prĂ©sente les rĂ©sultats d’un test de mise en relation de deux outils informatiques conçus au dĂ©part en toute indĂ©pendance : le systĂšme d’information gĂ©ographique rĂ©gional (SIGR) et la banque de donnĂ©es bibliographiques ECOTHEK. Le test porte sur la spatialisation des donnĂ©es bibliographiques concernant les thĂšmes liĂ©s au patrimoine naturel de huit vallĂ©es d’Ile de France

Burrough Peter
A european view on the global spatial data infrastructure     
Konigswinter

Allemagne, 4-6 sept. 1996 10 p.

L’auteur dresse un bref historique des initiatives relatives aux donnĂ©es gĂ©ographiques internationales en Europe. Il analyse les forces internes qui poussent Ă  l’internationalisation dans l’information gĂ©ographique en Europe ainsi que les forces externes qui l’affectent, les facteurs de diffĂ©rence entre pays europĂ©ens et Etats-Unis, les rĂ©sistances en Europe. Il propose de tirer des leçons des tentatives de gĂ©rer les problĂšmes par discipline, des dĂ©veloppements technologiques et thĂ©oriques dans l’analyse des donnĂ©es gĂ©ographiques et des relations entre pays dĂ©veloppĂ©s, avant de prĂ©ciser les dangers perçus et les recommandations pour rĂ©aliser utilement les projets autour de l’information gĂ©ographique.

CERTU
Le plan cadastral numĂ©risĂ© et son usage au MinistĂšre de l’équipement
Lyon, CERTU, 1996 – 152 p.

La numĂ©risation du plan cadastral intĂ©resse de nombreux utilisateurs de cette information localisĂ©e. Bien souvent,  le MinistĂšre de l’équipement, Ă  travers les missions dont il a la charge, se trouve ĂȘtre un interlocuteur commun Ă  tous. Pour les communes, les conseils gĂ©nĂ©raux ou les administrations proches du territoire, les enjeux sont d’importance, en termes techniques, financiers ou organisationnels. Une bonne connaissance de ce que peut apporter l’information du plan cadastral sous ses formes numĂ©riques est alors indispensable. Cet ouvrage, considĂ©rĂ© comme un guide, apporte d’une façon synthĂ©tique, des informations importantes sur le plan cadastral, son contenu, son organisation, sa qualitĂ© et son usage possible au MinistĂšre de l’équipement. Il aborde Ă©galement le problĂšme de sa numĂ©risation, tant par les aspects techniques que par les situations variĂ©es induites par le contexte institutionnel local.

DenÚgre Jean, Salgé François
Les systĂšmes d’information gĂ©ographique     
Paris, PUF, 1996 - 128 p. Coll. Que sais-je ?

Les auteurs prĂ©sentent la notion d’information gĂ©ographique et prĂ©cisent ce que sont les systĂšmes de rĂ©fĂ©rence de localisation, la structuration des donnĂ©es et leurs modĂšles conceptuels et le sens particulier des notions gĂ©nĂ©rales de qualitĂ©, d’échange de donnĂ©es, de normalisation appliquĂ©e Ă  l’information gĂ©ographique. Ils traitent aussi des aspects juridiques, Ă©conomiques et prospectifs.

Exemples d’utilisation des fichiers dĂ©rivĂ©s de la BD Alti – Lignes de niveau, zones hypsomĂ©triques, classes de pentes, points singuliers
Devers José, Christine Archias, Jean-Pierre Chrétien
Etude réalisée en février 1997 pour la DRAST et le pÎle Géomatique du CERTU.

La BD Alti de l’IGN est rĂ©trocĂ©dĂ©e aux utilisateurs sous la forme d’une grille de points cotĂ©s. Quatre produits ont Ă©tĂ© dĂ©finis : lignes de niveau, zones hypsomĂ©triques, classes de pente et points singuliers. Quinze exemples d’utilisation de ces bases de donnĂ©es sont prĂ©sentĂ©s, regroupĂ©s en cinq thĂšmes : la connaissance du territoire, les risques naturels, l’urbanisme et l’amĂ©nagement, les Ă©tudes d’infrastructures, la gestion du rĂ©seau routier. Ces traitements montrent l’intĂ©rĂȘt de ces bases de donnĂ©es pour amĂ©liorer la connaissance des territoires, et, en particulier, mesurer des phĂ©nomĂšnes impossibles Ă  quantifier prĂ©cĂ©demment.

Devers José, Jousse MichÚle, Christine Archias
QualitĂ© de l’occupation des sols
Etude réalisée en décembre 1998 pour le pÎle Géomatique du CERTU.

A l’occasion de la rĂ©alisation d’une nouvelle couverture de la rĂ©gion PACA, trois indicateurs ont Ă©tĂ© dĂ©finis, concernant la topologie, la classification et la prĂ©cision des contours. Cette Ă©tude a pour objectif, en mettant en Ɠuvre les indicateurs correspondants, de vĂ©rifier leur pertinence et de dĂ©gager des recommandations pour leur application.
La mesure s’appuie sur la comparaison de fichiers, celui de rĂ©fĂ©rence et celui du prestataire. Des enseignements sont mis en Ă©vidence.

Ecobichon Claude
L’informatique gĂ©ographique : nouvelles techniques, nouvelles pratiques
Paris, éd HermÚs, 1994- 122 p.

RĂ©flexion sur la dimension culturelle des difficultĂ©s techniques, juridiques et Ă©conomiques du secteur de l’information gĂ©ographique. Il est question du marchĂ© de l’information gĂ©ographique, du traitement des donnĂ©es et des rĂ©actions du milieu professionnel et politique face aux innovations technologiques. Le sujet central n’est pas tant la technique en elle-mĂȘme que la façon dont en usent les techniciens

Essevaz-Roulet Michel
La mise en Ɠuvre d’un systĂšme d’information gĂ©ographique dans une collectivitĂ© territoriale.       
Voiron, Dossier d’experts, La Lettre du Cadre Territorial, mai 1999 – 194 p.

AprĂšs une description Ă  visĂ©e pĂ©dagogique des systĂšmes d’information gĂ©ographique, l’ouvrage prĂ©sente les caractĂ©ristiques des applications logicielles pour SIG, dĂ©taille la conduite du projet informatique et la numĂ©risation du plan cadastral.

Faure Corinne
Directives territoriales d’amĂ©nagement et systĂšme d’information gĂ©ographique ; Ă©tat des lieux DTA et SIG.
Lyon, CERTU ; sept 1997 33 p.

PrĂ©sentation des rĂ©sultats d’une enquĂȘte relative Ă  l’utilisation des systĂšmes d’information gĂ©ographiques (SIG) dans les directives territoriales d’amĂ©nagement (DTA). EnquĂȘte auprĂšs d’une trentaine d’intervenants du MinistĂšre de l’équipement, de DIREN et de SGAR sur la base d’une grille de questions informelles.

Gayte Olivier, Cheylan Jean-Paul, Libourel ThérÚse, Lardon Sylvie
Conception des systùmes d’information sur l’environnement
Paris, ed. HermĂšs, 1997 - 153 p.

La conception d’un systĂšme d’information sur l’environnement nĂ©cessite la rĂ©alisation d’un systĂšme informatique associant SIG, base de donnĂ©es, modĂšle mathĂ©matique, systĂšme expert. Pour crĂ©er ce systĂšme, la mĂ©thode POLLEN est prĂ©sentĂ©e.

Henry Claude
Concurrence et service public dans l’union europĂ©enne        
Paris, PUF, 1997 – 225 p.

Dans le cadre de l’union europĂ©enne, il est possible d’évoluer vers un modĂšle oĂč le service public soit clairement dĂ©fini et solidement assurĂ©, oĂč des entreprises publiques rĂ©novĂ©es et efficaces, parce que soumises Ă  des formes appropriĂ©es de concurrence, continuent de jouer un rĂŽle central, plutĂŽt que de dĂ©couper et privatiser les entreprises de service public. L’auteur analyse des exemples tirĂ©s des pays voisins : Allemagne, Pays-Bas, SuĂšde, Grande-Bretagne et prĂŽne l’émergence d’un modĂšle europĂ©en de services publics pour lesquels les impĂ©ratifs de service public se combinent avec les stimulants que sont la concurrence et la rĂ©gulation.

Laurini Robert, Milleret-Raffort FrançoiseL
Les bases de données en géomatique
Paris, Ed Hermùs, 1993 – 340 p.

AprĂšs avoir prĂ©sentĂ© les caractĂ©ristiques des donnĂ©es gĂ©ographiques, l’étude Ă©voque la culture des bases de donnĂ©es, met l’accent sur les spĂ©cificitĂ©s des bases de donnĂ©es gĂ©ographiques et aborde des techniques avancĂ©es en matiĂšre de base de donnĂ©es dans les systĂšmes d’information gĂ©ographique.

Lavigne Stéphane
Le cadastre en France
Paris PUF, 1996 – 126 p. coll. Que sais-je ?

Le cadastre, qui existe depuis l’AntiquitĂ©, remplit des missions techniques, documentaires, juridiques et fiscales. Il dispose, Ă  cet effet, du plan cadastral qui constitue le support de toute identification et de toute description physique de la propriĂ©tĂ© fonciĂšre. La confection et la maintenance du plan cadastral constituent les Ă©lĂ©ments essentiels de la mission technique. La documentation cadastrale se compose du plan cadastral ainsi que d’une documentation littĂ©rale,. Le cadastre sert Ă  identifier et Ă  dĂ©terminer physiquement les biens ainsi qu’à identifier et Ă  dĂ©terminer physiquement les biens ainsi qu’à identifier les propriĂ©taires et leurs droits. La mission fiscale est la mission originelle et fondamentale du cadastre, elle a pour objectif une Ă©valuation qui indique, pour chaque unitĂ© fonciĂšre bĂątie ou non bĂątie, la valeur locative cadastrale servant de base Ă  l'assiette et au calcul des impĂŽts directs locaux. Le cadastre est gĂ©rĂ© par une administration fortement structurĂ©e qui s’efforce aussi de participer Ă  sa modernisation.

LeclĂšre Jean-Philippe
Les SIG et le droit       
Paris, Ă©d. HermĂšs, 1995 – 249 p.

Cet ouvrage traite des principales dispositions juridiques applicables aux SIG, des problĂšmes liĂ©s Ă  la propriĂ©tĂ© des donnĂ©es gĂ©ographiques et de ceux relatifs Ă  la responsabilitĂ© du producteur quant Ă  la qualitĂ© de l’information. AprĂšs une prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale des SIG, il est traitĂ© des droits d’auteur, de la diffusion et de l’exploitation des donnĂ©es, de la protection des donnĂ©es nominatives, du cadastre, de l’accĂšs aux documents administratifs et la commercialisation des donnĂ©es publiques

Léger Christian
Bilan de l’aide de l’Etat aux exportateurs français d’information gĂ©ographique : rapport d’étude    
Paris, CNIG, sept. 1997 – 20 p.

Inventaire des projets et actions de coopĂ©ration internationale kou d’exportation ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une aide de l’Etat ; analyse thĂ©matique ; typologie des actions et des bĂ©nĂ©ficiaires de ces financements.

LĂ©vĂȘque François
Economie de la réglementation
Paris, Ă©d. La dĂ©couverte – collection repĂšres – 124 p.

L’originalitĂ© de livre est de rĂ©unir diffĂ©rents champs de l’analyse Ă©conomique de la rĂ©glementation : ses applications Ă  la pollution, Ă  l’industrie, Ă  la dĂ©finition des services publics, Ă  l’organisation des clubs associatifs, Ă  l’ouverture des industries de rĂ©seaux Ă  la concurrence, Ă  la conservation des ressources naturelles, etc
 ces domaines sont souvent traitĂ©s sĂ©parĂ©ment alors que les problĂšmes pratiques posĂ©s, les mesures mises en Ɠuvre, les instruments d’analyse et les doctrines de rĂ©fĂ©rence sont largement communes. 
Ce livre montre que l’intervention publique pour remĂ©dier Ă  l’inefficacitĂ© du marchĂ© reste une question ouverte et dĂ©battue. Sa supĂ©rioritĂ© comme forme d’action collective n’est Ă©tablie par aucune loi gĂ©nĂ©rale. Son choix doit ĂȘtre justifiĂ© au cas par cas.

Miellet Philippe
France : a historical perspective on GIS diffusion. In : GIS distrifusion : the adoption and use of GIS in local government in Europe.        
Londres, Taylor & Francis, 1996 – pp. 163-182

Pantazis Dimos, Donnay Jean-Paul
La conception de SIG : mĂ©thode et formalisme.         
Paris, Ed. HermĂšs, 1996 - 343 p.

La mĂ©thode MECOSIG propose un outil spĂ©cifique Ă  la conception des SIG informatisĂ©s. Cette mĂ©thode, dĂ©jĂ  appliquĂ©e dans plusieurs projets gĂ©omatiques nationaux et internationaux consiste en un ensemble de principes, dĂ©marches et outils thĂ©oriques, notamment de formalismes de modĂ©lisation, applicables Ă  l’analyse et Ă  la conception des SIG dans les organisations.

Pornon Henri
SystĂšmes d’information gĂ©ographique, pouvoir et organisations : gĂ©omatique et stratĂ©gies d’acteurs.        
Paris L’Harmattan, 1998 - 255 p.

L’auteur, aborde les conflits de pouvoir que suscite l’introduction des SIG dans les organisations, en Ă©tudiant une dizaine de projets au regard des concepts de la sociologie des organisations du management.

Siage – Ted Alitec
Utilisation de l’information gĂ©ographique dans les procĂ©dures de planification territoriale : analyse de l’utilisation de l’information gĂ©ographique, fiches par procĂ©dure.      
Paris, AFIGEO, CNIG, 1997 – 99 p.

Ce rapport analyse l’utilisation de l’information gĂ©ographique dans la mise en Ɠuvre des procĂ©dures de planification territoriale et dĂ©gage des propositions d’actions concourant Ă  favoriser et Ă  faciliter le recours Ă  cette information. Il se compose de deux parties : l’analyse fonctionnelle de l’utilisation de ‘linformation gĂ©ographique dans les procĂ©dures et des fiches de synthĂšse par procĂ©dure.

Tuffery Christophe
Les SIG dans les entreprises
Paris, Ă©d HermĂšs, 1997 – 128 p.

Au sommaire : l’apparition et le dĂ©veloppement des SIG dans les entreprises, lente apparition des SIG ; de la DAO/CAO aux SIG ; une mise en place conditionnĂ©e ; exigences et problĂšmes de mĂ©thodes) ; les acteurs des SIG dans le secteur (l’offre ; la demande ; le partenariat) ; les domaines d’utilisation des SIG dans les entreprises (les SIG comme outils d’étude ; conclusion, bibliographie ; index).

Urbatique
Etude du marchĂ© europĂ©en de l’information gĂ©ographique numĂ©rique
Paris, CNIG/AFIGEO, 1997 – 90 p.

Cette synthĂšse prĂ©sente un cadrage gĂ©nĂ©ral permettant d’évaluer la taille et le dynamisme du marchĂ© europĂ©en, une analyse approfondie de l’offre, de la demande et de la structure du marchĂ© ainsi qu’un recensement des freins et des obstacles au dĂ©veloppement du marchĂ©.

Vercken Gilles
Guide pratique du droit d’auteur pour les producteurs de multimĂ©dia
Luxembourg OPOCE, 1995 – 228 p.

Une approche europĂ©enne du droit d’auteur dans le domaine du multimĂ©dia.

Weber Christiane
Images satellitaires et milieu urbain
Paris, Ed Hermùs, 1995 – 185 p.

Une synthùse sur l’utilisation des images satellitaires en milieu urbain


REVUES et LETTRES D’INFORMATION


GeoEurope

IGN Magazine

Revue internationale de géomatique Editions HermÚs

SIG La lettre
www.sig-la-lettre.com

URB.AO
www.innovapresse.com/Urbao/Urbao.html

Signature du CERTU
www.certu.fr/sitcert/geomat/minidi01/pg_home.htm

XYZ
www.aftopo.org

GéomÚtre
www.geometre-expert.fr

Autoroutes de l’information et territoires

L’espace GĂ©ographique et Mappemonde
www.mgm.fr

Revue CYBERGEO (revue européenne de géographie) :
http://www.cybergeo.presse.fr/revgeo.htm


TEXTES


Circulaire du 20 mars 1998 relative Ă  l’activitĂ© Ă©ditoriale des administrations et Ă©tablissements publics de l’Etat
JO n° 69, 22 mars 1998 – pp 4301-4303

Loi n° 98-536 du 1er juillet 1998 portant transposition dans le code la propriété intellectuelle de la directive 96/9/CE du Parlement européen et du Conseil, du 11 mars 1996, concernant la protection juridique des bases de données
JO n° 151, 2 juillet 1998 – pp 10075-10077

Directive 96/9/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 1996, concernant la protection juridique des bases de données.

Livre vert : le droit d’auteur et les droits voisins dans la sociĂ©tĂ© de l’information
Bruxelles, Office des publications officielles des Communautés européennes , 1995

Circulaire du 14 février 1994 relative à la diffusion des données publiques
JO du 19 février 1994

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Hors ligne

 

#58 Mon 14 January 2008 17:01

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2002
Fiche n°52 : L’ADMINISTRATION DES DONNEES LOCALISEES

Introduction, exemple, enjeux

La fonction administration de donnĂ©es localisĂ©es n'est gĂ©nĂ©ralement ni connue  ni identifiĂ©e, pourtant elle est essentielle pour le dĂ©veloppement de l'information gĂ©ographique dans tout organisme : elle lui permet de gĂ©rer son patrimoine de donnĂ©es localisĂ©es. Les services ayant une expĂ©rience en gĂ©omatique l'ont  rencontrĂ©e. Un exemple va l'illustrer.
Une mairie souhaite croiser ses donnĂ©es du POS et du plan d’exposition aux risques avec les donnĂ©es de la DRE, de la DDAF et de la DIREN. une convention de partenariat est passĂ©e entre la mairie, la DDE, la DDAF et la DIREN dĂ©finissant les conditions techniques et juridiques dans lesquelles elles vont Ă©changer entre elles pĂ©rimĂštres de captage, ZNIEFF
  Aucun dĂ©tail ne semble avoir Ă©tĂ© nĂ©gligĂ© sur les aspects informatiques (format d’échange, structure des donnĂ©es, etc.) ou juridiques (droits et devoirs des parties par exemple). Pourtant, le responsable de l’étude Ă  la mairie Ă©prouve de grandes difficultĂ©s quand il s’agit de croiser les donnĂ©es.

Perplexe, il constate que zonage POS, pĂ©rimĂštres de captage et PPR ne se superposent pas correctement sur le fond Scan 25 de l’IGN, que des dĂ©calages existent entre des bois classĂ©s en ZNIEFF et les zones correspondantes des POS, que les limites de la commune sont diffĂ©rentes dans les diffĂ©rentes bases de donnĂ©es.

Il rĂ©unit les responsables des trois administrations, pour comprendre les causes de la mauvaise qualitĂ© des donnĂ©es qui lui ont Ă©tĂ© remises. Le reprĂ©sentant de chaque service prĂ©cise le mode d’obtention des donnĂ©es, leurs sources, leurs conditions de numĂ©risation, les rĂ©fĂ©rentiels utilisĂ©s, l’exhaustivitĂ©, la prĂ©cision des donnĂ©es. Il apparaĂźt alors que le POS a Ă©tĂ© numĂ©risĂ© Ă  partir des fonds  cadastraux et raccordĂ©s entre eux pour constituer une couche continue. Par le fait, il est inĂ©vitable que son zonage ne soit cohĂ©rent  ni avec le fonds IGN Scan 25, ni avec la couche des limites administratives de la BD Carto, ni avec l’orthophoto et qu’il en soit de mĂȘme des pĂ©rimĂštres de captage et des PER avec le Scan 25.
Le jugement sur la qualitĂ© intrinsĂšque des donnĂ©es est ainsi appelĂ© Ă  ĂȘtre reconsidĂ©rĂ©, pour faire place Ă  une apprĂ©ciation globale sur les conditions de leur emploi simultanĂ©. Le responsable de l’étude et les fournisseurs de donnĂ©es s’accordent pour reprendre les zonages sur une base de rĂ©fĂ©rence commune et s’entendent pour garantir la qualitĂ© des donnĂ©es qui seront Ă©changĂ©es.

Par ailleurs, les quatre organismes dĂ©cident de confier Ă  l’universitĂ© voisine la rĂ©alisation d’un catalogue des donnĂ©es gĂ©ographiques partagĂ© par toutes les administrations et collectivitĂ©s du dĂ©partement. La disponibilitĂ© et la connaissance de ces informations constituent un prĂ©alable Ă  la mise au point de conventions d’échanges et de partenariats, de façon Ă  ce que chacune des parties puisse, pour ce qui la concerne, apprĂ©cier l’intĂ©rĂȘt des donnĂ©es proposĂ©es et les conditions de leur emploi.

La description des territoires nécessaires à l'exercice des missions des collectivités locales et des services publics est, dans ses aspects géographique, démographique, socio-économique, fournie sous forme numérique qui, seule, permet de bénéficier des capacités d'analyse et de synthÚse qu'offrent les techniques de traitement de l'information.

Dans ce contexte, les donnĂ©es rassemblĂ©es composent un patrimoine auquel, compte-tenu de son coĂ»t de constitution et de maintenance, et de sa valeur d'usage et des changes, il faut attacher la plus grande attention. Ce patrimoine rĂ©unit rĂ©fĂ©rentiel, donnĂ©es d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et donnĂ©es mĂ©tier (voir infra la prĂ©sentation de ces diffĂ©rentes catĂ©gories). Ces diffĂ©rents groupes de donnĂ©es possĂšdent une valeur intrinsĂšque, mais leur association, Ă  la demande, apporte une valeur ajoutĂ©e qui faite la richesse du patrimoine.

Administrer les donnĂ©es dans un service, c'est ĂȘtre en situation de fournir sous une forme exploitable, Ă  tout organisme ou individu qui en exprime le besoin dans ces activitĂ©s, un sous-ensemble de ces donnĂ©es, qu'elles soient internes ou externes, dans une collective locales, pour un  dĂ©partement ministĂ©riel ou un groupement professionnel.
Cette fiche prĂ©sente les diffĂ©rents aspects de l'administration de donnĂ©es localisĂ©es : donnĂ©es Ă  administrer, tĂąches Ă  mettre en Ɠuvre, organisation, outils. Mais elle vise avant tout Ă  convaincre les responsables et dĂ©cideurs de l'importance de cette fonction : ne pas la mettre en Ɠuvre constituerait Ă  coup sĂ»r une erreur grave. L'administration de donnĂ©es localisĂ©es est indispensable Ă  la rĂ©ussite des dĂ©marches mobilisant l'information gĂ©ographique.

La problématique de l'administration de données localisées - Les tùches à effectuer

Le cƓur de l'administration de donnĂ©es localisĂ©es est, comme son nom l'indique, la donnĂ©e gĂ©ographique. Autour des diffĂ©rents types de donnĂ©es rencontrĂ©es, les diffĂ©rents acteurs intervenant bĂątissent leurs propres stratĂ©gies. La description de ce mĂ©canisme amĂšne Ă  identifier les diffĂ©rentes facettes et tĂąches que le responsable de la fonction d'administration de donnĂ©es localisĂ©es aura pour mission de rĂ©soudre.

Les données

Les rĂ©fĂ©rentiels constituent la base commune nĂ©cessaire Ă  la construction des donnĂ©es produites par les services. Ils couvrent diffĂ©rentes gammes d'Ă©chelle, moyenne (1/10000 - 1/25000), grandes (1/10000 - 1/2000) ou trĂšs grande (11/000 - 1/200). Un rĂ©fĂ©rentiel est un ensemble cohĂ©rent de donnĂ©es qui comprend une photographie du territoire, la description physique et topographique de ce territoire, les limites administratives et les localisants (adresse, P. R.). Cet ensemble est cohĂ©rent en termes de contenu, de date et de prĂ©cision. Son contenu est limitĂ© aux stricts besoins engendrĂ©s par la nĂ©cessitĂ© de partage entre les utilisateurs. Son accĂšs est financiĂšrement aisĂ© (voir fiches CNIG N° 54 – DĂ©cision interministĂ©rielle et 57 - RGE).

Les questions que se pose le responsable de la fonction administration de données sont les suivantes :
-    Ă  l ’intĂ©rieur de mon service, tous les utilisateurs emploient-ils le rĂ©fĂ©rentiel ? tous y ont-ils accĂšs ? prennent-ils des initiatives concurrentes ? pourquoi ?
-    les partenaires de mon service ont-ils acquis le rĂ©fĂ©rentiel ? sinon, pourquoi ? ont-ils (ou vont-ils) engager des actions concurrentes ? quelle position dois-je prendre ?
-    les donnĂ©es du rĂ©fĂ©rentiel reçues sont-elles conformes aux spĂ©cifications ? la qualitĂ© est-elle satisfaisante ?
-    mon service joue-t-il son rĂŽle dans la mise Ă  jour du rĂ©fĂ©rentiel ?

Les donnĂ©es d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral sont partagĂ©es par des groupes d'utilisateurs, elles sont utiles Ă  la comprĂ©hension des territoires sans ĂȘtre indispensables Ă  la production des donnĂ©es ; les donnĂ©s mĂ©tiers sont relatives Ă  l'exercice d'une profession.

L'utilisation de ces données pose les questions suivantes :
-    comment est organisĂ©e la diffusion et la mise Ă  disposition auprĂšs des utilisateurs spĂ©cialisĂ©s ?
-    quelle est la qualitĂ© de ces donnĂ©es : mĂ©thodes, dates, formats, 
? existe-t-il des cahiers des charges de numĂ©risation ? une rĂ©ception ?
-    les services sont-ils moteurs, passifs ou opposĂ©s pour produire les donnĂ©es de leurs mĂ©tiers ? et pour les mettre Ă  disposition ?
-    la production de ces donnĂ©es est-elle organisĂ©e ? programmĂ©e ? systĂ©matique ? et leur catalogage ?
-    y a-t-il des restrictions Ă  la diffusion ? pourquoi ? sont-elles justifiĂ©es ?
-    mon service est-il lĂ©gitime pour produire et mettre Ă  jour ces donnĂ©es ?

Les acteurs et leurs stratégies

Plusieurs types d'acteurs sont concernés par l'administration de données localisées, qui, en fonction de leur activité, ont des questionnements et des stratégies différentes :
-    les utilisateurs de donnĂ©es : ont-ils eu connaissance des donnĂ©es, de leur existence, de leur qualitĂ© ? Y ont-ils un accĂšs satisfaisant ? Juridique : accord d'Ă©change ? Technique : format, conditions techniques d'accĂšs ? Quels usages des donnĂ©es ont-ils ? Quelles sont les Ă©volutions souhaitĂ©es dans la description des donnĂ©es ?
-    les producteurs de donnĂ©es : des rĂšgles de production ont-elles Ă©tĂ© mis en place ? Les conditions de mise Ă  disposition, tant interne qu'externe ont-elles Ă©tĂ© dĂ©finie ? Les modalitĂ©s de mise Ă  jour Ă©galement ? Sont-ils disponibles pour la production des donnĂ©es et leur mise Ă  disposition ?
-    les organismes partenaires extĂ©rieurs : pour les producteurs de donnĂ©es, quelles sont les conditions pour la mise Ă  disposition des donnĂ©es (technique, juridique) ? Quelle est la qualitĂ© des donnĂ©es produites, quel rĂ©fĂ©rentiel ont-ils utilisĂ© ? Pour les utilisateurs de donnĂ©es : les modalitĂ©s de mise Ă  disposition sont-elles satisfaisantes ? Quels usages en sont-ils faits ? Quelles sont leurs observations sur les donnĂ©es ? Quels sont les partenariats Ă  dĂ©velopper ?
-    les producteurs institutionnels : il s'agit essentiellement de l'IGN, de la DGI et de l'INSEE. L'offre a-t-elle Ă©voluĂ© rĂ©cemment : nouveaux territoires, mise Ă  jour ? Quelles sont les stratĂ©gies nationales pour l'acquisition ? Les donnĂ©es des rĂ©fĂ©rentiels sont-elles satisfaisantes ? À adapter ?
-    le gestionnaire du systĂšme informatique : cette fonction support, trĂšs technique, est nĂ©anmoins indispensable Ă  la mise en Ɠuvre du dispositif administration de donnĂ©es localisĂ©es. Questions rencontrĂ©es : comment est assurĂ©e la sĂ©curitĂ© des diffĂ©rentes catĂ©gories de donnĂ©es ? (sauvegarde, restauration), quelle est la qualitĂ© de l'accĂšs : interne, externes ? La gestion du matĂ©riel, des rĂ©seaux et des logiciels est-elle satisfaisante ou Ă  adapter ?
-    le comitĂ© de pilotage est une instance indispensable Ă  la mise en Ɠuvre de tout projet d'administration de donnĂ©es localisĂ©es. Il est responsable de l'approche prĂ©alable, de la dĂ©finition des tĂąches prioritaires et de leur mise en place progressive, des donnĂ©es Ă  intĂ©grer dans le catalogue, de la dĂ©finition de la politique des Ă©changes avec l'extĂ©rieur, et de l'analyse du fonctionnement interne (transversalitĂ©, donnĂ©es produites et utilisĂ©es, qualitĂ©).

Les tĂąches de l’administration de donnĂ©es localisĂ©es

Cette analyse des donnĂ©es, des acteurs et des questions rencontrĂ©es permet de mettre en Ă©vidence 8 tĂąches pour la fonction administration de donnĂ©es localisĂ©es. Pour chacune d’elles, la recherche de la satisfaction des demandes et besoins rĂ©pertoriĂ©s constitue l’objectif primordial. Partant de ce principe, les tĂąches sont identifiĂ©es en se rĂ©fĂ©rant au cycle de vie des donnĂ©es.
-    la production des donnĂ©es, qu’elle soit interne ou externe, est motivĂ©e par une demande claire pour un usage prĂ©cis. Elle requiert au prĂ©alable la dĂ©finition des rĂšgles de production des donnĂ©es et la connaissance des rĂ©fĂ©rentiels qui leur sont associĂ©s,
-    dĂšs lors qu’elles ont Ă©tĂ© Ă©tablies, il convient naturellement de s’assurer de leur respect Ă  la livraison : la rĂ©ception des donnĂ©es est l’étape incontournable garantissant Ă  l’utilisateur la conformitĂ© de la production Ă  son attente,
-    l’obtention d’une production de qualitĂ© ne justifie pas Ă  elle seule sa mise au patrimoine. Elle doit ĂȘtre complĂ©tĂ©e par l’analyse des besoins et des usages dĂ©terminant le niveau d’intĂ©rĂȘt collectif de la donnĂ©e : c’est la tĂąche de sĂ©lection des donnĂ©es nouvelles Ă  intĂ©grer au patrimoine,
-    les utilisateurs potentiels du patrimoine doivent ĂȘtre informĂ©s de son contenu et de ses possibilitĂ©s d’usage. La description des lots de donnĂ©es constituant ce patrimoine, dans un catalogue organisĂ© et structurĂ© doit lui fournir rapidement la rĂ©ponse Ă  ses interrogations quant aux donnĂ©es disponibles sur les territoires et les domaines, objets de ses Ă©tudes. Les tĂąches deux tĂąches de d’alimentation du catalogue d’une part, et de mise Ă  disposition du catalogue d’autre part sont dĂ©volues Ă  cet effet,
-    dans le mĂȘme temps, pour que l’utilisateur puisse accĂ©der rapidement et commodĂ©ment aux lots de donnĂ©es de son choix, le patrimoine doit prendre une rĂ©alitĂ© physique rĂ©sultant de traitements informatiques. C’est le stockage des donnĂ©es, l’alimentation du patrimoine,
-    les donnĂ©es Ă©tant connues et physiquement disponibles, il convient d’en faciliter la mise Ă  disposition avec des outils et procĂ©dures prenant en charge cette tĂąche, allant de la prise de commande Ă  la livraison des donnĂ©es souhaitĂ©es. Des services complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre proposĂ©s Ă  l’utilisateur pour lui faciliter l’intĂ©gration des lots de donnĂ©es dans ses Ă©tudes ou ses applications. La boucle est ainsi bouclĂ©e : l’utilisateur disposant de donnĂ©es qu’il a puisĂ©es dans le patrimoine est Ă  mĂȘme de rĂ©aliser des traitements conduisant Ă©ventuellement Ă  solliciter et Ă  crĂ©er de nouvelles donnĂ©es pouvant justifier leur intĂ©gration dans le patrimoine et le placer de ce fait en situation de producteur,
-    enfin, ce dispositif ne peut rendre les services attendus qu’appuyĂ© par un ensemble d’actions : assistance aux utilisateurs, concertation entre acteurs, nĂ©gociation avec les producteurs, information des partenaires, compte rendu Ă  la direction. Ce sont les composantes de la tĂąche d’animation du dispositif.

Comment mettre en place à la fonction administration de données localisées

La mise en Ɠuvre de la fonction administration de donnĂ©es localisĂ©es s'apparente Ă  une dĂ©marche de projet classique : comitĂ© de pilotage impliquant le niveau dĂ©cideur, chef de projets, ... Sa mise en place est favorisĂ©e si diffĂ©rents services, producteurs de donnĂ©es dans leurs missions, sont capables de l’alimenter d’une part, et susceptibles d’en attendre des bĂ©nĂ©fices d’autre part. La participation active aux dĂ©marches de partenariat local  ne peut qu’enrichir les pratiques et le patrimoine des donnĂ©es. Elle doit constituer un axe stratĂ©gique fort tant de la professionnalisation des mĂ©tiers que de la diffusion des donnĂ©es publiques.
Sa mise en Ɠuvre suppose une phase de rĂ©flexion prĂ©alable rĂ©unissant dans un comitĂ© de pilotage producteurs et utilisateurs de donnĂ©es, gestionnaires du systĂšme informatique. Sous l’autoritĂ© du directeur, ce comitĂ© animĂ© par un chef de projet, Ă©ventuellement assistĂ© par un expert-consultant, doit s’attacher Ă  analyser la situation existante dans le service - rĂ©fĂ©rentiels disponibles, flux et usages des productions, diffusion des donnĂ©es, acteurs concernĂ©s - et proposer les dĂ©cisions Ă  prendre pour rĂ©pondre aux attentes et permettre une montĂ©e en charge progressive du dispositif.
La fonction doit ĂȘtre localisĂ©e avec soin dans l’organigramme ; sa vocation stratĂ©gique et transversale doit y ĂȘtre affirmĂ©e et les conditions de son fonctionnement pĂ©renne garanties. Aussi, le comitĂ© directeur est-il appelĂ© au-delĂ  de la mise en place, Ă  en effectuer le suivi par des Ă©valuations pĂ©riodiques, portant sur les rĂ©fĂ©rentiels, la production, l’usage, les demandes et la diffusion des donnĂ©es, l’évolution du patrimoine et du catalogue.
Cette fonction recouvre en elle-mĂȘme plusieurs mĂ©tiers : animation, gestion informatique, gestion du catalogue, organisation des Ă©changes de donnĂ©es, .. Elle ne correspond donc pas directement Ă  un emploi spĂ©cifique, mais doit se traduire par une identification trĂšs claire du chef de projet et la description prĂ©cise des diffĂ©rentes tĂąches Ă  accomplir. Le responsable de la fonction administration de donnĂ©es localisĂ©es doit :
-    ĂȘtre Ă  l’écoute des besoins des services,
-    veiller Ă  la satisfaction des utilisateurs en les conseillant sur les donnĂ©es Ă  exploiter, voire en leur apportant une assistance ponctuelle,
-    faire preuve de rigueur et de pragmatisme pour proposer de porter au patrimoine de donnĂ©es les seuls Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  la collectivitĂ©,
-    tenir informĂ©s le comitĂ© de direction et les producteurs sur les commandes des uns, sur les produits rĂ©alisĂ©s par les autres et sur les nouveautĂ©s Ă  inclure au patrimoine,
-    bĂ©nĂ©ficier de l’assistance de la cellule informatique,
-    avoir le sens des relations pour rĂ©unir les compĂ©tences, fĂ©dĂ©rer les points de vue des acteurs du processus et communiquer sur les apports effectifs et potentiels du dispositif.

Conclusion

La mise en place de la fonction administration de donnĂ©es dans un organisme correspond Ă  une nĂ©cessitĂ© dans le cadre du dĂ©veloppement de ses activitĂ©s information gĂ©ographique. Elle constitue une dĂ©marche obligatoire pour que les investissements engagĂ©s soient pĂ©rennisĂ©s. Au-delĂ , deux enjeux sont rattachĂ©s Ă  cette fonction, d’une part de modernisation des services, d’autre part l’engagement de partenariats et coopĂ©rations entre collectivitĂ©s locales et services de l’Etat.

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#59 Mon 14 January 2008 17:01

CNIG
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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2002
Fiche n°53 : Normalisation
Actualisation de la Fiche 9 – thùme sensibilisation

Normalisation

De la production initiale d’une donnĂ©e de base Ă  son utilisation finale pour l’aide Ă  la dĂ©cision, le marchĂ© de l’information gĂ©ographique concerne un trĂšs grand nombre d’acteurs qui valorisent et enrichissent cette information.
Mais pour que l’information circule, il faut qu’elle soit comprise et qu’elle reste utilisable Ă  chacune des Ă©tapes de sa propagation. Le nombre d’acteurs intervenant dans ce flux - des producteurs de donnĂ©es, des collectivitĂ©s locales, des administrations de l’Etat, des gestionnaires de rĂ©seaux, des sociĂ©tĂ©s de service, des utilisateurs privĂ©s - est sans cesse en expansion. DĂšs lors, au-delĂ  de la rationalisation technique qu’offre dĂ©jĂ  les standards des Ă©diteurs les plus Ă©tablis, la normalisation est un enjeu essentiel de la valorisation de l’information parce qu’elle permet ces flux, ces rĂ©emplois et cet enrichissement.
La prĂ©sente fiche se propose d’éclairer les caractĂ©ristiques des normes en cours de prĂ©paration et de souligner les orientations perceptibles.

Généralités

Objet de la normalisation

L’objet de la normalisation est de permettre les Ă©changes de donnĂ©es en altĂ©rant le moins possible leur signification et leurs caractĂ©ristiques. Pour ĂȘtre utilisable, une donnĂ©e gĂ©ographique, qui dĂ©crit une portion de territoire, doit comporter quatre Ă©lĂ©ments distincts:
- des coordonnées qui permettent de situer les informations dans un systÚme de référence connu,
- une nomenclature qui Ă©numĂšre les diffĂ©rents objets auxquels on s’intĂ©resse,
- la " structuration " de ces objets, c’est-à-dire la description des liens qui peuvent exister entre certains d’entre eux, comme, par exemple, l’appartenance d’un bñtiment à une parcelle
- les caractéristiques de qualité de ces données.

Or, les formats informatiques de donnĂ©es des logiciels ne permettent pas de transmettre ces informations de façon satisfaisante, mĂȘme si certains d’entre eux, trĂšs diffusĂ©s, peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des standards. A cela trois raisons :
ils dĂ©pendent de logiciels particuliers et n’offrent pas de garantie de durĂ©e et de rigueur,
aucun ne gĂšre complĂštement les quatre caractĂ©ristiques de l’information gĂ©ographique prĂ©sentĂ©es prĂ©cĂ©demment,
ils ne s’appuient pas sur un vocabulaire commun.

Les différentes approches

L’information gĂ©ographique est, pour une large part, issue de l’administration ou des services publics. Les stratĂ©gies nationales de normalisation sont donc fortement influencĂ©es par des aspects non techniques liĂ©s Ă  l’organisation des pouvoirs publics.
Ainsi, suivant que l’on se trouve dans un pays oĂč le cadastre a une vocation fiscale ou juridique, les flux d’informations gĂ©ographiques gĂ©nĂ©rĂ©s sont trĂšs diffĂ©rents. Dans un systĂšme de cadastre juridique, chaque transaction d’achat ou de vente exige une validation des limites de l’objet de la transaction, ce qui conduit Ă  une structure d’échange de " message ", assez courte mais frĂ©quente, de type EDIFACT. Dans un systĂšme uniquement fiscal comme en France, ces Ă©changes d’informations gĂ©ographiques avec les utilisateurs n’ont lieu, au mieux, qu’une fois par an, lors de la mise Ă  jour des donnĂ©es alphanumĂ©riques associĂ©es au plan cadastral. Il en rĂ©sulte un concept d’échange par lots, auquel correspond en France la norme EDIGĂ©O.

Par ailleurs, suivant que la responsabilitĂ© de la production d’information gĂ©ographique est plus ou moins centralisĂ©e, le besoin de formaliser la description prĂ©cise et stabilisĂ©e des produits cartographiques se fait plus ou moins pressant...
Enfin, l’échelle retenue pour la cartographie de base influe sur la complexitĂ© des fichiers Ă  constituer. Plus l’échelle est grande et plus la reprĂ©sentation cartographie seule suffit Ă  transmettre la totalitĂ© de l’information : une maison, un bĂątiment, une voie, se reconnaissent Ă  leurs formes et Ă  leurs positions relatives. Mais Ă  des Ă©chelles plus petites, les reprĂ©sentations cartographiques constituent des vues trĂšs gĂ©nĂ©ralisĂ©es et spĂ©cialisĂ©es d’entitĂ©s gĂ©nĂ©ralement complexes : une zone urbanisĂ©e, un espace naturel, ... Une reprĂ©sentation cartographique particuliĂšre ne suffit plus Ă  transmettre l’essentiel de l’information, il faut y adjoindre des indications relatives aux objets gĂ©ographiques eux-mĂȘmes, indĂ©pendamment de leur reprĂ©sentation.

Les normes

Étant par nature composites, les systĂšmes d’information gĂ©ographiques mettent en Ɠuvre des techniques et des compĂ©tences diversifiĂ©es (voir la fiche n° 48 GĂ©omaticien un nouveau mĂ©tier). DiffĂ©rents travaux de normalisation concernent de ce fait le choix et le dĂ©veloppement d’un SIG : EDIGĂ©O et la norme sur les mĂ©tadonnĂ©es encadreront la constitution des bases de donnĂ©es, la construction du systĂšme d’information bĂ©nĂ©ficiera quant Ă  elle des travaux effectuĂ©s pour la norme ISO-SPICE. Enfin, la sĂ©rie des normes ISO 9000 a pour objectif d’amĂ©liorer la qualitĂ© du service ou de la production.
Cette liste n’est pas limitative. D’autres normes s’appliquent au dĂ©veloppement des systĂšmes d’information et de la cartographie : spĂ©cifications garantissant l’ouverture des systĂšmes d’information, reprĂ©sentations cartographiques, etc. Leur intĂ©gration dans la pratique quotidienne les font oublier.
Des normes internationales sont Ă©galement disponibles et peuvent concerner les maĂźtres d’ouvrage intervenant dans un contexte plus large.

La norme NF Z 52-000 ou norme EDIGéO

Caractéristiques

La norme EDIGĂ©O est destinĂ©e Ă  l’échange d’informations gĂ©ographiques numĂ©riques sur support informatique entre des systĂšmes d’information gĂ©ographique.
Ses objectifs sont :
d’optimiser l’efficacitĂ© et le volume des Ă©changes de donnĂ©es gĂ©ographiques numĂ©riques,
de réduire au strict minimum le coût financier de ces échanges,
d’ĂȘtre indĂ©pendant des systĂšmes d’information gĂ©ographique.

Statut actuel

EDIGĂ©O est aujourd’hui une norme NF. PubliĂ©e Ă  titre expĂ©rimental en aoĂ»t 1992, la norme a Ă©tĂ© homologuĂ©e et a pris effet en juillet 1999.
La norme est complétée par une nomenclature générale des objets géographiques que publie le CNIG.
La norme EDIGĂ©O est moins un « format » de donnĂ©es tel qu’on l’entend en informatique, qu’un ensemble de spĂ©cifications permettant de conserver la richesse d’un lot de donnĂ©es au cours d’un Ă©change. De ce fait, un lot de donnĂ©s EDIGĂ©O peut ĂȘtre Ă©changĂ© dans d’autres formats informatique que le format « texte ».

Etat d’intĂ©gration

- dans l’offre de donnĂ©es :
Les producteurs de donnĂ©es nationales intĂšgrent la norme EDIGĂ©O. Le Service du Cadastre l'a adoptĂ©e pour la mise en Ɠuvre du plan cadastral informatisĂ©. L’IGN propose Ă©galement ses bases de donnĂ©es numĂ©riques dans ce format.
- dans l’offre logicielle :
La plupart des Ă©diteurs de progiciels proposent des modules de conversion et d’acquisition ou d’exportation des lots de donnĂ©es au format EDIGĂ©O.

Certification

Le CNIG a mis en place un dispositif de certification composĂ© d’un comitĂ© technique et d’un laboratoire de tests pour :
vĂ©rifier la conformitĂ© physique et la conformitĂ© logique de fichiers d’échanges, c’est-Ă -dire le respect des rĂšgles de la norme,
attribuer un certificat de conformité.

Le comité technique n° 287 du Comité européen de normalisation

La diversité européenne

Pour les raisons indiquées précédemment, les points de vue nationaux des pays rassemblés au sein du " comité technique n° 287 " du Comité européen de normalisation sont trÚs variés. Cela a conduit à définir des normes européennes plus " ouvertes ", permettant notamment de traiter tant des échanges de type " message " que des échanges par lots.
Si les normes diffĂšrent d’EDIGĂ©O, c’est essentiellement par le langage adoptĂ© pour le codage, transcription qui pourra ĂȘtre largement automatisĂ©e. Par contre, leur structure est trĂšs proche de celle d’EDIGĂ©O que l’on pourra assimiler Ă  un sous-ensemble de ces normes.

Les différentes normes produites

Les normes europĂ©ennes sont constituĂ©es d’un ensemble de huit normes :
    -ModĂšle de rĂ©fĂ©rence : description du domaine de l’information gĂ©ographique ; identification des composantes Ă  normaliser,
    -Description des donnĂ©es-SchĂ©ma spatial : gĂ©omĂ©trie des objets, relations spatiales entre les objets, liaisons avec les donnĂ©es non gĂ©omĂ©triques,
    -Localisation - Position : dĂ©finition des concepts fondamentaux, systĂšme gĂ©odĂ©sique de rĂ©fĂ©rence et de leur mode de description (mais ne propose pas le choix d’un systĂšme particulier),
    -Localisation - Identificateurs gĂ©ographiques : description des mĂ©thodes de documentation des identifiants gĂ©ographiques - c’est-Ă -dire permettant de localiser des objets de position inconnue par rattachement Ă  d’autres objets gĂ©ographiques de position connue.
    -QualitĂ© : modĂšle associant les principaux critĂšres de qualitĂ© dĂ©jĂ  dĂ©finis dans EDIGĂ©O : prĂ©cision gĂ©omĂ©trique, prĂ©cision sĂ©mantique, exhaustivitĂ©, ...
    -MĂ©tadonnĂ©es : liste ordonnĂ©e de " mĂ©tadonnĂ©es " c’est-Ă -dire de " donnĂ©es sur les donnĂ©es ", Ă  destination tant des producteurs que des utilisateurs, comprenant la classification des donnĂ©es, leur couverture gĂ©ographique, des informations sur la qualitĂ©, la structure gĂ©omĂ©trique, et l’accĂšs aux donnĂ©es.
    -Transfert : dĂ©finition du schĂ©ma de transfert des donnĂ©es et des mĂ©tadonnĂ©es, pour le transfert de fichiers, la messagerie ou le dialogue.
    -RequĂȘte et mise Ă  jour : interface spĂ©cialisĂ©e entre deux systĂšmes d’information permettant Ă  l’un de requĂ©rir des donnĂ©es de l’autre.

Avancement et perspectives

Ces projets de normes ont été adoptés en 1998.
En Décembre 1998, le CEN/TC 287 a constaté qu'il avait mené à bien son programme de travail initial et a décidé de suspendre ses travaux.

Pour se préparer aux normes européennes, il conviendra de :
mettre en place des formations ad hoc, y compris au langage adopté pour la norme, EXPRESS,
dĂ©velopper des " profils spĂ©cifiques " permettant l’emploi effectif de ces normes Ă  caractĂšre gĂ©nĂ©rique. En particulier, il faudra vraisemblablement dĂ©finir un profil " cadastre ", un profil " collectivitĂ© locale ", un profil " environnement ", ... d'ores et dĂ©jĂ  deux profils nationaux ont Ă©tĂ© dĂ©finis pour les normes "mĂ©tadonnĂ©es" et "qualitĂ©".
promouvoir la norme " métadonnées " et son profil national et inciter les principaux producteurs, établissements spécialisés et administrations, à documenter leurs données en respectant cette norme.

Le comité technique ISO 211

Une dĂ©marche de normalisation en information gĂ©ographique s’est Ă©galement engagĂ©e au niveau mondial au sein de l’ISO. Le programme de travail du comitĂ© technique 211 de l’ISO est beaucoup plus ambitieux que celuidu TC287 du CEN. Si il comprend comme celui-ci les aspects normatifs liĂ©s aux donnĂ©es, son programme prĂ©voit Ă©galement des normes liĂ©es aux systĂšmes d’information gĂ©ographique et aux services. Si, pour les parties communes aux deux comitĂ©s techniques, les normes europĂ©ennes ont Ă©tĂ© utilisĂ©es comme l’une des bases des travaux de l’ISO, la prise en compte pour les autres thĂšmes des besoins ou des spĂ©cificitĂ©s propres Ă  l’Europe dĂ©pend fortement de l’implication des acteurs europĂ©ens concernĂ©s.

Le consortium OGC

En parallĂšle Ă  ces travaux des instances officielles, les principaux acteurs du marchĂ© se sont regroupĂ©s au sein du consortium OpenGis afin d’arriver Ă  un consensus sur des normes communes d’interopĂ©rabilitĂ©.
La prĂ©sence des leaders mondiaux en SIG et en informatique gĂ©nĂ©rale au sein de ce consortium implique que, si l’objectif de consensus est effectivement atteint, les normes produites par OGC deviendront de facto les standards du marchĂ©.
OGC a conclu en 1999 un accord de coopĂ©ration avec l’ISO facilitant la reconnaissance officielle de ses travaux.

La norme expérimentale sur les métadonnées

Les métadonnées sont constituées par les caractéristiques techniques qui décrivent les données géographiques. Afin de faciliter la constitution des dossiers décrivant les données, une norme expérimentale a été proposée au niveau européen : la norme européenne XP ENV 12567.
La norme propose une sĂ©rie de descripteurs comme : l’Identification du lot (Titre du lot, Version), l’Aperçu du lot (RĂ©sumĂ©, Producteur, Type de schĂ©ma spatial, etc.), la QualitĂ© du lot (GĂ©nĂ©alogie : Fournisseur Date de production, Source, Date de validitĂ© : durĂ©e de vie), QualitĂ©, (PrĂ©cision, ExhaustivitĂ©), etc.
La rĂ©flexion sur la meilleure façon de dĂ©crire les donnĂ©es a donc Ă©tĂ© effectuĂ©e et les maĂźtres d’ouvrage en tireront parti. Il pourront s’appuyer sur les travaux du CETUR qui met Ă  la disposition des utilisateurs, une application leur permettant de constituer leurs mĂ©tadonnĂ©es en base de donnĂ©es.

La série des normes ISO 9000

Les normes de la série ISO 9000 rassemblent de nombreux textes normatifs et pédagogiques publiées à partir de 1994. Une modernisation de ce référentiel a été produite en 2000.
Cette normalisation a pour but de promouvoir la qualitĂ© dans la production des biens et service en recherchant notamment la satisfaction de l’utilisateur final (client), la clarification des responsabilitĂ©s dans le fonctionnement des processus de production des biens ou services, et une gestion explicite de la recherche de la qualitĂ©.
Les normes ISO 9000 cherchent en premier lieu Ă  dĂ©crire l’organisation du travail en termes de processus de production, avec l’intention de les conforter, d’en garantir l’efficacitĂ© et la stabilitĂ©.
De ce fait, le maĂźtre d’ouvrage du SIG tirera bĂ©nĂ©fice d’un recensement des processus de production qui composent on activitĂ©.
La norme ISO/SPICE dĂ©crite ci-dessous est une application aux processus de production des systĂšme d’information de la sĂ©rie ISO 9000-2000

La norme XPISO/CEI TR 15504 ou norme ISO/SPICE

L’efficacitĂ© d’un systĂšme d’information repose pour une part sur la qualitĂ© de ses processus de gestion. Le rĂ©fĂ©rentiel ISO/SPICE dĂ©crit les composants majeurs du management de ces processus.
Il offre un cadre conceptuel Ă  l’organisation d’un systĂšme d’information en distinguant, par exemple, trois catĂ©gorie de processus
    -les processus organisationnels : pilotage (management), infrastructure, amĂ©lioration des processus, formation,
    -les processus de base : acquisition, fourniture, dĂ©veloppement, exploitation, maintenance,
    -et les processus de support : documentation, gestion de configuration, assurance de la qualitĂ©, vĂ©rification, etc.
Tous les processus rĂ©fĂ©rencĂ©s ne concernent pas les maĂźtres d’ouvrages d’un SIG Ă  un niveau Ă©gal, car certains, comme le processus « dĂ©veloppement » ne concernent, en principe, que les Ă©diteurs de progiciels.
Mais dans l’ensemble, la norme apportera un guide utile au maütre d’ouvrage.

Pour en savoir plus :

    -Normalisation :

AFNOR
TOUR DE L’EUROPE
92049 PARIS LA DEFENSE CEDEX
Téléphone : 01.42.91.55.34

    -Nomenclature et certification :

CNIG
Téléphone : 01.43.98.83.12

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#60 Mon 14 January 2008 17:01

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Re: CNIG : fiches d'aide Ă  la maitrise d'ouvrage

Série 2002
Fiche n° 54 : Décision interministérielle du 19.02.01

Décision interministérielle, approuvée par le Premier ministre, diffusée le 19 février 2001

Le dĂ©putĂ© Guy Lengagne, dans le cadre de l'investigation que lui avait confiĂ©e le Premier ministre pour actualiser les missions de l'IGN, a proposĂ© un ensemble de mesures nouvelles. Son rapport, intitulĂ© « Les perspectives d’évolution de l’information gĂ©ographique et les consĂ©quences pour l’IGN » a Ă©tĂ© remis au Premier ministre en septembre 1999 (cf fiche 33). Le ministĂšre de l'Ă©quipement, des transports et du logement a Ă©tĂ© chargĂ© d'instruire ses propositions. A cette fin, cinq groupes de travail ont Ă©tĂ© créés afin de dĂ©terminer les modalitĂ©s pratiques de mise en oeuvre des propositions Lengagne. Le projet rĂ©sultant des travaux menĂ©s a ensuite fait l'objet de consultations interministĂ©rielles et a abouti Ă  la dĂ©cision interministĂ©rielle, faisant l'objet de la prĂ©sente fiche, approuvĂ©e par le Premier ministre et diffusĂ©e le 19 fĂ©vrier 2001.

Le contenu de cette décision constitue le document cadre orientant la géomatique publique en France pour les prochaines années (contenu sur www.cnig.gouv.fr).

Cette décision comprend neufs points, tous importants, mais qui, ici, sont présentés en trois groupes :

- la constitution du référentiel aux grandes échelles (RGE),
- les recommandations concourant ou complémentaires à la réalisation du RGE,
- les recommandations concourant au développement du secteur de l'information géographique.

La constitution du RGE

La dĂ©cision de rĂ©aliser un rĂ©fĂ©rentiel aux grandes Ă©chelles devant couvrir toute la France d’ici 2007 est la principale mesure prise par la dĂ©cision interministĂ©rielle du 19 fĂ©vrier. Le RGE doit contenir des objets gĂ©ographiques cohĂ©rents entre eux, et notamment :

- une composante orthophotographique couleurs,
- une composante topographique,
- une composante parcellaire,
- une composante « adresse » destinée à la localisation des informations connues par leur adresse postale.

Le contenu de ce rĂ©fĂ©rentiel doit ĂȘtre simple, son accĂšs doit ĂȘtre aisĂ© tant techniquement que financiĂšrement et quel qu'en soit l'usage. Il couvrira le territoire national d'ici la fin des contrats  Etat-RĂ©gion du XIIe plan.

Ce référentiel aura une précision de 1 m environ, et de quelques dm dans les zones urbaines denses.

Le RGE sera rĂ©alisĂ© par intĂ©gration de donnĂ©es pouvant ne pas toutes ĂȘtre produites par l’IGN, comme par exemple les donnĂ©es cadastrales qui continueront Ă  ĂȘtre produites par la DGI (service du cadastre). Une mission d’intĂ©gration, nouvelle, est confiĂ©e Ă  l’IGN. Elle est explicitĂ©e au paragraphe suivant.

La mise Ă  jour de ce rĂ©fĂ©rentiel sera effectuĂ©e sur un rythme annuel. Pour les informations qu'il produit, l'IGN devra mettre en place un systĂšme de recueil et de gestion de façon Ă  ce qu’un objet ne donne lieu qu'Ă  une opĂ©ration de collecte unique, quel que soit le produit dans lequel cet objet apparaĂźt.

Mesures complémentaires à la réalisation du RGE

Elles sont au nombre de quatre, et décrivent successivement :

- l'actualisation des missions de l'IGN,
- la nécessaire coopération entre IGN et la DGI,
- le contrat d'objectifs pluriannuel de l'IGN,
- le rĂŽle du CNIG.

Missions de l'IGN

Les missions actuelles sont confirmées : établissement, tenue à jour, édition et diffusion de données géographiques, de cartes topographiques de base et de cartes dérivées, exécution des travaux pour le ministÚre de la défense.

De plus, afin de permettre la mise en oeuvre du RGE, une nouvelle mission d’intĂ©grateur est confiĂ©e Ă  l'IGN pour les donnĂ©es gĂ©ographiques de rĂ©fĂ©rence, et quel qu'en soit le producteur. Il apparaĂźt en effet que plusieurs composantes du RGE, par exemple les adresses ou le parcellaire et le bĂąti, ne seront pas produites par IGN, tout en constituant des composantes essentielles du RGE.

Au delĂ  du RGE, et afin de faciliter le dĂ©veloppement de secteur privĂ© de l'information gĂ©ographique, il est prĂ©vu que l'IGN donne aux Ă©diteurs ou producteurs d'application la libertĂ© d'accĂšs aux bases de donnĂ©es numĂ©riques des rĂ©fĂ©rentiel aux diffĂ©rents Ă©chelles, aux mĂȘmes conditions financiĂšres que celles qu'il s'applique en interne. Cette condition s’étend aux productions cartographiques des entreprises privĂ©es, qui devront toutefois ĂȘtre dĂ©marquĂ©es de celles de l'IGN.

Coopération IGN - DGI

La direction gĂ©nĂ©rale des impĂŽts en charge du cadastre contribuera Ă  l'Ă©laboration et Ă  la mise Ă  jour du RGE par la fourniture de donnĂ©es contenues dans le plan cadastral : parcellaire et bĂąti. A cette fin, la DGI et l'IGN entreprendront une collaboration qui n'affectera en rien les missions actuelles de la DGI ( cadastre) et n’en transfĂ©rera aucune partie Ă  l'IGN.

La convention cadre conclue entre l'IGN et la DGI (elle a Ă©tĂ© signĂ©e fin fĂ©vrier 2001), dĂ©finit les modalitĂ©s techniques, juridiques et financiĂšres de la fourniture Ă  l’IGN par la DGI des donnĂ©es cadastrales numĂ©risĂ©es.

L’intĂ©gration de ces donnĂ©es dans la composante parcellaire du RGE sera effectuĂ©e par l’IGN, qui rĂ©alisera d’abord une phase mĂ©thodologique (2001), puis lancera une production pilote sur la RĂ©gion de l’Ile de France d'ici la fin 2002. Le territoire national devra ĂȘtre couvert avant 2007.

L'IGN réalisera la meilleure continuité possible de données transmises par la DGI (cadastre) et assurera la cohérence de ces données avec les autres composantes du RGE.

La DGI (cadastre) transmettra Ă©galement Ă  l’IGN les informations de mise Ă  jour pour le parcellaire et le bĂąti, qui les intĂ©grera dans le RGE.

Contrat d'objectif pluriannuel de l'IGN

La prĂ©paration du prochain contrat d'objectifs de l'IGN devra s'assurer de la prioritĂ© donnĂ©e Ă  la rĂ©alisation du RGE. Également, IGN devra veiller au dĂ©veloppement rapide des sociĂ©tĂ©s du secteur gĂ©ographique. Un suivi comptable sera mis en place Ă  cet effet.

RĂŽle du CNIG

Le CNIG devra associer les utilisateurs et producteurs de donnĂ©es tant publics que privĂ©s pour contribuer Ă  une expression cohĂ©rente des besoins en matiĂšre information gĂ©ographique. La dĂ©cision interministĂ©rielle lui demande Ă©galement de participer au suivi de la mise en oeuvre du RGE. Cette expression des besoins ne se limite pas aux spĂ©cifications de contenu mais englobe les aspects lĂ©gaux, Ă©conomiques et conditions d’usage du RGE.

De plus, le CNIG précisera les besoins des utilisateurs sur deux domaines particuliers, le référentiel grandes échelles dans les zones urbaines denses et la composante « adresse » du RGE.

Mesures complémentaires

Elles sont au nombre de quatre et concernent la recherche et la formation, la politique européenne, l'information géographique comme outil de modernisation des services de l'état, et le conseil d'administration de l'IGN.

Recherche et formation

Trois axes de progrÚs sont identifiés :

- constitution d'un réseau de recherche et d'innovation technologique, à créer en concertation avec le ministÚre de la recherche. Il devra susciter l'innovation dans le secteur économique de l'information géographique,

- examen de la faisabilité et des modalités pratiques de création d'un pÎle national de formation de haut niveau, sous l'égide de l'école nationale des sciences géographique, en collaboration avec les autres établissements d'enseignement public spécialisés du secteur (ESGT, ENSAIS, ESTP, école nationale du cadastre, CNFPT),

- poursuite avec le ministÚre de l'éducation nationale des actions et expérimentations milieu scolaire et universitaire. Une convention entre les deux parties organisera notamment l'accÚs aux bases de données et aux cartes de l'IGN à des fins pédagogiques.

Politique européenne

Le point principal est l’expression du soutien aux programmes europĂ©ens visant Ă  rendre interopĂ©rables les donnĂ©es publiques de rĂ©fĂ©rence, en particulier les applications liĂ©es au projet GalilĂ©o et celles concourant au dĂ©veloppement d'une composante gĂ©ographique de la dĂ©fense europĂ©enne. Par extension, il faudra sans doute inclure GMES et d’autres projets de la Commission comme contexte Ă  prendre en compte.

L'information géographique, outil de modernisation de l'état

Il est demandé aux principaux ministÚres utilisateurs de préparer un schéma directeur permettant de développer l'accÚs, le partage et l'usage de l'information géographique. Le ministre de la fonction publique et de la réforme de l'état rendra compte au Premier ministre de l'avancement de ces démarches. A ce jour, seulement trois ministÚres ont semble-t-il initialisé une telle démarche (METL, MAP, MATE).

Conseil d'administration de l'IGN

La principale modification proposĂ©e est la composition du conseil. Il est chargĂ© de l’élaboration et du suivi de la politique de l’Institut et devra dorĂ©navant comprendre des reprĂ©sentants des collectivitĂ©s locales afin de mieux prendre en compte, dans sa politique, les enjeux locaux en matiĂšre information gĂ©ographique.

Impact

Cette dĂ©cision interministĂ©rielle, si elle est prise en compte par les professionnels de l’information gĂ©ographique, demande Ă  ĂȘtre largement diffusĂ©e au sein des ministĂšres utilisateurs. Il est par exemple essentiel que dans le cadre de l’application de la loi SRU, Ă©laboration de SCOT, de PLU et de CC, ou dans le cadre de la PAC, les consĂ©quences e la crĂ©ation du RGE  soient intĂ©grĂ©es aux rĂ©flexions techniques des ministĂšres. Compte tenu des Ă©chĂ©ances diffĂ©rentes qui ne permettent pas l’utilisation du RGE non encore rĂ©alisĂ©, il est nĂ©cessaire de prendre les dispositions transitoires permettant de rendre ultĂ©rieurement les informations produites superposables au RGE.

Le CNIG dans sa mission d’accompagnement vigilant du RGE veille à ce que les dispositions prises n’injurient pas l’avenir.

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